Gédéon Tallemant des RéauxParfois incorrectement épelé « Tallemand des Réaux » avec un d. ., né le à La Rochelle et mort le à Paris, est un écrivain, gazetier et poète français connu pour ses Historiettes, un recueil de courtes biographies de ses contemporains.

Biographie Né en , Tallemant des Réaux est issu d’une riche famille de banquiers huguenots de La Rochelle.

Selon l'introduction des Historiettes, dans la collection de la Bibliothèque de la Pléiade : « Il est établi par des actes notariés que la famille Tallemant possédait « le lieu, terre et seigneurie de Réau, situé et assis en la paroisse de Néris (aujourd'hui Néris-les-Bains) près Montluçon en Bourbonnais ». C'est ainsi que Gédéon ajouta le nom de « des Réaux » à son patronyme, comme son frère aîné avait ajouté « de Boisneau » au sien, grâce à un autre bien familial de ce nom. Plus tard, en 1650, Gédéon acquit une petite propriété « des Réaux ».

Arrivé très jeune à Paris, il est envoyé à l’âge d’environ dix-huit ans en Italie avec son frère, l'abbé François Tallemant l'Aîné (qui sera de l’Académie française) et avec l'abbé de Retz. Ils y restent presque toute l'année 1638.

À son retour à Paris, son père lui obtient la charge de conseiller au parlement à l’obtention de ses diplômes en droit civil et canon. C'est l'époque où il est amoureux de sa cousine Madame d'Harambure, célèbre précieuse tenant salon, qui écrivait sous le nom de Livie et qui le traitait comme un écolier (Historiette Vol. 6 Chap CCCLV p 263) .

Détestant sa profession, il cherche une autre forme de revenu en épousant sa cousine Élisabeth de Rambouillet, et fréquente de fait le salon de Catherine de Rambouillet. Son demi-frère avait épousé une d'Angennes qui lui assure ses entrées à l’hôtel de Rambouillet.

En 1660, sa femme se convertit au catholicisme avant de se retirer dans un couvent. Sa fille sera expulsée pour avoir voulu rester fidèle à la confession protestante.

La fin de sa vie est marquée par les déchirements liés à la répression grandissante des huguenots jusqu'à la proclamation, en 1685, de l’édit de Fontainebleau. Tallemant lui-même abjure en 1684, un geste peut-être pas entièrement désintéressé, puisque cela lui vaut une pension de livres alors qu’il souffrait de considérables pertes financières.

En , il meurt, âgé de soixante-treize ans, dans sa maison de la rue Neuve-Saint-Augustin, à Paris. Il est enterré au cimetière Saint-Joseph.

Œuvre Les Historiettes sont d’une très grande valeur pour l’histoire du . Publiée semi-clandestinement, cette œuvre demeurée en manuscrit (conservé au château de Chantilly) jusqu’à sa publication en 1834-1836 suscita, au mieux, l’incrédulité et, au pire, l’indignationHistoriettes, éd., Collection des plus belles pages, Paris, Société du Mercure de France, 1906. : ce n’était pas là l’image que le voulait avoir du Grand Siècle. Néanmoins, des témoignages indépendants ont désormais établi l’exactitude de la substance de ses rapports, et la publication intégrale et non retouchée, d'après ses propres écrits, chez Gallimard, en 1960 dans la bibliothèque de la Pléiade (édition et annotations par Antoine Adam) a restitué le véritable témoignage de « M. des RéauxOn l’appela toujours ainsi de son vivant, M. Des Réaux. « L’illustre M. des Réaux » dit un contemporain. Voir édition des Historiettes du Mercure de France, ».

N’ayant aucune admiration pour le roi Louis XIII., Catherine de Vivonne, marquise de Rambouillet, contribua à la curiosité des historiettes de Tallemant qui étaient d’une réelle valeur historique sur les règnes d’Henri IV et de Louis XIII. La société de l’hôtel de Rambouillet fut un champ d’observation aiguë pour ses remarques impitoyables mais jamais fausses. Dans ses Historiettes, Tallemant dresse des portraits d’écrivains tels que Voiture, Guez de Balzac, Chapelain, Boisrobert, Conrart, Des Barreaux, Gombauld, Scarron, Malherbe, La Fontaine, Pascal, Marie de Gournay, Marie-Catherine de Villedieu, l’abbé d’Aubignac, Pierre Corneille, Gilles de Ruellan, Georges de Scudéry, Madeleine de Scudéry, Madeleine de Sablé, Marie de Sévigné ou Racan. Il parle aussi de personnalités politiques comme Richelieu, de célébrités comme l’acteur Mondory et des courtisanes à scandale comme Marion Delorme, Ninon de Lenclos ou Angélique Paulet, et du violiste André Maugars.

Lié à Conrart, Tallemant des Réaux était également poète et, même si sa renommée actuelle émane de ses Historiettes, il a contribué à la Guirlande de Julie. Tallemant avait également commencé la rédaction de Mémoires pour la régence d’Anne d’Autriche dont le manuscrit n’a pas été retrouvé.

Liste partielle d’Historiettes

Henri IV François de Bonne de Lesdiguières La Reine Marguerite Malherbe Luyne Richelieu Louis XIII La Fontaine Voiture Bassompierre Mesdames de Rohan Marion de L’Orme Pascal Marie de Montbazon Madame de Sévigné Ninon de Lenclos Mondory Madame de Langey

Édition Historiettes, éd. Antoine Adam, Paris, Gallimard, 1960.

Sources Émile Magne, Bourgeois et financiers du : La joyeuse jeunesse de Tallement des Réaux : d’après des documents inédits, Paris, Émile-Paul frères, 1921. Émile Magne, Bourgeois et financiers du : La fin troublée de Tallemant des Réaux : d'après des documents inédits, Paris, Émile-Paul frères, 1922 .

Notes et références

Annexes Bibliographie Lilia Coste, « Tallemant des Réaux : l’ambiguïté de l’amateur », Elseneur [En ligne], 38 | 2023, mis en ligne le . DOI : https://doi.org/10.4000/elseneur.1448 Emma Gilby, « Les textes qui nous restent de Tallemant des Réaux, mise au point bibliographique », dans 2006/3, , . Émile Magne, Bourgeois et financiers du : la fin troublée de Tallemant des Réaux, Paris, Émile-Paul Frères, 1922. Louis Monmerqué, Notice historique et littéraire sur Tallemant des Réaux, Paris, H.-L. Delloye, 1840.

Articles connexes Littérature française : Moyen Âge - – - - - -

Liens externes

Historiettes de Tallemant Des Réaux. Mémoires pour servir à l’Histoire du , publiés sur le Manuscrit inédit et autographe ; avec des Éclaircissements et des notes, par Messieurs Monmerqué, Membre de l’Institut, de Chateaugiron et Taschereau. Tomes I à VI. Paris, Alphonse Levavasseur, Libraire, Place Vendôme, 16. 1834, en ligne sur Gallica. . Les Historiettes de Tallemant Des Réaux. Mémoires pour servir à l'histoire du , publiées sur le manuscrit autographe de l’auteur, Seconde édition, par M. Monmerqué, Paris, H.-L. Delloye, 1840.

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