Larchipel charentais ou îles charentaises est un archipel situé entre moins de cent mètres pour la plus proche des cinq îles et six kilomètres pour la plus éloignée du littoral du département de la Charente-Maritime.
Si cette appellation d'« archipel charentais » est assez peu employée, il n’en reste pas moins que les cinq îles charentaises (d'Oléron, de Ré, d'Aix, Madame et de Nôle, les trois dernières étant très petites) et les quelques rochers et îlots qui s’intercalent dans la mer des Pertuis (Pertuis d'Antioche, Breton et de Maumusson) répondent bien à la définition géographique d’un archipelSelon la définition de l’Académie française, un archipel correspond à une « Étendue de mer parsemée, entrecoupée, d'îles » et selon le Littré, ce terme géographique signifie une « Étendue de mer parsemée de groupes d'îles » ; voir ces définitions dans le site Ptidico-com Définition du mot archipel selon l’académie française.
Géographie Présentation générale Sur les de littoral de la Charente-Maritime, la moitié provient de l'archipel charentais, soit de rivage d'origine insulaire. Les cinq îles sont, du nord au sud (en longeant le littoral), les suivantes : Ré, Aix, Madame, Oléron et Nôle. L’archipel charentais cumule une surface totale de .
Parmi les cinq îles charentaises, les deux plus grandes, Oléron et Ré, sont de superficie notable et sont reliées chacune au continent par un pont-viaduc. La plus étendue, Oléron, s’étend sur tandis que Ré a une superficie de . Quant à Aix () et Madame (), leurs dimensions sont dérisoires.
Les deux plus grandes sont en outre séparées entre elles par des détroits qui sont nommés localement « pertuis » isolant de véritables petites mers intérieures. Au nord, le pertuis Breton sépare l'île de Ré des côtes de la Vendée, et le Bassin aquitain du Massif armoricain. Au centre, le pertuis d'Antioche qui renferme la plus grande mer intérieure du littoral charentais, sépare l'île de Ré de l'île d'Oléron. Enfin, au sud, le pertuis de Maumusson, qui est le plus petit des trois détroits, sépare l'île d'Oléron de l'estuaire de la Seudre et de la presqu'île d'Arvert.
Les trois plus petites îles charentaises ont la particularité géographique de garder la vaste embouchure de la Charente. L'une, l'île d'Aix, n'est accessible que par bateau avec une liaison maritime régulière toute l'année depuis la pointe de la Fumée à Fouras ou par des liaisons saisonnières qui ont lieu chaque été depuis La Rochelle ; une autre, l'île Madame, est accessible à pied à marée basse par une route submersible nommée la passe aux Bœufs et qui correspond à un tombolo formé de sables, de graviers et de galets. La dernière, l'île de Nôle, la plus petite des îles charentaises, est située dans la commune de Bourcefranc-le-Chapus à quelques mètres du pont de l'île d'Oléron. L'île servait autrefois à des ostréiculteurs. Cette île est quasiment délaissée aujourd'hui.
thumb|left|Le fort Énet vu de la pointe de la Fumée à Fouras fait partie de l'archipel charentais. À ce groupe des cinq îles charentaises s'ajoutent quelques rochers, parfois de petits îlots, les uns sont de formation naturelle comme le rocher d'Antioche, au large de l'île d'Oléron, face au phare de Chassiron, les autres de formation artificielle dont le plus connu est le fort Boyard, situé entre l'île d'Oléron et l'île d'Aix ou aménagés artificiellement comme le fort Énet entre l'île d'Aix et la pointe de la Fumée et le fort Louvois entre l'île d'Oléron et Bourcefranc-le-Chapus.
Les rochers situés au large des îles servent d'amer aux nombreux navires qui abordent le pertuis d'Antioche ou le quittent, notamment à marée basse, ce qui correspond bien au rocher d'Antioche, précédemment cité, mais ils sont le plus souvent coiffés d'un phare comme celui de Chauveau au sud de l'île de Ré, non loin de la rade de La Pallice, ou celui des Baleineaux, au nord-ouest de l'île de Ré, à quelque encablure du phare des Baleines.
Île de Ré thumb|Vue aérienne de l'île de Ré.
Entre le pertuis Breton, au nord, et le pertuis d'Antioche, au sud, s'étend l'île de Ré qui, avec , est la troisième île du littoral atlantique français, se plaçant après l'île d'Oléron et Belle-ÎleSa superficie la place au quatrième rang des îles de la France métropolitaine, loin derrière la Corse, mais assez proche de l'île d'Oléron et tout juste après Belle-Île. Elle prolonge à l'ouest le promontoire calcaire du Jurassique de la plaine de l'Aunis, présentant les mêmes caractéristiques de sols et d'assises géologiques. Cette île est la plus densément peuplée des îles de la France métropolitaine, sa densité de population est deux fois supérieure à celle de la France. Elle est reliée au continent par le deuxième plus long viaduc de France depuis 1988.
Le pertuis d'Antioche sépare l'île de Ré de l'île d'Oléron et forme une véritable petite mer intérieure, quelquefois comparée à une « petite Méditerranée »Roger Brunet (ouvrage collectif sous la direction de), Poitou, Vendée, Charentes, Librairie Larousse, Paris , 1972, Collection Découvrir La France, p. 31.
Île d'Aix thumb|L'ancien bac Île d'Aix au quai de l'Acadie à l'île d'Aix.
Au cœur du pertuis d'Antioche, deux très petites îles "gardent" l'entrée de la vaste embouchure de la Charente.
Au nord, sur la rive droite du fleuve, l'île d'Aix est un peu plus grande que sa voisine méridionale que représente l’île Madame, ayant une étendue de . Elle a une forme de croissant, sa plus longue distance est de près de trois kilomètres.
Cette île, qui a longtemps joué un rôle stratégique pour la défense de l'arsenal de Rochefort, est située à l'ouest de la pointe de la Fumée, qui constitue l'extrémité septentrionale de la presqu'île de Fouras. Comme sa grande voisine de l'île d'Oléron, elle présente les mêmes assises géologiques que celles de la Saintonge continentale c’est-à-dire relevant du tertiaire supérieur où affleurent en surface les grès calcairesBournérias (Marcel), Pomerol (Charles) et Turquier (Yves), Guides naturalistes des côtes de France, La Côte Atlantique entre Loire et Gironde - Vendée - Aunis - Saintonge, Delachaux & Niestlé, Neufchâtel, 1987, p. 217.
L’île d’Aix a la particularité géographique d’être l’unique île de l’archipel charentais à être accessible uniquement par voie maritime étant de plus la plus éloignée du rivage charentais à environ six kilomètres de la pointe de la Fumée, au nord de Fouras. Elle possède également une position géographique très centrale au cœur de l’archipel charentaisL’île d’Aix au cœur de l’archipel charentais.
Île Madame thumb|right|L'île Madame qui garde l'entrée sud de l'embouchure de la Charente est la deuxième plus petite des îles charentaises.
Au sud, sur la rive gauche du fleuve Charente, se situe l'Île Madame qui, avec une superficie de , est la seconde plus petite des îles charentaises.
De forme rectangulaire, sa plus grande longueur est d'à peine . En réalité, cette île présente dans son soubassement géologique une forme en fer à cheval, constitué des calcaires argileux du Crétacé supérieur qui « culmine » jusqu'à , au centre duquel se sont agglomérés des sédiments du QuaternairesGéographie de l’île Madame par R. Facon dans la revue Norois sur le portail Persée, voir page 3..
Cette île est accessible par une voie submersible que recouvre entièrement la marée haute qui lui rend alors son caractère insulaire.
Île d’Oléron thumb|Le phare de Chassiron à l'extrémité septentrionale de l'île d'Oléron.
L'île d'Oléron est la deuxième île la plus vaste de France métropolitaine après la Corse, sa superficie étant de . Parmi les îles françaises du littoral atlantique, l'île d'Oléron est la plus peuplée, mais elle en est également la plus méridionale.
Cette île est séparée du continent au sud par le pertus de Maumusson mais elle est de même nature géologique et géophysique que le plateau gréseux du Crétacé de la Saintonge hormis sa partie centrale et septentrionale dont les terrains calcaires relèvent du Jurassique supérieur, comme sa voisine l'île de Ré. Enfin, elle est également reliée au continent par un viaduc depuis 1966; faisant d'elle la toute première île de France à être reliée au continent.
Île de Nôle
L'île de Nôle, située sur la commune de Bourcefranc-le-Chapus, est longue de 390 mètres, et mesure 160 mètres sur sa plus grande largeur et 90 mètres à sa partie la plus étroite. Cette île est plus petite que l'île Madame. Autrefois utilisée par les ostréiculteurs, l'île de Nôle est quasiment délaissée aujourd'hui.
Géologie Une appartenance géologique commune mais aux sols différenciés D’appartenance aux grandes ères du Secondaire du Bassin aquitain, puis du Tertiaire, l’archipel charentais présente une intéressante similitude des socles géologiques et, en même temps, une variété de terrains qui ont déterminé également leur géomorphologie qui est issue de « la grande extension du plateau continental, en avant des rivages, qui supporte les principales îles (…). Ces îles émergent les plus souvent à la faveur d’anticlinaux de direction armoricaine (NW-SE) »Bournérias (Marcel), Pomerol (Charles) et Turquier (Yves), Guides naturalistes des côtes de France, La Côte Atlantique entre Loire et Gironde - Vendée - Aunis - Saintonge, Delachaux & Niestlé, Neufchâtel, 1987, p. 24.
Dans les temps géologiques les plus proches de la période actuelle, c’est-à-dire à l’Éocène, l’océan « envahit les basses terres, et le contour côtier devint celui d’un archipel au rivage continental très découpé, formé d’une succession de pointes, de golfes et de presqu’îles »Jean Pitié in Combes (Jean) et Daury (Jacques) (Ouvrage collectif sous la direction de), Guide des départements - La Charente-Maritime, éditions du Terroir, Tours, 1985, p. 9.
Les deux îles principales constituent ainsi les prolongements naturels et géologiques des tables calcaires de l’Aunis pour l’île de Ré et de la Saintonge pour l’île d’Oléron. L’île de Ré expose des calcaires argileux du Jurassique supérieur, de même que le nord de l’île d’Oléron tandis que la partie méridionale de cette dernière est recouverte de grès calcaires du Crétacé tout comme les deux petites îles d’Aix et MadameBournérias (Marcel), Pomerol (Charles) et Turquier (Yves), Guides naturalistes des côtes de France, La Côte Atlantique entre Loire et Gironde - Vendée - Aunis - Saintonge, Delachaux & Niestlé, Neufchâtel, 1987, p. 22-24 et p. 217.
Le Quaternaire a aussi contribué à modeler le littoral insulaire. Ainsi, au sud de l’île d’Oléron, des dunes importantes, issues des courants océaniques et de l'accumulation éolienne, ont été stabilisées par la plantation d’une grande forêt de pins maritimes dès le , la Forêt de Saint-Trojan, tandis que sur un autre cordon dunaire, au nord-est de l’île, a été fixée la forêt des Saumonards. Dans l’île de Ré, le cordon dunaire qui relie la presqu’île d’Ars à celle de Loix comporte le bois de Trousse-Chemise et pratiquement l’unique forêt rhétaise. Au nord de l'île d'Aix, un bois de chênes verts, couvre presque le quart de toute l'île, il enserre le site historique de fort Liédot.
Climat
Un rôle de « régulateur thermique » sur le climat du littoral charentais La présence des îles charentaises joue un rôle indéniable en tant que « régulateur thermique » sur le climat du littoral charentais où « l’archipel charentais – Ré, Aix, Madame, Oléron – prolongement de la structure géologique de la Charente-Maritime, tempère l’action du vent et de la houle sur le littoral continental et détermine la mer des Pertuis (Papy), véritable mer intérieure de , de faible profondeur et traversée de courants modérés »Combes (Jean) et Daury (Jacques) (Ouvrage collectif sous la direction de), Guide des départements - La Charente-Maritime, éditions du Terroir, Tours, 1985, p. 291/292.