Les Blues de Saint-Louis (St Louis Blues) sont une équipe professionnelle de la Ligue nationale de hockey située à Saint-Louis dans le Missouri aux États-Unis.

Histoire de la franchise

Les débuts (1967-1970) Les Blues furent l'une des six équipes ajoutées à la LNH lors de l'expansion de 1967, avec les North Stars du Minnesota, les Kings de Los Angeles, les Flyers de Philadelphie, les Penguins de Pittsburgh et les Seals de la Californie, la ligue voyait alors par ses ajouts son nombre d'équipes doublé.

Saint-Louis fut la dernière des équipes d'expansion à entrer officiellement dans la ligue. Ils ont été choisis devant la ville de Baltimore sur l'insistance des Black Hawks de Chicago (propriété de l'influente famille Wirtz de Chicago), qui voulaient laisser la vétuste St. Louis Arena, qu'ils possédaient également, à une nouvelle franchise. Les premiers propriétaires de l'équipe étaient les hommes d'affaires Sid Salomon Jr, son fils Salomon III et Robert L. Wolfson qui se sont vu accorder la franchise en 1966. Sid Salomon III réussit à convaincre son père, d'abord réticent, de faire une offre pour l'équipe. Salomon dépense alors plusieurs millions de dollars pour améliorer l'aréna de Saint-Louis âgé de 38 ans, celle-ci n'était plus aux normes de la LNH depuis les années 1940. Le soir d'inauguration, l'arène comptait places, soit de plus qu'au début de l'année 1967. Elle n'a jamais cessé d'être restaurée, et atteignait presque places lorsque les Blues l'ont quittée en 1994.

Les Blues, entraînés au début par Lynn Patrick et ensuite par Scotty Bowman, se sont révélés de classe dans la faible division Ouest. La formule des séries garantissait alors à une équipe d'expansion de faire partie de la finale de la Coupe Stanley, ainsi les Blues ont joué la finale à chacune de leurs trois premières saisons, mais ne remportèrent aucune partie au cours de ces trois séries, perdant face aux Canadiens de Montréal en 1968 et 1969 et aux Bruins de Boston en 1970.

Parmi les premiers joueurs dominants des Blues figurait Doug Harvey, Don McKenney et Dickie Moore. Le tandem de gardiens vétérans Glenn Hall et Jacques Plante prouvent leur endurance en remportant le trophée Vézina en 1969, derrière une défense comptant l'attaquant défensif Jim Roberts ainsi que les frères Bob et Barclay Plager à la ligne bleue. En provenance des Rangers de New York, Gordon Berenson devient la première étoile des Blues au centre. Phil Goyette, autre ancien des Rangers remporta à Saint-Louis le trophée Lady Byng en 1970. Dès leurs débuts, les Blues virent leur aréna remplie à pleine capacité, et celle-ci est devenue un des bâtiments les plus bruyants de la LNH. De plus, la liste d'attente pour les billets de saison a plus tard rivalisé avec celle des Packers de Green Bay de la Ligue nationale de football.

Les difficultés des Blues (1970-1977) Les années 1970 furent moins bonnes pour les Blues. Le déséquilibre des divisions a mené la ligue à transférer les Black Hawks de Chicago dans la division Ouest en 1970-1971 afin d'avoir sept équipes dans chacune des divisions. La ligue introduit également un format de séries qui eut pour conséquence d'exclure les équipes d'expansion des trois finales suivantes.

En 1971, après une dispute avec Sid Salomon III qui a commencé à tenir un rôle plus important dans l'équipe, l'entraîneur Scotty Bowman quitte pour les Canadiens de Montréal. Les vétérans tels Hall, Plante et Goyette prirent leur retraite ou furent échangés, tout comme Berenson, qui passa aux mains des Red Wings de Détroit en retour de Garry Unger. Au cours de son séjour avec les Blues, Unger marqua trente buts ou plus au cours de huit saisons consécutives et battit le record de la LNH du plus grand nombre de parties consécutives jouées. Cependant, outre Unger et les frères Plager en défensive, l'équipe manquait de profondeur, et la division Ouest est bientôt dominée par les Black Hawks et les Flyers de Philadelphie. Saint-Louis rate les séries éliminatoires pour la première fois en 1974.

Un nouveau réalignement des divisions place l'équipe dans la division Smythe l'année suivante et l'équipe connait par la suite des bonnes saisons avec l'attaquant Chuck Lefley ainsi que le retour de Berenson, mais la division Smythe étant dans l'ensemble si faible qu'elle devient synonyme de médiocrité – les Blues ont gagné le titre de la division en 1977 alors qu'ils ont terminé avec 5 parties sous la barre des 50 % – et Saint-Louis manque les séries lors de deux saisons suivantes.

Au cours de cette période, la franchise connait de sérieux problèmes financièrement. Ceci étant en partie dû aux pressions de l'Association mondiale de hockey, mais principalement aux décisions financières prises par les Salomon lorsqu'ils ont obtenu la franchise. Les contrats différés sont arrivés à échéance au moment où les performances des Blues commencèrent à fléchir. Les Salomon songèrent sérieusement à la faillite et afin d'éviter ceci, ils effectuèrent des coupures majeures au sein du personnel de l'équipe, réduisant celui-ci à seulement trois employés. L'un de ces employés fut Emile Francis, qui servit de président, de directeur général ainsi que d'entraîneur pour l'organisation. De plus, Francis était appelé occasionnellement pour entretenir l'aréna.

L’ère Purina (1977-1986) En 1977, les Salomon trouvèrent finalement un acheteur pour les Blues en la personne du géant de la nourriture pour animaux Ralston Purina qui renomma l'Arena en « Checkerdome ». Robert L. Wolfson aida à monter le transfert pour Purina, ce qui permit de garder les Blues à Saint-Louis.

Après avoir connu une saison de seulement 18 victoires, ce qui constitue toujours la pire saison dans l'histoire de la franchise, les Blues se qualifient pour les séries en 1980, la première de 25 participations consécutives. En 1981, l'équipe termine deuxième de la ligue au cours de la saison régulière, avec Berenson devenu l'entraîneur de l'équipe et les jeunes prometteurs, notamment le marqueur de 54 buts Wayne Babych, le futur membre du Temple de la renommée Bernie Federko qui mènera l'équipe pour les buts, l'inspirant capitaine Brian Sutter et le gardien de but Mike Liut. Les Blues n'eurent pas la même chance lors des séries éliminatoires, s'inclinant au bout de six parties face aux Rangers de New York lors de la deuxième ronde.

Les Blues ont glissé silencieusement sous la barre des 50 % de victoire, mais ils ont quand même participé aux séries en 1982 et 1983. Purina perdit environ 1,8 million de dollars par année pendant sa possession des Blues, mais il a pris les pertes avec philosophie, ayant repris le club pour des raisons de responsabilité civique.

En 1983, le président de toujours de la compagnie Purina, R. Hal Dean, prit sa retraite. Son successeur voulut se recentrer sur les activités de nourriture pour animaux, et n'était pas intéressé par le hockey, il mit alors les Blues en vente. La compagnie abandonna dès lors l'équipe et insoucieuse de l'avenir du club, il n'envoya aucun représentant de l'équipe à l'occasion du repêchage de 1983, les blues furent alors dépossédé de tout leur choix de repêchage. Purina trouva finalement un acheteur, soit un groupe d'investisseurs menés par le fondateur de l'Association mondiale de hockey et des Oilers d'Edmonton, Bill Hunter. Ce dernier a alors fait des projets pour déménager l'équipe à Saskatoon, dans la province canadienne de la Saskatchewan. Cependant, la LNH ne voulant pas perdre un marché aussi grand que Saint-Louis refusa le transfère. Hunter fit alors fermer le Checkerdome et livra l'équipe à la ligue. L'équipe était destinée à la dissolution en juillet quand Harry Ornest, un homme d'affaires basé à Los Angeles est arrivé pour sauver la franchise au dernier moment. Dès l'acquisition de l'équipe et de leur aréna, Ornest reprit le nom de St. Louis Arena afin de faire oublier la mésaventure Purina.

Bien qu'ayant un budget serré, l'équipe sut rebondir presque instantanément. Doug Gilmour, qui fut repêché par Saint-Louis en 1982, émerge alors comme étant un joueur vedette. Bien que l'équipe resta compétitive, les Blues étaient incapables de garder tous leurs jeunes joueurs. Plusieurs jeunes joueurs issus de l'organisation des Blues rejoignirent les rangs des Flames de Calgary, grâce au directeur-général des Flames, Al MacNeil. En fait, plusieurs jeunes étoiles des Blues, telles que Rob Ramage et Gilmour, étaient les rouages principaux des Flames en 1989 quand ceux-ci remportèrent la coupe Stanley. À Saint-Louis, Sutter et Federko étaient probablement les seuls intouchables. En 1986, ils atteignirent la demi-finale de la ligue contre les Flames. Le but en prolongation de Doug Wickenheiser dans la pour couronner une remontée furieuse reste un des plus grands moments dans l'histoire de l'équipe, Saint-Louis s'inclina cependant lors de la septième partie par la marque de deux à un. Au terme de cette saison, Ornest vendit l'équipe à un groupe mené par l'homme d'affaires de Saint-Louis Michael Shanahan.

En route vers le nouvel arena (1987-1996)

Les Blues restèrent une équipe compétitive à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Le directeur-général Ron Caron, l'un des plus astucieux de la ligue, fit l'acquisition de joueur dominant tel Brett Hull, Adam Oates, Curtis Joseph, Brendan Shanahan et Al MacInnis. Bien qu'ils furent un concurrent sérieux pendant cette période, les Blues n'ont atteint la finale de conférence qu'une seule fois, soit en 1986. Les succès de l'équipe furent toutefois suffisants pour qu'un consortium de 19 compagnies achète l'équipe. Ils ont aussi fourni le capital pour construire le Kiel Center, aujourd'hui connu sous le nom de Enterprise Center, qui a ouvert en 1995.

Fils du célèbre « Golden Jet » Bobby Hull, le « Golden Brett » est resté une des plus grandes vedettes de la ligue et un sensationnel marqueur, récoltant 86 buts en 1990-1991 – troisième derrière seulement Wayne Gretzky (qui a brièvement joué avec les Blues de Saint-Louis en 1996) dans l'histoire de la LNH au chapitre des buts inscrits en une saison. Gretzky a récolté 92 buts en 1981-1982 et 87 buts en 1982-1983. Seule la merveille a trouvé le filet plus souvent que Hull sur trois saisons données. Les Blues étaient la seconde meilleure équipe dans la saison régulière en 1990-1991, mais la défaite en deuxième ronde face aux North Stars du Minnesota fut révélatrice de leurs difficultés en séries, qui ont continué tout au long de la décennie, conduisant à l'embauche d'un nouvel entraîneur, Mike Keenan.

Du Trophée des présidents au bas du classement (1997-2006) « Iron Mike » Keenan est engagé comme directeur-général et entraîneur-chef avant la saison 1994-1995, celle-ci fut écourté en raison d'une grève. Keenan était présenté comme « l'entraîneur des séries » qui pouvait résoudre les problèmes des Blues en séries éliminatoires. Dès son arrivée avec l'équipe, il institua des changements majeurs, dont des échanges qui envoyèrent les joueurs favoris des partisans Brendan Shanahan et Curtis Joseph sous d'autres cieux, il fit également l'acquisition du légendaire mais vieillissant Wayne Gretzky qui ne joua que quelques rencontres pour le club, ainsi que le gardien Grant Fuhr, les deux joueurs provenant de l'effondrement des Kings de Los Angeles. En dépit de tout ce qu'il était censé accomplir, ses séries avec Saint-Louis se résument à une élimination au premier tour en 1995 et une au deuxième en 1996. Ni les partisans ni les propriétaires de l'équipe n'aimaient Keenan ou ce qu'il faisait, et il a été renvoyé le . Caron fut alors réintégré comme directeur-général provisoire pour le reste de la saison puis, le , les Blues embauchèrent à ce poste Larry Pleau. Mais cela n'a pas empêché le joueur étoile Brett Hull, qui avait enduré une dispute interminable avec Keenan, de partir pour les Stars de Dallas en 1999, avec qui il remporte la coupe Stanley l'année suivante.