Marie Louis Paul Fressanges du Bost, né le . à La Madeleine (Nord), France, est un officier français d'artillerie puis d'aviation, ingénieur de l'École Centrale des Arts et Manufactures promotion 1910. Marié à Anne-Marie Le Camus avec lequel il a 12 enfants. Il décède le à Clermont-Ferrand.

Origines

Éléments généalogiques

La famille Fressanges est issue du village corrézien du même nom, aujourd'hui Laroche-près-Feyt.. Situé dans la province de la Marche, aux confins de la Corrèze, de la Creuse et du Puy-de-Dôme.

Le Château du Bost, commune de Magnat-l'Étrange, construit par la famille du Plantadis au , passe à la fin du aux mains de Laurent Tixier [1671-1720]; sa fille Marguerite Tixier [1705-1785] épouse Jean de Fressanges [1701-1773] qui devient ainsi Jean de Fressanges du Bost.

Aujourd'hui le château est toujours propriété d'une des branches cousines de la famille, Jeanne Eulalie de Fressanges du Bost (1807-1882) ayant épousé Annet Marien d'Ussel (1789-1876), commissaire de surveillance administrative des chemins de fer. Les descendants de la famille sont d'une part les « Fressanges du Bost » dont certains ont abandonné la particule « du Bost » et d'autre part les « de Fressanges » issus d'une branche n'ayant pas été associée au château du Bost.

Origine familiale et études d'ingénieur Fils de Marie Albert Paul Fressanges du Bost [1853-1928], lieutenant au de chasseurs à cheval et de Marie Virginnie Fauquemont [1859-1940]. À l'époque de la Grande Guerre, ils résident à Puy-Guillaume.

Issu d'une famille de militaires, il s'engage dans l'armée le pour financer ses études à l’école Centrale de Paris sous le bis. Il obtient son diplôme d’Ingénieur en 1910 et est versé au d'artillerie, basé à Issoire au grade de Canonnier de . Il est promu au rang de brigadier le .

Après 2 ans de service militaire dans l’artillerie (à cause de ses compétences en mathématiques, utiles au calcul des trajectoires), il s’engage pour trois ans le au (grade de Maréchal des Logis). Il est affecté au d'artillerie de Clermont-Ferrand puis rejoint l’école militaire d'artillerie à Mailly-le-Camp. avec le grade d'aspirant un an plus tard .

Artillerie (août 1914 - mars 1915) : le début de la guerre Le à 15h40, la France déclare la mobilisation générale.. L'Allemagne déclare la guerre à la Russie. Le 2, Paul Fressanges du Bost est nommé sous-lieutenant au du d'artillerie, , chargée de la défense de Besançon, le 3 l’Allemagne déclare la guerre à la Serbie et à la France.

Paul Fressanges du Bost a sous ses ordres une batterie de 4 canons de 75 mm servie par six soldats : le pointeur, le tireur, le chargeur, le déboucheur et les deux pourvoyeurs. Son chef de corps est le colonel Nivelle.

Le , le général Louis Bonneau reçoit l'ordre de « S’emparer du front Thann Mulhouse, atteindre le Rhin par la droite, en couper les ponts et se porter sur Colmar ». L'attaque commence le 7 au matinhttp://www.gennes25.fr/cities/472/documents/98aczvhh392v0a.pdf, entre dans Mulhouse le 8, puis se replie hors de la ville.

Pendant ce temps, le général ThévenetGénéral Thévenet, La Grande Guerre (1914-1918), Langlois, Plon, 1923.https://archive.wikiwix.com/cache/20120809112542/http://www.archives.cg90.fr/ark:/12997/a011290418416OZRYjD/1/1., gouverneur de Belfort, place la Division de Réserve en arc de cercle. dont l'artillerie sous les ordres du lieutenant-colonel Sautereau du PartLieutenant-Colonel Ernest Félix Sautereau du Part, La Vitesse initiale dans le canon de campagne, Berger-Levrault, 1912.. Parti à 1h du matin le de Danjoutin, son groupe passe la frontière à Foussemagne puis avance vers Chavannes-sur-l'Étang, Dannemarie et Altkirch et s'approche tout près de la ligne de front vers Mulhouse, canonnée par les allemands sans interruption depuis 4h du matin, avant de se replier sur Dannemarie. Le lendemain dans l'après-midi sa batterie essuie le feu d'un aéroplane allemand qui lance cinq bombes sans effet.

Il se distingue dès le 13 à Montreux-Vieux avec une mention dans son dossier « Belle tenue au feu ». Cette bataille défensive fait 800 tués ou blessés dans les rangs français tandis que les allemands perdent 2000 hommes. Il « Continue à servir avec intelligence et dévouement et manifeste en toutes circonstances beaucoup d’entrain, de sang-froid et d’énergie. » et obtient sa première citation à l’ordre de la division pour sa belle conduite au combat de Pont d’Aspach le .

Escadrille C 34 (avril 1915 – février 1916) : d'observateur à pilote

Observateur en Aéroplane À la fin de l’année 1915, il fait quelques montées d’observation en ballon « Surcouf ». mais ses mouvements brusques le rendent malade. En mars il demande à faire un stage d’observation en aéroplane ainsi qu’en témoigne une carte postale envoyée à ses parents :

Le il est affecté à temps plein à l’escadrille C 34. (Caudron G.3) de Belfort comme observateur titulaire. Son action lui vaut d’être cité par Henry Bordeaux dans sa « Vie héroïque de Guynemer »Henry Bordeaux, Vie héroïque de Guynemer, le chevalier de l'air, Plon, 1918. dans laquelle il fait plusieurs digressions sur le comportement de l’ensemble des pilotes et observateurs durant la première guerre mondiale :

À partir de les vols d'observation se raréfient (seulement 11 en cinq mois). Il a décidé d'être pilote.

Brevet de Pilote

Il fait une dizaine de sorties sur Caudron en double commande avec le Sergeant Mère. En novembre, après une vingtaine de lignes droites à grande vitesse sur un rouleur puis le Caudron G.3 No 331 lui est affecté le comme avion d’entraînement. Il vole deux fois par jour et même trois fois le . Ce jour marque aussi son premier vol opérationnel. Il passe les lignes ennemies avec le Sous-Lieutenant Simonet comme observateur (Reconnaissance sur l'Hartmannswillerkopf). Dès son retour il re-sort pour battre son record d'altitude à .

Le il passe son brevet de pilote militaire (No 2611) au Bourget en une seule épreuve - il a déjà réalisé des missions opérationnelles -: une heure de vol à 2000 mètres d’altitude ainsi que l'atteste une bande barométrique dans son dossier!

Escadrille C 28 (février 1916 – février 1918) : faits d'armes

Il est promu au grade de Lieutenant et affecté à l’escadrille d’observation C 28. À travers la lecture de ses carnets de vol, on peut se faire une idée précise du rôle et des missions d’un pilote durant toute la guerre: mission de repérage photographique, de réglage d’artilleriehttp://www.asoublies1418.fr/_zdocs/77/documents/revues/la_guerre_aerienne/395876600115741_____42-13-g.jpghttp://www.asoublies1418.fr/_zdocs/77/documents/revues/la_guerre_aerienne/395876636574074_____42-14-g.jpg, protection d’autres appareils en mission au-dessus des lignes ennemies et essais de nouveaux matériels et promenade d'officiers d'Infanterie et d'Artillerie. En plus de ces missions un temps très important est consacré à la réparation des appareils, à l’entraînement au tir sur cible aérienne, et au bombardement.

Le alors qu’il est en mission de protection d’un avion de réglage d’artillerie au-dessus de Thorigny, il est pris à partie par sept albatros du « Flying Circus ». Son avion est touché par 10 balles mais il riposte et gagne ainsi que le relate Henry Bordeaux :

Il réalise peut-être là son plus grand fait d’armes qui lui vaut une citation à l’ordre du corps d’armée :

Pendant ce temps ses qualités techniques ont été reconnues, il est noté par ses supérieurs comme possédant de grandes qualités de courage et d’intelligence mais on lui reproche de manquer d’énergie dans le commandement et d’être inégal dans son service.

De février à il vole sur Sopwith mais écope de 8 jours d'arrêts pour loopings au-dessus du terrain de Ham..

Il « emprunte » même un avion sans ordre pour rejoindre sa fiancée... ainsi que l'atteste son livret militaire :

Du Cdt de l’aéronautique du C.A. :

Le , il vole sur le Nieuport 17 N°1866 de l’Escadrille Américaine N 124 « Lafayette », basée sur le même terrain de Eppeville près de Ham. C'est l'avion havituel du Sergent Andrew Campbell (inhumé dans la crypte du Mémorial de l'Escadrille La Fayette à Marnes-la-Coquette.). Il assiste à l’accident mortel au décollage sur panne moteur du commandant adjoint Alfred de Laage de Meuxhttp://www.gwpda.org/photos/coppermine/displayimage.php?pos=-3042..

En mai il essaye les Caudron G.6 puis G.6 120ch dont il critique les moteurs; en , il convoie plusieurs Sopwith ; le il essaie le tout nouveau Salmson 2A2 au GDE de Souilly.

Escadrille SPA 124 / Groupe de Chasse 21 (février 1918 – juin 1918) : le temps de la chasse

À la suite du départ des pilotes américains pour le Aero Squadron, l'escadrille La Fayette, encore équipée de Nieuport, doit reconstituer ses effectifs et Paul Fressanges du Bost est nommé Adjoint technique au G.C.21 (ordre 24186 du G.Q.G. en date du 21.02.1918). Il vole 19 heures sur le nouveau SPAD S.VII de l'escadrille SPA 124Frank Bailey, Cross and Cockade SPA124, http://www.crossandcockade.com/, « SPA 124 was still carried on the strength of GC 13, but there were so many problems encountered in obtaining the necessary personnel and equipment that operations were almost impossible, so on 25 February the unit was transferred to the newly forming Groupe de Combat 21, under the command of Capt Lucien Couret de Villeneuve, who had seen service with Escadrille N.31. The second in command of GC 21 was Lt Miron de l’Espinay, replaced a short time later by Lt Fressanges-Dubost, who was in turn relieved by Lt Roux. Spa 124 remained with GC 21 for the duration of the war and operated principally with the IV Armée. ».

Quatre mois plus tard on lui donne le commandement de sa propre escadrille AR 264, dans le même Groupe de Chasse 21.

Escadrille SAL 264 (juin 1918 – avril 1919) : premier commandement C’est une escadrille toute jeune puisqu’elle a été formée en sur avion Dorand AR.1 avant de devenir la SAL 264 en passant sur appareils Salmson.

De nouveau, nous devons nous contenter d’informations des plus sommaires et son dossier nous révèle simplement sa participation au sein du Corps d'Armée aux opérations sur le front dans des missions de reconnaissance à basse altitude et dans l’accompagnement de l’infanterie qui lui vaudront à la suite du rapport du Capitaine Chapelet, une citation le reprenant intégralement le texte proposé par le rapport :

Rapport du Capitaine Chapelet, commandant l'aéronautique du C.A. Le

Lettre du Général Tabouis, commandant la Division d'Infanterie

Pour le capitaine Fressanges, les appréciations de ses supérieurs qui commencent par exprimer un manque d’habitude et d’autorité dans son commandement juste après sa nomination deviennent plus favorable vers la fin de la guerre, soulignant les réussites de son escadrille et sa grande valeur :

Son action à la tête de cette escadrille lui vaut d’être cité à l’ordre de l’armée en 1919 :

Au total pendant la guerre, Paul Fressanges du Bost aura accumulé environ 500 heures de vol : Escadrille C 34 (Caudron G.3 et G.4) : observateur 62h et élève pilote 24h Escadrille C 28 (Caudron G.4 et Sopwith) : 336h Escadrille SPA 124 (Spad VII) : 19h Escadrille SAL 264 (Salmson 2A2) : 62h

Mariage

Promu commandant d'escadrille, il se marie à Toulon le à Anne Le Camus, née le à Toulon (et décédée le à Vichy).

Après la guerre

Escadrille SAL 19 (avril 1919 - mars 1920) Après la cessation des hostilités, il est affecté à l'escadrille SAL 19 sur Salmson 2A2 puis jusqu'en hors cadre aéronautique ( Direction) Bureau.

Cazaux (octobre 1920 à février 1925)

Paul Fressanges du Bost est alors promu capitaine et nommé à l'école militaire de tir et de bombardement aérien de Cazaux, successivement au Centre d'Instruction de Tir et de Bombardement, à la commission d’essais et d’expériences puis au Groupe d'Ouvriers d'Aéronautique. Il vole sur Nieuport 29 et Breguet 14A2.

Armée Française du Rhin (juillet 1927 – juin 1930) Escadrille BR 246