Saint-Florent (en, en ) est une commune française située dans la circonscription départementale de la Haute-Corse et le territoire de la collectivité de Corse.
Géographie
Situation Saint-Florent se situe dans le Nebbiu, microrégion à la base occidentale du cap Corse. Capitale de l'ancienne province du Nebbiu, l'ancienne cité génoise est bâtie au fond du golfe de Saint-Florent.
Communes limitrophes
Géologie et relief Saint-Florent est une commune du littoral occidental de l'île, sur la façade maritime du Nebbiu, située en « Corse schisteuse » au nord-est de l'île, dans l'En-Deçà-des-Monts.
Son territoire est composé de deux parties, situées de part et d'autre de la ville. La partie occidentale est la bande littorale du secteur oriental du désert des Agriate, une zone collinaire composée de roches anciennes granitiques et dominée par le monte Revincu (), allant d'une zone humide comportant l'étang du Lodu et l'étang de Panecalellu, jusqu'à la plage de la Roya. Elle comporte aussi la zone humide de l'embouchure du Fiume Santu. Au sud-ouest, ce territoire est chevauché par le terrain militaire de Casta Nord. S'y trouve un dolmen classé. La partie orientale représente le secteur littoral de la Conca d'Oru, une fertile cuvette naturelle dite encore « plaine d'Oletta », issue de dépôts marins formés au Mésozoïque. C'est une zone géologique sédimentaire du secondaire, avec des collines calcaires aux sommets arrondis et au travers desquelles la Strutta a creusé son lit, créant des falaises blanches érodées avant de se jeter à la mer au lieu-dit Olzu. Le mont Sant'Angelo « à cheval » sur Saint-Florent et Poggio-d'Oletta, en est le culmen avec d'altitude. Du côté mer, plage de l'Ospedale, se trouve emprisonné le poudingue de Saint-Florent. Il correspond à une plage fossile de galets roses datant de la fin du Tertiaire ou du début du Quaternaire.
Néogène du golfe de Saint-Florent Les sédiments formaient alors une bande continue sur le littoral du bord oriental de ce golfe, qui commençaient au nord de la marine de Farinole et allaient jusqu'au mont de Sylva mara. Toutefois cette bande était coupée par plusieurs petites cluses qui laissaient passer les ruisseaux de Seraggio, de Ficajolo, de Poggio et de l'Aliso ; elles isolaient une série de petites collines dont la plus haute est le monte Sant' Angelo (). À l'est, leur versant est à pic ; l'on y trouve de grandes falaises creusées de nombreux abris sous roche que l'homme néolithique a fréquentés. À l'ouest, ces collines néogènes sont disposées suivant un plan incliné qui va jusqu'à la mer, sauf pour le mont Sant' Angelo qui forme avec le rocher de Saint-Florent un pli synclinal. Le Néogène du bassin de Saint-Florent est composé de la superposition de plusieurs dépôts. Il débute par une agglomération de cailloux de terrains divers empâtant des huîtres (Ostrea Gingensis Schloth., Ostrea Boblayei Desh).
Les galets rouges de Saint-Florent vignette|Plage de l’Ospedale côté ouest et la citadelle.
La ville de Saint-Florent est construite sur un rocher de mollasse calcaire alternant avec des poudingues à galets de porphyres Au nord, ce rocher supporte la citadelle. Il importe de remarquer, situés sur le bord de la mer, la présence des galets de granite, de porphyres rouges et d'autres roches cristallines semblables à celles que l'on rencontre dans les régions élevées du Tartagine, de l'Ascu ou du Golu qui semblent représenter la limite orientale des bancs de poudingues à galets de porphyres et autres roches de la région cristalline du rocher de Saint-Florent. Leur présence D. Hollande in Géologie de la Corse, Bulletin de la Société des Sciences historiques et naturelles de la Corse - Éditeur Veuve Ollagnier, Bastia, janvier 1917 - ..
Et D. Hollande de conclure :
La façade maritime vignette|centre|Le golfe de Saint-Florent.|redresse=2.4|alt= La côte est baignée par les eaux du golfe de Saint-Florent, entre la plage de Lotu partagée avec la commune de Santo-Pietro-di-Tenda à l'ouest, et l'embouchure du ruisseau de La Strutta au lieu-dit Olzu à l'est. Elle comprend, d'ouest en est, la punta Cavallata, l'îlot a Pignata, la punta Mortella avec le phare éponyme et la tour génoise ruinée, l'embouchure du Fiume Santu, la punta di Cepu, les îlots de Stitinu, l'anse de Fornali et le phare éponyme, la punta di i Frati, la plage de sable de la Roya et son îlot, l'embouchure de l'Alisu dans le port de plaisance de Saint-Florent, la tourelle du Tignosu signalant un danger à la sortie du port, la plage de galets roses de l'Ospedale avec un blockhaus.
Au Moyen Âge, plusieurs endroits de la côte des Agriate servaient d'abri ; s'y trouvaient un port appelé Lucchinese, excellent pour les petites embarcations et qui tient lieu de chantier, le port ou calanque de Fornoli, qui peut recevoir des galères et des galions ; puis Stagnu Buiu, Fiume Santu et la Mortella, qui est le port des gros navires, et Cavallata Agostino Giustiniani in Description de la Corse, traduction de Lucien Auguste Letteron in Histoire de la Corse, Bulletin de la Société des sciences historiques & naturelles de la Corse – Tome I - 1888. .. Durant des siècles y débarquaient les gens du Cap Corse venant travailler les fertiles terres des Agriate.
Hydrographie
L'Alisu est un petit fleuve côtier (fiume) qui prend naissance sous San-Gavino-di-Tenda, l'un des villages du Haut-Nebbiu, et qui traverse la fertile plaine d'Oletta appelée Conca d'Oru. Il se jette dans le port de plaisance.
Les principaux autres cours d'eau sont : À l'ouest, le ruisseau de Panecalellu., le ruisseau de Mezzanu., le fiume Santu et le fiume Buggiu., long de ; à l'est, le ruisseau de Poggio., long de , qui se jette dans le port de plaisance, et la Strutta., long de .
Climat et végétation Saint-Florent possède un climat méditerranéen. La température moyenne annuelle s'élève à et on y compte environ cinq jours de gel par an. Les vents y sont fréquents, souvent violents, la pluviométrie abondante (), mais on compte toutefois une moyenne de jours de soleil par an.
Au début du , Agostino Giustiniani, évêque de Nebbio, écrivait dans son Dialogo :
Voies de communication et transports Accès routiers La ville de Saint-Florent se trouve à à l'ouest de Bastia, entre le Cap Corse et le désert des Agriates. Elle est traversée dans son centre place des Portes, par la route D 81 reliant Bastia à la RN 197 dite Balanina, la jonction des deux routes étant située à Pietre Moneta (Urtaca), via le désert des Agriates.
La D 81 dans la traversée de la commune À l'est de la ville, la route D 81 porte le nom de « promenade Dominique-Vincenti » puis celui de route de Bastia. Dans la traversée de la ville, elle est la rue Principale. Elle devient route de Calvi à partir du giratoire du Pont-de-Fer.
La D 82 relie Saint-Florent, depuis le rond-point dit du Pont-de-Fer, à la RN 193 à Ortale de Biguglia. Elle dessert la plaine d'Oletta, plaine alluviale jadis riche et prospère qui se trouve au centre du Nebbio et que l'on appelle aujourd'hui encore la Conca d'Oro.
La ville est distante Itinéraires ViaMichelin de :
Transports Saint-Florent est desservie par une ligne régulière d'autocar Bastia - Saint-Florent de l'entreprise locale Autocars Santini, tous les jours de l'année, sauf les dimanches et jours fériés. De Saint-Florent les autocars de la même entreprise permettent les mois de juillet et d'août un aller-retour sur L'Île-Rousse éloignée de .
La ville est distante par la route, de du port de commerce de Bastia et de la gare des CFC de Bastia, et de de l'aéroport de Bastia Poretta, qui sont les plus proches.
vignette|centré|redresse=2.4|L'Aliso dans le port de plaisance.
Urbanisme Typologie Au , Saint-Florent est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (76,4 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (76,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (56,3 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (20,1 %), zones urbanisées (8,5 %), zones agricoles hétérogènes (7,5 %), cultures permanentes (3,2 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (1,8 %), eaux maritimes (1,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,9 %), prairies (0,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Histoire Préhistoire L'archéologie signale que ce territoire était déjà occupé au Néolithique ancien. Les chroniqueurs parlent de l'existence, à un kilomètre à l'ouest de la cité actuelle, de la ville romaine de Cersunum. Par ailleurs, à environ un kilomètre au sud-ouest du monte Revinco dans les Agriates, sur la commune de Santo-Pietro-di-Tenda, se trouve un dolmen classé MH.
Antiquité
Il s'agit de l'antique « Nebbio », qui a donné son nom à la micro-région ainsi qu'à l'évêché dont la cité était le siège, avec la cathédrale romane Santa-Maria-Assunta.
Par ailleurs, lors des travaux de fortification de Saint-Florent en 1553, une nécropole romaine a été mis au jour.
Moyen Âge Saint-Florent fut fondée par les Génois au . Mais dès 1440, une citadelle est bâtie afin de résister aux assauts aragonais, français et ottomans.
C'était un bourg entouré d'une enceinte qui abritait près trois cents feux répartis entre Terravecchia et Terranova, avec un faubourg au midi. Existait un couvent de Mineurs abandonné au . L'unique tour, ou château de S. Florent, qui se situait à moins d'un demi-mille de terre en face de l'îlot de la Roya, devait sans doute garder les salines voisines de la Roya où l'on faisait chaque année un peu de sel, détruites au début du . La terre de Saint-Florent fut la première qui se donna à l'Office de Saint Georges, en l'an 1483. Elle jouissait à Gênes et en Corse de nombreuses franchises et exemptions.
Chaque année arrivait un nouvel officier qui était la fois gouverneur et podestat. Il administrait la justice en compagnie de quatre consuls pris parmi les gens du pays ; ce tribunal n'avait de juridiction que sur les seuls habitants de Saint-Florent. Ceux-ci étaient exemptés de tailles, au même titre que ceux de Calvi, Biguglia et Bastia. 1438 - Tommasino de Campofregoso, doge de Gênes, pour mettre un terme aux luttes que se livraient les deux frères Giovanni et Nicolò de Montalto contre Luciano de Casta et Opicino Leccitano, envoya dans l'île comme gouverneur Janus, son neveu. 1440 - Janus peupla et fortifia la terre de Saint-Florent dont il trouvait le golfe avantageux, puis il retourna à Gênes. 1445 - le Doge envoya comme gouverneur Gregorio Adorno, son parent, avec cent hommes. Celui-ci débarqua à Saint-Florent. La Corse était partagée entre une foule de seigneurs ; Saint-Florent appartenaient au gouverneur Galeazzo de Campofregoso, 1449 - Lodovico de Campofregoso, frère de Janus, est nommé gouverneur et seigneur de la Corse par Nicolas V.