Rafael Masó i Valentí, né le à Gérone (Catalogne, Espagne) et mort le dans la même ville, est un architecte espagnol de Catalogne.
Résumé Rafael Masó naît à Gérone, au sein d’une famille conservatrice, catholique, catalaniste et cultivée. L’atmosphère érudite favorisée par l’intérêt que son père porte à la littérature et aux arts, ainsi que l’amour pour sa ville natale et ses traditions, marquent très tôt la personnalité et le parcours du futur architecte. Admirateur d’Antoni Gaudí, il fréquente pendant ses études à Barcelone un groupe d’artistes et d’écrivains qui, peu après, vont fonder un mouvement divergent du modernisme, le Noucentisme. L’attitude civique, le catalanisme et le caractère modernisateur et européiste que prône le Noucentisme amenèrent Masó à se distinguer également en qualité de poète, d’urbaniste, d’homme politique et de promoteur de l’art et de la littératureAragó Narcís-Jordi, Falgàs Jordi i Gil Rosa Maria, Casa Masó: vie et architecture noucentista, Gérone-Sant Lluís, Fondation Rafael Masó - Triangle Postals, 2012AADD. Rafael Masó i Valentí, Arquitecte (1880-1935). Catàleg de l'Exposició. Barcelona: Fundació La Caixa, 2006..
Masó habite la Casa Masó jusqu'en 1912, année où il épouse Esperança Bru. Il exercera toute sa vie à Gérone, raison pour laquelle la plupart de ses constructions se trouvent dans cette ville et ses alentours. À part des maisons, des villas et des immeubles d’appartements, il conçoit toutes sortes d’édifices, de l’établissement scolaire à l’hôpital en passant par l’usine et le magasin. Il aménage également fermes et bastides et restaure l’architecture médiévale. Ses œuvres les plus remarquables sont, à Gérone, la Farinera Teixidor (1910), la Casa Masó (1911) et le centre culturel Athenea (1912) ; la Casa Masramon à Olot (1913), la Casa Casas à Sant Feliu de Guíxols (1914) et la cité-jardin de S’Agaró (1923). Malheureusement, ses propositions ne plaisent pas toujours à ses clients et, assez fréquemment, restent à l’état de plans. De plus, après sa mort, plusieurs de ses œuvres seront démolies ou irrémédiablement modifiées.
Son œuvre se distingue par son identification totale avec les postulats noucentistes d’une modernité qui ne renonce pas au classicisme le plus austère, intégrant des formes, des couleurs et des matériaux de la culture locale, avec une présence prononcée des techniques artisanales. Très influencé par le mouvement Arts & Crafts anglais et la nouvelle architecture régionaliste allemande, Masó aspire à unir la tradition de l’architecture vernaculaire aux nouvelles idées qui se font jour sur la structure et l’ornementation des édifices, la décoration des intérieurs et la conception des meubles. Sa contribution sera décisive pour l’introduction en Catalogne de concepts modernes en matière de conception de logements, de réhabilitation de l’artisanat, de conservation du patrimoine historique et de promotion de la cultureFALGÀS, Jordi, Bienvenue à Casa Masó, Gérone, Fondation Rafael Masó 2012Bassegoda i Nonell, Joan. «L'arquitectura vienesa de Rafael Masó i Valentí». Girona a l'Abast [Girona], 14 de març de 1991, ..
Biographie Rafael Masó né dans la maison familiale, la casa Masó, où s’installeront ses parents, Rafael Masó-Pagès et Paula Valentí-Fuster, après leur mariage en 1877. La maison était la propriété de la famille Valentí.
Rafael Masó était le second d’une fratrie de 11 enfants. Santiago, Rafael, Artur, Joan, Francesc de Paula, Angela, Josep, Alfons, Narcís, Maria i Paula : ils sont élevés dans une famille conservatrice, catholique, catalaniste et cultivée, dans un environnement érudit favorisé par l’intérêt littéraire et artistique de son père, fondateur du Diario de Gerona, un milieu dans lequel travaillent plusieurs initiatives culturelles différentesTarrús Galter; Comadira, 2007, p. 14., étant rassemblées par le même amour de la ville et de ses traditions. Ces influences marquèrent la personnalité et trajectoire de l’architecteFalgàs Casanovas, 2012.. De plus, la profession de son père en tant que procureur des tribunaux, influencera les valeurs reçues par l’architecte, en particulier sa volonté d’intervenir dans la vie publique ainsi que sa grande religiosité.
Rafael Masó meurt à Gérone le . L’étude approfondie de son œuvre a été décisive pour la récupération du patrimoine architectural de la ville.
Scolarité et jeunesse Il effectue ses années lycées et passe son bac à l’école des Maristas de Gérone. Il reçut une éducation religieuse rigoureuse, dans le contexte d’une Gérone costumista, qui souffre encore des conséquences des guerres napoléoniennes, ce qui forgea son éducation marquée par les coutumes populaires, fait très bien reflété dans les poèmes de l’architecte. El meu carrer, Cançons d’infant, El pessebre dels infants o De la llar.
Lors de l’obtention de son bac en 1895, Masó réalisa une série de matières pour le cours d’architecture préparatoire : Développement de physique et chimie générale (1895-96), Analyse mathématique I et zoologie (1896-97), Analyse mathématique II, géométrie générale, minéralogie et botanique (1896-98), Géométrie analytique et géométrie descriptive (1898-99), Calcul différentiel et intégral, mécanique rationnelle (1899-1900). Il étudia aussi le dessin linéaire et de figures géométriques, dans lequel il réalisait des reproductions de fleurs et de détails architecturaux.
Lorsqu’il suivait le cours d’architecture préparatoire, à la suite de l’obtention de son baccalauréat, il entra en contact avec le groupe Joventut Catalanista et avec Congregación Mariana de los Jesuitas. Ces deux institutions marquèrent son style et son engagement envers sa nation. Au sein des sections spécialisées de ces institutions, comme le groupe d’Art et Lettres, Rafael Masó participa au travers de lecture de poèmes à la création de la revue Gerunda (1901), une revue scientifique, artistique et littéraire bimensuelle qui partagerait certaines idées avec La Renaixensa et La Veu de Catalunya , d’autres revues notables de cette époque. Aussi au travers de l’écriture d’articles, il collabora avec le Diario de Girona, la revue Enderroch (1902) et la revue Vida (1902-1903, avec la publication de textes dans 34 numéros). Ces revues sont consacrées à l’art et la littérature, ainsi qu’à divers autres sujets.
Alors qu’il n’était pas encore très engagé dans la politique, il s’est vu impliqué dans une altercation, et fut arrêté par les forces de l’ordre, de même que son frère Santiago Masó et Xavier Montsalvatge. En effet les trois hommes avaient défendu les résultats du Centre Catalaniste de Gérone aux élections générales de 1901, parti éphémère créé à partir d’idées nationalistesTarrús Galter; Comadira, 2007, p. 15..
Études d'architecture à Barcelone Rafael Masó commence ses études d’architecture à Barcelone en 1900. Six ans plus tard, en 1906, il retourne dans sa ville natale avec un diplôme d’architecte, obtenu au sein de la même promotion que ses camarades : Josep Maria Pericas et Josep Maria Jujol. Avec eux, il partage une admiration pour Antoní Gaudí. A Barcelone, avec d’autres artistes, écrivains et intellectuels de la ville, il fait évoluer le mouvement du Modernisme vers une alternative, qui aboutira au Noucentisme.
En , Masó déménage à Barcelone et s’inscrit à l’école d’architecture. Les méthodes d’enseignement comportaient des liens avec le rationalisme français, et se concentraient beaucoup sur l’étude, la connaissance et l’application technique du dessin. Dans les projets qu’il réalisa durant ses études, on peut noter l’affirmation de sa personnalité ainsi que son admiration pour Antoní Gaudí, aspect qui provoquera une rupture avec les enseignements reçus au sein de l’école d’architecture.
Sa thèse de fin d’études, consacrée à l’élaboration d’une Chambre de Commerce, provoqua une grande polémique au sein du corps enseignant, Masó ayant déjà présenté un projet avec des éléments n’étant point en harmonie avec l’école d’architecture. Cela est dû au fait que Masó se forma culturellement et artistiquement en dehors des salles de classe.
Masó considérait Gaudí comme l’une des expressions artistiques les plus fortes des idéaux du groupe auquel il appartenait, soit la Liga Espiritual de la Mare de Déu de Monserrat. Ce groupe, fondé par Josep Torras i Bages, mettait en avant des idéaux basés sur la religion et le catalanisme. De plus, durant ses études à Barcelone, Masó était catéchiste à la basilique de la Sagrada Familia, au moment de sa construction.
Au cours de ses études d’architecture, il rencontre Josep Maria Pericas, avec qui il sera ami toute sa vie ; ils sont tous les deux engagés dans la Liga Espiritual de Mare de Déu de Montserrat ainsi que dans la Congrégation Mariana.
Masó entrera également en contact avec l’Académie de la langue Catalane, liée à Torras i Bages. Il se lie aussi avec un groupe de jeunes intellectuels, appelés les cal-ligeneics (la belle génération), qui seront le noyau fondateur du mouvement du Noucentisme : Josep Carner, Guerau de Liost, Emili Vallès, Joan Alzina-Mélis, Francesc Sitjà-Pineda, et Josep Maria López-Picó. Durant son séjour à Barcelone, Masó n’abandonne pas ses activités du centre culturel de Gérone, au contraire il motive ses collègues à collaborer.
Lorsqu’il était à Barcelone, Masó collabora avec les revues Montserrat et Vida. Grâce à la revue Vida, il souhaite dynamiser la vie urbaine, au travers d’une critique décadentiste d’une « Gérone morte », image que Masó illustre dans ses poèmes, avec le soutien de Josep Carner.
L’attitude civique, le catalanisme, ainsi que le caractère modernisateur et européiste que le Noucentisme défend, feront en sorte que Rafael Masó se distinguera également comme poète, urbaniste, homme politique et promoteur de l’art et de l’architecture.
Activité professionnelle Dès qu’il obtient son diplôme d’architecte, Masó revient à Gérone avec la volonté d’agir pour l’architecture de la ville, conscient des limites urbaines déjà présentes. Dans ce projet de transformation, il mélange à la fois sa vie personnelle, mais aussi sentimentale, et professionnelle, qui pour lui sont indissociables.
Les difficultés auxquelles se heurte l’architecte au cours de son projet de transformation, seront la cause d’une relation d’amour et de haine avec sa ville natale.
Le véritable art, il le trouvera dans son opinion sur la vie traditionnelle, familiale et culturelle, éléments que lui avait déjà offerts la ville de Gérone.
Son activité en tant qu’architecte vécu de plein fouet la crise du mouvement du Modernisme, il essaya donc de se détacher de ce style grâce au courent poétique du néopopulisme ainsi qu’aux expériences avant-gardistes de l’architecture européenne.
Il s’intéresse de près à la domestique anglaise de Charles Voysey et à la Sécession viennoise représentée par Josef Hoffmann et Joseph Maria Olbrich. Ces intérêts et relations il les cultive à travers ses lectures de revues et contacts européens. Avec cette connaissance et expérience, Rafael Masó est devenu l’auteur du changement de goût artistique général pour le mouvement du Noucentisme qui rencontra un franc succès à Gérone.
Le travail de Masó est influencé par les contributions d’architectes modernes comme Domènech-Montaner, Gaudí, Puig i Cadafalch.
L’architecture de Masó se divise en trois périodes Tarrús Galter; Comadira, 2007.: