Vladimir Ćopić, né le à Senj (port de l'actuelle Croatie) et mort en 1939 à Moscou, est un révolutionnaire, membre fondateur du Parti communiste yougoslave, qui a commandé la brigade internationale pendant la guerre civile espagnole.

Il a été liquidé par Staline pendant la Grande Purge.

Biographie Jeunesse Fils d’un prêtre orthodoxe, le jeune Vladimir fréquente l'école de Senj, puis s'inscrit à la faculté de droit de Zagreb. Il fait partie du mouvement ultra-nationaliste "Jeune Croatie", un groupe frankisteIvo Banac: "Nacionalno pitanje u Jugoslaviji: Porijeklo, povijest, politika", Durieux, Zagreb, 1995., , str. 78..

Au début de la Première Guerre mondiale, il est incorporé dans l'armée austro-hongroise.

En 1915 il est capturé par les Russes dans les CarpathesCecil Eby, Comrades and Commissars, et devient communiste pendant son séjour en camp de prisonniers de guerre.

Ascension dans le PC

Après la révolution d'Octobre, Vladimir Ćopić rejoint les bolcheviques comme agitateur, journaliste et traducteur. Il est membre de la branche yougoslave du PC russe (bolchevique), puis membre du comité exécutif central du PC des Serbes, Croates et Slovènes.

Lors des élections pour l'Assemblée Constituante en , il est élu député de Modruš-Rijeka, puis fait partie du comité exécutif du Parti Communiste.

Élu délégué au Congrès du Komintern (1924), Vladimir Ćopić travaille sur l'organisation, la question italienne et la question nationale et coloniale.

Après des études à l'Université Lénine, il est nommé en 1931 instructeur au sein du Comité central du Parti communiste de Tchécoslovaquie. Il est délégué au congrès du Komintern (1935).

Il est membre du Politburo du comité central du Parti communiste yougoslave de 1932 à 1936, puis est démis de toutes ses fonctions et part pour l'Espagne.

Guerre Civile Espagnole

Vladimir Ćopić est en Espagne début 1937. Il prend le pseudonyme de SenjkoD’après sa ville natale : Senj. Ce pseudonyme, difficile à prononcer pour les Espagnols, devint Senko. et débute comme commissaire politique ; il est ensuite nommé au poste de commandant de la brigade internationale. Début 1937, la B.I. est composée par le Batallón Británico (essentiellement des Britanniques), le Batallón Lincoln (essentiellement des Américains), le Batallón Dimitrov (Balkaniques), le Batallón 6 de Febrero (Français et Belges), et le Batallón Voluntario 24 (Espagnols).

Ćopić alterne avec János Gálicz (pseudonyme : Gal) à la tête de la BI. Blessé en , il en reprend le commandement, jusqu'au printemps 1938Les chefs qui se sont succédé à la tête de la B.I. sont : János Gálicz, du 31 janvier au 15 février 1937, Vladimir Ćopić, du 15 février au 10 juillet 1937, Klaus Becker, du 10 juillet au 5 août 1937, à nouveau Vladimir Ćopić, du 5 août 37 au 7 mars 1938, Robert Hale Merriman, du 7 mars au 31 mars 1938 une dernière fois Vladimir Ćopić, du avril au 15 mai 1938. Un Espagnol, José Antonio Valledor, puis un Cubain et un Brésilien commandèrent ensuite la BI jusqu’à sa dissolution..

Tant sous Gal que sous Senko, le nombre de morts au combat de la B.I. a été très élevé : lors de la bataille du Jarama (6 au ), plus du tiers des anglophones (le British Battalion en particulier est décimé)Beevor, Antony (2006). La Guerra Civil Española. Barcelona: Crítica. , ; et lors de la Bataille de Brunete (6 au 37) : le tiers des de la BI (sans compter les blessés).

Selon The Volunteer, le journal des vétérans des Brigades internationalesThe Volunteer, édition de l’automne 1999, vol. XXI, , New material on Vladimir Copic, lisible sur "Fall 1999.pdf", dans http://alba-valb.org/resources/document-library/the-volunteer-september-1999/the-volunteer-september-1999/, c’est le secrétaire du PCY, qui, en excluant Ćopić du Politburo et du Comité Central du PCY, a entraîné son départ pour l’Espagne. Par la suite Gorkic a continué à desservir Ćopić en faisant état de certains rapports défavorables qu’il aurait reçus d’Espagne via Paris. Par ailleurs Ćopić, bien que doué pour l’organisation sur le terrain, avait des problèmes relationnels avec les officiers du Lincoln Batallion : soutenus en cela par Ernest Hemingway, ils pensaient qu’ils auraient dû être commandés par un Américain, et qu’en particulier leurs pertes au combat seraient alors bien moindres. Quant aux hommes du Bataillon Dimitrov (des Slaves et des Balkaniques), ils savaient que Ćopić était en disgrâce, et n’avaient donc tendance ni à lui faire confiance ni à lui obéir. Enfin la défaite de Fuentes del Ebro fin 1937 puis la terrible retraite du Lincoln Battalion dans le secteur Batea-Calaceite-Gandesa (fin avril-début ) scellèrent le destin de Ćopić, qui comptait cependant (sans doute à tort) être soutenu par Tito.

Fin En , Ćopić est rappelé à Moscou. Il est arrêté et liquidé en 1939 dans le cadre de la Grande Purge.

Il a été réhabilité à titre posthume par décision du Collège militaire de la Cour suprême de l'URSS, le .

Son frère, Milan Ćopić, a commandé la prison du cantonnement des BI, Camp Lucász.

Travaux intellectuels

Vladimir Copic a écrit dans les journaux Vsemirnaja revoljucija, Borba (journal) (La Lutte), FK, etc. Il a enseigné à l’École du Parti à Moscou et à l’université communiste des minorités nationales de l'Ouest (KUNMZ). Il a traduit Lénine et écrit une biographie de Titobiographie de fait tronquée : en 1938, année de la mort de Vladimir Copic, Tito avait 46 ans, était épargné par Staline pour son zèle comme agent du NKVD, et n'avait pas encore traversé la Seconde Guerre Mondiale....

Vladimir Ćopić vu par Ernest Hemingway Hemingway a décrit les conseils de guerre à l’état-major des forces républicaines : le tout puissant commissaire politique Massart (André Marty), bien que totalement incompétent, décidait de la marche des opérations, et pointait du doigt sur la carte la position qui selon lui était le point faible de l’ennemi. Et, alors que le général Golz (Karol Świerczewski) protestait courageusement contre l’ordre inepte, "Gall et Copic, qui étaient des politiciens ambitieux, approuvaient chaque fois, et plus tard, des hommes qui n’avaient pas vu la carte, mais qui apprenaient par ouï-dire le numéro de la colline avant de quitter leur point de départ, et à qui on avait juste montré le terrain ou les tranchées qui s’y trouvaient, escaladaient encore une fois la pente pour y trouver leur mort, ou, encore une fois arrêtés par des mitrailleuses placées dans des bosquets d’oliviers, ils devaient renoncer à atteindre le sommet. Ou bien, sur d’autres fronts, les hommes grimpaient aisément, et cela ne servait absolument à rien."milieu du chapitre 42 de "For Whom the Bell Tolls" (Pour qui sonne le glas) : " Gall and Copic, who were men of politics and of ambition, would agree, and later, men who never saw the map, but heard the number of the hill before they left their starting place and had the earth or diggings on it pointed out, would climb its side to find their death along its slopes or, being halted by machine guns placed in olive groves would never get up it at all. Or on other fronts, they might scale it easily and be no better off than thay had been before.".

Hemingway reprochait à Gall et à Ćopić de sacrifier inutilement les combattants de la brigade internationale, et en particulier les Américains du Lincoln Batallion et les Britanniques du British Battalion.

Notes

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