La gare de la Madeleine est un projet de gare ferroviaire qui aurait dû voir le jour à Paris dans les années 1830. Le promoteur de cette idée est le banquier Pereire. La gare devait s'insérer le long de la rue Tronchet, dans le quartier de la Madeleine, mais le projet dut être abandonné devant l'opposition des riverains.

Histoire

La genèse du projet Dans l'esprit du banquier Pereire, la gare de la Madeleine devait être le terminus de la ligne de Saint-Germain-en-Laye. Le quartier de la Madeleine lui semble idéal, étant donné qu'il est l'un des endroits les plus actifs de la capitale, dans la France du .

Émile Pereire envoie ainsi une note le au conseil municipal de Paris sur la gare à Paris : Pierre-Charles Laurent de Villedeuil, Œuvres de Émile et Isaac Pereire…, Série G, Tome 1, Paris, Alcan, 1920, p. 77..

Une description du parcours entre la place de l’Europe et la place de la Madeleine, rue Tronchet, est donnée dans le Journal des débats : Journal des débats du , , .. Voir également une brève dans le numéro du Ibidem, p. 3, ..

Le Journal de l'industriel et du capitaliste donne également une description : Journal de l'industriel et du capitaliste, Tome premier, p. 59 et suiv..

L'officialisation du projet

Un projet d'Antoine Rémy Polonceau est présenté le . Il vise à installer la gare en partie rue d'Anjou et en partie sur les emprises du boulevard Malesherbes alors en projetSéance du 25 juillet 1835 du Conseil général des ponts-et-chaussées, Registre des délibérations du Conseil à la date du , - AN F1091290..

Un second projet est présenté le . Il implique la création d'une succession de viaducs de six mètres de haut, qui auraient notamment traversé la place de l'Europe, la rue du Havre et enfin la rue Tronchet.

Lorsque le chemin de fer de Paris à Versailles (RD) est concédé en Bulletin des lois, février 1837, p. 143., le terminus est envisagé rue Tronchet : Pierre-Charles Laurent de Villedeuil, op. cit., p 104..

Le roi Louis-Philippe I donne son accord le et signe l'ordonnance permettant la création de la gareBulletin des lois, deuxième semestre de 1837, - Ordonnance du roi qui autorise la Compagnie du chemin de fer de Paris à Saint-Germain à établir la gare d'arrivée de ce chemin de fer dans Paris, entre la place de l'Europe et la rue Neuve des Mathurins, du 16 octobre 1837, sur gallica.bnf.fr. Consulté le 22 août 2013.

L'abandon du projet Néanmoins, Pereire renonce soudain à son projet, estimant que malgré l'accord du souverain, il lui faudrait désormais affronter une fronde du voisinage et des autorités municipales parisiennes. En effet, si le projet n'aurait pas empêché la circulation sur la chaussée, il ne fait pas de doute que cela aurait sensiblement modifié la physionomie du quartier et entraîné une dévaluation du prix des appartements des riverains dont certains étages se seraient trouvés enfumés.

Dans l'histoire du chemin de fer français, cet évènement est un jalon, car le banquier comprend que les gares sont destinées à devenir les branches d'un système de transport important, déversant des millions de voyageurs et que, de fait, il était difficile de les imbriquer dans des quartiers déjà construits. D'autre part, il assimile le fait qu'une gare peut nécessiter des aménagements, mais surtout des agrandissements, que le projet de la gare de la Madeleine n'aurait pas permis. En effet, sur les plans dressés, seulement deux quais auraient pu être construits, alors que les besoins tablaient sur quatre. Le projet n’est pourtant pas supprimé, mais déplacé, sur le site de la première gare Saint-Lazare, au milieu de terrains encore en friche et peu construitsClive Lamming, Paris au temps des gares, « La gare de la Madeleine, le projet avorté de Pereire », pages 58-59..

Notes et références

Bibliographie

Clive Lamming, Paris au temps des gares, Parigramme, 2011, 160 pages.

Articles connexes Liste des gares de Paris

Catégorie:Gare dans le 8e arrondissement de Paris Gare de la Madeleine