Le fort Saint-André est un fort situé à Salins-les-Bains, dans le département français du Jura, en Bourgogne-Franche-Comté ; d'origine médiévale, il a été reconstruit à partir de 1674 par Vauban, ingénieur militaire du roi Louis XIV, à la suite du rattachement de la Franche-Comté à la France.
Situation Le fort est bâti sur le mont Saint-AndréS'est appelé successivement mont Aureus, Mont Simon, Mont Jurée, mont Salomon, roche Saint-André., qui domine l'ouest de Salins, à une altitude de Nicole Salat et Thierry Sarmant, Lettres de Louvois à Louis XIV : Politique, guerre et fortification au Grand siècle, Paris, Société de l'histoire de France, et Vincennes, Service historique de la Défense, 2007, 320 , 8..
Histoire La première fortification sur le mont Saint-André est une tour datant de 1255Laurence Delobette, Une forme de territorialisation du pouvoir : les châteaux de Jean de Chalon au , Images de Franche-Comté , 2005 ., lorsque Jean de Chalon cherche à protéger la grande saline dont il a pris le contrôle en 1237. Une couronne de sites fortifiés protège alors la ville de Salins : à la tour Saint-André s'ajoutent le château de Bracon, les châtels Belin et Guyon, ainsi de nombreux autres ouvrages bâtis dans un rayon de vingt à trente kilomètres autour de la ville pour en garder les accès, dont les châteaux du Poupet, de Pin, sur le site du Progrès., de Frontenay et de Nozeroy.
Détruite lors d'un siège, la tour saint-André est reconstruite en 1347 mais progressivement laissée à l'abandon. Entre 1638 et 1645, elle est renforcée d'un rempart et de casernements lors de la guerre de Dix Ans, sur le site du Réseau des sites majeurs de Vauban..
À la suite de la première conquête française de 1668, le prince d'Aremberg fait renforcer l'ouvrage. Le fort résiste ensuite 16 jours au siège du duc de la Feuillade en (seconde conquête).
À la suite du rattachement de la Franche-Comté au royaume de France, le fort est reconstruit sur les plans de Vauban de 1674 à 1679 à la demande du roi Louis . La première pierre est posée le avec l'inscription ..
Les travaux de Vauban Le front de têteCelui qui fait face à l'arrivée probable de l'ennemi., situé à l'ouest, est composé d'une courtine encadrée par 2 demi-bastions avec la protection d'une fausse braie dotée d'un bastion. Le fossé d'origine, à l'avant, a été élargi et parcouru par un chemin couvert. Un premier accès est aménagé dans la fausse-braie, sur le flanc gauche du bastion, via un pont-levisL'expression Bonnet de prêtre sera utilisée dans la seconde moitié du , pour désigner le front de tête..
Dans la fausse-braie, qui se prolonge au nord, un second accès (entrée actuelle) est ouvert, protégé par 2 pont-levis successifs sur le flanc gauche d'un petit bastion.
Le reste de l'enceinte est repris pour mieux s'adapter au contour naturel du site. Une excroissance rocheuse au sud-est est coiffée d'un petit ouvrage : le réduit du nid d'aigle.
L'intérieur de la fortification reçoit : 2 casernes avec étage (pour 500 militaires), un magasin à poudre (pour 40 t d'explosif), un arsenal, 2 citernes, une écurie, une chapelle, le pavillon du gouverneur...
En 1682, sur ordre de Louvois, l'intendant de Franche-ComtéLouis III Chauvelin fait aménager 2 chambres pour une douzaine de personnes impliquées dans l'affaire des poisons, ainsi Robert de Lamiré de Bachimont et son épouse Marie de La Haye de Saint HilaireAlain Bouthier, « Bernard Perrot entre secrets et innovations », 2009, colloque international de l'association Verre & Histoire, article en ligne sur Association Verre-histoire.org., lire en ligne..
Le chemin stratégique est pavé en 1736.
Au cours de la Révolution française, le fort porte provisoirement le nom de Fort-ÉgalitéFiguères, Les Noms révolutionnaires des communes de France, Paris, Société de l'histoire de la Révolution française, 1901, 77 ..
Le fort aux Le fort est conquis par les autrichiens en 1814, après que la courtine et les bastions du front de tête aient subi d'importants dégâts. Alors que les Autrichiens s'apprêtent à le détruire, le général Marulaz intercède favorablement auprès du prince Jean Ier de Liechtenstein pour qu'il n'en soit rienhttp://www.jurafrancais.com/wp-content/uploads/2014/08/Jura-Fran%C3%A7ais-N-298-Avril-Juin-2013.compressed.pdf.
De nouveau assiégé en 1815, il résiste 2 jours.
Le front de tête est restauré en 1818, puis une campagne de travaux de renforcement des bâtiments a lieu, de 1833 à 1841, sous la monarchie de Juillet ; le bastion du front de tête est transformé en demi-lune et la porte nord est supprimée.
Guerre de 1870 Le les troupes prussiennes arrivent devant Salins défendue par environ ; la ville capitule dans l'après-midi du face à un ennemi très supérieur en nombre.
Les forts de Saint-André et de Belin, défendus par le commandant Fouleux et le capitaine Brichard, résistent aux sommations adressées par les officiers prussiens.
Ils disposent d'une centaine d'artilleurs, d'une compagnie de Zouaves ainsi que de laissés par l'armée de l'Est. L'armement des forts se compose de 4 canons rayés de 12, 17 canons lisses de 12 et de 16 et 7 mortiers . Compte tenu de l'avantage stratégique des , les Prussiens renoncent à franchir la Cluse et doivent faire un détourPar Arbois et Champagnole.pour se diriger vers la Suisse.
La défense de Salins contribua à ralentir l'ennemi et facilita ainsi le passage en Suisse d'une partie de l'armée de l'Est et la fuite par les Hauts plateaux des troupes dirigées par Crémer et Pallu de la Barrière. Les forts se rendront le .
XXe siècle Le fort est ensuite utilisé comme casernement puis est déclassé en 1896. La garnison reste en place jusqu'en 1919. La ville de Salins s'en porte alors acquéreur et le cède à la Société des Eaux Minérales qui exploite les thermes de Salins-les-Bains.
Les Allemands l'occupent durant la seconde guerre mondiale et se rendent responsables de sérieuses destructions lors de l'évacuation.
Un projet d'hôtel luxueux relié à la vallée par un funiculaire est alors envisagé, mais il est bien vite abandonné. Des colonies ont ensuite lieu chaque été dans le fort.
Le fort aujourd'hui Le fort et ses dépendances forment sur plus de trois hectares un site classé par arrêté du pour son caractère artistiqueFiche du site sur DREAL Franche-Comté Site classé : Fort Saint André à Salins les Bains, DREAL Franche-Comté.
L'ensemble des fortifications et des bâtiments a été inscrit aux monuments historiques par arrêté du , puis classé, à l'exception des parties récemment modifiées, par arrêté du ..
Depuis 2006, le fort a été transformé en résidence de tourisme avec . Il est repris en 2019 et accueille toujours des évènements privés ou professionnels et également des groupes et des stages. En il ouvre au public pour des visites guidées sur réservation. En raison de ses activités il ne se visite pas librement..
Abandonnés un temps à la végétation, les abords et les remparts du fort ont fait l'objet de travaux de défrichage réalisés par une association de bénévoles.. Aujourd'hui, le fort et une partie de ses abords sont entretenus par la société exploitant le lieu.
Références
Voir aussi
Articles connexes Liste des monuments historiques de Salins-les-Bains Liste des monuments historiques du département du Jura Liste des sites classés du département du Jura
Lien externe
Saint-André Catégorie:Château dans le département du Jura Catégorie:Fortification de Vauban Catégorie:Monument historique à Salins-les-Bains Catégorie:Monument historique inscrit en 1991 Catégorie:Monument historique classé en 1993 Catégorie:Patrimoine du XVIIe siècle Catégorie:Site classé ou inscrit dans le Jura