Étienne Jacques Travers, baron de Jever, né le à Saint-Georges-de-Néhou dans la Manche et mort le au château de Nieuwenhoven, en Belgique, est un général franco-hollandais de la Révolution et de l’Empire.

Biographie

Début de carrière

Destiné à l'état ecclésiastique par ses parents, il entre comme simple soldat dans un régiment de dragons en 1787, puis passe au régiment Colonel-Général dragons en 1790. Promu brigadier-fourrier en 1792, il est successivement à l'armée du Nord et en Belgique entre 1792 et 1793, blessé d'un coup de feu près du Quesnoy en 1793, à l'armée de Sambre-et-Meuse en 1794, à l'armée d'Italie en 1796, sous-lieutenant à l'armée d'Angleterre en 1797 et lieutenant en Belgique en 1799. Capitaine le , il sert en Vendée, puis au camp d'Amiens, il passe au corps d'observation de la Gironde en 1801, à l'armée des côtes de l'Océan, chef d'escadron en 1804 et à la Grande Armée en 1805. Il est fait officier de la Légion d'honneur le .

Au service de Louis Bonaparte

Il est admis à passer au service du nouveau roi de Hollande, son ancien chef Louis Bonaparte, le . Il passe colonel du régiment de cuirassiers de la Garde royale hollandaise le , général-major et aide de camp du roi Louis Bonaparte le , colonel général de la gendarmerie et des troupes à cheval le , premier aide de camp du roi le , capitaine des gardes le et premier capitaine des gardes du corps à cheval le .

Il est fait par Louis Bonaparte grand-croix de l'ordre de l'Union le , créé baron de Jever et naturalisé hollandais en 1809. Lorsque Louis Bonaparte abdique du trône de Hollande à la suite d'un conflit avec son frère Napoléon, et qu'il part pour l'Allemagne, Travers l'accompagne dans sa retraite. Un changement d'attitude et quelques mots lâchés à son encontre par Louis Bonaparte décident Travers à rentrer en France. Averti, Napoléon fait immédiatement envoyer une dépêche de Paris lui indiquant sa réintégration au service de la France avec le grade de général de brigade au et lui octroyant le commandement du département de la Dyle.

Aux côtés de Napoléon (1811-1815)

Travers est nommé inspecteur temporaire des remontes dans les , militaires le , commandant les cohortes de gardes nationales du premier ban le , reprend le commandement de Dyle le et passe commandant de la des gardes nationales du premier ban le . Bonaparte lui confie l'organisation et le commandement de la brigade des lanciers du Grand Duché de Berg le .

Il sert en Saxe en 1813 et est blessé d'une balle dans la poitrine à la bataille de Leipzig. Il a par la suite le commandement supérieur de l'importante place de Condé-sur-l'Escaut. Napoléon le fait grand-croix de l'ordre de la Réunion le , reconnaît son titre de baron de Jever par lettres patentes impériales le et le crée baron de l'Empire avec dotation de sur les biens réservés du département de Rome le .

Il est mis en non-activité le , au début de la Première Restauration, puis réintégré comme adjoint à l'inspection générale de cavalerie dans les et militaires et fait chevalier de l'ordre de Saint-Louis le .

Sous les Cent-Jours, il est nommé commandant la de la de réserve de cavalerie au de l'armée du Nord le et se signale à la bataille de Waterloo à la tête des 7 et de cuirassiers. Il est blessé à la jambe après avoir eu trois chevaux tués sous lui. Il est mis en état d'arrestation par le duc de Feltre, mais l'intervention du maréchal Nicolas Joseph Maison permet sa libération. Il se retire alors à Bruxelles pour se faire soigner.

Retour à l'armée des Pays-Bas

Mis en non-activité le , il démissionne le et passe au service du roi des Pays-Bas. Il obtient le commandement de la de cuirassiers, puis, en 1821, de la province de Gueldre. En 1825, il est promu Lieutenant général et nommé à la tête de la maréchaussée royale des Pays-Bas, dont il est également nommé inspecteur général, fonction qu'il garde jusqu'à son décès. Il avait obtenu le titre de baron du royaume des Pays-Bas par décret royal du , titre déclaré transmissible par primogéniture. Il se marie avec Simphorose Niesse, fille de Maximilien Niesse, seigneur de Lippeloo, de Malderen et de Liessel, intendant du prince de Salm-Kyrbourg, dont il hérite le château de Nieuwenhoven. Ils ont deux filles, l'une épouse d'Édouard de Potesta et l'autre du baron .

Décorations

Sources Arthur Chuquet, L'année 1814 : La campagne de France - Les alliés à Paris - Aux mois d'avril et de mai - En Alsace - Quelques généraux - l'île d'Elbe - Le congrès de Vienne. Lettres et mémoires, 1914 Arthur Dinaux, Aimé Nicolas Leroy, Archives historiques et littéraires du Nord de la France et du Midi de la Belgique : ; nouv. ser., ; 3. ser, 1832 Mémoires de la reine Hortense, volume 2, 1927 Georges Six, Dictionnaire biographique des généraux et amiraux français de la Révolution et de l'Empire, Paris, Librairie historique et nobiliaire Georges Saffroy, 1934, 2 vol.

Liens externes

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