Beaupréau est une ancienne commune française située dans le département de Maine-et-Loire, en région Pays de la Loire, devenue le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Beaupréau-en-Mauges.

Cette petite ville se trouve dans le pays des Mauges, à au-nord-ouest de Cholet.

Géographie Localisation Beaupréau se situe au cœur de la région des Mauges, dans un triangle Angers (à au nord-est), Cholet (à au sud-est) et Nantes (à au nord-ouest)IGN (Géoportail), Beaupréau (49), consulté le 6 février 2014..

Communes limitrophes et principales villes proches

Relief et paysage Son territoire se trouve sur les coteaux formés par les nombreux méandres de l'Èvre, à une altitude variant de 32 à IGN, Répertoire géographique des communes (RGC 2012), consulté le 6 février 2014 — Données consultables sur WikiAnjou.. Elle se situe sur l'unité paysagère du Plateau des Mauges — Données consultables sur WikiAnjou..

La commune qui s'étend sur () est très marquée par le paysage de bocage, ainsi que ses nombreuses fermes d'élevage bovin. Néanmoins, les parcelles ont connu une période de remembrement, des années 1960 à 1980. Ainsi, par la présence de fermes, la campagne reste très occupée. C'est aussi un terrain humide : la commune est parsemée de nombreux petits étangs et de bois, dont le plus grand est celui du parc municipal de Beaupréau. Si la commune ne possède pas de vignes, contrairement aux communes voisines du Val de Loire, elle possède cependant un grand nombre de vergers producteurs de pommes.

Hydrographie On trouve au sud de son territoire, puis à l'ouest, la rivière l'Èvre.

Climat

Voies de communication et transports La ville est principalement desservie par la route départementale 752, ancienne N 752 qui va de Cheffois en Vendée jusqu'à Varades en Loire Atlantique. Depuis 1986, elle constitue le contournement nord-est de Beaupréau prolongé en 1988 par le contournement sud-est avec une traversée de l'Èvre. Elle permet aussi grâce à une section en 2x2 voies terminé en 2008 de relier efficacement Beaupréau à l'agglomération choletaise. Ce dernier tronçon avait pour but de relier à terme plus efficacement les villes de Cholet et Ancenis. Cependant bien que le projet ait été reconnu d'intérêt régional, les travaux peinent à démarrer. En 2022, une section de est en travaux et vise à passer la route en 2x2 voies entre Beaupréau et Saint-Pierre-Montlimart, elle se terminera par un rond-point au niveau du lieu-dit "la Gerfaudière". Ce projet connaît de nombreuses critiques notamment par le comité « Non à la 2x2 ».

Au début du , la ville était traversée par une ligne de chemin de fer, le Petit Anjou disparu en 1947 ; on en retrouve cependant quelques traces car certaines rues suivent l'ancien tracé du train comme la rue de la Cité ou l'avenue Henry de Gontaut-Biron. L'ancienne gare était situé sur un emplacement devenu la place du 8 Mai.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Bello-Pratellum au , Bello-Prael à la fin du , de Bello Pratello vers 1075, Bel-Pratel au début du .., Beaupreau en 1793 et 1801, puis BeaupréauNom de la municipalité en 1793 (an II), selon le recensement réalisé sur l'ensemble du territoire français de l'époque, et en 1801, selon les « Arrêtés de réduction des justices de paix » (actes publiés au Bulletin des lois) constituant la première nomenclature officielle des circonscriptions administratives de la France contemporaine..

Il s'agit d'une formation toponymique médiévale, basée sur deux éléments romans : l'ancien français präel (attesté vers 1165) issu du bas latin pratellu, diminutif de pratu « pré » qui a donné le terme préau actuel par évolution sémantique.. Le premier élément est l'ancien français bel « beau », d'où le sens global de « beau pré ».

Ses habitants sont appelés les Bellopratains. Le gentilé actuel Bellopratain est issu d'une forme latinisée, dont le suffixe a été simplifié, puisque l'on attendrait Bellopratellain.

Histoire Préhistoire et Antiquité La Dame de Beaupréau, découverte en 1998 au lieu-dit Les Grandes Places à l'occasion de travaux agricoles, atteste la présence d'une population sur le site au avant J.C., époque appelée La Tène (ou entre la seconde moitié du et la première moitié du avant J.C., selon L. Olivier).. C'est une sculpture en calcaire, une statue de personnage féminin coiffée d'une natte et portant un torque (collier rigide) et des bracelets. La partie inférieure de la statuette, taillée en pointe et laissée brute, était destinée, selon L. Olivier, à être fixée sur un socle. Il s'agissait probablement d'un culte des ancêtres, qui semble s'être développé à cette époque. Ce type de statuette est attesté principalement dans l'Ouest et le Centre de la France, voir en particulier les statuettes de Paule. La statuette est conservée au musée d'Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye..

Moyen Âge La terre de Beaupréau appartient au Moyen Âge à une famille seigneuriale. issue d'un certain Josselin de Rennes (il évoluait semble-t-il vers 1014/1020, quand les Mauges formaient une marche disputée entre Bretagne, Anjou et Poitou ; il était peut-être apparenté aux vicomtes de Rennes, de Porhoët et de Rohan : cf. Josselin de Porhoët).. Dans la moitié du , Jeanne de Beaupréau, fille de Jean de Beaupréau et sœur de Jean II hérite vers 1389 de sa nièce Marie et transmet à son mari Jean des Roches, sire de Longué et de Jarzé (de la famille du sénéchal Guillaume ?). Ensuite leurs enfants se succèdent : Jean II des Roches, Brient, Jeanne (femme de Jean de Ste-Maure-Montgauger, mort en 1425) et Aliénor des Roches (morte en 1439 ; mariée à Jean de Bazo(u)ge(s) au diocèse de Rennes : Bazoges-sous-Hédé ?, chambellan du duc Jean V).

Aliénor des Roches est suivie par ses fils Jean II et Gilles de Bazoges, dont la fille Anne de Bazoges épouse Jean de Montespedon, valet de chambre de Louis XI, mort en 1479 à Guinegatte ; leur fils, Joachim de Montespedon (mort en 1509), épouse Renée de La Haye-Passavant dame de Chemillé (fille de François et petite-fille de Bertrand de La Haye-Passavant, ce dernier étant un des frères de Louise de La Haye) et ils sont continués par leurs enfants René (mort à Pavie à 17 ans) et Philippes de Montespedon (morte en 1578), princesse de La Roche-sur-Yon par ses en 1544 avec Charles de Bourbon, sans postérité survivante. En leur faveur, la terre de Beaupréau est érigée en marquisat en , puis en duché simple sans la pairie en .

À l'extinction des Montespedon, la succession de Beaupréau suit alors celle de Chemillé, c'est-à-dire qu'elle revient à des héritiers des La Haye-Passavant, donc au marquis Guy III de Scépeaux (son arrière-grand-mère était Louise de La Haye-Passavant, grand-tante de Renée de La Haye) et à son fils Guy IV (prédécédé en 1597) puis à leurs héritiers Gondi-Retz car Jeanne de Scépeaux, fille de Guy IV, aussi dame de Chemillé et de Tiffauges, épouse Henri de Gondi en 1610.

La dévolution de Beaupréau aux Scépeaux avait été organisée par une disposition de Philippe de Montespedon en mais elle fut contestée par des héritiers des Bazoges : Jeanne du Plessis de La Bruslière de La Bourgonnière (à Bouzillé) de Beaupréau (née vers 1545, morte après 1580) et son mari Georges (François) de Vaudrey-Saint-Phal, bailli de Troyes, d'origine comtoise et champenoise.

Selon Célestin Port : ; René Plaud interprète dans l'autre sens, comme favorable aux Scépeaux, la décision du sénéchal d'Anjou en 1587Charles de Vaudrey (mort en 1599) avait un frère cadet, Georges II de Vaudrey-St-Phal, aussi bailli de Troyes, qui serait décédé vers 1616. Charles et Georges II ont pu naître vers 1575/1580. Leur père Georges (François) semble disparaître en 1596 ou 1608 selon certains auteurs. Georges II a, semble-t-il, eu de sa femme Anne Largentière/Largentier (épousée vers 1608) un fils, Georges III : il existe au Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Troyes un portrait qui pourrait être celui de ce dernier, Georges de Vaudrey marquis de St-Phal, attribué à Louis Le Nain, il daterait de 1635/1640 selon POP, qui donne approximativement (1601-1649) pour les dates de vie du personnage. En octobre 1597, le jeune Vaudrey, marquis de St-Phal (Charles ? Georges II ?), agresse violemment à Angers le gouverneur de Saumur, Duplessis-Mornay puis se réfugie au château de La Guerche chez son beau-frère le maréchal de Brissac (mari de sa demi-sœur Judith d'Acigné) pour échapper aux sanctions ; le différend ne trouve son règlement qu'en avec l'intervention des Maréchaux de France et d'Henri IV.

Le Parlement restitua officiellement la terre aux Scépeaux par son arrêt du . Cependant, Jeanne du Plessis de Beaupréau avait d'abord épousé en 1560 Jean VIII d'Acigné et leur fille Judith d'Acigné, demi-sœur aînée de Charles et Georges (II) de Vaudrey de St-Phal, prit pour époux en 1579 Charles II de Cossé-Brissac : ils sont les grands-parents de Louis de Cossé duc de Brissac, duc de Beaupréau par sa femme Marguerite-Françoise de Gondi, mariée en 1644, héritière des Scépeaux. En quelque sorte, les deux familles rivales pour tenir Beaupréau se sont réconciliées ainsi.

Ancien Régime vignette|130px|alt=Blason de Beaupréau.|Blason deBeaupréau. Durant les guerres de Religion, Beaupréau s'oppose au pouvoir royal. Henri IV devenu souverain, la grande partie de la province d'Anjou, hormis Angers et Saumur, refuse de reconnaître ce roi huguenot. Les ligueurs de Segré, Baugé, Beaupréau et Chalonnes refusent de se rallier au roi. Le , Henri IV abjure la foi protestante. Le roi se faisant catholique, la paix revient.

Beaupréau fut le siège d'un duché.

Révolution

Au , Jacques-Bertrand de Scépeaux (1704-1778)sans lien direct avec les Scépeaux précédents devient marquis et seigneur du duché de Beaupréau (mais pas duc) par achat le au duc Louis-François-Anne de Villeroy (les Neufville de Villeroy étaient les héritiers des Cossé-Brissac, donc des Gondi et des Scépeaux, par la mère de Louis-Nicolas de Villeroy, Marguerite-Marie de Cossé-Brissac). Jacques-Bertrand acquiert aussi le Petit-Montrevault en et sa fille Françoise-Marie-Rosalie de Scépeaux devient par son mariage la maréchale d'Aubeterre, sans postérité. Son autre fille Élisabeth-Louise-Adélaïde de Scépeaux (1741-1801) épouse Nicolas-François-Julie de La Tour d'Auvergne d'Apcher (1720-1790) et leur fille, Françoise-Honorine-Adélaïde de La Tour d'Apcher (1776-1851), héritière de Beaupréau et du Petit-Montrevault, transmet le domaine à son mari Alexandre-Émeric de Durfort-Civrac et à leur fils Henri-Louis-Marie. La fille de ce dernier, Marie-Cécile-Geneviève-Honorine de Durfort-Civrac (1855-1920) épouse en 1884 Pierre de Blacas d'Aulps (1853-1937). Les ducs de Blacas cèdent ensuite le château à une congrégation religieuse qui le transforme en clinique-maternité, de 1958 à 2000. À la fermeture de celle-ci, il est vendu pour être aménagé en copropriété d'appartements privés, sans changement de son aspect extérieur.

Guerre de Vendée

La région a été marquée par les guerres de Vendée. En la « Division de Cholet et de Beaupréau » de l'armée de Vendée compte , sous les ordres du général d'Elbée.

En et , Beaupréau a été le théâtre de batailles opposant les troupes vendéennes et républicaines.

Fait marquant pour Beaupréau, en 1794 Charette monte une campagne victorieuse dans le marais et le bocage, avec La Rochejaquelein et Stofflet dans les Mauges. Les républicains, surnommés , sont ainsi dispersés à Cholet, Beaupréau, Bressuire et Argenton-Château.

Époque contemporaine Beaupréau est sous-préfecture jusqu'en 1857 (arrondissement de Beaupreau).

De 1804 à 1815, elle accueille l'école royale d'arts et métiers, qui déménagera ensuite à Angers.

Pendant la Première Guerre mondiale, 131 habitants perdent la vie. Lors de la Seconde Guerre mondiale, 14 habitants sont tués.