Frédérick Bousquet, né le à Perpignan, est un nageur français dont la carrière est essentiellement associée aux années 2000, spécialiste des épreuves de sprint en nage libre et en papillon. Il détenait jusqu'en le record du monde du 50 m nage libre en grand bassin en 20,94 secondes, premier temps de l'histoire sous les 21 secondes, réalisé en . Vice-champion olympique en 2008, il possède l'un des plus grands palmarès de la natation française et européenne.

Biographie Carrière sportive Ancien nageur du CS Clichy 92, Frédérick Bousquet a été ensuite licencié au Cercle des nageurs de Marseille, bien qu'il s'entraînait la majeure partie du temps aux États-Unis, à Auburn (Alabama), où il a suivi une partie de ses études à partir de 2003 Profil de Frédérick Bousquet, sur auburntigers.cstv.com. Consulté le 26 juillet 2009.. Il y représentait le club de l'Université d'Auburn, les Tigers.

Enfance Enfant, Frédérick Bousquet était passionné de football. « Gamin, je passais mon temps la balle au pied. Je voulais devenir footballeur. Chez moi, y avait des ballons partout. Je dormais même avec ! Mais entre 12 et 13 ans, j’ai fait une poussée de croissance, mes os n’ont pas suivi : dès que je me prenais un coup, ça faisait une fracture. Au bout d’une année dans le plâtre, les médecins m’ont interdit le foot. J’étais en pleurs. Comme sport, ils m’ont laissé le choix entre la danse – inconcevable – et la natation. Je n’aimais pas trop le contact avec l’eau, mais je gagnais les courses. C’est le goût de la victoire qui m’a donné celui de nager », confie-t-il au mensuel Phosphore Interview donnée à David Groison, dans le numéro de novembre 2010 de Phosphore. Consulté le 19 octobre 2010..

1995-1999 : premiers pas dans la natation Originaire de Perpignan, Frédérick Bousquet commence à nager sur le tard. En effet, c'est à partir de 14 ans qu'il signe sa première licence au club de Canet 66 natation. Jeune nageur puissant, Bousquet se spécialise peu à peu dans les épreuves de sprint nage libre.

Après quatre ans de progression à Canet-en-Roussillon, Bousquet décide de quitter les Pyrénées-Orientales pour les Alpes-Maritimes en signant au Cercle des nageurs d'Antibes, un club réputé qui entraine notamment le papillonneur médaillé olympique de Barcelone Franck Esposito.

2000 : première médaille européenne et première expérience olympique En , peu avant les Jeux olympiques de Sydney (Australie), il participe à sa première compétition avec l'équipe de France A lors des Championnats d'Europe durant lesquels il remporte sa première médaille européenne avec le relais nage libre accompagné de Romain Barnier, Nicolas Kintz et Hugo Viart. Il bat aussi durant ces championnats son record personnel sur 100 mètres nage libre (50 s 43 en séries) bien qu'il ne passe pas les demi-finales.

Il participe un mois plus tard à ses premiers Jeux olympiques en tant que membre du relais mètres nage libre français. Qualifié en finale, le relais termine à la qui est aussi celle du relais quatre nages.

2001-2002 : Années de transition et départ vers Auburn Durant les deux années qui suivirent, Bousquet nage peu et ne progresse pas sur le plan chronométrique bien que faisant toujours partie des meilleurs sprinters français comme l'attestent ses places d'honneurs durant les Championnats de France de natation 2001 et 2002.

Frédérick part à l'été 2002 à Auburn aux États-Unis, pour s’entraîner au sein de l’équipe universitaire des Tigers, comprenant une soixantaine de nageurs dont certains de niveau mondial. Il y prépare un bachelor en Business International. Aux États-Unis, il découvre un engouement pour le sport universitaire qui demeurait encore alors étranger à la France et des installations de haut niveau qui lui permettront à terme de progresser. Il décide aussi de changer de licence en France en quittant Antibes pour le CS Clichy 92.

2003 : triple couronne aux championnats de France et performance exceptionnelle aux mondiaux L'année 2003 est l'année de sa révélation tant sur le plan national qu'international. Aux Championnats de France de Saint-Étienne, il remporte en effet trois titres individuels dont le doublé 50-100 mètres nage libre en battant ses records personnels sur les deux distances (22 s 56 sur 50 mètres et 49 s 27 sur 100 mètres).

De même, il se distingue lors des Championnats du monde de Barcelone (Espagne), en finale du relais mètres nage libre, lorsqu'il prend le dernier relais, le quatuor français composé outre Bousquet de Romain Barnier, Fabien Gilot et Julien Sicot est alors septième à près d'une seconde et demie du podium. Bousquet parvient à ramener son équipe sur le podium grâce à un aller-retour nagé en 47 s 03 Résultats de la finale du relais nage libre des Championnats du monde 2003, sur omegatiming.com. Consulté le 26 juillet 2009., un temps qui constitue alors le deuxième chrono de l'histoire sur un 100 mètres lancé (en 2001, Pieter van den Hoogenband a réalisé 47 s 02 secondes lors des Mondiaux de Fukuoka Phillip Whitten, « WORLD CHAMPIONSHIPS PREVIEW for July 25 », sur swimmingworldmagazine.com, 24 juillet 2001. Consulté le 26 juillet 2009.). Une performance qui le place parmi les principaux outsiders du 100 mètres nage libre qui a lieu deux jours plus tard. Bousquet passe les séries et demi-finales et se qualifie sans réel accroc pour la finale avec le . Cependant très attendu le lendemain en finale, il subit trop la pression et ne parvient pas à confirmer les espoirs entrevus lors du relais en terminant en 49 s 30 loin de celui qui fut son idole de jeunesse Alexander Popov vainqueur en 48 s 42. Engagé sur 50 mètres nage libre en fin de compétition, il ne parvient pas à passer les demi-finales malgré un nouveau record personnel en 22 s 47.

2004 : la confirmation L'année 2004 commence bien puisqu'il bat le premier record du monde de sa carrière lors des Championnats NCAA. Sur 50 m nage libre en petit bassin, il réalise en effet un temps de 21 s 10 secondes, trois centièmes de secondes de mieux que l'ancien temps de référence du Britannique Mark Foster. Pourtant, lors des Jeux olympiques d'été de 2004, il est éliminé en demi-finale du 100 m nage libre, réalisant le dixième temps à 4 centièmes du huitième temps qualificatif pour la finale. Il s'empare malgré tout à cette occasion du record de France détenu par Stéphan Caron depuis 1991. Le relais nage libre français atteint la finale mais ne réédite pas sa performance des Mondiaux 2003. Le quatuor termine en effet septième et Bousquet, dernier relayeur, est à plus d'une seconde de son meilleur temps sur l'exercice. La fin de l'année est bien meilleure pour le nageur puisqu'il obtient ses deux premiers titres internationaux lors des Championnats d'Europe en petit bassin, sur 100 m et avec le relais . De même, quelques mois plus tard, lors des Championnats NCAA, il devient le premier nageur à passer sous les 19 secondes sur 50 yards nage libre.

2006 : année sans titre En 2006, il connaît plusieurs déconvenues lors des Championnats d'Europe de Budapest en Hongrie. Meilleur temps des demi-finales du 50 m nage libre, il termine en effet au pied du podium en finale ; une performance rééditée sur 100 m malgré le deuxième temps des demi-finales.

2007 : le relais en bronze En 2007, il retrouve le podium planétaire lors des Mondiaux de Melbourne où la France remporte la médaille de bronze du relais 4 × 100 m nage libre.

2008 : consécration olympique thumb|Podium du relais nage libre des Jeux olympiques de 2008, une épreuve remportée de huit centièmes de secondes par le relais américain sur son homologue français ( à Pékin).

En 2008 ont lieu les Jeux olympiques d'été de 2008 organisés à Pékin en Chine. Pour y participer individuellement, il est indispensable de prendre l'une des deux premières places des Championnats de France 2008 tout en réalisant les minimas. Bousquet termine deux fois troisième sur 50 et 100 m nage libre mais obtient son billet par le biais du relais nage libre. Il se qualifie néanmoins dans une épreuve individuelle sur 100 m papillon. Peu de temps avant les Jeux, lors de l'Open de Paris, le relais 4 × 100 m nage libre français composé de Bousquet, Alain Bernard, Amaury Leveaux et Fabien Gilot bat le record d'Europe, confirmant ainsi les performances individuelles de ses membres.

Lors des Jeux, le relais est organisé dès la première journée de compétition au sein du . Les relais américain et français, meilleurs temps des séries, sont favoris. En finale, Bousquet, lancé en deuxième position après deux relais, reprend la première position à l'Américain Cullen Jones en réalisant provisoirement le meilleur relais lancé de l'histoire en 46 s 63. Au passage de relais pour Alain Bernard, Bousquet et le relais français comptent près de 7 dixièmes de secondes d'avance sur leurs concurrents américains. Toutefois, Jason Lezak refait son retard sur Bernard lors de l'ultime longueur de bassin et devance finalement l'équipe de France de 8 centièmes de seconde. Le relais français obtient donc la médaille d'argentRésultats de la finale du relais 4 × 100 m nage libre des Jeux olympiques de 2008, site officiel des Jeux olympiques de 2008.. Plus tard, sur 100 m papillon, malgré la troisième performance mondiale de l'année en 51 secondes et 5 dixièmes Craig Lord, « Beijing Form Guide: Men's Butterfly », sur swimnews.com, 8 août 2008. Consulté le 26 juillet 2009., Frédérick Bousquet est sorti en demi-finale.

À la fin de l'année, il participe à deux records du monde réalisés par des relais français en petit bassin : le nage libre lors des Championnats d'Europe à Rijeka et le nage libre lors des Championnats de France interclubs avec ses coéquipiers du CN Marseille.

2009 : record du monde et controverses thumb|Frédérick Bousquet (en combinaison rouge, ligne d'eau numéro 3) au départ de la finale du 50 m nage libre des championnats de France le . Il remporte la course en réalisant un nouveau record du monde en 20 secondes et 94 centièmes.

L'année 2009 est marquée par la controverse sur l'utilisation de combinaisons de natation entièrement conçues en polyuréthane. Les critiques se cristallisent autour de la marque italienne Jaked. Frédérick Bousquet utilise une tenue de ce type lors des Championnats de France disputés en avril à Montpellier, lesquels sont sélectifs pour les Championnats du monde prévus à Rome trois mois plus tard. Sur 100 mètres nage libre, il surprend le champion olympique et nouveau détenteur du record du monde — en 46,94 secondes — Alain Bernard, et améliore son record personnel en 47,15 secondes, troisième performance chronométrique de l'histoire. Bousquet, dont le record personnel est pointé à 21,44 secondes, remporte plus tard la finale du 50 m nage libre en battant le record du monde de l'Australien Eamon Sullivan, en 20,94 secondes. Il devient à cette occasion le premier nageur à descendre sous les 21 secondes sur la distance. La validation de ce record du monde reste longtemps en suspens en raison des débats sur l'homologation des combinaisons. Ce doublé le qualifie dans les épreuves individuelles programmées lors des Mondiaux fin juillet alors que son record est finalement validé par la FINA.

Peu de temps avant ces championnats, il signe un contrat de partenariat avec l'équipementier japonais Mizuno« Mizuno signe Frédérick Bousquet », sur mizuno.eu, 18 juin 2009. Consulté le 26 juillet 2009..

2010 : suspension Le , il se fait suspendre deux mois par la commission antidopage de la fédération française de natation, pour avoir été contrôlé positif à l'heptaminolExplication de Bousquet sur la prise de l'heptaminol, sur Sport24.com, 20 octobre 2010. Consulté le 20 octobre 2010., un produit stimulant. Le nageur parle de « négligence », faisant référence à une notice d'un médicament non lueBousquet positif et suspendu, sur lequipe.fr, 20 octobre 2010. Consulté le 20 octobre 2010..

2011 : déconvenue aux mondiaux de Shanghai