La bataille de Verneuil constitue un affrontement majeur de la guerre de Cent Ans, qui se déroule le au nord de Verneuil d'Avre et d'Iton, en Normandie, dans le sud du département actuel de l'Eure. Elle oppose une armée anglaise à une force franco-écossaise, renforcée par une cavalerie lourde milanaise. Cette bataille représente une victoire significative pour les Anglais, qui la qualifient de seconde Azincourt.

La bataille débute par un échange de flèches entre les archers anglais et écossais, suivi de la charge de lourds milanais qui, en balayant les flèches et les pieux de protection, pénètrent dans les rangs des hommes d'armes anglais, mettant en déroute un flanc de leurs archers. Les Milanais poursuivent les Anglais en fuite et pillent leur train de bagages. Pendant ce temps, les hommes d'armes anglais et franco-écossais s'engagent dans une mêlée intense d'environ , à laquelle se joignent de nombreux archers anglais. Les Français finissent par être battus, laissant les Écossais seuls dans une ultime résistance, sans quartier accordé par les Anglais. À la fin de la bataille, la cavalerie milanaise revient sur le champ, mais s'enfuit en découvrant le sort de la force franco-écossaise.

Environ Français et Écossais sont tués lors de la bataille, et sont faits prisonniers. Le chroniqueur bourguignon Jean de Wavrin, présent sur le champ de bataille, évalue à le nombre d'Anglais tués, tandis que Jean de Lancastre, commandant anglais, déclare n'avoir perdu que deux hommes d'armes et quelques archers. L'armée écossaise, dirigée par les comtes de Douglas et de Buchan, tous deux tués, subit une destruction presque totale. De nombreux nobles français, dont le duc d'Alençon et Gilbert Motier de La Fayette, sont capturés. Après Verneuil, les Anglais consolident leur position en Normandie, tandis que l'armée écossaise cesse de jouer un rôle significatif dans la guerre de Cent Ans, bien que de nombreux Écossais restent au service de la France.

Contexte Situation en France gauche|vignette|redresse|alt=Portrait d'un homme de profil habillé de rouge et portant un collier.|, roi d'Angleterre, portrait anonyme du , , National Portrait Gallery, Londres. À la suite de la bataille d'Azincourt du , la noblesse française est décimée. Le , l'armée d' débarque à nouveau près d'Harfleur, conquise en 1415 dans l'estuaire de la Touques, comme deux ans plus tôt lors de la campagne qui mena à la bataille d'Azincourt..

Les Anglais se sont assuré le contrôle de la mer par deux attaques sur la flotte française, la première en dans la baie de Seine et la seconde devant Saint-Vaast-la-Hougue le .. La guerre n'est pas une simple chevauchée comme au temps du prince noir Édouard de Woodstock.. Il s'agit d'une vraie guerre de conquête.. Les Anglais ne se heurtent à aucune résistance des Français et peuvent remonter la vallée de la Touques jusqu'à Lisieux, qui est alors prise, cette ville importante n'étant pas encore fortifiée. Bayeux capitule le , tandis que Caen est prise le , après le siège de la ville débuté vers le par Thomas de Lancastre, duc de Clarence et frère d'. Cela entraîne la capitulation de la plupart des villes de la région : Argentan le , après un siège de huit jours., et le même mois, les villes de L'Aigle, Alençon, Sées, Exmes et Trun. Falaise et Vire tombent en . En , l'armée d' prend la direction du Cotentin. Saint-Lô est aux mains des Anglais le , Carentan, Saint-Sauveur-le-Vicomte et Coutances le . En , l'armée part pour les actuels départements de l'Eure et de la Seine-Maritime. Évreux est prise le , Louviers le , Pont-de-l'Arche le , Cherbourg le , Nonancourt prise la même année, puis détruite. et Rouen en 1419 qui devient la capitale des Anglais en France...

Seul le mont Saint-Michel restera français.. Les Anglais laissèrent de fortes garnisons sur place. Selon les sources de l'époque, anglais occupent une quarantaine de places fortes. Entre-temps, les Bourguignons prennent de nombreuses places sur la route de Paris, bloquant les renforts français entre l'Île-de-France et la Normandie.

À la suite des opérations militaires menées par de 1417 à 1419, il se proclame duc de Normandie.. Les Bourguignons capturent la capitale le .. Contre toute attente, le , le duc de Bourgogne Jean sans Peur décide de se réconcilier avec le dauphin Charles (futur ), ce dernier étant le dernier héritier mâle de son père , par suite de la mort de ses frères aînés Charles (1386), Charles (1401), Louis (1415) et Jean (1417). Le , ils signent le traité de Pouilly-le-Fort, à la suite d'une entrevue entre le et à Vert-Saint-Denis : une paix est jurée par les deux princes sur leur part de paradis, en présence de Philippe de Coetquis, évêque de Léon et envoyé du pape .. Cette paix est ratifiée par à Pontoise le . La situation s'envenime lors d'une rencontre sur le pont de Montereau, où les hommes du Dauphin assassinent le duc...

Traité de Troyes vignette|Charles VI et Isabeau de Bavière durant le traité de Troyes. Chroniques de Jean Froissart, British Library, Harley 4380, fo 40, c. 1470-1472. Après l'assassinat de son père, Philippe le Bon devient duc de Bourgogne et renoue avec l'alliance anglaise.. Apprenant ce meurtre, , d'après , se serait écrié : . Un projet de mariage est formulé entre ce dernier et Catherine de France, fille du roi . Malgré la défense du dauphin indiquant que les paroles du duc avaient été offensantes et rappelant l'assassinat de Louis d'Orléans orchestré par le duc de Bourgogne en 1407, beaucoup se rangèrent du côté du nouveau duc et arborèrent la croix de saint André sous sa forme de croix de Bourgogne et, notamment, à Paris.

Le , la reine demanda au roi d'Angleterre de l'aider à faire la paix. Dans une lettre du à Philippe de Saint-Pol et au conseil royal à Paris, Henri V revendique non seulement la Guyenne et la Normandie, mais aussi la couronne de France par droit héréditaire.

Les Bourguignons sont favorables à ce qu' devienne roi de France, pour garantir la paix, que cela soit légal ou non. Pour eux, a les moyens de conquérir le royaume, et le dauphin s'est disqualifié par le meurtre de Montereau. Il reste les princes de sang, comme Charles d'Orléans, prisonnier en Angleterre depuis la bataille d'Azincourt, et . La situation remonta jusqu'au pape : il reçut des ambassadeurs français et anglais ; l'évêque Philippe de Coetquis démontra que les Anglais n'avaient aucun droit ni sur la Normandie, ni sur le trône de France, et le pape en prit acte.

Par le traité de Troyes, le dauphin est reconnu illégitime par Isabeau de Bavière. Le traité stipule qu'à la mort de Charles, Henri deviendrait à la fois roi d'Angleterre et roi de France. Le traité propagea des rumeurs de bâtardise concernant le dauphin sans aller trop loin pour ne pas humilier la reine. Le Dauphin était en voyage en Languedoc, et tenta de se rapprocher d', sans succès. Le premier à l'étranger qui reconnut le traité de Troyes est Sigismond de Luxembourg, roi des Romains et roi de Hongrie, le . Les trois états d'Angleterre le reconnaissent le , à Westminster. Le traité choqua les Armagnacs, par définition hostiles à ce que la couronne de France revienne à un étranger ; en France, il scandalisa une partie de la noblesse, y compris chez les Bourguignons, comme Nicolas de Clamanges ou Guillaume de Vienne.

meurt le . décède à son tour, deux mois plus tard, le . n'est alors âgé que de 10 mois.. Jean de Lancastre, duc de Bedford, devient régent de France. tandis qu'Humphrey de Lancastre devient régent d'Angleterre.

Situation en Écosse vignette|redresse|, roi d'Écosse, vue d'artiste anonyme vers 1579, , galerie nationale d'Écosse, Édimbourg.|alt=Portrait d'un homme de face habillé de rouge et portant un chapeau.|gauche Depuis 1406, l'Écosse vit une période compliquée. envoie son fils Jacques en France ; en chemin, il est capturé et rançonné par les Anglais qui le gardent prisonnier.. Jacques accompagne lors de ses campagnes en France. L'oncle de Jacques, Robert Stuart, premier duc d'Albany, devient régent. Il fait accélérer la libération de son fils Murdoch Stuart, capturé en 1402 à la bataille de Homildon Hill.. Murdoch succéde à son père en 1420 pour la régence. Les caisses de l'État sont vides, la corruption est endémique. À la suite du traité de Troyes, le Régent commence des manœuvres diplomatiques dans les buts suivants : entretenir l'Auld Alliance ; maintenir l'envoi de troupes en France ; réconcilier Armagnacs et Bourguignons ; négocier la libération de .

Bien qu'il soit prisonnier, est éduqué en Angleterre pour devenir roi ; il rencontre Jeanne Beaufort, fille de Jean Beaufort, premier comte de Somerset. Ils se marient et Jeanne devient reine d'Écosse. Pendant sa captivité, il est fait chevalier et devient membre de l'ordre de la Jarretière. espère que la présence de à ses côtés obligera les Écossais à abandonner le combat en France, en vain. En 1423, après la mort d', est libéré. Son mariage avec Jeanne Beaufort est accueilli avec intérêt car il rapprocherait les deux royaumes. Il doit s'acquitter d'une rançon de et livrer 21 otages. Le , il signe un traité de paix avec l'Angleterre pour une durée de 7 ans, mais affirme ne pas pouvoir rappeler ses compatriotes en France. Le , il est couronné roi d’Écosse à Scone, dans le Perth and Kinross.

Campagne de 1423-1424 Préludes vignette|Bataille de Baugé, auteur inconnu, enluminure issue des Vigiles de , manuscrit de Martial d'Auvergne, vers 1484, BnF, Manuscrit français 5054, enluminure du folio 24 verso, Bibliothèque nationale de France, département des manuscrits Paris.|alt=Groupe de cavaliers s'affrontant dans une plaine. Pour la campagne de 1424, le Dauphin est assez optimiste et a de grandes ambitions. Il veut rejoindre Reims, où il sera sacré cinq ans plus tard, grâce à Jeanne d'Arc. Bedford souhaite se débarrasser des derniers points de résistance en Normandie et pousser ses hommes vers le Maine, l'Anjou et la ville de Dreux. Il a organisé une rencontre à Amiens, à l'été 1423, avec le duc de Bourgogne et le duc de Bretagne, , pour renforcer ses alliances en France. Le Dauphin a eu des résultats mitigés l'année précédente, entre victoires (bataille de Baugé où meurt le duc de Clarence, frère d'), et défaite, notamment pour ses Écossais, lors de la bataille de Cravant.

Bedford ne reçoit rien de Londres ; il fait une levée d'impôt pour acheter de la poudre et des canons, et former , dont 400 sont destinées à la conquête du Maine. Une partie de la somme doit être remise aux villes d'Harfleur et de Lisieux pour la construction de bâtiments défensifs. Le , Bedford s'empare du port du Crotoy, puis Compiègne, déjà prise par Étienne de Vignolles, dit La Hire, quelques mois auparavant., après avoir menacé de faire pendre la garnison si elle ne se rendait pas.

Le comte de Salisbury prend Montaiguillon. Falstoff et Scales assiègent Beaumont-sur-Sarthe, puis Gaillon, qui venait d'être prise par les Français et qui retombe le . Salisbury assiège Sézanne avec l'aide de Bourguignons comme Châtillion. La garnison refuse de se rendre et est massacrée., comme les civils. Les Français assiègent et prennent des villes dont Guercheville par l'amiral de France, Louis de Culant.

Un partisan du roi de France , Géraud de la Pallière, s'empare à la fin de l'été 1423, par surprise, du château d'Ivry, en escaladant ses murs avec ses hommes. En réaction, un siège anglais est déclenché, car le château servait aux incursions des Armagnacs en territoire anglais. Le , Bedford envoie une troupe pour reprendre le château, après avoir neutralisé le capitaine qui devait assurer la sécurité de la fortification pour le compte des Anglais, un bourgeois normand du nom de Pierre Glé. Les assiégés proposent de se rendre le si aucun secours ne leur parvient. Géraud de la Pallière en avertit le Dauphin qui décide de former une armée pour soutenir les assiégés d'Ivry.