thumb|195px|Allégorie de la Bretagne par Jeanne Malivel (1922). L'histoire de Bretagne se déroule, sur la base des connaissances actuelles, à partir d'un peuplement dont les traces remontent à la Préhistoire, dès av. J.-C. La période néolithique, qui commence dans ces régions vers 5000 av. J.-C., y est marquée par le développement d'un mégalithisme important se manifestant dans des sites comme le cairn de Barnenez, le cairn de Gavrinis, la Table des Marchands de Locmariaquer ou les alignements de Carnac. Au cours de sa protohistoire qui commence vers le milieu du millénaire , le sous-sol riche en étain permet l'essor d'une industrie produisant des objets de bronze, ainsi que de circuits commerciaux d'exportation vers d'autres régions d'Europe. Durant les siècles qui précèdent notre ère, elle est habitée par des peuples gaulois comme les Vénètes ou les Namnètes, avant que ces territoires ne soient conquis par Jules César en 57 av. J.-C., puis progressivement romanisés.

Faisant partie de l'Armorique lors de la période gallo-romaine, elle voit se développer un commerce maritime important autour des ports de Nantes, Vannes et Aleth, ainsi que des usines de salaison le long de ses côtes. Lorsque le pouvoir romain connaît des crises aux , les premiers Bretons insulaires sont demandés par le pouvoir impérial pour aider à sécuriser son territoire, commençant ainsi un mouvement migratoire qui se poursuit jusqu'au , et donnant naissance à plusieurs royaumes dans la péninsule. C'est pour prévenir des incursions bretonnes que le royaume franc voisin met en place une marche de Bretagne incorporant le comté de Rennes et celui de Nantes. Les Mérovingiens puis les Carolingiens tentent du au d'intégrer cette région au royaume franc, avec des succès limités et éphémères.

L'unité de la région sous la forme du royaume de Bretagne se fait en 851 avec le roi Erispoë, fils de Nominoë, mais ne perdure pas à cause des querelles de succession et des incursions scandinaves. Dès 939, un duché de Bretagne prend sa suite dans des frontières quasi définitives, administré par des ducs issus de maisons bretonnes de 939 à 1166, avant qu'il ne tombe dans la sphère d'influence des Plantagenêt puis des Capétiens. La guerre de Succession de Bretagne voit s'affronter de 1341 à 1364, sur fond de guerre de Cent Ans, différentes factions qui luttent pour s'approprier le duché. Un pouvoir autonome émerge ensuite lors des , qui mène une politique d'indépendance vis-à-vis du royaume de France, mais qui aboutit finalement à l'union de la Bretagne à la France en 1532.

La province bretonne intégrée au royaume français conserve une relative autonomie, bénéficiant d'institutions propres. Après une période de forte croissance économique et démographique aux grâce à la paix retrouvée, la Bretagne connaît des temps plus troublés de la fin du à la Révolution française en 1789. La province est dissoute en 1790 et son territoire réparti entre les cinq départements des Côtes-du-Nord, du Finistère, d'Ille-et-Vilaine, de la Loire-inférieure et du Morbihan.

Durant le « Long » (1789-1914), marqué par une modernisation de son agriculture et par une explosion démographique, une émigration dans le reste de la France se développe. Terre alors réputée conservatrice, elle voit néanmoins se développer des mouvements ouvriers importants dans des villes comme Brest, Lorient ou Saint-Nazaire. La Première Guerre mondiale constitue un tournant important pour les Bretons, qui découvrent alors d'autres modes de vie que certains vont chercher peu à peu à intégrer. La question de la place de la langue bretonne et des traditions de la région devient l'élément central d'un mouvement politique breton qui commence à émerger à la même époque. Un long processus de modernisation court des années 1920 aux années 1970, de concert avec un mouvement de réaffirmation culturelle.

Préhistoire vignette|Le cachalot gravé de profil sur la dalle de chevet de la chambre de Mané-LudLe recours à un éclairage rasant qui accuse ces reliefs, permet de rendre plus visible les éléments qui permettent d'identifier le cachalot en le distinguant du reste des grands cétacés : la grande tête quadrangulaire et allongée, exposée lors de sa « navigation » ; le jet (ici reproduit en forme assez classique de « fontaine », avec un double jet d'eau symétrique ; la nageoire caudale en immersion, normalement horizontale, représentée tournée de quelques degrés, le pénis dégagé du corps de l'animal. Cf Orthostate 1, tiré de . renvoie au rapport au monde marin qu'ont les derniers chasseurs-cueilleurs mésolithiques qui coexistent avec les premières communautés agricoles néolithiques du littoral atlantique. Les traces archéologiques en Bretagne sont relativement faibles par rapport aux autres régions françaises. Plusieurs facteurs expliquent ce « vide archéologique » dans le Massif armoricain : les domaines géologiques plutoniques et métamorphiques de la région qui génèrent des cavités (abri-sous-roche, caverne) de faible dimension ; les terrains acidesL'acidité est liée au départ à la nature du substratum qui est souvent siliceux (roches granitiques et schisteuses). Elle est ensuite renforcée par l'action des eaux d'infiltration qui entraînent un lessivage des acides humiques. qui accélèrent la décomposition des ossements humains et du mobilier en matière dure animale (ivoire, os, bois de cervidés). , ont vidé de sa substance le sol archéologique breton.. Les témoins précieux ne sont conservés que très exceptionnellement dans certains sites privilégiés (dunes littorales, lœss calcaire)..

Âge de pierre Paléolithique thumb|Site de Menez Dregan où sont retrouvées les plus anciennes traces d'utilisation du feu. L'époque paléolithique couvre en Bretagne une période allant de à . Les traces d'industrie les plus anciennes ont été retrouvées dans la moyenne vallée de la Vilaine, identifiées sous la forme de galets aménagés dans une carrière située à Saint-Malo-de-Phily.. Les traces les plus anciennes d'habitat se situent à Saint-Colomban à Carnac et prennent la forme de campements aménagés dans des abris naturels dus à l'érosion de falaise, en bordure de côte. En plus de galets aménagés, des pointes bifaces y sont retrouvés, et le site daté à Ce faciès très original du Paléolithique inférieur de la côte sud qui se distingue de l'Acheuléen par des critères techno-typologiques, géologiques et environnementaux, se nomme le Colombanien.. Des bifaces de cette époque acheuléenne sont présents le long des côtes, comme à Tréguennec, L'Hôpital-Camfrout ou Pléneuf.. Les traces d'utilisation du feu les plus anciennes sont retrouvées sur le site de Menez Dregan, avec une datation les faisant remonter à Ce sont les plus anciennes traces d'Europe occidentale.. Les rares groupes humains sont alors constitués de nomades chasseurs. dont le système économique repose sur une très forte mobilité logistique avec des stations spécialisées (campements de chasse, sites de dépeçage, aires de taille de pierre) complémentaires de camps de base. Les principaux sites occupés par ces chasseurs-cueilleurs sont situés en bordure du littoral (abris en pied de falaise marine, rochers isolés) ou le long des grands cours d'eau pour se protéger du rude climat périglaciaire qui rend inhospitalières les hauteurs de l’arrière-pays, et sur des affleurements de roches locales remplaçant le silexCarte du haut : sites du Paléolithique moyen dans l’Ouest. Carte du bas : sites du Paléolithique supérieur dans l’Ouest armoricain et hypothèses de migrations saisonnière. Ces cartes doivent être interprétées avec prudence car le littoral facilite la prospection archéologique, d'où un possible biais qui affecte le corpus de sites. Cf .. Ils chassent notamment les mammouths pour leur viande mais aussi pour leurs ossements, leurs dents et leurs défenses utilisés dans la construction (armature de huttes) et dans la fabrication d'objets utilitaires (combustible, armes), d'objets d'art, d'instruments de musique..

De la période moustérienne au Paléolithique moyen, subsistent deux sites remarquables dans la région, à Mont-Dol où des racloirs ont été retrouvés dans un site daté à , ainsi que Goaréva sur l'île de Bréhat.

Le Paléolithique supérieur se caractérise par un outillage affiné comme des lames et des lamelles trouvées sur le site de Beg-ar-C'hastel à Kerlouan ou celui de Plasenn-al-Lomm sur l'île de Bréhat. Aucune grotte ornée n'est identifiée dans la région, probablement à cause de la montée des eaux de la période suivante., mais, à proximité, une grotte de ce type est connue à Saulges dans la Mayenne. De l'art mobilier figuratif a été découvert dans le Rocher de l'Impératrice à Plougastel-Daoulas.. La fin du Paléolithique dans la région se situe autour de ..

Mésolithique thumb|Reproduction de la sépulture de Téviec montrant les débuts d'une création artistique dans la région, ainsi que d'une spécialisation des activités humaines. L'époque mésolithique couvre dans la région une période allant de à , correspondant à la fin de la dernière période glaciaire et à la montée du niveau des eaux en résultant. La végétation de steppes est remplacée par une végétation composée de bouleaux et de pins, puis de noisetiers, de chênes et d'ornes ; les grands mammifères laissent leur place à des animaux de taille plus faible comme des chevreuils ou des sangliers. Les hommes délaissent la chasse pour la cueillette et les premiers essais de domestication apparaissent. La population reste principalement côtière et plus nombreuse sur le littoral sud selon le résultat des fouilles actuellesLocalisation des principaux sites mésolithiques fouillés d'Armorique. Cf .. Les squelettes retrouvés datant de cette époque attestent d'une taille moyenne de pour les hommes et de pour les femmes..

Les techniques humaines continuent à progresser avec une réduction des dimensions des outils en pierre pour former des microlithes, des lamelles étroites caractérisent alors le groupe de Bertheaume dans le Finistère. Les sociétés sont davantage structurées, avec un degré de spécialisation des activités dans une communauté donnée comme l'indiquent les études de la sépulture de Téviec, ainsi que le début d'un art.. Des traces de morts causées par des outils comme des flèches sont aussi visibles sur certains squelettes, ce qui atteste d'oppositions parfois violentes entre différentes communautés..

Néolithique thumb|alt=Coupe à haut pied circulaire, avec une fenêtre encadrée de deux perforations. Terre beige-saumon à ocre. Le décor géométrique incisé et pointillé est un exemple du style Castellic-Chasséen (sud Bretagne).|Coupe du néolithique moyen, provenant de Kerléan en Concarneau — musée de Bretagne. vignette|Pointes de haches de prestige en fibrolite (autochtones) et jadéite (carrières dans les Alpes italiennes) du Néolithique. L'industrie de haches en dolérite, avant tout fonctionnelles, pourrait avoir relayé le réseau d'échange de ces pièces d'apparat.. Le Néolithique qui s'étend de à voit l'arrivée de l'agriculture selon un fonctionnement par brûlis : un terrain est gagné sur la forêt après y avoir mis le feu, puis est utilisé pour l'élevage avant que l'on y sème des graminées.. Cette évolution est rendue possible par le perfectionnement des méthodes d'extraction des pierres et de leur façonnage. D'une carrière de Plussulien sort à cette époque jusqu'à de dolérite par an, ce qui représente 40 % des haches de la péninsule armoricaine. La diffusion de ces outils se fait jusqu'au bassin parisien. et des exemplaires de ces haches ont été retrouvés jusqu'en Belgique et dans le Sud de l'Angleterre. Le gisement de Pleuven donne de l'hornblendite dont sont faites des haches retrouvées jusqu'au Pays-Bas. La région importe par ailleurs des lames de silex blond jaune depuis la Touraine..