Mûr-de-Bretagne () est une ancienne commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.

Cette commune a fusionné au avec la commune de Saint-Guen pour devenir la commune de GuerlédanCommune nouvelle. Feu vert pour le nom "Guerlédan", Le Télégramme, 4 novembre 2016.

Géographie Situation Située en Argoat, Mûr-de-Bretagne est une petite ville avec des commerces, située à l’est du lac de Guerlédan. L'axe central breton (RN 164) passe au nord du village.

thumb|center|Carte de la commune. Géologie vignette|Carte géologique simplifiée du Massif armoricain. La forêt de Quénécan associée au lac de Guerlédan forme l'extrémité nord-est des montagnes Noires.

La commune de Mûr-de-Bretagne est située au cœur du domaine centre armoricain, unité géologique du Massif armoricain qui correspond à une structure s'allongeant sensiblement en direction W-E, depuis la baie de Douarnenez jusqu'au bassin de Laval. S'opposant aux bas plateaux littoraux méridionaux et septentrionaux, ce bassin sédimentaire est principalement constitué de schistes briovériens (sédiments détritiques essentiellement silto-gréseux issus de l'érosion du segment occidental de la chaîne cadomienne, accumulés sur plus de d'épaisseur et métamorphisés), formant un socle pénéplané sur lequel repose en discordance, dans sa partie orientale, des formations paléozoïques sédimentaires. Ces formations sont déposées dans ce bassin marqué par une forte subsidence, puis sont déformées lors de l'orogenèse varisque (plis d'orientation préférentielle N 110° et plusieurs familles de failles d'orientations différentes)..

Parmi ces plis armant les crêtes appalachiennes de Bretagne, on peut distinguer l'anticlinal briovérien de la forêt de Quénécan (appelé aussi l'anticlinal des Forges des Salles). Sur le flanc de nord de cet anticlinal, les bancs de quartzites et de schistes durs jouent le rôle de couches résistantes à l'érosion. Portées en altitude, elles affleurent sous la forme d'une crête traversée par la côte du Menez Hiez..

Les schistes noirs ardoisiers (« schistes à Calymènes » des auteurs anciens) datant de l'ordovicien moyen (-470 et -453 millions d’années) ont été exploités en particulier à Saint-Gelven, Caurel et Mûr-de-Bretagne.. En 1884 Alphonse Debauve écrit que les carrières de Saint-Gelven fournissent alors environ 5 millions d'ardoises par an et celles de Mûr-de-Bretagne et Caurel environ 3 millions..

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes ecclesia de Mur en 1280, parrochia de Mur en 1283 et en 1284, Mur vers 1330, Mur en 1516, Mur en 1536, Meur en 1630, Mur en 1793, Mûr en 1861, Mur-de-Bretagne en 1856 et enfin Mûr-de-Bretagne à partir de 1957 (décret du ).

Le sens de mur est ici « muraille qui ceint une ville ou une place forte »Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Tome 3, Librairie Droz, Genève 1991, page 1474..

En breton, le nom est , forme également préconisée par l'Office public de la langue bretonne...

Histoire Préhistoire Une allée couverte se trouve à Coët-Correc ; elle a été surmontée vers la fin du par un calvaire en pierre sèche, construit par le propriétaire du terrain, et qui a été démantelé lors des fouilles archéologiques menées en 1984-1985..

Moyen-Âge

Mûr-de-Bretagne est un démembrement de l'ancienne paroisse de Neulliac. La paroisse de Mûr est citée pour la première fois en 1368 comme bénéfice du diocèse de Quimper.

Selon un aveu de 1471, Mûr était au sein de la vicomté de Rohan, une des 46 paroisses ou trèves de la seigneurie proprement dite de Rohan..

Jean-Baptiste Ogée écrit que « la seigneurie de Mur est très ancienne », qu'elle « appartint d'abord aux comtes de Cornouaille », que ceux qui détenaient cette seigneurie étaient aussi « sires de Corlai » et étaient ordinairement connus sous le nom de comtes de Launay-Mur ; par exemple « Christophe de Launay (né vers 1230), fils puîné de Garcin de MurGarcin de Mûr, né en 1200, décédé en 1257, comte de Launay-Mûr, juveigneur de Rohan, seigneur de Mur et de Corlay. et de Beatrix de Rostrenen, épousa Louise (née vers 1235 à Plumaugat), fille de Thibaud [Thibault] de la RivièreThibault de la Rivière, né vers 1195, décédé vers 1256, chevalier, seigneur de Kersaudy, de la Rivière et d'Auverné., issu d'une famille située en la paroisse d'Auverné, diocèse de Nantes », que « son fils Geoffroi [Geffroy] prit le nom de la Rivière, que ses descendants ont toujours porté depuis », que parmi leurs descendants on trouve des hommes illustres comme Jean de La RivièreJean de La Rivière assista en 1450 à l'hommage que rendit le duc Pierre II au roi Charles VII. Il prit part aussi, en qualité de chancelier, aux États généraux tenus à Vannes en 1451 et en 1455 et fut en 1457 capitaine de Saint-Aubin-du-Cormier., chancelier de Bretagne en 1450 du duc Pierre II de Bretagne), Robert de La Rivière qui fut évêque de Rennes en 1457, et que les seigneurs de La Rivière étaient sergents féodés du duché de Bretagne..

Temps modernes Le Deux moulins appartenant à la famille de Rohan existaient à Poullibet [Poulhibet], l'un pour le blé noir, l'autre pour le seigle, dès le ..

Le En 1646, à Mûr-de-Bretagne, selon Julien Maunoir, même les notables « ignoraient (...) les noms des trois personnes divines », Père, Fils et Saint-EspritJean Rohou, "Catholiques et Bretons toujours ? (essai sur l'histoire du christianisme en Bretagne)", éditions Dialogues, Brest, 2012, .

En 1667, Yves-Olivier de la Rivière fut nommé gouverneur de Saint-Brieuc et, après lui, son fils aîné, Charles-Yves de la Rivière ; par lettres patentes en date de 1696, confirmées en date du la seigneurie de Plœuc fut érigée en comté au profit d'Yves-Olivier de la Rivière. Un comte de la Rivière fut en 1757 capitaine-lieutenant des Mousquetaires Noirs.

Mûr au

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Mur en 1778 :

Le château de Launay-Mur : la semi-légende de Gwengrézangor

Le seigneur de Gwenguézangor, châtelain de Launay-Mûr, avait l'habitude de piller et détrousser les passants sans honte ni scrupule. Pensant que son épouse entretenait une relation amoureuse avec l'un de ses hommes d'armes, il fit emmurer vivant celui-ci dans une cheminée et enfermer son épouse dans une barrique toute garnie de clous à l'intérieur, qu'il fit jeter par-dessus les remparts dans un étang.

Jérôme-Marie Calvary-Tylan, propriétaire du château et maire de Mûr, trouva dans une cheminée murée les restes d'un homme en armes avec sa cuirasse, son casque et son épée, mais les ossements tombèrent en poussière au contact de l'air. Dans la décennie 1830, un paysan aurait trouvé un trésor non loin du château, et il se pourrait que ce soit le chevalier amoureux qui l'ait caché, lorsqu'il préparait sa fuite avec l'épouse du châtelain : cela donne une certaine véracité à cette légende..

Les ardoisières Certaines « perrières » (ardoisières) existaient déjà, entre Gouarec et Mûr-de-Bretagne sur les rives du Blavet, exploitées depuis au moins le comme le prouve un aveu de 1571 de la seigneurie de La Roche Guéhennec.

Elles furent très actives entre le milieu du et le début du , faisant vivre plusieurs centaines de familles. La Première Guerre mondiale et la mise en eau du barrage de Guerlédan précipitèrent leur déclinJacques Garreau, Bernard Tanguy et Yves-Pascal Castel, "Bretagne intérieure", éditions Privat, 1995, .

Le Mûr est concerné par la construction du Canal de Nantes à Brest (Blavet canalisé) entre 1822 et 1842 ; le Blavet à cet endroit est à la limite ouest de la commune, plusieurs écluses (dont l'écluse n° 119, dite écluse de Trévejean. et l"écluse du Poulhibet) s'y trouvent ou sont sur le canal lui-même dont le tracé est parallèle et proche du cours naturel du Blavet, mais totalement sur le territoire communal.

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Mur en 1845 :

Selon Joachim Gaultier du Mottay, en 1862, Mûr possède une école de garçons accueillant 104 élèves et une école de filles recevant 75 élèves ; dans la commune se trouve aussi « l'établissement rural de Kermur, créé pour l'exploitation de 160 hectares de landes au milieu desquelles il est construit, dans la situation la plus pittoresque, sur le coteau qui forme le versant de la butte si élevée de Menez-Niez ». Il précise aussi que l'extraction des ardoises occupe alors plus de 70 ouvriers et qu'« il est à regretter que les carrières qui les produisent ne soient pas exploitées avec plus de soin et de méthode [car] elles sont d'excellente qualité et passent pour ne pas oxyder les clous qui les fixent sur les couvertures » Il ajoute que l'on vient de construire un embarcadère à Penerpont, sur le canal de Nantes à Brest..

En 1870 la famille Le Pottier achète les deux moulins de Poullibet, qui furent remplacés entre 1900 et 1905 par une minoterie à cylindres, puis, après a construction du barrage de Guerlédan, par une turbine hydraulique. La minoterie, toujours en activité, a été rachetée en 2011 par la société "Grands Moulins de Paris".

Le La Belle Époque

Gustave Geffroy décrit ainsi Mûr-de-Bretagne au début du : « Mur de Bretagne (...) se hisse sur un plateau entouré de chênes et de châtaigniers et forme deux parties, dont l’une, la plus haute, est Sainte-Suzanne. Les maisons sont groupées en désordre autour d’une place où se trouve une halle »..

En 1902 une épidémie de fièvre typhoïde survnit dans les communes de Mûr-de-Bretagne, Caurel, Saint-Caradec, Saint-Gilles-Vieux-Marché et Saint-Guen..

La commune a été desservie par le passé par la ligne ferroviaire de Carhaix à Loudéac à voie métrique du Réseau breton, ouverte en partie en 1898 (mais la section entre Rostrenen et Loudéac ne fut mise en exploitation que le .) et fermée en 1967 (désormais reconvertie en voie verte).

En 1913 à Mur-de-Bretagne les écoles de garçons accueillaient 63 élèves pour l'école communale et 129 pour l'école privée, celles de filles 31 élèves pour l'école communale et 132 pour l'école privée..

La Première Guerre mondiale Le monument aux morts de Mûr-de-Bretagne porte les noms de 131 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale.

L'entre-deux-guerres thumb|Le barrage de Guerlédan vu côté aval. La construction entre 1923 et 1930 du barrage de Guerlédan a interrompu la navigation sur le Blavet canalisé (aussi tronçon du canal de Nantes à Brest), mais aussi entraîné la création du lac de Guerlédan (l'écluse n° 120, dite du Moulin Neuf. a été engloutie sous les eaux du lac de Guerlédan en 1929 ; elle se trouvait au niveau des assises même du barrage ; en tout 17 écluses ont été englouties sous les eaux du lac). Ce barrage a permis la construction d'une usine hydroélectrique mise en service en 1930. Les eaux turbinées par la centrale hydroélectrique aboutissent dans un premier bassin formé derrière le « petit barrage de Guerlédan » situé à 650 m en aval du barrage, lequel permet de contrôler la variation du débit en aval et de contrôler les crues..

La Seconde Guerre mondiale

Le monument aux morts de Mûr-de-Bretagne porte les noms de 19 personnes mortes pour la France durant la Seconde Guerre mondiale.

L'après Seconde Guerre mondiale

Un soldat originaire de Mûr-de-Bretagne est mort durant la guerre d'Indochine et un pendant la guerre d'Algérie.

Le

La création de la nouvelle commune : Guerlédan La commune nouvelle de Guerlédan est créée par la fusion, le , des communes de Mûr-de-Bretagne et Saint-Guen.

Politique et administration Liste des maires

Liste des maires délégués

Démographie

Culture locale et patrimoine

Monuments thumb|La chapelle de Sainte-Suzanne. La chapelle Sainte-Suzanne est classée aux monuments historiques depuis le . Elle est entourée de chênes séculaires peints vers 1840-1850 par Camille Corot.

Église paroissiale Saint-Pierre : à l'intérieur, autels et chaires sculptés par un artiste local. Sur la chaire, les panneaux sculptés représentent les sept péchés capitaux.