Martial Bardet, baron de Maison-Rouge, né le à la Maison-Rouge, commune de Peyrilhac (Haute-Vienne) et mort le au même endroit, est un général de division français du Premier Empire.

Il est promu commandeur de la Légion d'honneur le , et fait baron de l'Empire le .

Biographie Militaire Période pré-révolutionnaire Il s'engage comme soldat au régiment du Médoc (futur d'infanterie), le . Il est fait caporal le . Le , il est congédié comme tout le régiment.

Guerres de la Révolution Engagements (1790-1791) En 1790, les Gardes Nationales sont créées. Bardet prend le commandement (à l'élection) de celle de Peyrilhac. Toutes les gardes de la Haute-Vienne se fédérèrent sous le commandement de Barbou des Courières qui est aussi le colonel de celle de Limoges.

À l'été 1791, les bataillons de volontaires sont créés. Bardet s'enrôle dans la du de la Haute-Vienne le . Tout l'état-major doit être nommé à l'élection ; Bardet est élu capitaine de sa compagnie le . Le lieutenant-colonel d'Arbonneau est élu pour commander le bataillon composé d'environ 620 volontaires répartis en neuf compagnies.

Armée du Nord (1792-1794) Après six mois d'instruction les jeunes volontaires du bataillon prennent le départ vers le nord pour servir en avril 1792 l'armée du Nord, dans la (Casabianca) de la d'infanterie. À la bataille de Valmy, le bataillon combat l'ennemi à la côte de Brienne.

thumb|left|400px|Bas-relief de la bataille de Jemappes sur l'arc de Triomphe de l'Étoile, par Carlo Marochetti. Passé avec sa demi-brigade à la droite de l'armée des Ardennes (Dumouriez, puis Valence et Miranda), il participe avec sa compagnie aux combats de Mons et Bavay, à la bataille de Jemappes et au siège de Namur.

La guerre reprend en , alors que la (Desperrières) repasse à l'armée du Nord (Miranda sous commandement en chef de Dumouriez). Il fait partie de la brigade Colaud des flanqueurs de gauche du général Miaczinsky et participe à la tentative manquée sur Aix-la-Chapelle et à la défaite de Neerwinden.

Alors que l'armée autrichienne pénètre en France, l'armée française est complètement désorganisée. Dumouriez passe à l'ennemi, Miaczinsky, rappelé à Paris, y est guillotiné. Le commandement en chef de l'armée du Nord revient alors à Dampierre qui est tué au combat le , remplacé par Lamarche qui lui-même subit la défaite de la bataille de Famars le , ce qui lui vaut d'être lui-même remplacé par Custine qui devient vite suspect aux yeux de Paris et est guillotiné en . Houchard reprend alors le commandement. Dans une armée désemparée, le de la Haute-Vienne soutient l'attaque autrichienne sur Hasnon lors de la bataille de Famars, près de Valenciennes qui doit finalement capituler le , laissant notamment Le Quesnoy et Maubeuge sans défense.

Vers le , la (de Boisragon) est transférée dans la brigade Romanet division Cordelier de la nouvelle armée de secours de Maubeuge, commandée par Jourdan, Limougeaud volontaire comme Bardet. Les 15 et , Carnot et Jourdan parviennent à reprendre Maubeuge, grâce à la victoire de Wattignies. Les soldats du de la Haute-Vienne participent aux opérations de déblocus de Maubeuge, et y restent en garnison jusqu'à la fin de l'année.

Le chef du bataillon Nivelon ayant été destitué par les représentants du peuple et le général en chef Jourdan, le poste se retrouve vacant. La nomination à l'élection étant toujours en vigueur, Bardet se porte candidat et est élu le , chef du de la Haute-Vienne. En , Pichegru prend le commandement de l'armée du Nord. Bardet et son bataillon (division Favereau) sont au siège de Landrecies (17-).

Armée de Sambre-et-Meuse (1794-1797) Le , un décret de la Convention donne aux corps victorieux de la bataille de Fleurus le (armées du Nord, des Ardennes et de la Moselle) le nom d'armée de Sambre-et-Meuse. Réunies, les armées sont placées sous l'autorité supérieure de Jourdan. Bardet et son de la Haute-Vienne, se trouvant au camp de Falize lors de la bataille de Fleurus, passe avec toute la brigade à la nouvelle armée sous la division Scherer. Avec la cinquième colonne partie de Maubeuge le 28, il entre à Mons sans rencontrer de résistance.

Le , la division Scherer est à la reprise de Landrecies. Courant août, c'est le Quesnoy qui cède après de tranchées. Valenciennes et Condé, les dernières places fortes, sont remises sans combat aux Français en abandonnant un approvisionnement considérable.

Bardet, par une action d'éclat, contribue grandement au succès de la bataille de Sprimont le , où il passe l'Ourthe à gué. Il obtient la citation suivante : « Le 2 jour complémentaire an III près du village de Sprimont, étant chef de bataillon, il décida par son exemple et son courage, celui qu'il commandait à passer la rivière de la RoërLa citation indique à tort que Bardet passe la Roer à gué. Cette rivière se trouve à plus de au nord de Sprimont. Il s'agit bien plus probablement de l'Amblève, un affluent de l'Ourthe à gué et à gravir la montagne qui se trouvait de l'autre côté de l'eau, et qu'il enleva à la baïonnette malgré le feu et les efforts de l'ennemi qui fut forcé à la retraite en nous laissant beaucoup de prisonnier. »

thumb|160px|Le général Gabriel Barbou des Courières. Le , un amalgame des , 96 et 6 demi-brigades est effectué pour former la dont Bardet prend le commandement par intérim semble-t-il. Le , la réorganisation de l'armée se termine et prévoit notamment la formation d'une nouvelle par amalgame des et 93 demi-brigades. Le chef de brigade Paradis en prend le commandement en tant qu'ancien chef de brigade à la de bataille. La demi-brigade trouve sa place dans la brigade Barbou (vieille connaissance de 1790) de la du général Bernadotte.

Le , la guerre se rallume en Allemagne. Le mois d'août est très éprouvant pour la , qui combat le 10 à Nassau, le 20 à Deining, soutient une lutte acharnée, ville perdue et reprise ; mais, l'ennemi infiniment supérieur en nombre contraint Jourdan à la retraite. Le , Bernadotte, recule lentement. Près de Burg-Eberach, il voit sa retraite coupée par les Autrichiens. Bardet, avec son bataillon, fait front et les repousse par des charges réitérées où il se met lui-même à la tête de ses grenadiers. Cette nouvelle action d'éclat lui vaut la citation suivante : « Le 12 fructidor an IV près de Burg-Eberach, commandant alors le bataillon de Grenadier de la division du général Bernadotte, laquelle avait sa retraite coupée sur ce point, il fut chargé d'arrêter l'ennemi et s'en acquitta avec son intrépidité ordinaire ; les charges réitérées qu'il exécuta à la tête du grenadier furent couronnées d'un si heureux succès qu'il donna le temps à la division de faire le mouvement et se retira sans se laisser entamer. »

Le , Jourdan subit une nouvelle défaite à la bataille de Wurtzbourg et le , l'armée de Sambre-et-Meuse repasse le Rhin. Bardet est alors responsable de la place de Coblence, ville dont le cœur se situe sur la gauche du Rhin, à la confluence avec la Moselle.

En , Bardet obtient un congé de trois mois grâce au soutien de Bernadotte. Il n'était pas revenu dans son Limousin depuis 1791.

Armée d'Allemagne (1797-1799) Le , l'armée d'Allemagne est créée par le regroupement des armées de Sambre-et-Meuse et du Rhin ; Bardet y sert sous les ordres du général en chef Augereau, renforcé par le récent coup d'État du 18 fructidor an V.

Le bataillon de Bardet exerce toujours dans la Bernadotte et (Paradis). L'armée d'Allemagne est divisée en deux le ; Bardet intègre l'armée de Mayence. C'est une période de repos pour la .

Armée Gallo-Batave (1799-1801) Au début de 1799, la passe à l'armée Gallo-Batave (qui n'aura cette appellation qu'en 1800), commandée par le général Brune. Elle est placée dans la brigade Fuzier de la Vandamme. À l'automne 1799, l'armée gallo-batave fait face à l'armée anglo-russe de la deuxième Coalition.

thumb|right|300px|Bataille de Bergen (1799) Un premier affrontement a lieu au combat du Zyp (Zijpe) le . Lors de cette journée qui tourne pourtant à l'avantage des coalisés, Bardet est nommé chef de brigade sur le champ de bataille par le général en chef Brune. Le , il combat avec sa demi-brigade à la bataille de Bergen. Il y étrenne son nouveau grade en recevant la belle citation suivante : « Le jour complémentaire an VII, étant alors chef de brigade, il reçut ordre de s'opposer avec deux bataillons de la ½ brigade aux progrès de la colonne russe qui allait déboucher sur le village de Bergen (en Hollande-Septentrionale), il chargea à la tête de sa troupe avec une telle impétuosité qu'il renversa l'ennemi et le mit en déroute. de canon, 6 drapeaux, la colonne entière prisonnière de guerre, ainsi que le général Hermann et son état-major furent le fruit de ses sages dispositions. »

Il reçoit même les honneurs du Moniteur pour avoir « contribué grandement à une victoire de la division Vandamme sur et . »

Le , l'armée Gallo-Batave est bousculée à la bataille d'Alkmaar, mais le , Brune se rattrape à la bataille de Castricum où Bardet et son chef de brigade Joseph Paradis se distinguent. Paradis y est promu général de brigade et est remplacé par Bardet à la tête de la . Castricum est une victoire difficile lors de laquelle les généraux Brune, qui a deux chevaux tués sous lui, et Barbou chargent eux-mêmes à la tête de la cavalerie. Le duc d'York est battu et capitule. Russes et Anglais ré-embarquent et quelques jours plus tard Brune et ses troupes victorieuses sont acclamées à Amsterdam, à Haarlem, à La Haye, partout où elles défilent.

Alors que la France a basculé dans le Consulat, la reste cantonnée jusqu'en en Hollande. L'armée du Rhin de Moreau est dans une situation préoccupante en Allemagne, il est donc décidé que l'armée Gallo-Batave désormais sous le commandement en chef d'Augereau vienne l'épauler sur sa gauche. Courant août, la , à présent dans la Barbou est à Francfort et y stationne jusqu'en novembre, date à laquelle les hostilités commencèrent.

Le , l'armée Gallo-Batave rencontre le corps autrichien du général Simbschen sur les hauteurs de Burg-Eberach. Cette victoire associée à celle de Moreau à Hohenlinden, le même jour, force l'Autriche à la paix. La campagne se termine pour Bardet par un combat à Hauft le . La guerre de la Deuxième Coalition se termine, l'Autriche signe la paix de Lunéville.

Après un hivernage en Allemagne, Bardet, comme une grande partie des armées du Rhin et Gallo-Batave est envoyé au printemps 1801 sur les côtes de la Manche, la à Cherbourg.

Guerres de l'Empire Armée des côtes de l'Océan (1801-1805) thumb|280px|Inspection de l'armée le au camp de Boulogne. De 1801 à 1805, la France est dans une paix relative. Bonaparte a massé ses troupes sur les côtes de la Manche dans le but de menacer l'Angleterre, mais l'armée se repose. Bardet et sa sont affectés à l'armée d'Angleterre commandée par le général Ney. C'est le début d'une longue coopération puisque Bardet reste sous le commandement de Ney jusqu'en 1810.

Dans le courant de l'année 1803, Bonaparte commence à assembler ses troupes autour de Boulogne. C'est le début du camp de Boulogne que Bardet rejoint cette année, se postant à Ambleteuse. À l'organisation du , la de ligne est incorporée dans le de ligne. Bardet reçoit le commandement du de ligne, et doit quitter ses anciens compagnons d'arme.

Ses mérites sont récompensés par l'attribution de la Légion d'honneur ; il est nommé chevalier le , il prête le serment du légionnaire le à Ambleteuse, puis est fait officier de la Légion d'honneur le . Cet été 1804, eurent lieu deux cérémonies fastueuses de remise, la première le en la chapelle des Invalides aux officiers méritants, la seconde le au camp de Boulogne. On ne sait à laquelle Bardet reçut sa Croix.

Grande Armée (1805-1808) thumb|left|140px|Le maréchal Michel Ney. En 1805, la Troisième Coalition se forme. Napoléon crée la Grande Armée qui se met en marche dès le . Bardet et son d'infanterie de ligne font partie de la Marcognet de la Malher du Ney.

Campagne d'Autriche (1805)