(en français : La Petite Fleur de Jessé) est une chambre de rhétorique de Middelbourg en Zélande, qui existait déjà au . Elle serait la plus ancienne des Pays-Bas septentrionauxLaserna Santander, .. Sa sainte patronne était sainte Anne (attestée à partir de 1484) et sa devise était, sans doute, (« Croissant en amour »)Dixhoorn (van), « Het Bloemken Jesse », Répertoire numérique des chambres de rhétorique des Pays-Bas septentrionaux, [En ligne], 2005, réf. du . [www.dbnl.org]..

Bref historique

Traditionnellement, la fondation de cette chambre de rhétorique, la plus ancienne de la Zélande, eut lieu en 1430Heussen, van, .Meertens, .Lambrechtsen van Ritthem, ..

En 1479, un chapitre fut fondé, soit dans l'église Saint-Pierre, soit dans l'église de (étymologiquement : l'église du monastère de l'ouest). Le chapitre de cette dernière église, où les guildes occupaient des chapelles, entretenait des relations étroites avec le gouvernement de la ville et les bourgeois. Exactement un an plus tard apparaît la première mention des rhétoriciens, qui semblent avoir eu des liens étroits avec l'église de . Compte tenu du lien qui aurait existé, aussi ailleurs, entre les chapitres et les rhétoriciens, il se peut qu'il y ait également un lien de causalité. Ainsi, en 1445, la procession de Notre-Dame de Veere fut animée par les « joueurs d’esbatements » de MiddelbourgL’esbatement est un genre de farce., qui se produisirent de nouveau à Veere en 1464 et en 1466. Mais, dans les comptes de la Ville de Middelbourg, il n'est indubitablement question des rhétoriciens qu'à partir de 1480, les chars de la rhétorique, et la , la tour de la rhétorique.. Le , par ordonnance, le bailli, le bourgmestre, les échevins et les conseillers de la ville accordèrent au un privilège identique à celui conféré à une chambre de Reimerswaal en 1484. C'est grâce à la lettre de privilège que l'on sait que la chambre avait sainte Anne comme patronne et qu'elle fêtait son anniversaire chaque année le dimanche après la fête de la sainte (le )Lambrechtsen van Ritthem, ..

Au concours de Reimerswaal, qui eut lieu en 1507 et auquel participèrent six chambres zélandaises, remporta le prix qui consistait en sept cruches et dix carafes d'étainLambrechtsen van Ritthem, ..

En 1515, les autorités de la ville et la chambre signèrent un contrat stipulant dans quelles circonstances festives cette dernière devait se produire en échange de faveurs financières de la part de l'administration communale. La chambre était obligée de représenter des jeux à la demande de la Ville lorsque celle-ci avait quelque chose à célébrer, ainsi que tous les jours fériés et les dimanches, pendant la foire. Le jour de l'an et la nuit de l'Épiphanie, la chambre devait, selon l'ancienne coutume (), représenter un jeu dramatique à l'hôtel de ville, devant le magistrat. Et enfin, la chambre devait aider à organiser la procession en échange de subventions et d'indemnités annuelles. Simultanément à la signature de ce contrat exigeant, établi à la demande de la chambre elle-même, l'administration communale éleva au rang de guilde principale de la ville. Jusque-là, cet honneur avait été réservé aux trois milices bourgeoises. Dès 1515, la chambre avait à remplir les mêmes devoirs que ces sociétés de tir ; de surcroît, les rhétoriciens avaient à se vêtir de robes aux couleurs de la ville et l'administration communale était obligée de consulter la chambre, de concert avec les trois compagnies de milice, dans des affaires de grand intérêt pour la villeDixhoorn (van), Lustige geesten, ..

coorganisa les festivités à Middelbourg en à l'occasion de la Joyeuse Entrée du prince Charles, qui fut accueilli comme comte de ZélandeLambrechtsen van Ritthem, .Dixhoorn (van), Lustige geesten, .. À l'occasion de la remise du premier prix par ordre du bourgmestre et des échevins, les rhétoriciens reçurent 20 livres de gros pour avoir le mieux célébré la Joyeuse Entrée du roi d'Espagne en 1519, cité de Dixhoorn (van), Bref historique de la chambre , dans le répertoire numérique des chambres de rhétorique des Pays-Bas septentrionaux, et là de Kesteloo 402, Wagenaar IV, 422.. En 1524, la chambre se produisit lors de la célébration de la victoire sur le roi de France et du traité de paix qui fut conclu en conséquence. En 1559, la chambre s'occupa d'une représentation pour célébrer la paix de Cateau-Cambrésis. La dernière représentation publique à l'occasion d'une fête en l'honneur d'un membre de la maison des Habsbourg eut lieu en 1571.

Même parmi les rhétoriciens de Middelbourg, des convictions réformées existaient et elles furent manifestées lors de la représentation, le , de « l'arbre des écritures » (). Le jeu finit par être mis à l'index des livres prohibésLambrechtsen van Ritthem, .. Dans une note contemporaine dans un exemplaire de l'édition des ou moralités (publiée par Joos Lambrecht en 1539) qui avaient été représentées au concours de Gand figure la phrase suivante : « Les jeux ont été offerts à la chambre de rhétorique de Middelbourg en Zélande par amour par M. Pieter Wilsens, notaire dans cette ville, le , Bibliothèque universitaire de Gand, G.1335.. » En cette année, le conseil nomma une commission où siégeait, parmi d'autres, le chef-doyen de la guilde, M. Pieter van der Baerse, secrétaire de Middelbourg, chargé de contrôler au préalable la moralité que la chambre voulait jouer le lundi de Pentecôte.

Dès le début, la chambre était en relation étroite avec les autorités communales, avec les vingt-deux corporations de la ville et, surtout, avec les sociétés de tir. Ainsi, en 1575, pendant la guerre de Quatre-Vingts Ans, lorsque les royalistes eurent proposé des négociations, le bourgmestre, les échevins et les conseillers signèrent la réponse écrite conjointement avec les trois sociétés de tir et la chambre de rhétorique, représentant le « corps entier » de la ville ; cité de Lambrechtsen van Ritthem, . ; comme ces milices bourgeoises, les rhétoriciens assuraient la garde dans la ville. Dans la culture publique de Middelbourg, ils prenaient une place prépondérante, si bien qu'ils ne furent à peine bridés pendant les troubles du . Toutefois, en 1561, les autorités leur imposèrent l'interdiction de se réunir pour une durée de six moisLambrechtsen van Ritthem, ..

L'article 37 de l'ordonnance « politique » (« ») du , promulguée par Guillaume le Taciturne, interdisait tous les jeux et esbatements publics pour la raison qu'ils semblaient provenir d'un excès de richesse et qu'ils incitaient à la frivolité, au désordre et à des actions nuisibles à l'édification ; cité de Lambrechtsen van Ritthem, .. Les États de Zélande renouvelèrent l'interdiction le . La mesure visait sans doute surtout les concours où l'on tire au papegai, ainsi que d'autres exercices semblablesLambrechtsen van Ritthem, .. Les rhétoriciens participèrent, sans doute, à l'entrée solennelle de Maurice de Nassau à Middelbourg en 1589 ; c'est probablement à cette occasion que leur blason fut renouvelé (voir l'image de l'article)Lambrechtsen van Ritthem, .. En 1591, les 36 frères de la chambre se firent dépeindre et, en 1592, la chambre fit frapper une médaille, la première de la série de médailles conservées.

vignette|Middelbourg au milieu du . Carte provenant de l'atlas de Joan Blaeu, intitulé Théâtre des villes des Pays-Bas unis (), publié en 1652.Au , la chambre prit part à diverses compétitions en Hollande et en Zélande, comme le concours très mémorable de Flessingue en 1641, où elle remporta trois prixLambrechtsen van Ritthem, .. Au concours des rhétoriciens à Haarlem, qui eut lieu en , pendant la paix de Douze Ans, la chambre , alors sous l'emprise de l'arminianisme, remporta le premier prixDixhoorn (van), Lustige geesten, .. Probablement, en organisa un elle-même en 1616, où était présente la chambre (La Vallée de Joie) de Bréda. En 1649, sans doute après un conflit, la guilde se réorganisa. Samuel Bollaert, le facteurLe facteur d'une chambre de rhétorique était son poète en titre ou dramaturge principal. Samuel Bollaert, né en 1619 à Middelbourg, descendait d'une bonne famille et appartenait à un réseau familial profondément enraciné dans la vie économique, politique et intellectuelle de la capitale de la Zélande. Du , plusieurs de ses parents devinrent membres, dont, en 1613, Tobias Coorne (son beau-père) et, en 1640, également Cornelis Coorne. Voir : Dixhoorn (van), Lustige geesten, ., entama un livre de questions de concours dans lequel furent inscrits toutes les questions de concours jusqu'en 1663. Toutefois, rien n'est inscrit sur ce registre quant aux années 1651 et 1652, ce qui est peut-être lié aux querelles civiles de 1651.

Apparemment, ni le gouvernement ni l'église s'opposaient beaucoup aux activités de cette chambre, même si, le , on lui interdit de jouer en public. Le , cependant, on lui accorda le droit d'organiser une loterieLambrechtsen van Ritthem, ..

Dans le livre de la guilde de Saint-Luc, publié par Bredius, la chambre de rhétorique est mentionnée plusieurs fois jusqu'en 1679 comme lieu de réunion de cette guilde. La ville loua la salle de la chambre pour y établir les services du Le était l'autorité compétente pour le droit coutumier d'une province. de 1579 jusqu'en 1648Lambrechtsen van Ritthem, ., année où celui-ci déménagea pour établir son bureau à l'hôtel de ville. Les services rendus à la ville diminuèrent au cours du , ce qui explique peut-être la situation financière de plus en plus difficile de la chambre. En 1639, la chambre hypothéqua la propriété pour garantir un emprunt de 204 livres à 5 %. En 1665, on consentit à la chambre un deuxième prêt hypothécaire de florins à 4 %, et de nouveau, en 1678, un de florins Carolus. Le , le bâtiment fut vendu à d'anciens membres, qui le transformèrent en auberge sans toucher à l'intérieurDixhoorn (van), Lustige geesten, .. La vente rapporta 401 livres et les acheteurs étaient Cornelis Versluis, Anthon Colyn, Cornelis Govaerts et Pieter van Goethem. Encore la même année, organisa une compétition destinée uniquement à ses propres membres. Après cela, la chambre cessa sans doute temporairement d'exister, quoique pas définitivement car, en 1685, la chambre fut invitée à Bleiswijk. En 1816 fut démoli le bâtiment qu'avait occupé la chambreLambrechtsen van Ritthem, ..

Annexes Quelques membres Samuel Bollaert (? ()-?()) Hendrik van Kannenburch (? - ? ()) Arent Roggeveen (? -1679) Remigius Schrijver (? -1681) Willem Wijnants (? - ? ()) Jacob Willemsen (1644-1712)

Références

Sources DIXHOORN (van), Arjan. Le répertoire numérique des chambres de rhétorique des Pays-Bas septentrionaux (1400-1650), [En ligne], 2005. [www.dbnl.org]. DIXHOORN (van), Arjan. Lustige geesten: rederijkers in de Noordelijke Nederlanden (1480-1650), Amsterdam University Press, 2009 , . HEUSSEN (van), Hugo Franciscus. Oudheden en gestichten van Zeeland, Behelzende de Oudheden, opkomsten, en benaamingen van de eylanden onder Zeeland behoorende, en van de Steden en Dorpen, in die eylanden gelegen : beneffens de Stichtingen der geestelijke Gebouwen, Kerken, Abdyen, Kloosteren, Kapellen: de Kerk- en Klooster-oversten, geleerde Mannen, enz., Eerste deel, Van de Oudheden en Gestichten van de eylanden Walcheren, Noortbeveland, Wolfertsdijk, en de daar gelege Steden en Dorpen (ouvrage traduit du latin et annoté par H.V.R.), Leyde, Ch. Vermey, 1722, . LAMBRECHTSEN VAN RITTHEM, Nicolaas Cornelis. Beknopte geschiedenis van de Middelburgsche rethorijkkamer Het Bloemken Jesse, Haak, 1819, . LASERNA SANTANDER (de), Carlos Antonio. Mémoire historique sur la Bibliothèque dite de Bourgogne, Bruxelles, Impr. A.J.D. De Braeckenier, 1809, . MEERTENS, Pieter Jacobus. « Letterkundig leven in Zeeland in de zestiende en de eerste helft der zeventiende eeuw », , Amsterdam, N.V. Noord-Hollandsche Uitgevers Maatschappij, 1943, .