Griselda Gambaro, née le dans le quartier de Barracas à Buenos Aires (Argentine) et morte le dans la même ville, est une femme de lettres argentine spécialisée dans l'écriture de romans et de pièce de théâtre, s'apparentant au théâtre de l'absurde, usant quelquefois d'un humour grinçant et de parodies. Censurée et menacée, elle s’exile à Barcelone en Espagne de 1977 à 1980 pendant la dictature militaire argentine, puis revient dans son pays.
Biographie
vignette|redresse| Hommage pour leur carrière artistique à l'écrivaine Griselda Gambaro et à son époux le sculpteur Juan Carlos Distéfano au Centre culturel Kirchner (CCK) à Buenos Aires en 2015. Née en 1928 à Buenos Aires, Griselda Gambaro est issue d’une famille modeste d’origine italienne. Dans son enfance elle fréquente régulièrement la bibliothèque de son quartier. L’écriture débute chez elle par le genre romanesque puis elle s’oriente rapidement vers le théâtre. Elle alterne ensuite l'écriture de pièces de théâtre et les romans.
En 1955‚ elle se marie avec le sculpteur , ils auront deux enfants.
Son activité d'écrivaine devient son métier quand elle commence à obtenir des prix qui lui permettent de se faire connaître et de percevoir des droits d'auteur à partir de 1964. Avant cette date elle exerce divers métiers pour subvenir aux besoins de sa famille.
Elle s’exile à Barcelone en Espagne de 1977 à 1980 pendant la dictature militaire argentine. Elle figurait sur les listes noires élaborées par le régime en 1979 .
Griselda Gambaro meurt le à Buenos Aires, à l'âge de 98 ans.
Œuvre
Dramaturgie Dans ses textes, les liens à la société argentine traditionnelle engendrent humiliation, haine et rancœur, mais l’espoir se loge aussi dans ses textes, ce paradoxe est la clef de son œuvre.
En , le coup d'état militaire provoquera le début de la « Révolution argentine », la dictature militaire en place entre 1966 et 1973. Dans ce contexte de répression, le théâtre de Gambaro utilise des procédés comme l’absurde ou le burlesque pour exprimer l’indicible. Sa dramaturgie est qualifiée de « théâtre éthique », cela signifie que la condition humaine est un des thèmes centraux de son œuvre, qu’elle aborde à travers les relations entre personnages et transgression des normes.
Dans une courte présentation de l’autrice, André Camp reprend les mots de : « Dossier Griselda Gambaro », dans le fond André Camp, La Contemporaine, Nanterre, archives de 1981 à 1990. .
Traductions françaises Gagner sa mort, éditions des femmes, 1976. Dieu ne nous veut pas contents, Gallimard, 1983. Rien à voir avec une autre histoire, éditions du Seuil, 1987. Dévêtir celle qui est nue, L'Avant-scène, 1987. Rien à voir avec une autre histoire, éditions du Seuil, 1987. Des peines sans importance, tapuscrit de Françoise Thanas], 1990. La Malasangre, tapuscrit de Françoise Thanas, 1992. Les murs, tapuscrit de Françoise Thanas, 1997. Françoise Thanas s’est beaucoup intéressée aux œuvres de Griselda Gambaro. Ses traductions n’ont jamais été éditées, mais sont conservées par la Maison Antoine Vitez.
Œuvres
Contes
Cuentos, Editorial Américalee, Buenos Aires, 1953. El desatino, Centro de Experimentación Audiovisual del Instituto Torcuato Di Tella, Buenos Aires, 1965. La cola mágica, Ediciones de la Flor, Buenos Aires, 1975. Lo mejor que se tiene, Grupo Editorial Norma, Santafé de Bogotá, 1998.
Roman Madrigal en ciudad, Editorial Goyanarte, Buenos Aires, 1963. Una felicidad con menos pena, Sudamericana, Buenos Aires, 1968. Nada que ver con otra historia, Ediciones Noé, Buenos Aires, 1972. Ganarse la muerte, censuré en 1976 dès sa publication car en pleine dictature, traduction publiée en France la même année. Dios no nos quiere contentos, Lumen, Barcelona, 1979.
Théâtre Viaje de invierno (premier titre Matrimonio), 1966, Ediciones de la Flor, Buenos Aires, 1989.
Par la suite ses pièces ont été publiées sous forme de groupement de textes au sein de mêmes ouvrages (Ediciones de la Flor, Buenos Aires), des années 1990 aux années 2000 :
Teatro, Teatro 1, Teatro 2, Teatro 3, Teatro 4, Teatro 5, Teatro 6, Teatro 7.
Principales représentations en France de son théâtre El Campo (À la campagne), au Festival de Nancy puis dans d'autres cadres, 1976 Dévêtir celle qui est nue, à Rouen, en 1987, mise en scène de Malika Labrume. Dévêtir celle qui est nue et autre portrait de femme, 2010, Bordeaux, mise en scène de Jean-Pierre Nercam. Les murs, Le carré 30 à Lyon, au , 8 représentations, mise en scène de Fatah Boudia, et en 1994, dans le cadre du Festival Don Quijote, mise en espace de David Amitín. Profession mère, compagnie Méninas, dirigée par Dilia Gavarrete-Lhardit, qui signe la mise en scène. Au Festival d'Avignon 2007 puis dans d'autres lieux. Traduction de Françoise Thanas
Distinctions Liste des prix et récompenses:
Notes et références
Bibliographie Susana Tarantuviez, La Narrativa de Griselda Gambaro. Una poética del desamparo, Universidad nacional de Cuyo, 2001. Dianne Marie Zandstra, Embodying Resistance. Griselda Gambaro and the Grotesque, Bucknell University Press, 2007. Stéphanie Urdician, Le Théâtre de Griselda Gambaro, édition Indigo, 2009. Sylvie Suréda-Cagliani, Victimes et bourreaux dans le théâtre de Griselda Gambaro, Presses universitaires de Perpignan, 2011. Samantha Faubert, «Le théâtre de Griselda Gambaro: une faille dans le système phallocentré», L’art est une arme de combat féministe, Presses Universitaires de Rouen et du Havre, 2020, pp.83-93. « Dossier Griselda Gambaro », fond André Camp, La Contemporaine, Nanterre, archives de 1981 à 1990.
Liens externes
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