Landreville est une commune française, située dans le département de l'Aube en région Grand Est, en amont de l'Ource. Connue pour sa production de champagne, elle fait partie des communes viticoles de la Côte des Bar qui sont sur le long de la Route touristique du Champagne.

Des recherches archéologiques menées aux , notamment par deux illustres Landrevillois, Aristide Estienne et Arsène Olivier, ont montré que l'histoire du village remonte à la plus haute antiquité, avec des vestiges de l'âge de pierre, l'âge du bronze et de l'époque gallo-romaine.

Les premières mentions écrites du village datent seulement du XIe siècle. Landreville était désigné dans les chartes latines de Landrivicilla, ou Landrivilla. Ce nom latin semble indiquer une villa élevée sur une montagne près de la rivière.. On dit aussi que le nom de Landreville viendrait du nom du seigneur mérovingien Landri, et signifierait littéralement "l'endroit de Landri"..

Géographie Communes limitrophes Six communes sont limitrophes de Landreville :

Hydrographie La commune est dans la région hydrographique « la Seine de sa source au confluent de l'Oise (exclu) » au sein du bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par l'Ource, l'aqueduc Souterrain, un bras de l'Ource, un bras de l'Ource, l'Artaut et le Bief..

L'Ource, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Poinson-lès-Grancey et se jette dans la Seine à Bar-sur-Seine, après avoir traversé .

L'Aqueduc Souterrain est un aqueduc,de type conduite forcée, de . Il relie la commune de Loches-sur-Ource à la commune de Courtenot.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de LandrevilleLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Celles-sur-Ource à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Landreville est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (65,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (67,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : cultures permanentes (35,1 %), forêts (29,3 %), terres arables (23,9 %), prairies (6,6 %), zones urbanisées (5,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Histoire vignette|Mairie de Landreville vignette|Monument aux morts de LandrevilleLandreville est un village dont l'histoire est difficile à retracer en raison du peu d'archives conservées. Des recherches archéologiques, menées notamment par Aristide Estienne et Arsène Olivier, ont montré que cette histoire remonte pourtant à la plus haute Antiquité.

Âge de la pierre

De très nombreux silex taillés datant des époques paléolithiques et néolithiques furent retrouvés sur ce territoire, notamment le long de l'Ource, au lieudit "Le Roulis" (bief) : un coup de poing acheulléen en silex, des grattoirs, des lames, des pointes de flèches, des percuteurs en silex et en grès. On retrouva également de nombreux fragments de poterie très grossière, des haches en silex taillé, en silex poli ou en roche dure, mais également toute sorte de flèches : en silex à pédoncule et barbelures, triangulaires, losangiques, amygdaloïdes..

Âge du bronze

Parmi les objets retrouvés de cette époque figurent de nombreuses haches de différents types (plates à rebords, à talon, à rebords latéraux médians, à douille), des épingles, des pendeloques en bronze, des pointes de javelot en bronze, des bracelets en bronze, un fragment de faucille, des tronçons d'épée à soie plate. Plusieurs de ces objets ont été trouvés au Val Chatain par Aristide Estienne.

Epoque de Hallstatt

Un bracelet en bronze plein très typique fut retrouvé au lieudit "Le Rupt" dans le lit du ruisseau. Il fait partie de la collection d'Aristide Estienne.

Epoque de transition du Hallstatt à la Tène

De cette époque furent retrouvés dans la contrée de Carmont les objets suivants : grand torque en forme de cercle formé d'une tige de bronze, deux anneaux de jambe circulaires creux en lame de bronze roulé, bracelets ronds en bronze creux et en bronze plein. On suppose qu'ils appartenaient à des sépultures. Ils font maintenant partie de la collection Arsène-Olivier.

Epoque de la Tène

Datant de l'époque Tène I, furent retrouvés dans la contrée des Fioles un torque, deux bracelets à tampons et une fibule, tous provenant sans doute d'une sépulture. Ces objets font partie de la collection d'Arsène Olivier.

Datant de l'époque Tène III, furent retrouvées des monnaies gauloises, notamment une monnaie des Lingons, trouvée au lieudit "Le Rupt".

Epoque gallo-romaine

De nombreux objets datant de cette époque ont été retrouvés : des statuettes, des clefs, des fibules, des monnaies, des poteries rouge sigilée et diverses, des poids de balance en bronze. Un riche mobilier de sépultures gallo-romaines a également été découvert.

Comme en conclut Clément Drioton, conservateur du Musée de Troyes et auteur du court article "Collections d'Objets de l'Epoque préhistorique à l'Epoque barbare, trouvés à Landreville" : "nous nous trouvons en présence d'une station importante occupée depuis la plus haute antiquité et sans interruption jusqu'à l'époque barbare. Aucune autre localité du département ne nous a donné pareil ensemble d'objets d l'âge de la pierre et de l'âge du bronze provenant de multiples découvertes faites sur divers points du territoire. Les substructions romaines s'étendaient sur une vaste superficie dans la vallée de l'Ource à côté du village actuel. L'importance du cimetière de la propriété Olivier, dont l'exploration n'est que commencée, indique une agglomération importante. Pourtant, cette station, si riche et si curieuse, n'avait jamais été suffisamment signalée à ceux qui s'intéressent à l'archéologie et c'est pour réparer cette lacune que nous avons tenu à la signaler ici."Par ailleurs, des potins des Senons (type au sanglier) y auraient été émis en 52 avant Jésus-Christ, en tout cas tout le nécessaire à ce monnayage fut découvert dans le bief de Landreville à hauteur du moulin.

Epoque mérovingienne

Un cimetière mérovingien a été découvert à Landreville. Le nom du village viendrait d'ailleurs du nom du seigneur mérovingien Landri, et signifierait littéralement "l'endroit de Landri".

Epoque médiévale

La première mention du village daterait de 1080 d'après une charte de l'abbaye de Mores..

Landreville proviendrait de la fusion de deux fiefs à l'époque du Moyen Âge : le fief Mailly, qui correspond à l'ancien quartier de la vieille halle, ainsi que le fiel Bouvrot situé autour de l'église. Il s'agissait de deux fiels distant de 300 mètres qui ont été réunis par le jeu des alliances et des mariages.

Pendant le Moyen Âge, le village se situait sur la ligne de frontière entre le domaine royal et la Bourgogne, alors antagoniste au pouvoir royal. Les troupes royalistes puis ducales, qui assiégeaient tour à tour la ville de Bar-sur-Seine, vivaient en pillant et volant les villages autour dont Landreville. La position géographique de Landreville l'a donc placée au cœur de frictions pendant plusieurs siècles.

Par le Traité d'Arras, signé en 1435, le roi de France Charles VII cède au duc de Bourgogne Philippe Le Bon plusieurs territoires dont le comté de Bar-sur-Seine qui inclut Landreville.

Landreville est devenu un village viticole avec l'arrivée de la vigne et a vendu son vin à la cour du Roi. La vigne est devenue une ressource pour les locaux jusqu'à aujourd'hui

Epoque contemporainevignette|Vue sur Landreville et ses vignobles depuis la colline du SuchotLandreville a été le témoin de nombreuses guerres des deux derniers siècles.

Le village a été le terrain de plusieurs batailles de la campagne de France de Napoléon.

Le village a été envahi par les Prussiens pendant 48 jours entre le et lors de la guerre de 1870, et une trentaine de morts fut recensée au sein de sa population.

Lors de la première guerre mondiale, le village a abrité un camp d'instruction des soldats dans lequel on apprenait à faire des tranchées. Le village a perdu une cinquantaine d'hommes mort au combat.

Durant la seconde guerre mondiale, les Allemands ont établi un camp à Landreville. Six landrevillois ont perdu la vie lors de cette guerre.

En 1924, l'abbé Jactat relança le culte de Sainte Béline, jeune bergère qui refusa les avances du seigneur de Landreville, fut décapitée par celui-ci puis canonisée 50 ans après sa mort. L'abbé Jactat restaura la chapelle Sainte Béline, construite sur l'ancienne demeure de la bergère, et fit construire la fontaine Sainte Béline sur son lieu de martyre, ainsi qu'un calvaire quelques mètres derrière. Ces deux monuments furent un lieu de culte et de pèlerinage importants jusque dans les années 1970. Les processions débutaient par une messe à l'église de Landreville, suivie d'une autre à la chapelle Sainte Béline, puis d'un discours à la fontaine et au calvaire..

Révolte des vignerons de la Champagne en 1911