La gauche radicaleNonna Mayer, Pascal Perrineau, Les comportements politiques, Paris, Armand Colin, 1992. est un courant politique hétérogène qui regroupe les individus, groupes, mouvements, organisations et partis situés entre les partis sociaux-démocrates et l'extrême gauche Sinistra radicale, che fare di quel 15 % ?, 14 juillet 2004. Au et selon les auteurs, elle peut correspondre à la gauche antilibérale.

Selon la sociologue Irène Pereira, l’extrême gauche des années 1970 se définissait par référence à la polarité qu’exerçait alors le Parti communiste. L’effondrement de celui-ci, qui a privé celle-là de sa pertinence, contraint à des redéfinitions, notamment taxinomiques. La « gauche radicale », plus couramment nommée « gauche de la gauche », prendrait aujourd’hui son sens par référence à un Parti socialiste devenu parti de gouvernement et ayant adopté le libéralisme.

Sa définition se distingue dans le vocabulaire politique contemporain de l'adjectif « radical », qui se réfère historiquement à des mouvements et organisations issus du radicalisme La sinistra radicale et le partito radicale, article sur Infodem comme le parti radical, aujourd'hui considéré comme centriste.

D'après le chercheur , ..

Idéologie

Aujourd'hui, les thèses partagées au sein de la gauche radicale sont l'antilibéralisme et la promotion d'un monde écologiste, féministe, antiraciste et « solidaire ». En revanche, à la différence de l'extrême gauche, la gauche radicale n'agit pas dans le but de renverser le système capitaliste, ni de se revendiquer comme partie prenante de la lutte des classes, mais se situe plutôt dans le registre de l'action citoyenne. Elle se prononce notamment pour une Europe sociale, pour une extension des services publics, pour un développement respectueux de l'environnement et contre la logique « gaspilleuse et prédatrice » du libéralismeComité pour l'Unité de la Gauche Antilibérale, Alternative et Écologiste autour de José Bové ou dans la charte antilibérale..

L'universitaire estime que .

Selon la sociologue Irène Pereira, les composantes de la gauche radicale relèvent de trois « grammaires » comprises comme . La grammaire « républicaine sociale », modélisée à partir de Kant et ancrée dans le républicanisme de la Première et de la Seconde République, le solidarisme et la pensée jauressienne, est fondée sur une conception humaniste qui érige l’humanité en sujet de la transformation historique. Cette grammaire privilégierait la dimension politique de la transformation sociale, les revendications démocratiques en premier lieu, et emprunte principalement les voies de l’association. Celles de ses composantes qui énoncent un projet politique s’inscrivent dans une conception réformiste orientée vers le développement de l’économie sociale et de l’État-providence, la démocratie participative et le développement durable.

La grammaire « socialiste » s’inscrirait dans l’une ou l’autre de ces filiations que sont Marx, Engels, Lénine, Trotsky, d’une part, et le syndicalisme d’action directe, de l’autre. Ces héritages distincts et souvent conflictuels érigent pareillement le prolétariat en sujet révolutionnaire et relèvent, à ce titre, d’une grammaire commune qui se distingue de la précédente en ce qu’elle s’appuie sur la dimension économique et la lutte contre le capitalisme avec, dans le modèle léniniste, la prise du pouvoir d’État comme objectif et, dans celui du syndicalisme d’action directe, le primat du syndicat, de la grève et l’aspiration à une autogestion de l’économie. Le NPA dont l’exemple est développé est présenté comme une tentative de synthèse entre les deux « sous-grammaires » ainsi constitutives de cet ensemble.

La grammaire « nietzschéenne » qui doit à son intitulé d’afficher explicitement ses présupposés philosophiques, puise ses références dans l’individualisme anarchiste de la Belle Époque, le situationnisme et les théories post-modernes, devenues « post-humanistes ». Elle met en avant le rôle des minorités et la dimension culturelle de la transformation sociale, instaure les groupes affinitaires, les réseaux et l’action artistique en substituts aux modes d’action centralisés et mise sur des modes d’action minoritaires pour expérimenter des micro-politiques.

Idées Pour , la gauche radicale . Elle inclut dans sa lutte les droits des minorités, l’écologie ou la démocratie participative, donnant une place importante à la question démocratique.

Critiques Le « radicalisme » est aussi et parfois avant tout une posture personnelle, qui peut dans certains cas se substituer au but politique pour se suffire à elle-même : c'est ce que dénonçait déjà Lénine dans La Maladie infantile du communisme (le « gauchisme »).

En France, cette critique est reprise par des groupes comme le Comité invisible :

On retrouve également cette critique dans certains milieux féministes, comme sous la plume d'Aurore Koechlin, qui vise en particulier la Aurore Koechlin, « Quelle stratégie pour le mouvement féministe ? », La Révolution féministe, Paris, Amsterdam, 2019, p. 129-147..

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Irène Pereira, Les grammaires de la contestation, Un guide de la gauche radicale, Les Empêcheurs de penser en rond, La Découverte, 2010, Jean-Numa Ducange, Philippe Marlière, Louis Weber, La gauche radicale en Europe, éditions du Croquant, Bellecombe en Bauges, 2013.

Aurore Koechlin, La Révolution féministe, Paris, Amsterdam, 2019. Marie-Agnès Combesque, Patrick Silberstein, Michel Vakaloulis et alii, Un Autre Monde en marche ! Gauche alternative, Éditions Au Diable Vauvert, 2007. Thierry Leterre, La gauche et la peur libérale, Presses de Sciences Po, 2000, Monique Canto-Sperber et Nicolas Tenzer, Faut-il avoir peur du libéralisme Alberto Alesina et Francesco Giavazzi, Il liberismo è di sinistra Yves Salesse et Christine Delphy, Pour sortir du libéralisme, Éditions Syllepse, 2002. Yves Salesse, Réformes et révolution : propositions pour une gauche de gauche, Éditions Agone, 2001.

Articles connexes Gauche Extrême gauche Populisme de gauche

Liens externes

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