Candida est un genre de levures (dont l’espèce la plus importante est Candida albicans) qui est répandu dans tout le monde habité et forme normalement un commensal parfaitement toléré par l'homme sain dans la bouche, sur la peau, dans le système digestif et dans la flore vaginale, en fonction des espèces. Champignon pathogène, il provoque parfois des mycoses (candidiase ou candidose) chez les humains et d'autres animaux quand l'organisme est affaibli.
Au laboratoire médical, la culture en boîte de Petri des Candida donne des colonies qui sont grandes, rondes, de couleur blanche ou crème (d'où le choix par Christine Marie Berkhout du terme latin candidus qui signifie « blanc brillant »).. C'est un champignon unicellulaire qui se trouve dans le tube digestif et dans la bouche de la plupart des humains. Il ne provoque cependant aucune pathologie chez les individus ayant un système immunitaire normal. Il peut se trouver sous plusieurs formes : levure, pseudohyphe ou hyphe.
Les espèces de Candida peuvent provoquer des infections assez bénignes, comme le muguet buccal chez l'enfant ou la candidose vulvo-vaginale chez la femme. Chez les patients dont le système immunitaire est affaibli, par exemple les patients recevant une chimiothérapie contre le cancer ou les patients atteint par le SIDA, les Candida peuvent provoquer des infections plus graves, comme des septicémies ou des candidoses digestives.
Dans l'immense majorité des cas pathologiques, c'est Candida albicans qui est en cause, mais sont également importants : Candida pseudotropicalis, cosmopolite comme le premier, Candida tropicalis plus fréquemment à l'origine des candidoses des zones intertropicales chaudes et humides, Candida parapsilosis et Candida guillermondii.
Morphologie Dans les prélèvements pathologiques, les Candida se présentent toujours comme de petites levures rondes ou ovalaires de 2 à , bourgeonnantes, souvent accompagnées de filaments mycéliens ou pseudo-mycéliens. En culture sur milieu de Sabouraud, on obtient en 24 ou des colonies blanches, crémeuses, brillantes, ne contenant que la forme levure ; sur milieu P.C.B. ou R.A.T., on obtient du pseudo-mycélium, et, pour C. albicans, des chlamydospores.
Génétique Candida est l'une des variantes du code génétique (avec la mitochondrie) c'est-à-dire que l'universalité du code génétique ne s'applique pas pour cette levure.
Biologie Les candida se multiplient activement en milieu nettement acide, de pH 2 à , mais peuvent survivre jusqu'à .
C. albicans est un saprophyte strict des muqueuses intestinales et vaginales (la peau n'est pas son habitat naturel, sa présence est donc associée à un risque plus élevé de contamination) ; dans toute autre localisation, il est considéré comme pathogène. Il ne le deviendra dans le tube digestif que s'il a l'occasion de proliférer.
En temps habituel, les levures sont maintenues en vie ralentie par la présence de salive abondante, d'une flore saprophyte intacte sur toutes les muqueuses digestives, de défenses organiques efficaces dans un organisme sain.
Autrefois, seule une déficience des défenses organiques (prématurés, vieillards) ou une tare physiologique (diabète, maladies chroniques…) venaient modifier cet équilibre et s'accompagnaient d'une candidose dont la gravité dépendait du trouble causal qui se limitait généralement au traditionnel muguet. Il était alors classique de dire : « on ne meurt pas du muguet, on meurt avec le muguet. »
Au , les personnes peuvent encore faire des infections, parfois mortelles, à Candida. Elles se développent souvent sur un terrain immunodéprimé, et sont d'origine infectieuse (SIDA...) ou iatrogènes, provoquées par l'emploi de certaines thérapeutiques : l'utilisation des corticoïdes et des immunodépresseurs, en abaissant la défense immunitaire, a permis le développement des formes les plus graves : septicémies à Candida, candidose viscérale, granulome moniliasique, naguère très exceptionnels ; les antibiotiques créent un déséquilibre en détruisant la flore antagoniste, ce qui favorise donc les Candida ; la grande diffusion des œstroprogestatifs de synthèse, en modifiant de manière permanente l'acidité vaginale, a banalisé la candidose vulvo-vaginale.
En plus de la prolifération des souches traditionnellement pathogènes (C. albicans, C. tropicalis…), il y a apparition d'une pathogénicité certaine chez des Candida réputés non pathogènes. Candida albicans demeure cependant à la fois le plus fréquemment rencontré et le plus régulièrement pathogène.
Liste des espèces Outre Candida albicans, qui est un constituant normal des microbiotes humains cutané, gastrointestinal et urogénital, différentes espèces de Candida peuvent être responsables d'infections appelées candidémies. On observe une incidence croissante d'infections causées par C. glabrata et C. rugosa, vraisemblablement du fait d'une moindre sensibilité au groupe des azoles, l'antifongique actuellement utilisé. Parmi les pathogènes les plus importants, se trouvent C. parapsilosis, C. tropicalis, et plus récemment C. auris. Selon :
C. albicans C. ascalaphidarum C. amphixiae C. antarctica C. argentea C. atlantica C. atmosphaerica C. auris C. blankii C. blattae C. bracarensis C. bromeliacearum C. carpophila C. carvajalis C. catenulata C. cerambycidarum C. chauliodes C. corydali C. dosseyi C. dubliniensis C. ergatensis C. fructus C. glabrata C. fermentati C. guilliermondii C. haemulonii C. humilis C. insectamens C. insectorum C. intermedia C. jeffresii C. kefyr C. keroseneae C. krusei C. lusitaniae C. lyxosophila C. maltosa C. marina C. membranifaciens C. mogii C. oleophila C. oregonensis C. parapsilosis C. quercitrusa C. rhizophoriensis C. rugosa C. sake C. sharkiensis C. shehatea C. temnochilae C. tenuis C. theae C. tolerans C. tropicalis C. tsuchiyae C. sinolaborantium C. sojae C. subhashii C. viswanathii C. utilis C. ubatubensis C. zemplinina
Taxonomie Le nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Candida Berkhout, 1923.
Candida a pour synonymes : Azymocandida E.K. Novák & Zsolt, 1961 Azymoprocandida E.K. Novák & Zsolt, 1961 Candida Berkhout, 1923 Candida Cif. & Redaelli (?) Castellania C.W. Dodge, 1935 Enantiothamnus Pinoy, 1911 Endoblastoderma B. Fisch. & Brebeck, 1894 Endoblastomyces Odinzowa ex Kudryavtsev, 1960 Epochnium Link, 1809 Geotrichoides Langeron & Talice, 1932 Halobyssus Zukal, 1893 Microanthomyces Grüss, 1926 Myceloblastanon subgen. Blastodendrion M. Ota, 1924 Myceloblastanon M. Ota, 1924 Mycocandida Langeron & Talice, 1932 Mycocryptococcus Pollacci & Nann., 1927 Mycotoruloides Langeron & Talice, 1932 Myzeloblastenon M. Ota (1924), 1924 Parasaccharomyces Beurm. & Gougerot, 1909 Parendomyces Beurm. & Gougerot, 1909 Procandida E.K. Novák & Zsolt, 1961 Pseudomonilia A. Geiger, 1910 Syringospora Quinq., 1868 Thailandia Vardhan., 1959
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Fungi Mycose, Candidose
Liens externes
Dictionnaire des sciences animales : Candida
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