Le hassidisme H'abad ou de Loubavitch ( Hassidout Haba'd, Haba'd étant l'acronyme de Hokhma Bina Da'at, « sagesse, compréhension, savoir »Au sujet du hassidisme Haba"d sur Chabad.org) est l'une des branches principales du hassidisme contemporain.
Il est fondé au par le rabbin Shneur Zalman de Liozna, dit l’Alter Rebbe, qui tient sa cour à Liozna, puis déménage à Liadi, un village en Biélorussie.
Dovber Schneuri déplace le centre du mouvement à Lioubavitchi qui demeure le centre de Habad jusqu'à ce que, fuyant la guerre et le nazisme, Yossef Yitzchok Schneersohn, sixième rebbe du mouvement, établisse sa synagogue à New YorkAltein, R, Zaklikofsky, E, Jacobson, I: "Out of the Inferno: The Efforts That Led to the Rescue of Rabbi Yosef Yitzchak Schneersohn of Lubavitch from War Torn Europe in 1939–40", page 270. Merkos L'Inyonei Chinuch, 2002 .
Le hassidisme Habad acquiert sous l'impulsion de Menachem Mendel Schneerson, le septième et dernier rebbe de la dynastie, une importance sans précédent au sein du judaïsme orthodoxe : Habad développe des institutions dans environ 950 villes à travers le monde et, au début du , on estime le nombre de ces institutions à Gelbwasser, Michael, Sun Chronicle, 31 mars 2007Religion today by Emily Frederix, 6 décembre 2007 Associated Press. Réparties dans 75 paysDrake, Carolyn, National Geographic Magazine, février 2006, elles fournissent des activités de sensibilisation et d'éducation pour les Juifs dans les centres communautaires juifs, les synagogues, les écoles et les camps de vacances. En 2007, ont été répertoriés dans l'annuaire HabadLe répertoire des institutions Habad dans le monde.
Le septième rebbe introduit depuis son centre de Crown Heights de nombreux changements dans la politique sociale du mouvement et dans sa doctrine même. Il suscite une telle vénération parmi ses disciples que nombreux sont ceux qui voient en lui le Roi Messie, même après sa disparition, ce qui cause actuellement une certaine division au sein du mouvement.
Histoire de Loubavitch
Le mouvement naît à Liozna en Biélorussie, alors partie de l'Empire russe. Les racines de Habad remontent aux origines du judaïsme hassidique.
Rabbis de Loubavitch
Rabbi Shneur Zalman de Liadi 1745 - 1812, fils du Rabbi Boruch, élève de Dov Baer de Mezeritch et de Menachem Mendel de Vitebsk, est le fondateur de la branche Chabad du hassidisme. Il précise la direction de son mouvement et influence le hassidisme à travers son principal ouvrage le Tanya, qui est essentiellement mystique et dans la lignée du Zohar, ainsi que son travail sur la Loi juive le Shulchan Aruch HaRav. Il est reconnu comme poseq (autorité rabbinique en matière de Loi Juive), et est souvent cité dans d'autres travaux importants tel que le Mishnah Berurah et le Ben Ish Chai. Les noms « Schneersohn » et « Schneerson » sont utilisés comme patronymes par les descendants de Shneur Zalman. La première forme de ce nom est « Shneuri » (forme grammaticale hébraïque signifiant, qui est relatif à Shneur). Elle se transforme plus tard en « Schneersohn ».
Rabbi DovBer Schneuri (1773-1827), fils du rabbin Shneur Zalman. Connu comme le Mitteler Rebbe. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, qui visent à classer et rendre accessibles les occupations mystiques, en particulier les différents états de méditation dans la prière. Son magnum opus Sha'ar HaYichud explique le concept de l'unité de Dieu avec l'univers.
Rabbi Menachem Mendel le Tsemah Tzedek (1789-1866), petit-fils du rabbin Shneur Zalman, neveu et gendre de DovBer , connu pour ses responsa publiées sous le titre de Tsemah Tzedek . Il est un poseq hassidique majeur. Il édite et annote de nombreuses œuvres de l'Alter Rebbe, ainsi que ses propres œuvres mystiques. Il est politiquement actif dans la résistance à la Haskala en Russie, et à cette fin il s'allie avec le rabbin Yitzchok de Volozhin, un des leaders des mitnagdim.
Rabbi Shmouel Schneersohn (1834-1882), le plus jeune fils du rabbin Menachem Mendel, connu comme « le Rabbi Maharash ». Sa citation la plus célèbre est : « Lechatchila ariber » ne pas se soucier des obstacles, passer au-dessus d'eux. Il est politiquement actif dans la défense des intérêts juifs contre les éléments antisémites dans le gouvernement du tsarAnti-Semitism and the Russian Government ; extrait de Challenge.
Rabbi Sholom Dovber Schneersohn (1860-1920), fils de Shmouel, connu comme « le Rabbi Rashab ». Il fonde le réseau des yeshivot Tomchei Temimim et s'oppose au sionisme laïque et religieux. Ses longues dissertations sur la Hassidout (Ma'amarim) sont étudiées dans les écoles talmudiques Habad et sont essentielles pour une compréhension de la Hassidout.
Rabbi Yossef Yitzchok Schneersohn (1880-1950), fils unique de Sholom DovBer , connu comme le « Rabbi Rayatz » ou le « Frierdiker Rabbi » (yiddish : Précédent Rabbi). Il est le premier Rabbi de Loubavitch à visiter les États-Unis, il s'y installe plus tard. Suivant la tradition de ses prédécesseurs, il écrit des ma'amarim longs et complexes, mais également des ma'amarim de base pour les débutants. Il tient un journal dans lequel il enregistre les récits hassidiques qu'il entend. De nombreux extraits de ce journal sont publiés, et sont une importante source de connaissances à la fois sur l'histoire juive hassidique en général ainsi que sur l'histoire de Habad en particulier.
Rabbi Menachem Mendel Schneerson (1902-1994), descendant en ligne paternelle (sixième génération) de Menachem Mendel et gendre du Rabbi précédent, Yossef Yitzchok Schneersohn. Il réussit à élargir les rangs de Habad et la diffusion du judaïsme orthodoxe en général. Même après sa mort, il est vénéré comme le chef de file du mouvement Habad.
Branches hassidique Habad qui n'ont pas survécu
Au fil du temps, Habad se sépare en plusieurs dynastiesThe Messiah of Brooklyn: Understanding Lubavitch Hasidim Past and Present, M. Avrum Ehrlich, Introduction, KTAV Publishing, . Lorsque l'Alter Rebbe meurt, beaucoup de ses partisans suivent l'un de ses meilleurs élèves, le rabbin Aharon HaLevi de Strashelye. Il est le disciple le plus proche de Shneur Zalman depuis plus de trente ans. Alors que beaucoup d'autres sont devenus disciples du Mittler Rabbi, l'école de pensée hassidique Strashelye fait l'objet d'un grand nombre de discours du Mittler Rebbe.
À la quatrième génération du hassidisme Habad, les autres fils du Tsemah Tzedek se proclament Rebbes. Le rabbin Shmouel Schneerson, le plus jeune fils du Tsemah Tzedek, est celui qui le remplace selon le Testament de son père . Les autres frères se déplacent vers d'autres lieux et gèrent leurs propres cours hassidiques.
Les cinq fils sont, par ordre d'âge :
Le fils aîné, le rabbin Baruch Shalom qui ne se proclame pas Rabbi (son arrière-petit-fils est le dernier Rabbi de Loubavitch) Le deuxième fils, le rabbin Yehuda Leib Schneersohn (MahariL, acronyme de « Moreinu HaRav Yehouda Leib » ) devient le Kopuster Rabbi. Le troisième fils, le rabbin Yisrael Noach Schneerson de Nizhyn (Maharin), se proclame Rabbi d'une partie des Habad-Loubavitch. Le quatrième fils, Le rabbin Haim Shneur Zalman de Liadi, se proclame rabbi. Le cinquième fils du Tzedek Tsemah, le rabbin Yossef Its'hak Schneerson (à ne pas confondre avec Yossef Yitzchok Schneersohn qui sera le sixième Rabbi), ouvre aussi une cour hassidique qui n'a toutefois pas le style de Habad, mais plutôt celui des hassidim de Tchernobyl.
Ces mouvements se sont éteints.
Shneur Zalman de Liadi
Shneur Zalman de Liadi est le fondateur du hassidisme Habad. Sa formation est dans l'étude traditionnelle du Talmud plutôt que dans le hassidisme. Il est le plus jeune disciple de Rabbi Dovber de Mezeritch, le principal disciple et successeur du Baal Shem Tov, fondateur du hassidisme. Il est nommé rabbin de la ville de Liozna et plus tard de Liadi. L'Alter Rebbe devient non seulement le chef de son propre mouvement hassidique, mais une figure majeure dans le hassidisme en général grâce à ses écrits. Il est le premier à codifier la philosophie du hassidisme d'une manière globale et le premier Hassid à écrire un livre de Halakha. Il est le plus éminent représentant du hassidisme tout le long de sa vie, et son influence sur le mouvement est profonde. Il éloigne le mouvement de l'obscurantisme et le dirige vers des formes plus traditionnelles de l'étude. Habad change l'école de pensée du hassidisme, ce qui donne le prestige au mouvement Habad.
Il appuie le tsar contre Napoléon lors de l'invasion française de la Russie (1812)Should Napoleon be victorious...": Politics and Spirituality in Early Modern Jewish Messianism, Hillel Levine, Jerusalem Studies in Jewish Thought 16–17, 2001 affirmant que l'émancipation des Juifs entraînerait un relâchement dans le respect de la traditionNapoleon u-Tekufato, Mevorach, pp. 182–183. Il meurt en 1812, fuyant Napoléon, sans vraiment désigner de successeurLeadership in the Chabad movement, Avrum Erlich, Jason Aronson, 2000, .
Doctrine du hassidisme Habad selon l'Alter Rebbe
Contrairement au hassidisme à ses débuts, la philosophie Habad met l'accent sur l’intellect plutôt que sur les émotionsWeiner, Hebert, 9 1/2 Mystics ..
Le fondateur de la philosophie Habad, Shneur Zalman de Liadi, met au point un système intellectuel et une approche pour le judaïsme destinés à répondre aux critiques selon lesquelles le hassidisme est anti-intellectuelStroll, Avrum, ‘Encyclopedia Judaica’’, Seconde édition, Volume 18 pages 503–505 ..
Grâce à une approche basée en partie sur la mystique juive, la philosophie Habad prône une démarche méthodique pour approcher Dieu.
La philosophie Habad intègre les enseignements de la Kabbale comme un moyen de faire face à la vie quotidienne.
Elle enseigne que tous les aspects du monde n’existent que grâce à l'intervention de Dieu.
Grâce à une démarche intellectuelle, Habad enseigne que l'on peut parfaitement contrôler tous ses penchants.
Habad
Selon le Tanya, l'intellect se compose de trois processus interdépendants : Hohma (חכמה: sagesse), Bina (compréhension), et Daat (savoir).
Alors que la philosophie d'autres branches du hassidisme repose principalement sur l'idée que « Dieu désire le cœur », Shneur Zalman fait valoir que Dieu désire aussi l'esprit, et que sans l'esprit, le cœur est inutile. Avec la philosophie Habad, il élève l'esprit au-dessus du cœur, en faisant valoir que «... la compréhension est la mère de... la crainte et de l'amour de Dieu. De cela naissent des connaissances et une profonde contemplation de la grandeur de Dieu »Shneur Zalman de Liadi, Tanya, chapitre 13.
Selon le système de Shneur Zalman, la Hohma représente « la création dans sa première puissance, l'idée d'un monde fini comme il était lors de sa première création dans l'esprit divin. Binah est l'idée conçue dans ses moindres détails, le résultat de la contemplation. Daat est l'engagement à la création, le stade où l'idée devient une intention active »The Encyclopedia of Hasidism, entrée: Habad, Jonathan Sacks, pages. 161–164.
Donc, selon l'analogie Habad, Hohma est la naissance d'une idée dans l'esprit, Binah est la contemplation, et Daat est le début de l'actualisation de l’idée.
La philosophie Habad fait valoir que l'homme n'est ni statique ni passif et ne dépend pas des autres pour se connecter à Dieu.
Shneur Zalman rejette le concept faisant de la personne du Tsadik le point central de l'existence du hassid ; il plaide en faveur de la méritocratie où tout homme est capable de s’améliorer et tout Juif, à son avis, est capable de devenir un TsadikHasidism: The movement and its masters, Harry M. Rabinowicz, 1988, , Jason Aronson, London .