Le Journal télévisé de la RTF est un journal télévisé français créé par Pierre Sabbagh et diffusé chaque jour à 21 heures puis 20 heures sur RTF Télévision du au . Il est également adapté dans une édition de la mi-journée à partir du mois de , son horaire de diffusion est variable en fonction de la période et des changements de programmation : à midi, à 12 h 30, à 12h45, à 13 h, à 13 h 15 voire à 13 h 30.

Historique vignette|gauche|En 1949, Pierre Sabbagh présente le premier journal quotidien. Vital Gayman, directeur du journal parlé de Paris-Inter à la Radiodiffusion-télévision française (RTF), décide en 1949 la création d'un journal télévisé et confie le projet au jeune Pierre Sabbagh, ancien élève comédien entré à la radio à la Libération. Sabbagh rencontre quelques difficultés pour constituer son équipe car peu de journalistes de la radio, alors toute puissante, sont disposés à perdre leur notoriété en allant tenter l'aventure télévisuelle encore confidentielle en termes d'audience. Il en est de même des journalistes de la presse écrite chez qui la télévision est méprisée car elle est vue, après la radio, comme une nouvelle concurrente. Trois hommes de radio acceptent tout de même de relever le défi : Jacques Sallebert, reporter à la radio, Georges de Caunes, ancien présentateur de Paris-Actualités sur Paris-Inter et Pierre Dumayet, journaliste littéraire. Dumayet intègre à l'équipe Pierre Tchernia, jeune diplômé de l'Institut des Hautes Études Cinématographiques (IDHEC) qui a collaboré avec lui au Club d'essai de la Radiodiffusion française..

Le premier journal télévisé en France inventé et dirigé par Pierre Sabbagh« Les pionniers de la télévision », Antenne 2, 30 décembre 1977 sur ina.fr.., est diffusé le à 21 heures pendant 15 minutes. Le premier reportage filmé par le service des reportages de la télévision française et diffusé lors de ce premier journal télévisé est une course en ballon durant laquelle le ballon, dans lequel ont pris place Pierre Sabbagh et Michel Wakhevitch (frère du décorateur de théâtre et de cinéma Georges Wakhévitch), s'écrase dans un champ et prend feu.. Les autres sujets du journal sont des sujets d'actualités filmés par les Actualités françaises, Éclair-Journal ou la Gaumont que la télévision récupère, après avoir converti les films en . La première diffusion du journal télévisé a volontairement lieu la veille du départ du Tour de France, évènement sportif très populaire que le journal télévisé suit jusqu'à son arrivée le en diffusant lors de chacune de ses éditions dix minutes d'images filmées la veille par les actualités cinématographiques.. Diffusé trois fois dans la semaine, le journal télévisé s'interrompt pour la période des congés d'été du au et poursuit cette tradition les trois années suivantes, du au , du au et enfin du au Colette Lustière, « Le journal télévisé, l'évolution des techniques et des dispositifs » in La télévision dans la République: Les Années 50, 25 mars 1999, Éditions Complexe..

Après une pause estivale, le journal télévisé revient le à un rythme quotidien.. Il dure vingt minutes, puis trente. Les sujets du journal télévisé sont définis chaque matin en conférence de rédaction présidée par Sabbagh, puis les reporters partent les filmer. L'équipe du service des reportages de la télévision française ne dispose pour filmer que de trois caméras amateur Bell et Howell et pour se déplacer, d'une Jeep récupérée au surplus de l'armée américaine et de la Peugeot 202 de Jacques Sallebert. Le vélo et le métro sont également utilisés par les reporters. Ainsi les reportages du journal télévisé ne dépassent pas les limites de la banlieue parisienne. Faute de moyens, les journalistes utilisent aussi les services de cadreurs professionnels, munis de leur propre matériel, ayant travaillé pour les actualités cinéma ou le service cinématographique de l'armée. Les films, muets, sont rapportés et développés dans les studios de la télévision du centre Alfred Lelluch au 15 rue Cognacq-Jay à Paris avant d'être visionnés, sélectionnés et montés pour composer les quinze sujets du journal télévisé.. Sur les quinze sujets du journal, trois seulement sont des productions propres, le reste est composé de sujets d'agences (France-Vidéo) remontés parce que trop longs. Hors des inaugurations et crises ministérielles, ces sujets n'ont que très peu de rapport avec l'actualité française et sont commentés en direct depuis les studios sur des illustrations sonores de Yves Dariet ou Lucien Morisse par Pierre Sabbagh, Jacques Sallebert, Pierre Tchernia, Pierre Dumayet, Claude Darget et Georges de Caunes.. Les films étant muets et les téléspectateurs peu nombreux, les commentateurs utilisent un style très différent de celui des actualités cinématographiques mêlant irrespect et fantaisie, en faisant notamment parler les ministres ou en mettant en parallèle sport et politique. Le sport, et particulièrement le catch, la boxe, le football et le Tour de France, tiennent en effet une part importante des sujets du journal télévisé durant ses premières années en proposant aux téléspectateurs de voir dès le lendemain les images, sans devoir attendre la semaine suivante pour les voir aux Actualités cinématographiques. La réalisation du journal télévisé est très souvent assurée par Pierre Sabbagh lui-même qui lance les différents sujets et surveille leur diffusion en régiePierre Sabbagh en régie lance les sujets du journal télévisé le 01/09/1951 - Photo Daniel Fallot / INA Pierre Sabbagh en régie pendant la diffusion du journal télévisé le 01/10/1951 - Photo Philippe Bataillon / INA . Dès , le journal télévisé du soir est rediffusé dans une version raccourcie le lendemain à . Avec la mise en service de l'émetteur 819 lignes de la tour Eiffel le , le journal télévisé passe à quatre éditions par jour, car, comme il est impossible d'enregistrer une émission en direct, chaque édition du midi et du soir réalisée en direct pour l'émetteur 441 lignes doit être refaite aussi en direct pour l'émetteur 819 lignes. En 1951, le journal télévisé du soir est déplacé à et le service des reportages de la télévision est doté d'un car de reportage permettant d'établir les premiers directs en extérieur.

Les premiers grands évènements retransmis par les équipes du journal télévisé sont le couronnement de la reine d'Angleterre Élisabeth II le , commenté en direct par Jacques Sallebert., et sur le plan national, l'élection du président de la République, René Coty, lors du Congrès réunissant les deux chambres au château de Versailles du 17 au , qui marque l’entrée des caméras dans une enceinte parlementaire et dont les multiples aléas sont narrés aux téléspectateurs par Claude Darget, Claude Perrot et Roger Debouzy..

L'année 1954 marque un tournant dans l'histoire du journal télévisé avec l'arrivée de plusieurs innovations importantes. Sur une idée de Pierre Sabbagh, l'Union européenne de radio-télévision met en place en juin le réseau Eurovision facilitant l'échange d'images et de reportages d'actualité entre les télévisions membres, ce qui permet d'accroître instantanément le volume d'images diffusées dans le journal télévisé. Simultanément, les premières caméras sonores professionnelles arrivent des États-Unis, donnant plus de liberté aux journalistes et permettant enfin de capturer le son des sujets filmés, ce qui réduit ainsi le recours aux commentateurs en voix off. Le , le journal télévisé du soir, dorénavant diffusé à , permet aux téléspectateurs de découvrir les visages de Roger Debouzy et de Georges de Caunes, premiers « présentateurs » du journal télévisé, suivis le lendemain par celui de Jacques Donot, de Pierre Dumayet le et de Claude Darget le 4. Ces journalistes, qui continuent par ailleurs à commenter les reportages diffusés, ne sont pas encore vraiment des présentateurs. Ils se contentent plutôt de donner en plateau quelques informations qui n'ont pu être filmées en lisant des dépêches de l'Agence France-Presse. Les plateaux durent environ dix minutes, soit le quart de la durée du journal télévisé. Ils intègrent régulièrement la chronique "A vous Londres" diffusée en direct depuis la capitale britannique avec les moyens de la BBC dans laquelle Jacques Sallebert, premier correspondant permanent du journal télévisé, présente aux téléspectateurs français tous les aspects de la vie outre-Manche et les préoccupations des Anglais.

La nouvelle formule du journal télévisé, mise en place en , donne davantage de place aux séquences en plateau et renforce la figure du présentateur qui interroge ses collègues sur différents sujets d'actualité et prend le temps d'expliquer l'information aux téléspectateurs.. Les journalistes découvrent alors qu'ils ont une personnalité à l'écran et qu'ils ne sont pas de simples machines à débiter de l'information. Georges de Caunes présente ainsi le journal télévisé avec son chien Eider couché à ses pieds que certains réalisateurs du journal montrent à l'écran. Claude Darget, pas plus que les autres, ne se soucie de neutralité dans ses commentaires. Quand il annonce, par exemple, le départ de Wladimir Porché qui, de 1946 à 1957, fut directeur général de la RDF (Radiodiffusion française), puis de la RTF, il dit tout le bien qu'il en pense. Ses commentaires sont toujours personnels, souvent ironiques, poétiques parfois. Quand il annonce, par exemple, la naissance de la princesse Caroline de Monaco, ce n'est pas en termes conventionnels. Il parle de Monaco « qui compte une Caroline de plus », il évoque « la mer (qui) a pleuré » et la « Caroline chérie des rives méditerranéennes »« Claude Darget annonce la naissance de Caroline de Monaco », Journal télévisé du 23 janvier 1957, RTF Télévision sur ina.fr..

Le journal télévisé est rattaché à la direction de l'information en . En 1957, son horaire est fixé définitivement à et une édition de nuit est diffusée chaque jour vers sous l'impulsion de Pierre Sabbagh et Jacques Sallebert. Le journal de la mi-journée est désormais diffusé à et dure quinze minutes.

Nommé directeur du journal télévisé en , Pierre Sabbagh le transforme une nouvelle fois en instituant le présentateur unique, mais différent chaque soir, présent tout au long du journal et qui intervient en plateau, lance les reportages commentés en cabine par ses confrères, lit les dépêches et commente l'actualité. Cette scénarisation de l'information découle du succès rencontré par le nouveau style d'écriture journalistique du magazine mensuel 5 colonnes à la une.

Quatre éditions sont mises en place en 1960. Celle de traite de l'information politique et des faits divers, celle de est composée d'enquêtes, de reportages et de magazines, celle de est consacrée à la politique intérieure et étrangère et la dernière est un résumé de l'actualité diffusé à .

Édition de la mi-journée