L' (officiellement université Rennes-II Haute-Bretagne, nom d'usage université de Haute-Bretagne, puis Rennes 2) est, avec l'université de Rennes, anciennement université Rennes-I, l'une des deux universités de la ville de Rennes dans le département d'Ille-et-Vilaine en région Bretagne. Elle a été créée en 1970, issue de la faculté de lettres de l’ancienne université de Rennes dont l’origine remonte à la création de l’université ducale de Bretagne en 1460 à Nantes.
Son campus principal est situé au Nord-Ouest de Rennes dans le quartier de Villejean, comme l’autre campus situé à La Harpe. Une antenne, qu'elle partage avec l'université Rennes-I, est située depuis 1991 à Saint-Brieuc sur le campus Mazier. Elle dispose également d'une implantation sur le campus de Ker Lann à travers l'un de ses laboratoires.
L'université est spécialisée dans les langues (étrangères et régionales), les sciences humaines, les sciences sociales, le sport, les arts et la communication. Au total, elle forme . (), répartis dans ses trois campus, dont étrangers.. C'est le plus grand pôle de recherche et d’enseignement dans le domaine des sciences humaines et sociales dans l’Ouest de la FranceLes deux autres plus grands centres de recherche et d’enseignement travaillant aussi dans ces domaines de la région étant l’université de Nantes et l’université d'Angers..
Les activités de l’université sont visibles au-delà de ses murs, notamment par les Presses universitaires de Rennes dont elle est à l’origine, par les activités des groupements disparus université européenne de Bretagne (PRES)Décret n° 2016-8 du 6 janvier 2016, Legifrance.gouv.fr. puis université Bretagne-Loire (ComUE)« L'université Bretagne Loire a été dissoutele 31 décembre 2019 » Communiqué du dont elle était cofondatrice, mais aussi par ses activités culturelles liées à celles de la ville de Rennes, notamment par l’accueil de festivals, ou par les activités de l'auditorium du Tambour.
Histoire Fondation de l'université de Bretagne thumb|François II, duc de Bretagne.|gauche
L’université de Bretagne est fondée à Nantes par Bertrand Milon le , à l’initiative du duc François II de Bretagne, et ce par une bulle du pape Pie II, donnée à Sienne.. Celle-ci incarne le vœu de François II d’affirmer son indépendance vis-à-vis du roi de France« La lente mise en place des universités bretonnes », Science Ouest ., alors qu’aux abords du duché à Angers en 1432, Poitiers en 1432 et Bordeaux en 1441 s’ouvrent des universités. Créée sous la forme d’un studium generale, cette université peut enseigner toutes les disciplines traditionnelles : arts, théologie, droit et médecine. La population étudiante entre la fin du et durant les deux siècles suivants croît pour atteindre le millier voire , selon les estimations les plus hautes.
Au début du , l’université rentre dans une phase de déclin. Nantes est tout entière tournée vers le commerce (commerce triangulaire à Nantes) et ses élites s’intéressent peu à cette institution. Le poids de Rennes pour les affaires politiques grandit à l’époque avec la tenue du Parlement de Bretagne dans ses murs depuis 1709. Ainsi, en 1728, le maire de Nantes peut écrire que :
Par conséquent, la faculté de droit est effectivement transférée à Rennes en 1735 où est déjà présent le palais du Parlement de Bretagne. Les facultés de lettres, de théologie et de médecine sont conservées à Nantes, mais celle de médecine était déclinante, et celle de théologie minée par l’influence du jansénisme. La Révolution signe la fin des universités d’Ancien Régime. En 1793, la Convention nationale ordonne la suppression de toutes les universités et facultés.
Essor des facultés à Rennes
thumb|L’ancien palais universitaire de l’université de Rennes, actuel musée des Beaux-Arts.|gauche
En 1806, réorganise l’ensemble du système d’enseignement français en instituant l’Université impériale, la faculté de droit est rétablie à Rennes. Nantes est oubliée par ce décret, une université sur son territoire n’ouvre qu'à la suite d'un décret du Décret du 29 décembre 1961 instituant l'université de Nantes, Journal officiel du 31-12-1961 , legifrance.gouv.fr, consulté le 12 octobre 2009..
En 1810, une faculté des lettres est créée également à Rennes avec, à partir de 1839, cinq chaires (littérature française, littérature ancienne, littérature étrangère, histoire, philosophie). Une faculté des sciences est créée, toujours à Rennes, en 1840. Ces trois facultés restent sans lien institutionnel entre elles jusqu’à la création en 1885 d’un Conseil des facultés qui prend en 1896 le nom d’université de Rennes. Au milieu du , l’ensemble de ces facultés sont rassemblées dans le palais universitaire situé quai Émile Zola. Elles sont ensuite éparpillées dans le centre-ville.
C’est ainsi que la faculté de lettres s’installe, en 1909, dans l’ancien séminaire acquis par la ville qui jouxte la place Hoche, Dossiers électroniques de l'Inventaire général..
En 1954, l’école de médecine et pharmacie devient faculté de médecine. Jusqu’en 1969, l’université de Rennes comprend donc quatre facultés : droit, lettres, sciences, médecine.
thumb|Anciens bâtiments de la faculté de lettres.|gauche Dès la Libération, le recteur de l’académie de Rennes envisage de rassembler les trois facultés rennaises et l’école de médecine et pharmacie sur un même site, au lieu-dit Villejean. En 1950, lorsque la municipalité commence l’aménagement du quartier de Villejean, elle le conçoit comme un quartier réservé au développement universitaire. La hausse du nombre d’étudiants à cette époque impose le déménagement des bâtiments de la place Hoche. Les nouveaux locaux sont annoncés en 1961 alors que l’université fête la même année son « Visite de M. Paye, ministre de l’éducation nationale le 16 juin 1961 pour le centenaire de l'université », Discours de Monsieur Henri Fréville, Maire de Rennes, Archive municipale de Rennes, lot 17W1.. Les travaux commencent en 1963, Dossiers électroniques de l’Inventaire général.. Le complexe universitaire est conçu selon l’organisation des études à l’époque : la première année est commune et la spécialisation se fait les années suivantes. Un long bâtiment est donc prévu pour accueillir les étudiants de première année, alors que d’autres plus petits sont censés accueillir ces mêmes étudiants une fois la première année passée. Entre l’annonce du nouveau campus en 1961 et l’inauguration en 1969, les étudiants passent de à .
En 1967, les étudiants de la faculté de lettres font leur première rentrée dans un campus encore en chantier. Les observateurs d’alors sont élogieux pour le nouveau campus : « L’édifice central est allongé interminablement. L’effet est singulier de ces mille fenêtres au cadre bleu foncé. En réalité, les murs ne sont que fenêtres. Cette faculté sera une maison de verre. ». Les évènements de mai 68 remettent en cause l’ancienne organisation de l’université et les différents facultés doivent revoir leur organisationLoi du 12 novembre 1968, Legifrance.gouv.fr.. À Rennes, les évènements ont affecté les relations entre les différentes facultés, et la scission de l’université de Rennes en plusieurs entités s’impose.
Scission de l'université de Rennes thumb|right|Les premiers bâtiments de l’université, avec leurs moulures en béton caractéristiques.
En 1969, un décret d’application de la loi Faure consacre la création de deux universités à Rennes (universités de Rennes 1 et de Rennes 2). L’ancienne faculté de lettres sert de base pour la naissance de la nouvelle université ; cette dernière récupère les enseignements des chaires de la faculté à l’exception de celle de la philosophie, rattachée à Rennes 1, mais récupère les enseignements de sports, créés ex nihilo en 1972Rapport du CNE, ..
À l’est de la ville, Beaulieu accueille les composantes issues de l'ancienne faculté de sciences, ainsi que la philosophie. Les composantes issues de la faculté de droit restent dans le centre-ville de Rennes. À l’ouest, le campus de Villejean est consacré aux langues, aux sciences artistiques, humaines, sociales et au sport. La faculté de médecine, composante de Rennes 1, est contigüe à Rennes 2 et se situe au pied du plus grand complexe hospitalier de Bretagne : le centre hospitalier universitaire de Pontchaillou.
À partir de 1984 et la Loi Savary, les UER de langues se regroupent au sein d'une UFR, sa forme administrative actuelle. En 1993, un nouveau bâtiment est inauguré sur le campus de Villejean pour accueillir les enseignements« Babel à Rennes », Le Nouvel Obs, semaine du 23 décembre 1993, consulté le 23 mai 2010.
L’organisation en chaires laisse sa place à une organisation en onze unités d’enseignement et de rechercheRapport du CNE, P.7. (UER), puis à partir de 1985Arrêtés du 14 novembre 1985 portant approbation sur les statuts d'universités, Journal Officiel 22/11/1985, texte : 3535, consulté le 12 octobre 2009. en une organisation en unités de formation et de recherche (UFR), qui compte alors vingt composantes, y compris l’Institut universitaire de technologie de Vannes. Cette organisation est revue en 1993Rapport du CNE, P.115. pour ne plus compter que cinq UFR.
L’université connaît une phase de croissance à partir des années 1990. En 1991, le campus Mazier à Saint-Brieuc voit l’installation d’une antenne délocalisée de l’université Rennes 2 avec des formations en histoire et en administration économique et sociale puis des enseignements de géographie en 1993. L’université continue sa croissance la même année avec l’inauguration d’un nouveau campus à La Harpe, et avec l’ouverture d’un nouveau bâtiment destiné à l’enseignement des langues étrangères « L’université Rennes 2 mise sur les sciences sociales », Science-Ouest , consulté le 21 mai 2009.. L’essor des campus de Vannes et de Lorient aboutissent en 1995 à la création d’une université nouvelle, l’université Bretagne-Sud. En , le campus de Villejean est connecté au métro VAL« Inauguration du Val à Rennes », Libération, 9 mars 2002. avec sa station « Villejean - Université » jouxtant la présidence de Rennes 2. L’université, jusqu’à cette date excentrée et périphérique, est accessible du centre-ville en moins de cinq minutes.
Depuis la fin des années 2000, les deux universités Rennes 1 et Rennes 2 réfléchissent à fusionner pour créer une seule et même université rennaise « En pleine mutation, Rennes 2 soigne son image », Ouest-France, 30 janvier 2008.. Cette dualité n’est pas unique en France, mais la tendance serait plutôt à la réunion afin d’obtenir une meilleure visibilité internationale ainsi qu’une mutualisation des moyens. Bertrand Fortin et François Mouret, alors respectivement présidents de Rennes 1 et Rennes 2, se sont montrés partisans d’une réunification, resserrant les liens et cultivant les partenariats. La fusion est initialement envisagée pour 2016. et en , Rennes 1 et Rennes 2 confirment un projet de fusion devant être effectif à cette date. L'objectif annoncé était de proposer une offre de formation et de recherche attractive, cohérente, pluridisciplinaire et innovante.. Cependant, en , des désaccords internes sur le projet. amènent à la démission de plus des deux tiers du conseil d'administration de l'université. Ceci entraine la dissolution des instances et le départ du président Jean-Émile Gombert. De nouvelles élections portent à la présidence de l'université Olivier David le 2015, qui a confirmé que le processus de fusion était désormais enterré..