Montgon est une commune française, située dans le département des Ardennes en région Grand Est.
Géographie Localisation Montgon est à la limite de l'Argonne ardennaise, de la Champagne, et des Crêtes préardennaises. La vallée de Mongon est appelée aussi «vallée des écluses», avec 26 écluses sur le canal des Ardennes pour rattraper la différence d'altitude entre Semuy, à sur la vallée de l'Aisne, et Le Chesne à .
vignette|center|300px|Situation de Montgon.
Communes limitrophes
Hydrographie La commune est traversée par la ligne de partage des eaux entre les bassins hydrographiques Rhin-Meuse et Seine-Normandie. Elle est drainée par le canal des Ardennes (versant Aisne), le ruisseau de Longwé, le ruisseau des Craquinettes et divers autres petits cours d'eau..
Le canal des Ardennes (versant Aisne), d'une longueur de , est un chenal et un cours d'eau naturel navigable qui a son origine dans la commune de Dom-le-Mesnil et se jette dans le canal latéral à l'Aisne à Vieux-lès-Asfeld, après avoir traversé . Elle traverse la commune d'est en ouest sur une longueur d'environ .
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Montgon. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : le plan d'eau de dessous Montardré ()..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (). Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saulces-Champenoises à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Montgon est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Vouziers, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (81,9 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (81,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (63,5 %), terres arables (18,4 %), forêts (18,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom est écrit Mongon au , puis devient Montgon deux siècles plus tard.
Histoire
Le Moyen Âge Même si à l'époque gallo-romaine des voies de circulation traversent ce territoire, avec la voie de Reims à Trèves au sud, et une autre voie vers Lametz rejoignant cette route, les traces écrites sur cette localité n'apparaissent qu'au , et aucun autre vestige n'a été mis au jour. Il faut attendre le pour voir apparaître une famille féodale portant le nom de ce lieu. Ainsi, en 1229, c'est Aubry de Montgon qui rend foi et hommage à Hugues III de Rethel.
Dans le pouillé de 1346, compte rendu que fait l'archevêque de ses visites aux paroisses « attachées à sa crosse », il est cité un presbytère pour Montgon et VoncqArchives départementales de la Marne Tome II Partie 2 page 1113. Est-ce à dire qu'il n'y avait pas de prêtre auparavant à Montgon et que cette paroisse était desservie par le curé de Voncq ou du Chesne ? Ce n'est pas totalement impossible, du reste au les registres de baptême et de décès de a paroisse sont signés par le curé des Alleux, autre village voisin. Les descendants de Louis IX de France, mort en 1270 au siège de Tunis lors de la dernière Croisade, réunissent dans leur main quasiment toute la France d'aujourd'hui à l'exclusion de l'Aquitaine et de l'Anjou et du Maine. La Champagne demeure en paix, enrichie par l'essor des foires internationales organisées par les comtes de Champagne, à Provins par exemple, et qui permettent de faire circuler marchandises et capitaux de l'Europe du Nord à l'Europe du Sud en passant par le Rhône. Les monastères et abbayes fleurissent porté par l'élan missionnaire des ordres religieux. Ainsi à Montgon s'installe une petite abbaye, l'abbaye de Longwé, sur la rive gauche du ruisseau de même nom, dans une vallée encaissée, avec une ferme sur la rive droite et un moulin en aval. L'endroit est entre le Bois des Moindes et le Bois de Longwé. A l'est, sur des élévations, sont construites les fermes de Monthardré et de L'Orphane.
En 1348, « Marguerite, dame de Montgon en partie, femme de Jacques de Sery, chevalier, tient en fief et hommage la maison et terre de Montgon, ensemble les fossez de lonc et large, ainsi comme elle se comporte.».
Ensuite, durant un siècle, dans la deuxième partie du et la première partie du , le royaume de France est empêtré dans la guerre de Cent Ans, le conflit se calmant à partir de 1453 et se terminant formellement en 1474 par le traité de Picquigny. Une nouvelle famille apparaît comme prédominante, les d'Eslaires, qui prend son nom du fief d'Elaire ou des Laires, à l'est de Montgon, au nord du lieu-dit Décharge-Faux.
En 1472, la seigneurie de Montgon appartient à Jeannot d'EslairesProcès-verbal de la noblesse de Champagne par Caumartin 1669. Ses deux fils se partagent la seigneurie. Voilà ce que nous disent leurs enfants qui sont donc cousins, Jean et Nicolas :
On comprend que Nicolas est le seigneur féodal de Montgon, celui qui doit hommage au comte de Rethel. Jean, son cousin, lui doit aveu et hommage. Jean indique que son fief a été acheté à Antoine de Bohan, seigneur de Voncq, fief qui à l'époque du partage, est inclus dans le ban de Montgon. La description du fief de Jean correspond à une maison-forte, château d'Eslaires, berceau de la famille d'Elaire :
La Renaissance et l'époque moderne
Le château de Melime est construit par un descendant d'Eslaires, au . Il possède alors une grande partie de son logis principal actuel, et, en particulier la tour carrée qui contient l'escalier à l'arrière. Il est flanqué de tours rondes. Il est possible qu'il ait eu un rôle défensif, comme d'autres constructions, telles que le château de la Cour des Prés, établies dans la région pour ralentir la progression éventuelle d'un ennemi venant du Saint-Empire romain germaniqueHenri Manceau - Le Château de la Cour des Prés - Revue L'Automobiliste Ardennais - 1954. Dans la deuxième moitié du , grâce à une surveillance renforcée de la Meuse et de la SemoyMichel Desbrière - Chronique critique des lignes de défense de la Champagne septentrionale 1644-1748 - Éditions Terres Ardennaises - 2003, la région est progressivement épargnée par les incursions ennemies et la situation interne du royaume se stabilise, après les guerres de religion et la période troublée de la Fronde. Le château de Mélimé a dès lors une vocation plus résidentielle, avec des ouvertures plus larges. Il est acquis en 1551 par Philippê d'Estivaux, puis par le mariage d'une de ses petites-filles, passe à la famille de Pouilly.
Léonard, président en l'élection de Reims, issu d'une famille de magistrats remoise anoblie par Louis XIV, épousa Marie-Charlotte d'Eslaires, Dame de Montgon, habitant au fief d'Eslaires à Girondelle en 1698. Dans la première partie du , le château de Mélimé est vendu aux Durey de Noinville. De même, dans les années 1780, soit la décennie qui précède la Révolution française, le château et le fief d'Eslaire à Girondel sont vendus par Adam-Rémy Regnault de Montgon, au comte de Noinville. Adam Remi Regnault de Montgon, est officier d'infanterie. Il est le petit fils de Léonard Regnault et de Marie-Charlotte d'eslaires. Par lettres patentes de Louis XVI sont érigées en effet en un comté de Noinville, sur les terres de Mélimé, Montgon et Neuville, au bénéfice des Durey de Noinville. Avec les événements révolutionnaires, ce comté, dont le siège est à Montgon, dure peu de temps et laisse peu de souvenirs dans la région. Le comte de Noinville figure aux assemblées de la noblesse en 1789, puis émigre en 1791. Il commande la cavalerie noble de l'armée de Condé, est fait lieutenant-général en 1814, et est de retour, mais à Paris, avec la Restauration, y meurt le .
Le château d'Eslaire devient progressivement une ferme, la ferme de Girondelle. Le corps de logis principal est détruit lors de la Première Guerre mondiale. Le corps de logis actuel date de la Seconde Guerre mondiale.
En 1792, des détachements de troupes françaises républicaines logent dans le château de Mélimé, à deux reprises. Le baron de Wacquant achète le domaine sous le Premier Empire, et fait restaurer ce château en 1830. Il est vendu à nouveau en 1869, puis dans les années 1920. Un incendie le dévaste en 2013.
Le village est bombardé par les Allemands après sa libération le . Il est de nouveau bombardé en 1940, lors de la bataille de France, et sa modeste église du est dévastée, de façon irréparable. Une église est reconstruite de 1956 à 1959, et inaugurée le , avec des verrières remarquables. Le château de Melime a brûlé en 2015.
Politique et administration Administration municipale Élections de 2026 Depuis la loi du 21 mai 2025, le conseil municipal de Montgon, commune de moins de , est élu au scrutin de liste proportionnel à deux tours avec prime majoritaire, comme l'ensemble des autres communes. sièges sont à pourvoir au conseil municipal.