Bullitt est un film américain réalisé par Peter Yates, sorti en 1968. Il met en vedette Steve McQueen, Robert Vaughn et Jacqueline Bisset. Il s'agit d'une adaptation du roman Un silence de mort (Mute Witness) de Robert L. Fish.

Le film suit Frank Bullitt, un lieutenant de police de San Francisco, qui est chargé par un homme politique ambitieux, Walter Chalmers, de protéger Johnny Ross, gangster dont le témoignage est capital dans un procès où est impliqué cette personnalité politique. Malgré les précautions prises par Bullitt et ses hommes, Ross est grièvement blessé et meurt des suites de ses blessures sur son lit d'hôpital. Bullitt mène alors l'enquête pour retrouver les meurtriers.

Distribué par Warner Bros.-Seven Arts le , Bullitt est un succès critique et commercial, remportant en 1969 l'Oscar du meilleur montage, décerné à Frank P. Keller, et une nomination pour la meilleure bande-son. La même année, les scénaristes Trustman et Kleiner gagnent le prix Edgar-Allan-Poe du meilleur scénario décerné par l'association Mystery Writers of America.

Bullitt est notamment connu pour la scène de la course-poursuite à travers les rues de San Francisco, qui devint par la suite une des scènes les plus influentes de l'histoire du cinéma Roger Ebert, « Bullitt », Chicago Sun Times, 23 décembre 1968 : .

En 2007, le film est sélectionné pour intégrer le National Film Registry et être conservé à la bibliothèque du Congrès américain pour son « importance culturelle, historique ou esthétique »..

Synopsis Le sénateur Walter Chalmers doit assister à l'audience d'un sous-comité du Sénat des États-Unis sur le crime organisé à San Francisco. Afin d'améliorer sa réputation politique, il espère faire tomber Peter Ross, le mafieux de Chicago à l'aide d'un témoin-clé, Johnny Ross, le propre frère de Peter. Le film se déroule pendant le week-end précédant l'audience, du vendredi au dimanche soir.

Chalmers convoque alors le populaire lieutenant de police Frank Bullitt dans sa luxueuse villa de Pacific Heights sur Vallejo Street. Il exige de la police de San Francisco qu'elle assure la protection de Johnny Ross pendant ce week-end. Bullitt, le sergent Delgetti et l'inspecteur Carl Stanton se relaient pour assurer une protection 24 heures sur 24 à l'hôtel Daniels, un hôtel bon marché proche de l'autoroute Embarcadero Freeway. Alors que Bullitt dîne avec son amie Cathy dans un cabaret branché puis la « raccompagne », la garde de nuit du samedi soir est assurée par le jeune Stanton.

Dans la nuit, deux hommes (dont un qui, selon le réceptionniste, serait Chalmers) se présentent à l'hôtel et demandent à voir Ross. Pendant que Stanton téléphone à Bullitt pour demander des instructions, Ross ôte discrètement la chaîne de sécurité de la porte de la chambre. Quelques secondes plus tard, deux hommes font irruption dans la pièce. L'un d'eux ouvre le feu avec un fusil de chasse Winchester à pompe (système d'armement placé sous le canon pour introduire une nouvelle cartouche qui se manœuvre comme une pompe d'un mouvement arrière-avant). Stanton, atteint à la cuisse, tombe inconscient et Ross, atteint d'une décharge de chevrotine au thorax, est laissé pour mort sur son lit.

Bullitt arrive trop tard. Il accompagne Stanton à l'hôpital tandis que Delgetti suit Ross. Chalmers, en colère, profère des menaces contre Bullitt. Il veut faire remplacer le chirurgien par un homme sous ses ordres.

Le tireur de l'hôtel, armé d'un pic à glace scotché à sa cheville, arrive à l'hôpital pour achever Ross. Alerté par le cri d'une infirmière, Bullitt le prend en chasse dans les sous-sols de l'hôpital mais l'homme réussit à prendre la fuite. Dans le même temps, Ross fait un arrêt cardiaque ; les médecins ne parviennent pas à le réanimer et ce dernier meurt de ses blessures. Pour éviter que l'affaire ne soit classée, Bullitt demande au docteur Willard de taire la mort de Ross, de l'enregistrer comme « John Doe » (un nom générique) et d'égarer quelques jours le dossier. Il fait emporter le corps à la morgue par une ambulance privée et rentre chez lui.

Le dimanche matin, Chalmers arrive à l'hôpital, fou furieux de voir que Ross a disparu. Il exige que Bullitt lui restitue son témoin, mais le policier refuse obstinément. Contacté par Chalmers, le capitaine Sam Bennet refuse de faire pression sur Bullitt pour qu'il restitue Ross. Chalmers fait alors un chantage à Sam Bennett (alors que le policier entre dimanche matin avec sa famille à la Grace Cathedral) en jouant sur ses sentiments ou sa carrière ; finalement, il lui remet devant ses gardes du corps (qui sont témoins) une injonction juridique officielle (habeas corpus) l'obligeant à présenter le témoin.

Pendant ce temps, Bullitt cherche à reconstituer les dernières heures de Ross. Il retrouve dans un centre de lavage automobile le chauffeur de taxi, Weissberg, qui l'a amené à l'hôtel. Reprenant son parcours, Weissberg lui dit que Ross a passé deux coups de téléphone depuis une cabine publique dont un appel longue distance (). Un petit truand, occasionnellement indicateur (qui espère, en retour, une intervention du policier en faveur d'un ami emprisonné), informe Bullitt que l'Organisation de Chicago recherche activement Johnny Ross, qui lui a volé 2 millions de dollars.

vignette|La Ford Mustang Bullitt 68 (2018).

De retour au centre de lavage, Bullitt reprend son véhicule, une Ford Mustang GT Fastback verte et se rend compte qu'il est filé par une voiture (une Dodge Charger RT noire). En utilisant des détours, il réussit à se retrouver derrière elle et la prend en chasse. C'est le début de la longue et célèbre poursuite de voitures dans les rues de San Francisco, souvent en pente raide dans les descentes vers le port. La poursuite continue en banlieue. Le passager de la Dodge (qui est celui qui a tué Ross) essaie de tirer au fusil à pompe sur Bullitt, mais il est gêné par la vitesse. Finalement, la voiture des tueurs fait une sortie de route et percute une station-service, explose et prend feu. La piste s'arrête.

De retour au poste de police, Bullitt essuie un blâme de la part de son chef, qui est mis sous pression par sa hiérarchie, acquise à Chalmers. Le capitaine ordonne à Bullitt de restituer le corps au plus tard le lundi matin, limite de l’habeas corpus. La direction de la police, cherchant à gêner Bullitt, refuse de lui fournir une voiture de remplacement. Ce dernier est contraint de se faire conduire par son amie Cathy (dans une Porsche 356 C Cabriolet jaune) à l'hôtel où Ross a appelé. Il y découvre le corps d'une femme, inscrite sous le nom de Dorothy Simmons, récemment étranglée. Cathy, qui voit le corps, est perturbée. Elle exprime sa crainte que Bullitt ne soit en train de devenir aussi froid et insensible que les criminels qu'il chasse.

Dans les bagages de la femme décédée, Bullitt et le sergent Delgetti trouvent deux étuis (vides) de passeport et de billet d'avion, deux brochures d'une agence de voyages basée à Chicago avec une publicité pour des forfaits vacances à Rome. Ils trouvent aussi, cachés dans des vêtements, deux paquets de chèques de voyage pour presque chacun. L'un d'eux a été signé par Dorothy Rennick et l'autre par son mari, Albert E. Rennick. Bullitt demande à Delgetti d'appeler le service de l'immigration de Chicago pour obtenir les photos de passeport de et Albert Rennick.

Chalmers arrive au commissariat et exige que Bullitt signe un aveu reconnaissant que Ross est mort alors qu'il en avait la garde. Bullitt refuse, et lorsque la photo du passeport d'Albert Rennick, vendeur de voitures de Chicago, arrive par télécopie, elle s'avère être celle de la personne connue sous le nom de Ross et qui a été tuée. Bullitt apporte donc la preuve à Chalmers qu'il a demandé la protection d'un homme qui n'était pas Johnny Ross.

À l'aéroport, des réservations pour Rome sont faites au nom de et Rennick. Mais la recherche sur le vol pour Rome ne révèle aucun Ross ou Rennick. Bullitt devine que Ross est monté un peu plus tôt dans un avion pour Londres et fait arrêter l'avion qui s'apprêtait à décoller. Chalmers, fou de rage de se voir berné par Ross, arrive à l'aéroport et fait une dernière tentative pour récupérer le mafioso, témoin capital qui doit comparaître devant la commission d'enquête, mais Bullitt refuse de façon abrupte.

L'avion revient au satellite de départ et tous les passagers sont priés de débarquer. Ross, prudent, ne se presse pas pour descendre. Soudain, devinant qu'il est recherché, il saute de l'appareil par une porte arrière et s'enfuit en courant sur la piste. Bullitt le poursuit sur la piste malgré les avions qui décollent. Ils échangent des coups de feu et se retrouvent dans le terminal de l'aéroport. Ross tire alors sur un policier mais se retrouve coincé dans un sas d'entrée vitré et Bullitt, en légitime défense car Ross braque son arme sur lui, l'abat de trois balles.

Bullitt retourne ensuite chez Cathy qui s'était endormie en l'attendant. Il va dans la salle de bains se laver les mains, se regarde dans le miroir et se demande s'il est devenu un être froid et cynique, comme Cathy le redoute.

On peut reconstituer l'histoire comme suit :

Johnny Ross, un membre de la mafia de Chicago, a volé 2 millions de dollars à l'Organisation. Il a soudoyé un pigeon, Albert Rennick, inconnu des services de police, afin qu'il prenne sa place en échange des deux paquets de dollars de chèques de voyage et deux billets à destination de Rome pour lui et sa femme. Il s'agissait de prétendre vouloir témoigner devant une commission anti-mafia, mais avec la promesse d'être délivré auparavant pendant le week-end : c'est la raison pour laquelle, à l'hôtel, le prétendu Ross a ouvert la porte à ses agresseurs. Les hommes « chargés de le libérer » sont en fait des tueurs de la mafia. Ross, qui a élaboré une stratégie complexe pour disparaître, a tué la femme de Rennick pour éviter qu'elle ne parle. La mort de Ross à l'issue d'une fusillade dans l'aéroport enterre l'enquête. Bullitt, en policier intègre et tenace, est frustré de son succès : il sort de l'aéroport et monte tranquillement dans sa grosse voiture avec chauffeur ; l'arrière de la voiture porte un auto-collant : « support your local police ».

Fiche technique Titre original : Bullitt Réalisation : Peter Yates Scénario : Harry Kleiner et , d'après le roman Un silence de mort (Mute Witness) de Robert L. Fish Musique : Lalo Schifrin Photographie : William A. Fraker Montage : Frank P. Keller Costumes : Theadora Van Runkle Générique : Pablo Ferro Production : Philip D'Antoni et Robert Relyea Sociétés de production : Solar Productions Société de distribution : Warner Bros. Entertainment Pays de production : Langue originale : anglais Format : couleurs (Technicolor) - 1,85:1 - mono - 35 mm Budget : Genre : policier, action Durée : 113 minutes Dates de sortie : États-Unis : France : Affiches : Bill Gold (États-Unis), Raymond Elseviers (Belgique), Michel Landi (France)

Distribution Steve McQueen : le lieutenant Frank Bullitt Robert Vaughn : le sénateur Walter Chalmers Jacqueline Bisset : Cathy Don Gordon : le sergent Neil Delgetti Simon Oakland : le capitaine Sam Bennett Norman Fell : le capitaine Baker Robert Duvall : Weissberg, le conducteur de taxi : l'inspecteur Carl Stanton Felice Orlandi : Le vrai Albert E. Renick "alias le faux Johnny Ross" : Le vrai Johnny Ross Georg Stanford Brown : le docteur Willard Justin Tarr : Eddy Vic Tayback : : Pete Ross Ed Peck : Wescott, le reporter à l'hôpital Al Checco : l’employé de bureau (VF : Raoul Curet) : Mike, l'homme au fusil dans la Dodge Charger : Phil, le conducteur de la Dodge Charger durant la poursuite Robert Lipton : le premier aide John Aprea : le tueur

Production Genèse et développement