Fredric Brown est un auteur américain de science-fiction qui a été très prolifique en matière de nouvelles.
Il a écrit dans divers genres : nouvelles policières nouvelles d'espionnage nouvelles fantastiques nouvelles de science-fiction
Beaucoup de ses nouvelles sont humoristiques.
Brown est notamment connu pour son usage de la micronouvelle (short-short-story).
Année 1938 The Moon for a Nickel
Année 1939 The Cheese on Stilts Blood of the Dragon There Are Bloodstains in the Alley Murder at 10:15
Année 1940 Bloody Murder The Prehistoric Clue A Matter of Taste Trouble in a Teacup (alias Teacup Trouble et The Amazing Dip) Murder Draws a Crowd Footprints on the Ceiling Town Wanted The Little Green Men Herbie Rides His Hunch The Stranger from Trouble Valley The Strange Sisters Strange
Année 1941 Fugitive Impostor The King Comes Home Big-Top Doom The Discontented Cows Life and Fire Big-League Larceny Client Unknown Homicide Sanitarium Your Name in Gold Here Comes the Hearse Six-Gun Song Star-Spangled Night Wheels Across the Night Armageddon Little Boy Lost Bullet for Bullet Listen to the Mocking Bird You'll End Up Buming Selling Death Short Thirty Corpses Every Thursday Trouble Comes Double
Pas encore la fin (Not Yet the End) Résumé : Des extraterrestres particulièrement violents approchent près de la planète Z-5689 (la Terre). Voici une planète peuplée… Avec des villes… On va pouvoir ramener sur Xandor des millions d'esclaves qui travailleront dans les mines radioactives… Les deux extraterrestres envoient un rayon-tracteur sur Terre afin de ramener deux spécimens. Ils examinent ces spécimens de Terriens : deux bras, deux jambes, des mains à cinq doigts, parfait ! Ils seront utiles comme esclaves. Hélas les tests d'intelligence montrent que cette race est plutôt stupide : ils ne seront pas assez bons comme esclaves ! Inutile de détruire la planète, on y reviendra dans quelques millions d'années, quand ces êtres auront un peu évolué. Les humains sont donc sauvés, pour l'instant… On apprend dans les deux dernières lignes que deux singes du parc zoologique ont mystérieusement disparu…
Number Bug
Erreur fatale (The Perfect Crime) Résumé : Il s'agit d'une micronouvelle de deux pages. Walter Baxter est l'unique héritier de son oncle. Celui-ci est riche et tarde à mourir, tandis que Walter est pauvre. Il a décidé de tuer l'oncle, et de faire croire à l'acte d'un cambrioleur. Meurtre parfait : cambriolage suivi de la mort de l'oncle. Pourquoi le soupçonnerait-on ? Il exécute son plan : le soir, muni de gants, d'un pied de biche et d'une pince-monseigneur, il pénètre dans la maison de son oncle. Il va commencer par la « partie cambriolage ». Il avise le coffre-fort, et fait ce qu'il a à faire. Plusieurs heures plus tard, essoufflé et tremblant, il rentre chez lui. Tout s'est bien passé comme prévu… Le lendemain, on sonne à la porte : l'adjoint du shériff est là, qui l'emmène en garde à vue car Walter est soupçonné de vol avec effraction. En effet, durant la nuit, obsédé par le cambriolage, il a oublié (!) de tuer l'oncle, qui a assisté au vol et qui l'a dénoncé à la police. Beau crime parfait !
Année 1942
Heil, Loup-Garou ! Nouvelle publiée en janvier 1942 dans Dime Mystery, sous le titre original Heil, Werewolf. Elle était signée sous le pseudonyme de Felix Graham. La nouvelle a été publiée en français dans l'ouvrage Intégrale des nouvelles de Fredric Brown, tome 2, éditions Coda, 2005, p. 5 à 17. Remarque : la nouvelle, publiée à peine un mois après l'attaque japonaise sur Pearl Harbor et l'entrée en guerre des États-Unis contre le Japon et l'Allemagne nazie, porte la trace de la nouvelle situation géopolitique mondiale. Résumé : Des cochons ont été enlevés de la ferme de Garth Wender. On a retrouvé des carcasses déchiquetées dans les environs. Puis d'autres animaux ont disparu dans le voisinage : chevaux, vaches, moutons… Les gens du comté parlent de loup, et même de loup-garou et de lycanthropie. Par exemple, ce Jim Mennsinger, homme fruste, avec ses allures étranges et sa manie de ne jamais sortir lors des soirs de pleine lune, ne serait-il pas « le » coupable ? Le shérif mène son enquête. Il se rend chez Jim Mennsinger, qui lui répond qu'il ne sait rien et qu'il n'a aucune explication à donner. Puis il se rend sur les lieux des derniers enlèvements d'animaux : des traces suspectes sont découvertes. Avec l'aide du médecin du village, appelé le Doc, le shérif décide de monter une planque près d'un troupeau situé non loin d'ici. Les efforts des deux hommes portent leurs fruits : durant la nuit, à la suite d'un habile stratagème, ils parviennent à interpeller quelqu'un, ou quelque chose, qui leur tire dessus. Il s'agit de Garth Wender ! Le shérif, malgré le mutisme du fermier, comprend ce qu'il s'est passé : Wender, qui est d'origine allemande, était chargé de ravitailler un sous-marin allemand qui croise régulièrement sur la côte américaine. Il a donc tué ses propres cochons et divers animaux du voisinage pour ravitailler l'équipage, tout en laissant croître les superstitions locales concernant l'existence d'un loup-garou. Si loup-garou il y avait, il était parfaitement humain, et était à la solde des nazis ! Le shérif alerte les autorités militaires, pour signaler la présence d'un sous-marin près des côtes. Puis il réalise que le sous-marin était peut-être non loin de l'endroit où Wender a été interpellé : la plage n'est pas loin… Il s'y rend, et découvre effectivement le sous-marin. Une forme sombre apparaît dans les flots, s'échouant sur la grève. Il s'agit de Jim Mennsinger, qui revient du sous-marin ! En réalité, Mennsinger était vraiment un loup-garou, et il est allé attaquer seul l'équipage, égorgeant tous ses membres. Blessé par une quinzaine de balles, il est en train de mourir. Dans un dernier souffle, Mennsinger dit au shérif qu'il n'a jamais tué personne avant ce jour-là. Le shérif cache puis enterre le corps de Mennsinger, loup-garou et héros, puis décide d'aller se saoûler avec le Doc.
Excusez mon ricanement macabre Nouvelle publiée en février 1942 dans Strange Detective Mysteries, sous le titre original Pardon My Ghoulish Laughter. La nouvelle a été publiée en français dans l'ouvrage Intégrale des nouvelles de Fredric Brown, tome 2, éditions Coda, 2005, p. 18 à 29, sous le titre Excusez mon ricanement macabre. Il n'est pas question de goule dans le récit. Résumé : Malcolm Saunders est un jeune journaliste au sein du magazine H & H. Il a été chargé par M. Guthrie, le rédacteur en chef, d'un reportage sur « Les premiers colons de Tregville et leurs nécropoles ». Il a rédigé un article sur ces colons, mais s'est focalisé sur un sujet qu'il adore, à savoir les pratiques de sorcelleries, les poltergeists, les zombies, etc. Ce n'est pas pour rien qu'on l'a surnommé Spooks, le « Revenant ». Il est convoqué par M. Guthrie, qui s'inquiète de l'état mental de son employé. Faire un article de plusieurs pages sur les superstitions et autres sornettes, ce n'est pas signe d'un employé sain d'esprit ! Malcolm répond qu'il a essayé de s'adapter au public destinataire du supplément magazine, à savoir les jeunes gens. M. Guthrie lui ordonne d'aller rencontrer dès le lendemain le Orville Hoge, psychiatre, qui se trouve être aussi l'actionnaire majoritaire du magazine. Si Malcolm n'est pas psychanalysé par Hoge, il sera renvoyé… Le lendemain, Malcolm se rend donc chez le Hoge. Celui-ci lui pose diverses questions, puis le menace avec un couteau ! Malcolm tente de réagir comme il le peut, ignorant si le médecin est lui-même fou ! Celui-ci appelle alors l'asile psychiatrique de Latham pour qu'on lui envoie un fourgon cellulaire afin d'hospitaliser un fou furieux dénommé Malcolm Saunders ! Puis Hoge lui révèle les raisons de son étrange comportement : il s'agissait d'un test de pression psychologique, afin de savoir s'il était dément ou sain d'esprit. Le résultat est sans appel : Malcolm est indubitablement sain d'esprit. Il peut donc rentrer chez lui. S'agissant de l'appel téléphonique, le téléphone était débranché, comme Malcolm peut le constater. Malcolm quitte donc l'étrange médecin. Quelques mètres après la porte d'entrée, il décide de retourner dans la demeure : tout ceci est très bizarre, tout compte fait… Retournant dans le cabinet du psychiatre, il découvre une petite pièce, à peine plus grosse qu'un placard, dans laquelle deux hommes sont ligotés et baillonnés : l'un d'eux est le « vrai » Orville Hoge, qui a été fait prisonnier par un dément. Malcolm met hors d'état de nuire ce dément qui avait pris la place du Hoge : il s'agissait de M. Guthrie, qui s'était grimé ! Semi-dément, M. Guthrie avait aussi commis des malversations financières qui risquaient d'être découvertes par Hoge. Il avait donc combiné ce plan macabre pour faire accuser Malcolm du meurtre de Hoge : les infirmiers de l'asile de Latham, qui avaient bien été appelés par Guthrie, auraient découvert à leur arrivée le vrai Hoge tué de coups de couteaux, avec un suspect idéal, Malcolm. Hoge, pour remercier Malcolm de son action, le nomme immédiatement rédacteur en chef du magazine. Malcolm pourra désormais enquêter sur tous les sujets paranormaux de son choix !
Petite pomme difficile à peler Nouvelle publiée en février 1942 dans le magazine Detective Tales sous le titre Little Apple Hard to Peel. La nouvelle a été publiée en français dans l'ouvrage Intégrale des nouvelles de Fredric Brown, tome 2, éditions Coda, 2005, p. 30 à 39. Résumé : Le narrateur raconte comment la ville dont il est aujourd'hui le shérif a connu « Petite Pomme difficile à peler ». Vingt ans auparavant, le couple Pohm, accompagné de leur jeune fils John Pohm, vient d'emménager dans une petite ville du Middle West. Très rapidement, les habitants de la ville, et spécialement les enfants et adolescents qui côtoient John Pohm, découvrent que celui-ci est violent. Quand quelqu'un l'énerve, quand quelqu'un le gêne, il se passe quelque chose à l'égard du « gêneur » : il est agressé dans le noir, ses affaires sont volées ou détruites, etc. Pohm n'aime pas les chiens : comme par hasard, certains chiens disparaissent de la ville. C'est durant ces années d'enfance et d'adolescence qu'il acquit le surnom de Petite Pomme difficile à peler (il aimait bien ce surnom). Les années passent, et Pohm se montre toujours aussi violent, quoiqu'avec ruse et intelligence : impossible de prouver son implication dans la moindre violence, dans la moindre affaire louche. Une jeune fille, Lucinda, tombe enceinte : elle disparaît ; on la retrouve une semaine après, noyée dans la rivière. Pohm quitte alors la ville, et part vers une destination inconnue. On entend parler de lui vaguement ; il organiserait des affaires louches, en lien avec la mafia, du côté de Chicago. Quand les parents Pohm décèdent, il ne vient pas à leur enterrement, et laisse la ferme familiale abandonnée. Un jour, soudainement, John Pohm revient dans la petite ville. Il fait réparer la ferme de sa maison, et commence à y habiter. Peu de temps après, Lester Willis, qui avait eu à souffrir des agissements de Pohm dans son adolescence et qui était amoureux de Lucinda, rencontre Pohm et lui décoche un coup de poing. Celui-ci tombe à la renverse sous les yeux du shérif, qui lui dit qu'ici, on n'est pas à Chicago. Pohm ne réplique pas en s'en va. Deux jours après, la ferme des Willis prend feu, tuant les deux filles de Lester : c'est la vengeance de Pohm. La même nuit, Lester se rend au domicile de Pohm, et à l'aide d'un couteau à dépecer le gibier, écorche vif son ennemi mortel. « Il n'était pas si difficile à peler », déclare Lester en s'écroulant dans les bras du shérif, le corps traversé par les balles de Pohm. À l'enterrement de Lester, toute la ville vint ; il n'y eut personne à celui de Pohm.
L'Incroyable Bombardier Nouvelle publiée en mars 1942 dans le magazine G. Man Detective sous le titre The Incredible Bomber.