Cynthia Ligeard, née Parage Le nom de jeune fille de Cynthia Ligeard est cité dans la composition des listes candidates aux élections provinciales du 9 mai 2004, Juridoc le à Nouméa, est une femme politique néo-calédonienne anti-indépendantiste. Engagée en politique depuis 2002 sous les couleurs du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR), parti historique de la lutte contre l'indépendance rebaptisé Rassemblement-UMP en 2004 et tout simplement désigné par l'appellation Le Rassemblement à partir de 2014, elle est la présidente de l'Assemblée de la Province Sud du au , puis la présidente du de la Nouvelle-Calédonie issu du statut de la Nouvelle-Calédonie du jusqu'au (cet exécutif ne faisant que gérer les affaires courantes entre le et le ). Elle est la première femme à diriger une province néo-calédonienne, la septième à occuper l'exécutif d'une collectivité locale dans cet archipel (après l'ancienne présidente du gouvernement Marie-Noëlle Thémereau de 2004 à 2007 et les maires Ghislaine Arlie, Corine Voisin, Prisca Holéro, Valentine Eurisouké et Henriette Tidjine-Hmae) et la deuxième à présider l'exécutif néo-calédonien. Elle reste membre des et néo-calédoniens de 2015 à 2019, chargée d'animer et de contrôler le secteur de la Fonction publique et de la Sécurité routière, à quoi s'est ajouté en 2017 le Logement.

Origines et formation

Cynthia Ligeard descend à la troisième génération de François Parage (né vers 1862, condamné au bagne en 1882, devenu ensuite mineur sur la côte est de la Grande Terre, et de sa femme dite « Maudouï », une Mélanésienne d'un clan Bayes de Ponérihouen, mais aussi par sa grand-mère paternelle d'Albert Hypeau, un autre bagnard condamné en 1888 et installé ensuite dans la région de Voh« Cynthia Ligeard : le temps de la conviction », entretien avec Frédéric Huillet communiqué sur le site officiel de la Province Sud, 21/09/2012 Dossier individuel de bagne de François Parage, Archives nationales Dossier individuel de bagne d'Albert Hypeau, Archives nationales.

Elle naît et fait sa scolarité à Nouméa, dans les établissements privés catholiques de l'école puis du collège Saint-Joseph-de-Cluny et du lycée Blaise-Pascal à l'Anse Vata. Elle part ensuite faire ses études supérieures en France métropolitaine, obtenant une maîtrise en langues étrangères appliquées (LEA) anglais-espagnol avec une spécialisation en commerce international.

Carrière professionnelle

De retour en Nouvelle-Calédonie à la fin de ses études, Cynthia Ligeard est embauchée par la mairie de Nouméa, où elle travaille successivement au service de la culture et des fêtes (à la fois organisateur et programmateur d'événements et de manifestations tels que le carnaval annuel, mais aussi lieu de réflexion sur la politique culturelle de la ville et les actions à mener sur le terrain) puis au service des quartiers.

En 2002, elle fait son entrée dans le monde politique en devenant chef de cabinet du maire de Nouméa, Jean Lèques, une des figures historiques du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR), à l'époque principale force anti-indépendantiste et parti dominant les principales institutions de l'archipel depuis les années 1980.

Carrière politique

Une cadre montante du Rassemblement-UMP

Pour les élections provinciales du , Cynthia Ligeard figure en sur la liste du Rassemblement-UMP (nouveau nom du RPCR) menée par le député et président de l'assemblée provinciale sortante dans le Sud, Jacques Lafleur, dirigeant fondateur du parti et homme fort de la vie politique locale depuis les années 1970. Ce mouvement connaît alors sa première défaite électorale depuis sa création, étant battu par des dissidents ou opposants anti-indépendantistes de plus ou moins longues dates du RPCR qui ont formé l'Avenir ensemble. Quoi qu'il en soit, la liste Lafleur remporte votes soit 31,19 % des suffrages exprimés, obtenant 16 sièges sur 40 à l'Assemblée de la Province Sud dont 13 des 32 élus également membres du Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Cynthia Ligeard fait donc son entrée dans ces deux institutions, où elle devient une figure de l'opposition à l'Avenir ensemble organisée par le Rassemblement-UMPP. MARESCA, L'Exception calédonienne : Petites histoires humaines et politiques de la grande histoire calédonienne (1970-2011), éd. L'Harmattan, coll. « Portes océaniennes », Paris, 2012, p. 170. Elle devient d'ailleurs vice-présidente du groupe au Congrès, secondant à ce poste Pierre Maresca. Elle siège également au sein de la commission permanente de cette assemblée pendant toute la durée de cette mandature de 2004 à 2009, en étant même sa secrétaire pour l'année 2006-2007.

Elle fait également partie de l'équipe chargée de réorganiser le parti et de préparer une reconquête du pouvoir à partir de l'élection à la présidence du mouvement de l'autre député Pierre Frogier, qui bat Jacques Lafleur lors du premier vote interne ouvert à l'ensemble des militants le . Cynthia Ligeard devient à cette occasion secrétaire générale adjointe et porte-parole, poste où elle seconde là encore Pierre Maresca (puis, à partir de 2006, le maire du Mont-Dore Éric Gay).

Après la victoire des candidats du Rassemblement-UMP, Gaël Yanno et Pierre Frogier, aux élections législatives des 10 et , le parti revient à des postes de responsabilité dans les institutions de l'archipel en passant un « accord-cadre » de partage des postes d'importance avec l'Avenir ensemble. Dans le cadre de ce nouveau positionnement, Cynthia Ligeard remplace Pierre Maresca (mis à l'écart de la direction du parti pour s'être présenté de manière dissidente aux législatives) à la présidence du groupe au Congrès en , et devient le 31 du même mois présidente de la commission intérieure des Finances et du Budget, ainsi que vice-présidente de celle des Infrastructures publiques et de l'Énergie et de celle de l'organisation des Transports et de la Communication (deux commissions dont elle était déjà membre depuis 2005). Elle conserve ce dernier poste jusqu'en 2008, les trois autres jusqu'à la fin de la mandature en 2009. Elle fait de plus partie de la délégation du Rassemblement-UMP emmenée par Pierre Frogier lors du VI Comité des signataires de l'Accord de Nouméa, tenu à Paris le Relevés de conclusions des sept premiers comités des signataires de l'accord de Nouméa, site officiel du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

Conseillère provinciale

Pour les élections provinciales du , elle est cette fois de la liste du Rassemblement-UMP tirée par Pierre Frogier en Province Sud. Si la formation remporte le scrutin en redevenant la première formation dans cette province, elle fait un score en lui-même moins bon qu'en 2004, avec voix et 28,54 % des suffrages, obtenant ainsi 15 conseillers provinciaux sur 40 dont 12 également au Congrès. Cynthia Ligeard ne conserve donc que son mandat provincial.

Elle prend alors la présidence de la commission de l'Habitat, de l'Urbanisme et de l'Aménagement du territoire de la Province Sud (qu'elle conserve jusqu'en 2011). À ce poste, elle s'occupe tout particulièrement du projet de « réhabilitation des squats » (passant par l'électrification, l'alimentation en eau potable et la collecte des déchets plutôt que par la construction de nouveaux immeubles d'habitat social et donc la recherche du relogement des squatteurs) défini par le nouveau président de l'Assemblée de province, Pierre Frogier, le , afin de, selon lui, « répondre à un mode de vie océanien », et estimant que : « On pourrait toujours construire plus d'appartements, on pourrait continuer à faire plus de béton. Est-ce que ça correspond à la culture et au mode de vie des populations océaniennes ? »« Réhabilitation des squats », site officiel du Rassemblement-UMP, 27/01/2011. Pour Cynthia Ligeard, cette politique « va durer, parce que c’est pas quelque chose qui va être traité en l’espace de 4-5 ans, mais non, ça n’est pas du définitif. L’idée, c’est bien de créer l’occasion pour chacun d’entrer petit à petit dans la vie urbaine. On part du principe qu’on ne peut plus se satisfaire aujourd’hui de conditions dans lesquelles vivent les squatteurs. Donc, on humanise ces conditions de vie. Parallèlement, on poursuit la construction de logements et la création d’un véritable parcours résidentiel, et petit à petit, on va les reloger lorsqu’ils seront prêts, lorsqu’ils en auront les moyens, lorsqu’ils rempliront les critères et lorsque nous aurons des logements à leur proposer, ils vont déménager et entrer petit à petit dans des logements normés »Retranscription entretient Télé Nouvelle-Calédonie 03/11/2011 : LES SQUATS, in F. THERIAUX, « Squats : "Opération Koutio" », Calédosphère, 06/11/2011. Cela aboutit à l'adoption par l'Assemblée provinciale, par 29 voix contre 11 (soit toutes les forces politiques représentées à l'exception des 11 élus de Calédonie ensemble) le de la délibération relative aux « Zones de restructuration de l'habitat spontané » (ZRHS) Compte rendu sommaire officiel de la séance du mercredi 9 novembre 2011 de l'Assemblée de la Province Sud sur son site officiel. Cette délibération est néanmoins annulée le par le tribunal administratif de Nouméa, saisi par Calédonie ensemble, et après un avis défavorable rendu par le Conseil d'État le précédent, au jugeant la Province Sud incompétente en la matièreL. LAFON, « La réhabilitation annulée », Les Nouvelles Calédoniennes, 14/09/2012. En tant que présidente de cette commission, Cynthia Ligeard s'occupe aussi du dossier de la réhabilitation menée de 2010 à 2011 du « Château Hagen » à la Vallée des Colons à Nouméa, ancienne maison coloniale transformée en lieu d'exposition d'art contemporain.

En , elle devient également présidente du conseil d'administration de la Savexpress, société d'économie mixte majoritairement détenue par la Province Sud et gérant deux voies rapides à péage dans le Grand Nouméa (la Voie express n°2 - Route du Nord, dite « voie express » ou « Savexpress » vers Dumbéa et Païta au nord-ouest et la Voie de dégagement est ou « VDE » vers le Mont-Dore au nord-est). Elle participe à ce titre à l'élaboration de la nouvelle politique provinciale des transports voulue pour lutter contre l'engorgement routier de l'agglomération nouméenne, et tout particulièrement des actions provinciales à court terme, inscrites dans une logique d'amélioration de la circulation des voitures au travers du plan Sud Express avec les projets de l'échangeur de l'Étrier, inauguré en 2012, ou de dénivellation du carrefour Berthelot, très critiqués par des associations écologistes ou de partisans d'une amélioration des transports en communM. CORNAILLE pour Ensemble Pour la Planète, «Un échangeur à 1,5 milliard à l'Étrier», Les Infos, 13/08/2010.

Vice-présidente de la Province Sud