En français, le mot Serbes peut désigner : sur le plan politique, l’ensemble des citoyens de la Serbie, quelles que soient leurs origines, langues et cultures ; sur le plan culturel et linguistique, les Serbes (en serbe « Срби », « Srbi ») sont une ethnie ou une nation de la branche des Slaves méridionaux, du groupe Slave et de la famille indo-européenne, qui vit essentiellement en Serbie, au Monténégro, en Bosnie-Herzégovine, en Croatie et dans une diaspora de quatre millions de personnes (un Serbe sur trois ne vit pas en Serbie)Alexis Troude, Géopolitique de la Serbie, éditions Ellipses , ; sur le plan historique : dans l'histoire, des peuples Slaves comme les Sorabes (voir Serbie blanche) et les Slaves méridionauxD'après la Chronique des temps passés (chronique Russe publiée par l'Académie des Sciences soviétique en 1990, , 207), les Serbes sont parmi les premiers peuples slaves à avoir été énumérés par ce nom.; dans les hypothèses protochronistes très en vogue en Serbie moderneSima Ćirković et Vuk Tošić dans The Serbs, Hoboken, N.J.: Wiley-Blackwell, 2004, p. XIIk, , parmi les Sarmates iraniens vivant dans l'Antiquité entre la Basse-Volga et le Caucase du Nord et décrits par Pline l'Ancien et par Claude Ptolémée dans sa Géographie du , la tribu homophone des serboi est considérée comme ancêtre des Serbes modernes, et de plus, les protochronistes bulgares et serbes, dans leur désir d'anticiper au maximum la présence slave dans les Balkans, considèrent aussi comme proto-slave la tribu antique des Triballes (sur le bas-Danube), qui pour la plupart des historiens est illyrienne, thrace, celte ou issue d'un mélange entre ces composantes ; les différents royaumes médiévaux fondés par des Serbes, comme la Rascie.
Nom et étymologie
Le nom est probablement dérivé de la racine indo-européenne « ser », qui s'apparente au latin « servare » (« conserver », « garder », « protéger », « préserver », « respecter »). Selon Heinz Schuster-Šewc, la racine indo-européenne « srb », qu’on retrouve dans de nombreuses langues slaves, aurait pour signification initiale « apparenté » Poreklo i istorija etnonima Serb - H. Schuster-Šewc, Project Rastko. Pour d'autres, comme Paul Pelliot, ont pourrait rapprocher ce nom à celui de l'empire Xianbei, donc le nom se prononçait /serbi/ en ChinoisToh, Hoong Teik (2005). "The -yu Ending in Xiongnu, Xianbei, and Gaoju Onomastica. Appendix I: the ethnicon Xianbei"(PDF). Sino-Platonic Papers. 146: 10–12..
Autres noms : Serviens : nom médiéval français et anglais (Servians) des Serbes ; Rasciens : se référant à la population de l'État médiéval serbe de Rascie (tribus de Dioclée (Dukljens), Travunija (Travouniens), Neretva (Neretviens / Paganiens), Zahumlje (Zahumliens)) ; « Saqāliba » pour les Arabes au Moyen Âge ; Valaques : terme, désignant initialement les romanophones des Balkans, mais aussi utilisé au Moyen Âge par les Croates, puis repris par les auteurs vénitiens pour désigner tous les orthodoxes y compris Serbes ; Dalmates de langue slave, pour les auteurs Byzantins.
Génétique Le Projet Origine Serbe a établi une image génétique de la population serbe, en Serbie et dans la Diaspora. L'haplogroupe majoritaire chez les Serbes comme chez tous les peuples de langue serbo-croate est l'haplogroupe I. I2a1 (P37.2) (I2a1b M423) plus précisément I2-L621 (L147.2+) est également connu sous le nom de I2a-Din ("Din" signifiant dinarique), elle s'est développée à partir de la Culture de Starčevo, il est probable qu'I2a était l'une de ses principales lignées paternelles. Un effet fondateur
Il est présent chez les Serbes à 43,89 % ; c'est le second taux le plus élevé au monde après la Bosnie-Herzégovine (55 %). Le second haplogroupe est le R1a, R1a-M458, avec un taux de 24 % chez les Serbes.
Le scientifique et biologiste russe et professeur de l'université Harvard Anatole Klyosov précise que l'haplogroupe R1a aurait vécu dans les Balkans il y a avant de se propager dans toute l'Europe.
Une étude datée de 2012 révèle, d'après plusieurs analyses génétiques sur la population locale, 58% de la population serbe à un taux très élevé de Chromosomes Y datant de l'ère Paléolithique Balkanique.
Les Serbes seront très proche des Croates, Bosniaques et des Roumains et proche des peuples Paléo-balkanique, Daces et Thraces.
Selon une étude, le patrimoine génétique serbe est à 50-60% slave, le reste est constitué notamment par des indigènes paléo-balkaniques de l'Âge du fer..
L’origine des Serbes
L’origine même des Serbes n’est pas établie avec certitude. De nombreuses études ont été réalisées et tendent à montrer un foyer d'origine iranienne dont les Serbes et les Croates seraient issus, la pertinence de cette possibilité est amenée par la philologie, la vexillologie, le folklore, l'anthropologie, mais un manque de traces génétiques fait peser un doute sur cette théorie Common Origin of Croats, Serbs and Jats - Iran Chamber Society. La racine du nom « Srbi » n’est probablement pas issue des vieux dialectes slaves. Diverses théories ont vu le jour pour l’expliquer, s’appuyant sur les très rares documents écrits mentionnant la présence d’un peuple du Caucase, au tout début de l'ère catholique, appelé « Serboï » ou « Serbi ». La plupart de ces théories stipulent que ce peuple proto-serbe n’était pas de souche slave, mais d’origine caucasienne ou sarmate. Il aurait, par la suite, dominé certaines tribus slaves après une migration vers l’ouest, probablement en Transcarpathie. Mélangés aux Slaves de ces tribus, les proto-Serbes se seraient progressivement « assimilés », pour ne laisser que leur nom à leurs anciens sujets slaves.
Quoi qu’il en soit, ce qui est certain, c’est qu’entre le de notre ère, les Serbes quittèrent le foyer originel des Slaves pour s’établir en Lusace et en Moravie septentrionale, plus exactement entre l’Elbe et la Saale (Allemagne actuelle), dans une région appelée Serbie blanche (le blanc symbolise l’ouest chez les Slaves). Ils y restèrent jusqu’au , lorsque l’empereur byzantin Héraclius demanda l’aide des Slaves du nord, notamment des Serbes, pour refouler les Avars hors des territoires de l’Empire byzantin.
Néanmoins, des nouvelles découvertes sur l'origine Serbes, confirme un taux élevés de lignées Paléolithique balkanique.
Une partie des Serbes est, toutefois, restée en Serbie blanche où ils ont réussi à conserver jusqu'à nos jours, au sein de la communauté sorabe (), leur langue et leur culture, les Serbes blancs et les Serbes ne possèdent pas le même patrimoine génétique les Serbes blancs où les Sorabes aurait apporter avec eux 15,5% de patrimoine Slaves Haplogroupe R1a aux Serbes des Balkans lors des migrations barbares.
L’arrivée des Serbes dans les Balkans vignette|upright=1.4|(HYPOTHÈSE) Migrations des serbes entre l'an 50 et 1000 :
Le premier centre du peuplement serbe dans les Balkans fut une région que leur chef (dont on ne connaît pas le nom, mais que l'on appelle le Prince de Serbie blanche) négocia avec l'empereur d'Orient Héraclius en reconnaissance de leur importante contribution dans la défaite des Avars. Cette région se trouvait entre la rivière Vrbas à l'ouest et la vallée de la rivière Ibar à l'est, entre la Save au nord et la côte Adriatique au sud, entre les embouchures des rivières Cetina et Bojana.
Militairement mieux organisés que les tribus slaves de la première vague de migration, les Serbes dominèrent aussi des régions avoisinantes, notamment la Dioclée (qui prit plus tard le nom de Zeta, et encore bien plus tard Monténégro), la Bosnie, les régions côtières de Paganie (également dénommée Neretva) et Zachlumie (correspondant toutes deux, aujourd'hui, à une certaine partie de la Dalmatie) ainsi que la Travounie (approximativement le sud-ouest de l'actuelle Herzégovine).
Ultérieurement des échanges de populations eurent lieu : une partie des Serbes restés au nord vinrent rejoindre ceux déjà installés dans les Balkans, tandis que des Valaques de la région de la Morava partaient en Moravie septentrionale, dans la région qui devait s'appeler par la suite « Valachie morave » (ouest de l'actuelle République tchèque). La vallée de la rivière Morava fut ensuite la source même de l’expansion serbe dans la péninsule des Balkans.
Population thumb|Monument dédié aux victimes du camp de concentration de Jasenovac, qui faisait partie du génocide des Serbes commis par Ustaše La plupart des Serbes vivent dans l'État serbe central qu'est la Serbie ( d'habitants). Une large proportion de Serbes vit également au Monténégro, en Croatie (surtout dans l'entité qui, durant les années 1990, fit sécession et constitua la république serbe de Krajina, non reconnue internationalement) et la Bosnie-Herzégovine (principalement en république serbe de Bosnie, l'une des deux entités du pays). On trouve aussi des minorités bien moins importantes de Serbes en Macédoine, en Slovénie, en Roumanie, en Albanie, au Kosovo et en Hongrie. Beaucoup de Serbes vivent aussi au sein d'une diaspora, notamment en Allemagne, en Autriche, en Suisse, au Brésil, aux États-Unis, au Canada et en Australie.
La population urbaine la plus importante de Serbes dans les territoires de l'ex-Yougoslavie se trouve à Belgrade (environ ), Novi Sad (environ ), Niš () et, en Bosnie, Banja Luka (). À l'étranger, on pense que Vienne est le fief de la plus importante population serbe, suivie par Chicago (et ses alentours), avec Toronto et l'Ontario du sud arrivant en troisième place. Les Serbes constituent environ 82,86 % de la population de la Serbie, soit d'individus, et vivent dans les anciennes républiques yougoslaves, ce qui porte le total à environ neuf millions de Serbes sur tout le territoire de l'ancienne Yougoslavie. Le nombre de Serbes de la diaspora n'est pas connu avec exactitude, il se monterait à plus de cinq millions de personnes, sans inclure les personnes d'origine Serbe qui n'ont pas de pièce d'identité Serbe, donc qui n'ont pas la nationalité serbe. on parle de plus d'un demi million de Serbes vivant à Vienne et Chicago. Le nombre total de Serbes se situerait donc entre douze et treize millions de personnes The Serbian Diaspora and Youth: Cross-Border Ties and Opportunities for Development - Theodore E. Baird et Amanda Klekowski von Koppenfels, United Nations in Serbia . Serbs Around the World by Region - Web.archive.org ..
Serbes célèbres Les Serbes ont joué un rôle significatif dans le développement des arts et des sciences. Parmi les figures prééminentes, on trouve les scientifiques Nikola Tesla, Mihajlo Pupin, Jovan Cvijić, Milutin Milanković et Mileva Einstein ; des mathématiciens de renom tels que Jovan Karamata, Mihailo Petrović, Đuro Kurepa, le célèbre compositeur Goran Bregović ; des écrivains prestigieux comme Milorad Pavić, Ivo Andrić Prix Nobel de Littérature en 1961; des sportifs de haut niveau comme Monica Seles, Vlade Divac, Predrag Stojaković, Vladimir Radmanović, Bora Milutinović, Svetislav Pešić, Nemanja Vidić, Mateja Kežman, Siniša Mihajlović, Dejan Stanković, Dejan Bodiroga, Novak Djokovic, Ana Ivanović, Jelena Janković, Milorad Čavić, Radivoj Korać, Branislav Ivanović ; les réalisateurs Emir Kusturica, Goran Paskaljević ; les acteurs Milla Jovovich (de père serbe), Miki Manojlović, Lazar Ristovski, Rade Šerbedžija. De grandes agences de mannequinat ont fait de femmes Serbes leurs muses, à l'image de Svetlana Saric née Dimitric, Jovanka Šopalović, Aleksandra Kokotovic.
Au Moyen Âge, le souverain serbe Stefan Nemanja et son fils, saint Sava, ont fondé le monastère de Hilandar sur le mont Athos, l'un des plus vieux monuments du christianisme orthodoxe.
La mère du dernier empereur byzantin, Constantin XI Paléologue dit Dragasès, était la princesse serbe Hélène Dragaš (Jelena Dragaš), et il aimait se faire connaître par son nom serbe, Dragasès., la Princesse Hélène d'Anjou devenu Serbe