Louis Guyardin, chevalier de Mémartin, né le à Dommarien, mort le à Fribourg, est un homme politique de la Révolution française.

Biographie Il est le fils de Jean Baptiste Guyardin, chirurgien, et de Barbe Gallois, et le frère de Simon-Nicolas Guyardin.

Avant la Révolution, il est lieutenant particulier au bailliage de Langres. Il épouse Marie Henriette Leclerc de Vaudonne. De leur union laissent au moins deux enfants : Nicolas Marie Guyardin, né en , qui devient chevalier de la Légion d'honneurArchives nationales, LH/1251/29, dossier de Légion d'honneur de Nicolas Marie Guyardin (avec extrait de baptême). ; une fille qui épouse le fils de Jean-Baptiste Hérard.

Carrière politique et administrative

Mandat à la Constituante En 1789, Louis Guyardin est élu représentant suppléant du clergé du bailliage de Langres aux États généraux. Il est admis à siéger en à la faveur de le démission de monseigneur César-Guillaume de la Luzerne.

Il siège sur les bancs de la gauche de l'Assemblée nationale constituante. En , il vote en faveur du rattachement du Comtat Venaissin, et en faveur de l'égalité entre les blancs et les hommes libres de couleur.

Mandat à la Convention La monarchie constitutionnelle mise en place par la constitution du 3 septembre 1791 prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré à la tour du Temple.

En , Louis Guyardin, alors procureur-syndic de Langres, est élu député du département de la Haute-Marne, le premier sur sept, à la Convention nationale.

Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort et demande l'« exécution dans les vingt-quatre heures » et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution. En , il vote contre la mise en accusation de Jean-Paul Marat : « Il y a quatre ans que Marat est régulièrement dénoncé par les principaux personnages qui ont successivement occupé la scène de la contre-révolution. [...] Je pense que l'on peut reprocher à Marat des égarements d'esprit, mais je ne le crois coupable d'aucun crime, et je dis non ». En mai, il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze.

En , aux côtés de Jean-Baptiste Lacoste, Louis Guyardin est envoyé en mission auprès de l'armée de Rhin-et-Moselle. Ils sont rappelés à la Convention en brumaire an II (). En nivôse (décembre), il est envoyé en mission dans les départements de l'Ardèche et de la Haute-Loire pour y organiser le gouvernement révolutionnaire. En prairial (juin), il réprime les béates qui refusent de prêter serment à la constitution civile du clergé, et fait brûler, le 20 prairial (), jour de la Pentecôte, la statue de la Vierge noire, Notre-Dame du Puy-en-Velay. Il est rappelé à la Convention en messidor (juillet).

Après la chute de Robespierre, Louis Guyardin siège parmi les « derniers Montagnards » selon l'historienne Françoise Brunel. Lors de l'insurrection du 12 germinal an III (), alors que les anciens membres du Comité de Salut public (Barère, Billaud-Varenne et Collot-d'Herbois) sont décrétés de déportation, Guyardin signe la demande d'appel nominal. En prairial (juin), il est dénoncé avec son collègue Jean-Baptiste Milhaud par les administrateurs de Strasbourg mais, défendu par son collègue Jean-Jacques Serres, échappe à l'arrestation.

Du Directoire à l'exil Sous le Directoire, en vendémiaire an IV (), Louis Guyardin est élu député du département de l'Ardèche au Conseil des Cinq-Cents. Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le prairial an V (le ).

Il devient commissaire du Directoire exécutif dans son département, et, après le 18 brumaire, est nommé, le 10 prairial an VIII, premier président du tribunal criminel de la Haute-Marne.

Membre de la Légion d'honneur (25 prairial an XII), il passe juge au tribunal d'appel de Dijon, est créé chevalier de l'Empire (), et, à la réorganisation des tribunaux, échange son titre de juge d'appel contre celui de conseiller à la cour impériale de Dijon le .

Frappé par la loi du 12 janvier 1816 contre les régicides, il doit quitter la France, se retira en Suisse et y meurt quelques semaines après.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Politique dans l'Ardèche Liste des députés de l'Ardèche Liste des députés de la Haute-Marne

Liens externes

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