Apache (de apachu, « ennemi » en langue zuñiApache allaboutshoes.com) est un nom générique donné à différentes tribus amérindiennes d'Amérique du Nord vivant dans le sud-ouest des États-Unis et le Nord des États mexicains de Chihuahua et de Sonora, formant le territoire de l'Apacheria et partageant la même langue athapascane méridionale (proche des langues athapascanes septentrionales parlées par les Autochtones d'Alaska et de l'ouest du Canada). Les Navajos parlent une langue très proche et partagent la même culture, ils sont donc souvent considérés comme des Apaches.
Venus du sud du Canada à une date indéterminée (entre 1200 et 1500 de notre ère), les Apaches vécurent d'abord dans les plaines du Kansas, du Nebraska et de l'est du Colorado où les rencontrèrent les explorateurs espagnols au . Par la suite, ils furent repoussés vers le sud-ouest par les Comanches et les Kiowas. Seuls les Apaches des Plaines restèrent en Oklahoma comme alliés et vassaux de ces derniers. Ceux qui avaient dû gagner l'actuel Nouveau-Mexique et l'Arizona s'établirent dans ces régions où ils harcelèrent les cultivateurs sédentaires Pueblos, adoptant toutefois de nombreuses coutumes de ces derniers et commerçant à l'occasion avec eux. Les Apaches avaient des modes de vie différents selon les lieux où ils résidaient et les influences auxquelles ils étaient exposés. Ainsi les Lipans du Texas, les Mescaleros et les Jicarillas Llaneros chassaient le bison et étaient fortement influencés par la culture des Plaines. Les Jicarillas Oleros avaient quant à eux adopté un mode de vie proche de celui des Pueblos, pratiquant l'agriculture, la fabrication de poterie et vivaient dans des villages constitués de maisons rectangulaires en adobe. Les Chiricahuas et les Apaches de l'Ouest étaient des nomades vivant de chasse et de cueillette, parfois d'agriculture de subsistance.
Les Apaches résistèrent longtemps aux étrangers, affrontant d'abord les Espagnols (1520-1821), puis les Mexicains et enfin les Américains qui parviendront à les soumettre à la fin du .
Leurs chefs les plus célèbres sont Mangas Coloradas, Cochise, Victorio et Geronimo.
Démographie
Tribus apaches Huit tribus apaches sont reconnues par les autorités fédérales américaines.
TribuÉtatTerritoireNom de la réserveSiègePopulationApaches des PlainesKiowa-Comanche-Apache-Fort Sill Apache OTSAAnadarkoApaches de Fort SillApacheJicarillasJicarilla Apache Nation Reservation and Off-Reservation Trust LandDulceMescalerosMescalero ReservationMescaleroApaches de San CarlosSan Carlos ReservationSan CarlosApaches de TontoTonto Apache Reservation and Off-Reservation Trust LandPaysonApaches de White MountainFort Apache ReservationWhite RiverApaches et YavapaisYavapai-Apache Nation ReservationCamp Verde Il y avait peu d'unité politique entre les différentes tribus qui parlaient sept dialectes distincts. Chaque bande était indépendante, ce qui n'empêchait pas des alliances lors d'expéditions de pillage vers les presidios mexicains ou les villages des tribus indiennes sédentaires (Pueblos, Pimas, Tohono O'odham ), ou dans le cas de la défense de leur territoire face aux envahisseurs européens.
Territoire Le peuple apache vivait historiquement sur une région nommée Apacheria couvrant l'est de l'Arizona, le nord-ouest du Mexique, du Nouveau-Mexique, et une partie du Texas et des Grandes Plaines.
Histoire
Période pré-colombienne
Relations avec les Espagnols Dans les mémoires de l'expédition du conquistador Francisco Vásquez de Coronado (), on trouve une description des Apaches :
Dès le , les Apaches ont apprécié les armes à feu qu’ils se procuraient auprès des Blancs, ainsi que les chevaux introduits par les Espagnols dans le Sud-Ouest à la même époque. Le cheval et le fusil ont rendu les bandes apaches plus mobiles et plus redoutables, leur permettant de poursuivre des raids plus lointains et plus fructueux, et accroissant leurs capacités de résistance à l’invasion qui les menaçait.
Les Apaches ne tardent pas à lancer des raids sur les presidios espagnols afin de s’emparer du bétail, des chevaux et des armes qu’ils convoitent. De leur côté, les Espagnols attaquent les villages apaches et capturent les femmes et les enfants pour les vendre comme esclaves au Mexique. Les gouverneurs espagnols mettent à prix les scalps apaches, y compris ceux de femmes et d’enfants. Les Blancs offrent de l’alcool aux Apaches chaque fois qu’ils le peuvent pour mieux les tromper et pour les tuer. Les tentatives de christianiser les Apaches connaissent peu de succès. Cette situation se prolonge pratiquement jusqu'à la fin du .
Durant la première moitié du , les pionniers espagnols essaient d'étendre leur territoire au nord, mais sont empêchés par les tribus Tohono O'odham et apaches. Mexico ordonne que l'on extermine ces derniers dès 1784 : il s'agit de massacrer tout Apache de plus de sept ans. Le gouverneur Juan Bautista de Anza œuvre pour rapprocher les Comanches et les Utes, afin de détourner leur force contre les Apaches. Il distribue à chaque guerrier comanche une carte sur laquelle il pourra noter chaque Apache tué.
Cependant, ces faits cachent une ambigüité sur un plan plus local. Alors même que sévissait un cycle « raids/représailles/raids », localement des relations commerciales existaient entre certains groupes et des villages de colons espagnols ou mexicains. Une bande apache pouvait parfaitement avoir des relations pacifiques avec un village, et en piller d'autres situés dans le voisinage. De même, les guerres se terminaient souvent par la signature de trêves permettant à chacun de rentrer chez soi avec les honneurs.
Guerres apaches vignette|Répartition des tribus apaches au : Ch – Chiricahuas, WA – Apaches de l'Ouest, N – Navajos, M – Mescaleros, J – Jicarillas, L – Lipans, Pl – Apaches des Plaines.
Les Apaches sont pour la plupart des tribus guerrières, qui vivaient, avant l’arrivée des Européens, de chasse et de raids contre leurs voisins agriculteurs.
Contrairement à certaines idées reçues, les Apaches combattaient à pied, n'utilisant le cheval arrivé en Amérique avec les Européens que pour se déplacer et la bravoure n’était pas considérée comme une qualité guerrière.
Au contraire, leur culture militaire visait à minimiser leurs propres pertes, en évitant systématiquement de prendre des risques inutiles. Les chefs, souvent âgés, étaient choisis pour leur prudence. Les garçons sont formés au combat jeunes par de très longues marches et l’apprentissage des techniques de survie. Les guerriers avaient une discipline de fer, connaissaient le camouflage et l'art de la manœuvre en groupe sur le champ de bataille. Les combats furent rarement l’affaire de plus de quelques dizaines d’hommes, parfois quelques centaines.
Leur extrême mobilité, avec femmes, enfants et bétail, constituait leur premier système de défense. Ils pouvaient déplacer de plusieurs dizaines de kilomètres par jour leur campement sommaire..
Après l'indépendance du Mexique en 1821, le gouvernement de Mexico tenta à partir de 1835 d'exterminer les Apaches en plaçant des primes sur les scalps d'Apache. Cette mesure se solda par un échec, beaucoup de villages commerçant avec les Apaches n'ayant aucun intérêt à leur disparition. De véritables professionnels du meurtre furent aussi engagés depuis les États-Unis. Le problème était qu'ils ne scalpaient pas que les Apaches.
En 1856, l'État mexicain de Durango estimait que les raids apaches avaient en vingt ans entraîné la mort d'environ , le rapt de 748 autres et l'abandon de nombreux villages, fermes et ranchs.
Les Apaches accueillirent favorablement les troupes américaines envoyées contre le Mexique en 1846-1848, leur servant même de guides. Le principal chef de guerre des Chiricahuas, Mangas Coloradas, signa même un traité avec cette nouvelle puissance. Les relations demeurent pacifiques jusque dans les années 1850, des Apaches aidant même à la construction du relais postal d'Apache Pass.
Les relations se tendent lors de la découverte d'or dans les montagnes Santa Rita qui entraine le déclenchement du conflit. Celui-ci durera près de .
Les Kiowas-Apaches, aussi nommés Apaches des Plaines, tout comme les Kiowas, commencèrent à s'opposer à partir de 1840 à l'armée des États-Unis. Ils devront finalement accepter en 1868 une réserve en Oklahoma. Celle-ci est supprimée en 1901 lors de la création de l'État d'Oklahoma et les membres de la petite nation recevront des lots de terres individuelles dans le cadre de l'Allotment Act, mais les Kiowas-Apaches ont réussi à maintenir leur unité tribale et reformé depuis un gouvernement. Estimés à 400 vers 1780, ils étaient 326 en 1890 et en 2011..
Engagés très tôt dans la lutte contre les Mexicains et les Américains, les Lipans ont souffert de lourdes pertes aggravées par des épidémies. Ils n'en résistent pas moins jusque 1881. De vers 1700, ils n'étaient plus que quelques centaines à cette date vivant en Oklahoma ou au Nouveau-Mexique (avec les Mescaleros). Leurs descendants se comptaient entre en 2013..
Proches voisins et parents des Chiricahuas, les Mescaleros s'opposent aux Américains dès 1848 et mènent des actions de guérilla jusque 1883, même s'ils doivent accepter une réserve en 1873. Ils y accueillent au fil du temps des membres d'autres tribus apaches, notamment des Lipans fuyant le Mexique ainsi qu'en 1912 une partie des Chiricahuas « libérés » de leur statut de prisonniers de guerre en Oklahoma, après de captivité et d'exil. Ils sont plus de en 2016..
Les Jicarrilas luttèrent contre l'invasion de leurs terres dès 1850. Alliés aux Utes, ils infligèrent une lourde défaite aux troupes envoyées contre eux à Bataille de Cieneguilla le . Ce jour-là, 250 Utes et Jicarillas surprirent deux compagnies de dragons de l'armée américaine qui escortaient une diligence. Sur 60 dragons, 23 sont tués et lors des trois heures que dura la bataille, les Amérindiens ne perdant que quatre ou cinq hommes.. Malgré ce succès, les Jicarrilas devront s'incliner et accepter de vivre sur une réserve. Celle-ci demeurera longtemps virtuelle, son emplacement et ses frontières n'étant fixées qu'en 1907, et ce bien que les Jicarillas eux-mêmes en aient demandé la création en 1873. Ils sont aujourd'hui plus de ..
Les Apaches de l'Ouest (à savoir les White Mountains, San Carlos, Cibecue, Tonto et autres) tentèrent de maintenir le plus longtemps possible le statu quo et de s’accommoder de la domination américaine, même si des White Mountains résistèrent jusque 1883.
Les Chiricahuas luttèrent jusqu'au bout pour maintenir leur indépendance contre les Mexicains et les Américains. Latent dès 1853, le conflit éclata ouvertement en 1861 quand lors d'une « négociation » des militaires américains aux ordres du lieutenant Bascom tentèrent de capturer la délégation Chiricahua dont faisait partie Cochise. Celui-ci parvient à s'échapper, mais plusieurs de ses proches sont pris et pendus..
Ceci conduira à la guerre dite « de Mangas Coloradas » (1861-1863). Inquiet du nombre et de la puissance des Américains, ce chef tentera de négocier avec l'armée américaine, mais il sera trahi, torturé, tué et son corps décapité. Sa tête sera envoyée dans l'Est pour servir la science alors à la mode : la phrénologie.