La province de Jujuy est une province argentine, située dans le nord-ouest du pays, limitée à l'est et au sud par la province de Salta, à l'ouest par le Chili et au nord par la Bolivie. Sa capitale est San Salvador de Jujuy.
Histoire
vignette|gauche|Sommet du Pucará de Tilcara, montrant le monument commémorant les deux archéologues ayant découvert le site. Située à la confluence du Río Guasamayo et du Río Grande.. thumb|Carte de l'Argentine, datant du début du , où l'on voit Salta et Jujuy formant une seule province. La scission eut lieu en novembre 1834. vignette|gauche|Vue du Pucará de Tilcara, forteresse construite par une tribu des Omaguacas. vignette|redresse|gauche|Carte ethnique de la région andine du nord-ouest argentin, réalisée par l'ethnographe Eric Boman (1908). vignette|redresse|Subdivisions de la vice-royauté du Río de la Plata en 1783. La ville de Jujuy, comme celles de Salta et de Tucumán, se trouve dans la zone bleu-clair au centre de la carte.
Au début de la conquête espagnole, le territoire actuel de Jujuy était peuplé de différents peuples indigènes. Les Omaguacas prédominaient, et se divisaient en partialités ou tribus. Parmi ces dernières les principales étaient les Ocloyas, les Purmamarcas, les Yavis, les Yalas, les Churumatas et les Jujuys, qui ont donné leur nom à la province. Cependant, dans la région de la Puna, les Atacamas étaient prédominants, et particulièrement la tribu des Lípes.
Les Omaguacas étaient une synthèse ethnique de Diaguitas et d'Atacamas avec une forte composante génétique arawak.
Vers 1470-80 toutes ces ethnies et partialités (tribus) furent conquises et soumises par les incas venus du Pérou, lors de ce que l'on appelle la Troisième expansion de l'Empire Inca. Ceux-ci installèrent leur principal centre de domination à Sikuani (ou Chicoana, ville située dans l'actuelle province de Salta).
La résistance tenace de ces populations rendit difficile l'avance des envahisseurs, d'abord quechuas, puis espagnols. En 1536, Diego de Almagro parcourut la Puna de Jujuy, et la conquête de la province commença.
La résistance des Omahuaca ou Omaguacas fit partie de celle des Diaguitas, de telle sorte que dans les Guerres Calchaquies les peuples aborigènes du Jujuy participèrent pleinement et produisirent des chefs renommés comme les chefs Juan Calchaquí, Kipildor (Quipildor) et Viltipoco. Ce fut aussi précisément dans la province que les Espagnols bouclèrent l'encerclement des vallées Calchaquíes en révolte, lorsque fut fondée la ville et le fort de la ville de San Salvador de Jujuy par Francisco de Algañaraz, au confluent des rivières río Grande de Jujuy et río Xibi-Xibi, en 1593.
Tout au long du , la population de la ville et des établissements espagnols environnants s'accrut lentement. Selon le premier recensement (1779), on ne dénombra que . Parmi celles-ci, 14 % vivaient dans la ville, où espagnols, noirs, mulâtres et métis étaient majoritaires, tandis que dans les régions rurales les amérindiens prédominaient. Les esclaves noirs provenaient de Buenos Aires et étaient voués à des tâches domestiques ou artisanales. Leurs unions avec des indigènes ou des espagnols (ou métissage) engendrèrent des castes afrométisses : mulâtres et zambos (métis noir-amérindien).
La région comprenant la province actuelle de Jujuy fit partie de la vice-royauté du Pérou jusqu'en 1776, année où la couronne espagnole créa la vice-royauté du Río de la Plata. Conformément à l'ordonnance royale dite Real Ordenanza de Intendentes du , l'actuelle province de Jujuy resta située au sein de l'Intendance de San Miguel de Tucumán. Un an et demi après, la Real Cédula du , supprima l'Intendance du Tucumán, ce qui eut pour conséquence que Jujuy de même que Catamarca, Santiago del Estero, Salta, Tucumán et la Puna de Atacama (actuellement au nord du Chili), intégra la nouvelle Intendencia de Salta del Tucumán, avec pour siège de gouvernement la ville de Salta.
En 1810, lors du déclenchement de la révolution de Mai, Jujuy comme Tarija dans l'actuelle Bolivie formaient la partie septentrionale du gouvernorat du Salta del Tucumán. Lors des guerres de libération, les royalistes entreprirent onze invasions depuis le Pérou et le Haut-Pérou, si bien que la situation des patriotes devint critique dans la zone de Lípez, Tarija et Jujuy. C'est pourquoi en 1812, Manuel Belgrano, commandant de l'armée du Nord (Ejército del Norte), dirigea l' Éxodo Jujeño (exode de Jujuy). Un des principaux chefs royalistes (dernier vice-roi du Río de la Plata et autoproclamé vice-roi du Pérou fut l'ultra-conservateur Pedro Olañeta qui précisément était un propriétaire terrien établi dans le Jujuy. En , il fut nommé vice-roi du Río de la Plata par Ferdinand VII d'Espagne, qui ignorait qu'il avait été tué à la bataille de Tumusla.
Jujuy est une des quatorze provinces fondatrices de l'Argentine.
En 1836, la plus grande partie de la province fut envahie par les troupes de la Confédération péruano-bolivienne.
En 1876, une rébellion indigène liée à la demande de terres dans les départements de Rinconada, de Cochinoca et de Yavi fut brutalement réprimée par le gouvernement provincial après que les rebelles eurent été vaincus à la bataille de Quera.
En 1943, le Gouvernement du territoire de Los Andes fut dissous, et Jujuy reçut le département de Susques.
La dictature militaire argentine procède dans la nuit du à l’enlèvement, la détention ou l’assassinat de 400 personnes dans la province.
Géographie
La province située dans le nord-ouest argentin, développe un relief éminemment montagneux. L'altitude augmente progressivement de l'est vers l'ouest. La zone sud-est est la moins élevée, et correspond à la vallée du río San Francisco, affluent abondant du río Bermejo.
On distingue trois grandes zones géographiques : les Sierras Subandines ; la Cordillère Orientale, où se situe la célèbre Quebrada de Humahuaca ; la Puna.
On distingue trois biomes au Jujuy. D'abord celui de l'Altiplano, un plateau de d'altitude qui couvre la majeure partie du territoire avec des pics (volcaniques) de plus de , dont le Tuzgle. Ensuite la région où coule le Río Grande de Jujuy au travers du cañon de la Quebrada de Humahuaca, et qui va d'une hauteur de jusqu'à . Enfin dans le sud-est les sierras s'abaissent vers la plaine du Gran Chaco. C'est la région des yungas méridionales, chaude, humide et boisée, de moins de .
Dans la Puna, région peu arrosée, il existe de nombreux Salars et lagunes salées. Il faut citer notamment la Laguna de Guayatayoc, les Salinas grandes dites de Jujuy et Salta, le Salar de Olaroz, la Laguna de los Pozuelos et les Lagunas de Vilama.
Voies d'accès Voie routière thumb|La route nationale 16 fait partie du grand axe qui relie le sud du Brésil à l'Océan Pacifique et à la Chine. Elle se termine à San José de Metán en province de Salta, mais permet un accès aisé à la province de Jujuy grâce à la route nationale 9.
Par la route, on rejoint facilement la province et sa capitale, en empruntant la route nationale 9, qui va du sud vers le nord et est mieux connue dans la capitale sous le nom de "La Panamericana". Cette grand route totalement asphaltée et comportant une bonne portion autoroutière relie les trois villes les plus peuplées du pays, Buenos Aires, Rosario et Córdoba, à la ville de San Salvador de Jujuy, puis continue et se poursuit en Bolivie.
Toujours du sud vers le nord, depuis la ville de Rosario, on peut aussi emprunter la Route nationale 34 qui parcourt la vallée d'El Ramal, le long du río San Francisco, pour se terminer plus au nord, à la frontière bolivienne au niveau de la ville de Profesor Salvador Mazza, en province de Salta.
Dans la Puna, à l'ouest de la province, se déroule la route nationale 40, qui venue de la province de Salta, près de San Antonio de los Cobres, rejoint la frontière bolivienne à La Quiaca. Elle dessert la ville de Susques et parcourt le très impressionnant Cañadon du río San Juan del Oro.
Transversalement, d'est en ouest, la route nationale 52 relie les RN 9 et RN 40 entre Tumbaya-Purmamarca à l'est, et Susques à l'ouest, puis se prolonge vers le Chili et l'océan Pacifique.
D'est en ouest également, la route nationale 16, venue de la ville de Corrientes sur le fleuve Paraná, se termine dans la province de Salta voisine, en débouchant sur le tronc commun RN9-RN34 au niveau de la ville de San José de Metán, ce qui permet aux convois venus du sud brésilien d'accéder facilement et rapidement à la province de Jujuy et à sa capitale, grâce à un court tronçon de la route nationale 9.
Enfin, les RN 9 et RN 38 sont reliées entre elles par la courte () entre Ciudad Perico et San Salvador de Jujuy.
Voie aérienne
On accède à San Salvador de Jujuy par voie aérienne grâce à l'aéroport international Gobernador Horacio Guzmán, situé à Ciudad Perico et relié à la capitale par l' (Códe IATA : JUJ - code OACI : SASJ). Il se trouve à au sud-est du centre de San Salvador de Jujuy dans le département d'El Carmen. Il y a des vols directs quotidiens vers les villes de Buenos Aires, Córdoba, Mendoza et Salta. En haute saison, il y a aussi des vols en direction de Mar del Plata et de ville chilienne d'Iquique.
Villes principales
Villes avec leur population en 2010 : San Salvador de Jujuy (). L'aire métropolitaine de la ville comptait en 2010. Elle se trouve à de Buenos Aires et de la côte du Pacifique. San Salvador de Jujuy affiche deux records géographiques nationaux : par sa latitude, sur le parallèle de 24°11'08, elle est la capitale provinciale la plus septentrionale d'Argentine, et par son altitude à , elle est aussi la capitale de province la plus haute du pays. La ville occupe une position de toute première importance en Amérique du Sud. Elle est le point de passage du Corridor biocéanique qui relie los ports de la côte atlántique (surtout du Brésil méridional, mais aussi de la région de la Plata) à la côte pacífique (Chili). San Pedro ( ). La ville est située dans le Valle del río San Francisco de Jujuy, à de la confluence des rios río Grande de Jujuy et Lavayén les deux branches-mères du puissant río San Francisco. Palpalá ( ). Ville disposant d'un grand parc industriel orienté vers les aciéries et l'industrie papetière. Elle est située à seulement au sud-est de la capitale San Salvador de Jujuy (dont elle fait partie de l'aire urbaine), et à de Buenos Aires. Ciudad Perico ( ). Ville récente située à de San Salvador de Jujuy, elle héberge l' . Libertador General San Martín ( ) Monterrico ( ) La Quiaca à ( ) El Carmen ( ) Fraile Pintado ( ) Humahuaca (à ) ( ) Abra Pampa (à ) ( ) Caimancito (à ) ( ) Tilcara (à ) ( ) ( ) Calilegua (à ) ( ) Purmamarca (891 ) Susques (1.093 en 2001) Yavi (271 )
Climat
Les grandes différences d'altitude et de pluviométrie ont produit des zones désertiques comme les Salars ou Salinas Grandes avec leurs mines de sel, mais aussi des zones très arrosées de jungles subtropicales, les yungas comme dans la Bolivie voisine. À San Salvador de Jujuy les précipitations annuelles atteignent de 750 à par an (niveau plus ou moins équivalent à celui de Bruxelles, mais nettement supérieur à ceux de Paris ou Londres). vignette|centré|upright=2|Climogramme de San Salvador de Jujuy
Au total cependant le climat est majoritairement aride à semi-désertique, avec la très notable exception de la large vallée El Ramal du Río San Francisco.
Les différences de température diurne et nocturne sont importantes dans les régions élevées, et les précipitations sont réduites en dehors de la région du Río San Francisco.
Pour Abra Pampa, petite ville située à l'entrée méridionale du grand plateau altoandin (la Puna), au pied du cerro Huancar, les données pluviométriques sont les suivantes :
Hydrographie vignette|Río La Quiaca, frontière avec la Bolivie à gauche et l'Argentine à droite.