Auvelais (en wallon Auvlè.) est une section de la commune belge de Sambreville située en Région wallonne dans la province de Namur en bordure de la Sambre. C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.
Toponymie Dans les documents anciens, le toponyme Auvelais le terme pourrait être d'origine celtique et évoquer l'existence d'une pommeraie - est mentionné sous des formes orthographiques variées : « Nauloiz » ou « Navloiz » et « Avoloit » en 1113, « Auvlois » ou « Avulois » en 1138 et 1246, « Aulois » ou « Avlois » en 1151, 1196, 1225, « Auloiz » ou « Avloiz » en 1155, 1179 et 1225, Aveloiz en 1182 et 1229 ou « Avelois » en 1229 et 1240. Cette dernière variante fut presque exclusivement employée jusqu'au cours du siècle dernier ; elle fit alors place à « Auvelois », forme qu’on rencontre cependant déjà en 1444 et qui est conservée aujourd’hui sur le sceau communal. On écrira néanmoins plus communément « Auvelais », orthographe conforme à la prononciation locale, l’usage ayant substitué le phonème « ai » à « oi ».
Géographie
Situation Auvelais se situe à l'ouest de la province de Namur, elle est intégrée dans la nouvelle entité créée en 1977 sous le nom de Sambreville.
Géographie physique Auvelais se présente comme une entité implantée dans la vallée de la Sambre, au cœur d’un relief doucement ondulé caractéristique du sillon sambro-mosan. La localité occupe principalement la rive nord du cours d’eau, dans une zone où la plaine alluviale s’élargit légèrement, offrant un terrain relativement plat et propice à l’urbanisation. L’altitude y est modérée : le centre, autour de la place Communale, se situe à environ , tandis que l’ensemble du territoire oscille entre 88 m et 176 m, selon les données topographiques régionales.
Le paysage physique d’Auvelais est dominé par la Sambre, dont le tracé a façonné la morphologie locale. Le lit du fleuve, relativement encaissé mais régulier, a généré des dépôts alluviaux qui composent aujourd’hui une large partie des sols de la vallée. Ces terrains meubles contrastent avec les versants plus élevés situés au nord et au sud, où affleurent des formations géologiques plus anciennes et plus compactes. L’altitude moyenne du secteur, estimée à environ , témoigne d’un relief peu accentué mais marqué par une transition progressive entre la plaine fluviale et les plateaux environnants.
La structure physique du territoire reflète également l’influence de l’occupation humaine, qui s’est historiquement concentrée dans les zones basses proches de la Sambre, tandis que les espaces plus élevés ont conservé un caractère plus rural ou boisé. Les données géographiques régionales, accessibles via le Géoportail de la Wallonie, confirment la présence d’une mosaïque d’occupations du sol mêlant zones bâties, espaces verts, infrastructures industrielles et surfaces agricoles, typiques des vallées industrielles wallonnes.
La géologie, s’inscrit dans le cadre structural du Synclinorium de Namur, vaste pli hercynien qui organise une grande partie du sous-sol de la région. Les terrains affleurant ou présents en profondeur appartiennent majoritairement au Carbonifère, avec une prédominance de formations houillères et de dépôts sédimentaires issus d’environnements marins puis deltaïques.
Les couches géologiques identifiées autour d’Auvelais comprennent des schistes sombres, siltites, grès et conglomérats, typiques des séries du Westphalien, période marquée par l’alternance de dépôts détritiques et de niveaux charbonneux. Ces formations témoignent d’un bassin subsident où se sont succédé deltas, marécages et apports fluviatiles. Les données issues des affleurements et sondages recensés par le Service géologique de Wallonie confirment la présence de ces unités lithostratigraphiques, ainsi que de structures tectoniques secondaires liées au plissement hercynien, notamment des failles inverses et des plans de schistosité bien développés.
La vallée de la Sambre, qui traverse Auvelais, doit sa morphologie à l’érosion quaternaire ayant entaillé les terrains carbonifères. Les versants montrent localement des talus instables et des zones où les anciennes exploitations minières ont modifié la structure du sous-sol. Le Service géologique de Wallonie signale en effet que la région présente divers points d’observation géomorphologique et d’anciens travaux miniers, éléments importants pour comprendre la dynamique du terrain et les risques associés, notamment les affaissements.
L’ensemble de ces caractéristiques fait d’Auvelais un secteur représentatif de la géologie sambroise : un sous-sol façonné par l’histoire houillère, structuré par la tectonique hercynienne et remodelé par l’érosion récente. Les données disponibles via la Carte géologique de Wallonie permettent d’en préciser les formations, les structures et les relations stratigraphiques, offrant un cadre scientifique solide pour l’étude du territoire.
Quartiers et lieux-dits vignette|Vue de l'église de La Sarthe.La Sarthe, Le Voisin, Rominet, Larronnerie, La Vacherie, La Pêcherie, Pont-à-Biesme, Bruyère, Les Tiennes, Seuri, Le Gultia, Grippelotte et Clos du Mayeur.
Hydrographie
Démographie
Sources:INS, Rem:1831 jusqu'en 1970=recensements, 1976= nombre d'habitants au 31 décembre 1890: Scission d`Arsimont en 1887
Histoire Des découvertes archéologiques établissent clairement l'existence d'un peuplement à l'époque romaine. Jusqu'à la fin de l'Ancien régime, le territoire actuel d'Auvelais était divisé en deux parties indépendantes. La première, Auvelais-le-Comté, appartenait pour trois quarts à l'abbaye de Floreffe (comté de Namur) et pour un quart au chapitre de Fosses (principauté de Liège). La seconde, Auvelais-le-Voisin, faisait partie de la principauté de Liège.
À la veille de la Révolution française, le centre d'Auvelais dépendait donc du comté de Namur, tandis que le quartier du Voisin, ainsi que ceux de la Larronnerie et de la Sarthe, relevaient de la principauté de Liège. Ces deux sections constituaient deux communes ou communautés, comme on disait alors, et deux seigneuries distinctes : celle d’Auvelais et celle du Voisin.
À gauche, le cachet d'Auvelais-le-Comté en 1806 et à droite celui d'Auvelais-le-Voisin à la même époque. Des estampilles rares qui rappellent les deux anciennes communes qui composent aujourd’hui Auvelais.
Une pierre datant de 1802 scellée à proximité de la piscine porte l'inscription « Commune des deux Auvelais ».
La ligne de démarcation entre le pays de Liège et le comté de Namur est assez exactement tracée par la nouvelle route d’Eghezée, le chemin de Besonry à Rominet et la rue de la Sarthe jusqu’au pont de Sambre ; de là, elle se dirige vers l’intersection des rues du Voisin et des Aises, suit celle-ci jusqu’à la chapelle St-Roch et descend vers la Sambre.
Le , l'armée allemande exécute 44 civils et détruit 127 bâtiments. Ces événements font partie des Atrocités allemandes en 1914.
En 1977, à la suite de la loi sur les fusions des communes, Auvelais est fusionnée avec 6 autres communes pour formée l'entité de Basse-Sambre qui deviendra en 1978 sous le nom de Sambreville dont la section d'Auvelais deviendra le siège.
Liste des bourgmestres de 1830 à 1977 Ferdinand‑Joseph Dupont, de 1830 à 1863. Napoléon Hicguet, de 1863 à 1872. Louis Petit‑Bouche, de 1872 à 1879. Napoléon Hicguet, de 1879 à 1881. Justin Hicguet, de 1881 à 1896. Felix Protin, de 1896 à 1904. Louis Petit-Delcorde, de 1904 à 1912. Octave Hicguet, de 1912 à 1921. Michel Melchior, de 1921 à 1935. Georges Lorand, de 1935 à 1946. Ferdinand Romedenne faisant fonction, de 1940 à 1941 (Parti Catholique). Armand Malarme, de 1947 à 1952. Hector Féraille, de 1952 à 1970. Charles Debin, de 1970 à 1977.
Patrimoine et culture locale
Patrimoine architectural et sites
Monuments architecturaux vignette|L'église Saint-Victor. L’église Saint-Victor. L’ancienne église avait été construite en 1833, à l’emplacement de la précédente qui était devenue trop exiguë. Vétusté et trop exiguë, elle fut démolie. La nouvelle église, de style néo-roman, fut prise en possession par la fabrique d’église le , jour de sa bénédiction. Le samedi , la nouvelle église du centre d’Auvelais a été consacrée par l’évêque du diocèse de Namur, Monseigneur Heylen. La chapelle de la Sainte-Vierge, construite en 1871, servait à l’époque aux résidents d’un hospice pour personnes âgées. L’église Sainte-Barbe (La Sarthe). La paroisse de la Sarthe a été créée le par arrêté royal, puis le par décret épiscopal. L'église de style ogival a été construite entre 1906 et 1907 par l'architecte Lange. L'église a subi d'importants dégâts pendant les deux guerres mondiales et, en 1950, a vu la modification de son sanctuaire. L’ancien hôtel de ville se situait aux rues des Deux Auvelais et de l’Hôtel de Ville. La maison communale, autrefois implantée sur la place communale, fut construite en 1833,. Un violent incendie a ravagé la ville le lundi ,. Le deuxième a été aménagé en 1925 et devait aussi devenir l'hôtel de ville de l'entité de Sambreville,. Le nouveau complexe administratif, culturel et sportif est inauguré le .
Monuments et sites commémoratifs vignette|Le phare breton au cimetière français.Le cimetière militaire français et son phare breton : construit par les Allemands en 1917, sur les hauteurs d'Auvelais, donnant sur la Sambre et sur la ville. La nécropole abrite les tombes de 1268 officiers et soldats français. C'est au cimetière militaire d'Auvelais que reposent la plupart des Français tombés à Auvelais, Tamines et Arsimont pendant les journées des 21 et au cours de la Première Guerre mondiale. Dans ce cimetière, un « Phare du Souvenir » rappelant la Bretagne et le sacrifice des Bretons tombés au champ d'honneur a été élevé en 1934, pour le anniversaire, par un comité d'anciens combattants d'Auvelais. Monument aux morts. Il se trouvait sur la place communale, près de l'église. Le monument fut transféré en 1938.
Culture Sambreville la Médiévale, au mois de mai. Rock'n'roll tonight, début juillet. Soirée africaine.
La cavalcade d'Auvelais La cavalcade d’Auvelais est un cortège folklorique pascal qui s’inscrit dans les traditions les plus anciennes et les plus vivantes de la vallée sambrevilloise. Son origine remonte à 1892, lorsque le bourgmestre Félix Protin mit sur pied un grand défilé de charité destiné à animer les fêtes de Pâques. Le cortège, ouvert par la gendarmerie à cheval et composé de calèches ainsi que de chars tirés par des chevaux de brasserie, prit alors le nom de « cavalcade ». Dès ses débuts, les quartiers d’Auvelais fournirent la majorité des groupes : clowns de la Sarthe-Auvelais et de la Sarthe-Jemeppe, Chinels de la Pêcherie, Canotiers et Sauvages du Voisin, ou encore les chars thématiques tels que La Paix, La Guerre ou Les ancêtres et leurs fils.
Au tournant du , la cavalcade était devenue un événement majeur, au point qu’en 1900, il fallait acquitter un droit d’entrée d’un franc pour assister au passage du cortège, soutenu financièrement par le Roi et la Reine. Malgré les interruptions dues aux deux guerres mondiales, la tradition se maintint et se transforma progressivement en un rendez-vous annuel incontournable. La création en 1956 du géant Jean le Porion, figure inspirée de l’histoire minière locale, marque un tournant dans l’identité du défilé. Il fut rejoint en 1966 par Marie d’el Potée, hommage à l’industrie verrière, puis en 2000 par leur fils Maxence, dont le nom évoque le jumelage avec Pont‑Sainte‑Maxence et les anciens moulins d’Auvelais. Ces géants, désormais indissociables du folklore sambrevillois, défilent chaque année et constituent l’un des symboles les plus reconnaissables de la cavalcade.