vignette|Enluminure du Livre des Rois (Ferdowsi).
vignette|Miniature du Boustan (Saadi).
La littérature persane (en ) est la littérature écrite en persan. De plus, certains considèrent que la littérature persane inclut également les œuvres écrites par des Persans en d'autres langues, comme le grec. Le persan est une langue indo-européenneL'arabe étant la langue des sciences alors que le persan, celle de la poésie cf. al-Biruni dans son Traité des drogues(1051) « C'est en arabe que, par tradition, les sciences (nous) ont été transmises... Quand je compare l'arabe au persan - et je suis à l'aise dans les deux langues - j'avoue préférer l'invective en arabe à l'éloge en persan » cité par Vincent Monteil dans son introduction aux Quatrains d'Omar Khayyâm.
Les travaux subsistants écrits en langues persanes (comme le vieux perse ou le moyen perse) remontent aussi loin qu'en 650 av. J.-C., date des inscriptions achéménides les plus anciennes retrouvées. Les plus grandes œuvres de la littérature persane remonte aux environs de 650 de notre ère.
Après que les Abbassides furent arrivés au pouvoir (750 ap. J.-C.), les Persans sont devenus les scribes et les bureaucrates du nouvel empire islamique, ainsi que ses écrivains et poètes.
Les poètes perses tels que Saadi, Hâfez et Rûmi sont lus dans le monde entier et ont eu une grande influence sur la littérature dans de nombreux pays.
La littérature persane est notamment renommée pour sa poésie, qui peut être épique, historique, philosophique, amoureuse, mystique, etc.
Les principaux écrivains persans, dont le style tient à la fois de la poésie et de la philosophie, sont : Ferdowsi, auteur du Shâh Nâmeh (livre des Rois), la grande épopée persane ; Nizami, auteur du Khamseh, ou Cinq Poèmes ; Saadi, auteur d'un Boustân (Verger) et d'un Golestân (Jardin de roses) ; Hâfez, auteur d'un Divan ; Omar Khayyam avec ses Quatrains ; Attar avec Le Mémorial des saints, La Conférence des oiseaux et Le Livre des secrets ; Rûmi avec le Mesnâvi et Les travaux de Shams de Tabriz ; Rûzbehân avec Le Jasmin des fidèles d'amour ; Ghazali et sa Revivification des sciences de la religion...
Parmi les écrivains contemporains, on peut citer aussi Hedayat (1903-1951), Chariati (1933-1977), Fereydoun Moshiri (1926-2000), la poétesse Forough Farrokhzad (1935-1967).
Littérature persane classique Littérature persane pré-islamique vignette|Kelileh va Demneh, Manuscrit persan datant de 1429, provenant de Herat, l'illustration représente un chacal essayant de faire fuir un lion. Il reste peu de vestiges littéraires des Perses anciens. La plupart consistent en des inscriptions des rois achéménides, notamment Darius (522-486 ) et de son fils Xerxès, dont l'Inscription de Behistun, en vieux perse en écriture cunéiforme : art du relief rupestre dans l'Antiquité iranienne.
La plupart des écrits zoroastriens ont été détruits, d'abord durant la conquête d'Alexandre le Grand, puis lors de la Conquête musulmane de la Perse. Les Parsis, ou Perses, qui ont fui en Inde, ont emporté avec eux quelques livres zoroastriens, dont l'Avesta et les commentaires anciens (Zend) de celui-ci, en avestique (ou zend), langue iranienne orientale, assez éloignée du vieux perse.
Quelques travaux de géographie sassanide et de carnets de voyages subsistent dans des traductions en arabe.
Les universitaires contemporains Ahmad Tafazzoli et Jaleh Amouzgar ont conduit des travaux extensifs sur les écrits achéménides et sassanides, religieux et profanes, qui ont survécu, en moyen perse (ou pehlevi), en écriture pehlevi.
Littérature persane des périodes médiévales et pré-modernes Au début de la période islamique, durant les trois premiers siècles, la littérature en Iran est globalement de langue arabe., avec emprunts croisés dans les deux langues.. La shu'ubiyya désigne la résistance (de différentes cultures) à l'arabisation du monde musulman.
Alors qu'il a initialement été maintenu dans l'ombre par l'arabe pendant le califat omeyyade et au début du califat abbasside, dès le , le persan moderne est redevenu une langue littéraire.. dans tous les territoires de l'Asie centrale.
La renaissance de la langue dans sa nouvelle forme est souvent attribuée à Ferdowsi (940c-1020c), Onsori (970c-1039), Abu-Mansur Daqiqi (940c-980), Roudaki (859-941) et leur génération, puisqu'ils utilisaient le nationalisme pré-islamique comme un moyen de faire revivre la langue et les coutumes de la Perse antique.
En particulier, Ferdowsi dit lui-même dans son Shâh Nâmeh :
Le persan était la langue des cours et de sa littérature en dehors des frontières de l'Iran contemporain dans lequel le persan renaissant. Par exemple, Rûmi (1207-1273, Maulana), un des poètes les plus aimés de l'Islam (et de la Perse) écrivait en persan, mais vivait à Konya, maintenant en Turquie, qui était alors la capitale des Seldjoukides. Les Ghaznévides ont conquis de grands territoires en Asie centrale et du Sud, et ont adopté le persan comme langue officielle de la cour. Il existe donc une littérature persane dans des territoires qui font maintenant partie de l'Afghanistan, du Pakistan, et de l'Inde, et de l'Asie centrale (ex-URSS).
Poésie vignette|Illustration du Jardin de la rose du pieux de Nur ad-Din Jami, daté de 1553. L'image mélange la poésie et la miniature persane en une seule image, comme c'est l'habitude dans de nombreuses œuvres de la littérature persane.
Les écrits du début de l'époque de la poésie persane se caractérisent par un fort patronage des cours, une extravagance de panégyriques et par ce qui est connu comme . Le qasideh est peut-être la forme la plus célèbre de panégyriques utilisée, bien que les quatrains tels que ceux des Quatrains d'Omar Khayyam soient aussi très largement populaires. La tradition du mécénat royal, qui remonte à l'époque sassanide, continue à l'époque des cours abbassides et samanides et dans chaque dynastie persane.
Ce style, dit style khorassani, parce que la plupart de ses artistes étaient associés avec la province du Khorassan, peut se caractériser par une diction dédaigneuse, un ton digne et un langage relativement littéraire. Les représentants principaux de ce lyrisme sont , Farrukhi Sistani, Onsori, et . Les maîtres du panégyrique, comme Roudaki, sont réputés pour dépeindre l'amour de la nature et de la flore grâce à leurs vers descriptifs.
Les cours et le système de mécénat perment ainsi l'émergence du style épique de la poésie, sont le Shâh Nâmeh de Ferdowsi marque l'apogée. En glorifiant le passé historique de l'Iran dans des vers héroïques et élevés du genre dâstân, lui et d'autres notables comme Daqiqi et Assadi Toussi présentent "l'Ajam" comme une source de fierté et d'inspiration qui aide à préserver le sens de l'identité des peuples iraniens à travers les siècles. Ferdowsi met en place un modèle qui va être suivi par de nombreux autres poètes.
Le marque l'essor de la poésie lyrique avec le développement du ghazal comme forme de versification majeure, et l'apparition de la poésie mystique et soufie. Ce style, souvent appelé style eraqi ou iraki (du qualificatif donné à la partie occidentale de la Perse, par opposition au Khorassan), est connu pour ses qualités lyriques émotionnelles, ses mètres riches et la simplicité relative du langage utilisé. La poésie émotionnelle et romantique n'est cependant pas nouvelle, comme le montrent des poèmes tels que Vis o Ramin de Fakhreddine Assad Gorgani, et Youssouf et Zoleïkha. de Djami. Des poètes tels que Sanaï et Attar (dont Rumi déclare qu'ils furent une source d'inspiration pour lui), Khaqani, Anvari, et Nizami, sont très respectés par les auteurs de ghazals. Mais l'élite de cette école est surtout représentée par Rûmi, Saadi, et bien sûr Hâfez.
Dans le genre didactique, il faut mentionner de Sanaï et de Nizami. Quelques travaux d'Attar appartiennent aussi à ce genre, ainsi que les écrits les plus importants de Rûmi, bien que certains aient tendance à les classer dans le style lyrique à cause de leurs qualités mystiques et émotionnelles. Certains tendent aussi à regrouper les œuvres de Nasir e Khosraw dans ce style, cependant, le vrai joyau est le Boustân de Saadi, un classique de la littérature persane.
Après le , le « style indien » de la poésie persane (de style esfahani, d'Ispahan, ou safavide) 'impose. Il plonge ses racines dans l'époque timouride, et produit des œuvres comme celles d'Amir Khosrow Dehlavi.
Essais Les écrits les plus significatifs de ce type dans la littérature persane sont Tchahar Maqaleh de Nizami, Aroudhi de Samarcande, ainsi que le recueil d'anecdotes intitulé de .
Le fameux texte du ziyaride `Unsur al-Ma`âlî Kay Kâ'ûs écrit en 1082-1083, le célèbre Qâbûs Nâmeh (Livre de Qâbûs un ), est une œuvre très prisée des belles-lettres de la littérature persane. L'autre œuvre très prisée dans ce genre est celle du grand vizir persan, Nizam al-Molk (1018-1092).
Biographies, hagiographies, et travaux historiques Des œuvres historiques et biographiques majeures en persan classique, on peut mentionner le de , qui est considéré comme une source fiable par de nombreux experts, ainsi que le célèbre (Histoire du Conquérant du monde) d'Ata al-Molk Juvayni, qui relate les événements des époques mongoles et ilkhanides de l'Iran. Tadkhirat al-Awliya (Hagiographies des saints) d'Attar est aussi un récit détaillé sur les mystiques soufis, qui est pris en référence par de nombreux auteurs et est considéré comme une œuvre significative de l'hagiographie mystique.
Une autre œuvre de valeur historique ayant significativement influencé le genre est la fameuse Tarikh-i Beyhaqi d'Abolfazl Beyhaghi, écrit au .
Satire Obeid Zakani (1300?-1370)
Folklore Kelileh va Demneh (traduit d'un conte folklorique indien)
Religion Revivification des sciences de la religion ( s.)
La déconstruction dans la langue et la littérature persanes
Le livre Kalagh az khoshhali dar poste khod nemi gonjeshk de Reza Ghani Rayeni a été présenté comme un exemple d’une approche derridienne de la question du langage, envisagé comme un phénomène dans lequel le sens est constamment différé. Dans cette perspective, l’écriture se caractérise par la présence d’ambiguïtés et de contradictions liées à l’impossibilité d’une fixation définitive du sens. Bien qu’il soit classé dans le genre poétique, l’ouvrage peut également être considéré comme une réflexion linguistique visant à ouvrir la voie à l’étude de notions telles que la déconstruction dans la langue et la Littérature persane.
Littérature persane contemporaine Littérature des , .
Moschtāq (1689–1757) ʿĀšeq (1699–1767) Āzar (?-1780) Hātef (?-1783) Medschmār (?- 1810) Fath Ali Chān Sabā (?-1822) Nechāt (1761–1828) (Mo'tamid od-Doule Mirzā Abd ol-Wahhab Nechāt) Foroughi (1798–1857) Scheibāni (1825–1890) Amiri (1860–1917) (Sādeq Chān-e Farahan, Abibolmamalek) Iradsch (1874–1926) Tâhereh (1817-1852)
La littérature persane en Iran Au , la littérature persane connaît un profond bouleversement et entre dans une ère de changement. Le début de cette transformation est illustré par un incident au cours de la moitié du , à la cour de Nassereddine Shah, où le Premier ministre réformateur, Amir Kabir, châtie le poète Habibollah (1808-1854) pour avoir dans un panégyrique sous forme dqasida en son honneur. Amir Kabir, bien sûr, considérait la poésie en général et le genre de poésie qui s'était développé durant la période Qadjar comme des entraves au et à la de la société iranienne qui avait de grands besoins de se transformer. Des inquiétudes similaires furent exprimées de façon grandissante par d'autres, tels que Fath-'Ali Akhundzadeh, Mirza Aqa Khan Kermani, et Mirza Malkom Khan, qui cherchaient à satisfaire également les besoins de changement en termes littéraires dans la poésie persane mais en les reliant toujours aux problèmes sociaux.