vignette|Huey P. Newton, un des leaders des Black Panthers, a voué sa vie à s'occuper des personnes défavorisées aux États-Unis. L'abnégation est une vertu, une forme d'ascèse, de renoncement, d'abandon du bénéfice personnel pour le bien commun.

Concept L'abnégation est généralement définie comme une vertu, contraire de l'égoïsme, qui marque un renoncement au bénéfice personnel.

Utilisations

Chez Jésus-Christ et les chrétiens

Dans la morale chrétienne, l’égoïsme et l’abnégation sont présentés comme deux tendances opposées de l’âme humaine. L’égoïsme, qui place le moi au centre des volontés et des actions, est décrit comme un renversement de l’ordre moral ; l’abnégation, en revanche, en constitue l’intégration, car elle soumet les inclinations personnelles à la raison, puis l’homme tout entier à DieuAlfred Vacant, Dictionnaire de théologie catholique, t. IV/2, 1908, . s:Dictionnaire de théologie catholique/ÉGOISME.

Le précepte de l’abnégation est considéré comme fondamental dans l’enseignement du Christ, qui formule à plusieurs reprises l’obligation de se renoncer soi-même pour devenir son disciple« Si quelqu’un veut être mon disciple, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » Matthieu 16, 24-25.

Cette doctrine est reprise par la tradition ascétique : le livre de l’Imitation de Jésus-Christ en constitue une paraphrase continue et résume cette exigence par l’axiome « Quittez tout et vous recevrez tout », présenté comme la voie royale de la croixImitation de Jésus-Christ, livre I, citation reprise dans Vacant, Dictionnaire de théologie catholique, t. IV/2, ..

Des auteurs tels que saint Jérôme ou saint François de Sales exposent, chacun selon son approche, la même orientation fondamentale vers l’abnégation chrétienneVacant, Dictionnaire de théologie catholique, t. IV/2, ..

Récemment dans le document conciliaire de , l'Église catholique romaine rappelle les trois préceptes commandés par Jésus-Christ que sont la charité, l'humilité et l'abnégation LG5. "Aussi l'Église, pourvue des dons de son fondateur, et fidèlement appliquée à garder ses préceptes de charité, d'humilité et d'abnégation, reçoit mission d'annoncer le royaume du Christ et de Dieu..." . Chez Schopenhauer Arthur Schopenhauer mobilise l'abnégation sous le sens d'une négation de la volonté de vivre, dans Le Monde comme volonté et comme représentation.

Chez Stuart Mill John Stuart Mill valorise l'abnégation comme une vertu. Dans De l'assujettissement des femmes, il soutient que l'abnégation caractérise les femmes, car elles sont élevées dans la croyance de la nécessité de leur effacement au profit de leur famille

Chez Renan L'abnégation est considérée par Ernest Renan comme la cause de la victoire des Allemands sur les Français lors de la guerre franco-prussienne de 1870. Il écrit que .

Chez Mauss Marcel Mauss traite, dans son Essai sur la nature et la fonction du sacrifice, du rôle social du sacrifice. Il fait de l'abnégation l'origine du sacrifice : .

Chez Jankélévitch Vladimir Jankélévitch utilise le concept d'abnégation dans Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien.

En sociologie du travail L'abnégation au travail est un sujet important de la sociologie du travail.

Notes et références

Voir aussi Articles liés

Altruisme Sacrifice humain Refus de parvenir

Catégorie:Vertu