Les carabiniers à cheval sont un corps de cavalerie lourde français créé sous l'Ancien Régime et en service jusqu'à la fin du Second Empire.
Leurs origines remontent au milieu du , quand ils sont formés pour être des unités d'élite de la cavalerie légère, armés de carabines. Ils progressent ensuite vers un statut semi-autonome au cours du . Ils ne deviennent des unités indépendantes qu'en 1788, lorsque deux régiments de carabiniers sont mis sur pied. À partir des guerres de la Révolution, ils deviennent les régiments de cavalerie lourde d'élite de l'armée française et se font remarquer pendant les guerres du Premier et du Second Empire, avant d'être dissous en 1871 après la chute de ce dernier.
Ancien Régime
Les carabiniers français sont pour la première fois mentionnés à la bataille de Neerwinden en 1693, sous les ordres du prince de Conti..
Organisation
Une ordonnance du crée deux carabiniers dans chaque compagnie de cavalerieSusane, I, . Ces carabiniers touchent une solde supérieure à celle des autres cavaliers. Le , les carabiniers sont réunis en compagnie distincte au sein de chaque régiment de cavalerie. Après Neerwinden, où les compagnies de carabiniers, réunies sous le commandement du mestre de camp du Royal-Roussillon, le marquis de Beaufort, avaient montré leur valeur, Louis XIV décide de les rassembler en un seul régiment : Royal-CarabiniersSusane, I, .. C'est l'objet de l'ordonnance du Susane, II, ..
Les 100 compagnies sont réunies en 5 brigades de 20 compagnies. Ce régiment, pléthorique, est mis sous les ordres du duc du Maine, fils de Madame de Montespan. Il prend rang après les régiments de la Reine et des princes du sang, c'est-à-dire le de la listeSusane, II, .. À cette date, les carabiniers combattent comme les dragons, à pied ou à cheval.
En 1741, le régiment est donné au comte de ProvenceIl est âgé de 3 ans… Ce qui conduit à la création de l'inspecteur-commandant des carabiniers qui commande réellement.. Il recule alors au et perd son titre de RoyalSusane, I, .. Les brigades du corps des carabiniers sont souvent dispersées dans les différentes arméesSusane, I, ..
Le corps est élargi à dix escadrons au début de la guerre de Sept Ans. Avec ses 25 compagnies, il a alors une force équivalente à celle de cinq régiments de cavalerieSusane, I, .. Le dépôt de Strasbourg sera celui des carabiniers pendant plus d'un siècle. Le , le corps royal est rebaptisé en Carabiniers royaux de Monsieur le comte de Provence. En 1762, les carabiniers passent à trente escadrons répartis en cinq brigades. En 1776, ils ne constituent plus qu'un seul régiment de huit escadrons comprenant chacun .. En 1779, ils sont de nouveau répartis en deux brigades de cinq escadrons pour un total de .
Campagnes
, Prague 1743, Dettingen 1746, Raucoux 1747, Lawfeld 1755, Crefeld
Uniformes
Jusqu'en 1763, les carabiniers ont l'habit bleu, avec collet et manteau de même couleur. La doublure de l'habit et les parements sont rouges. Les boutons sont en étain, groupés par trois. Les manches et les épaulettes sont galonnées d'argent, comme le chapeau. La cocarde est noire. La veste et la culotte sont en peau. L'équipement de cheval est bleu bordé d'argentSusane, II, ..
En 1763, ils ont l'habit à la française, bleu avec revers, doublure et collet, rouges. Les parements et les boutonnières sont galonnées d'argent. L'équipage de cheval est bleu galonné de blanc.
Révolution et Premier Empire Organisation
En 1788, les carabiniers sont définitivement organisés en deux régiments de quatre escadrons.
En 1804, Napoléon nomme son frère Louis colonel-général des carabiniers. En 1805, le compte et le , sous-officiers et soldats.. En , l'effectif passe à .
Uniformes
vignette|Portrait de carabinier, par Théodore Géricault (vers 1812, musée du Louvre).
Jusqu’en 1809, les carabiniers portent « l'habit bleu national, les parements et les revers écarlate, le collet bleu, le bonnet d'oursin, la bandoulière et le ceinturon jaune bordés d'un galon blanc »État militaire de 1802..
En , Napoléon publie un décret instaurant pour les carabiniers un nouvel uniforme : l'habit blanc, une double cuirasse jaune en acier recouvert d'une feuille de cuivre, casque « à la Minerve » à visière et couvre-nuque surmonté d'un cimier de cuivre jaune orné d'une chenille de crin écarlate. Comme armement, les carabiniers disposent, en plus de leur sabre de cavalerie modèle 1803, d'une paire de pistolets ainsi que d'une carabine (qui est supprimée par la suite).
Campagnes
En 1805, les carabiniers impériaux sont engagés au cours de la campagne d'Allemagne contre les Russes et les Autrichiens. Ils chargent à Wertingen contre l'infanterie autrichienne. Présents à Elchingen, ils participent également à la bataille d'Austerlitz le où, menés par le général Nansouty, ils attaquent au centre les villages de Jirzikowitz et de Blaswitz, dispersent l'infanterie autrichienne et s'emparent de son artillerie.
En 1809, pendant la campagne d'Autriche, ils chargent à Eckmühl avec les cuirassiers des généraux Saint-Sulpice et Nansouty contre la cavalerie autrichienne, sont présents au siège de Ratisbonne et combattent une nouvelle fois à la bataille de Wagram.
décide le prince Louis, frère de l'Empereur et colonel-général du de carabiniers, de doter ses hommes d'une cuirasse dorée, et d'abandonner le bonnet d'ourson au profit du casque à visière.
Campagne de Russie
vignette|Les carabiniers à cheval pendant la campagne de Russie, par Édouard Detaille.
Les deux régiments de carabiniers sont engagés dans la campagne de Russie, intégrés à la de cuirassiers appartenant à la réserve de cavalerie du maréchal Murat.
Ils prennent une part importante à la bataille de la Moskova où, commandés par le général Defrance, ils se mesurent aux chevaliers-gardes russes en compagnie des cuirassiers du général Caulaincourt. Le fils du général Lariboisière, lieutenant au de carabiniers, est tué lors de la bataille.
À Winkowo, conduits par Murat en personne, ils culbutent le corps russe du général Baggovut. Le colonel Blancard, du de carabiniers, y est blessé d'un coup de feu.
Lors de la retraite de Russie, les deux régiments voient fondre leurs effectifs de manière drastique. Moins de trois cents hommes survivent.
Campagnes d'Allemagne et de France
En 1813, pendant la campagne d'Allemagne, ils participent à la bataille de Leipzig avec six escadrons à l'effectif, pour un total de trois cents cavaliers. Ils sont intégrés à la lourde du général d'Haugéranville, de la de cavalerie lourde du général Saint-Germain, appartenant au de cavalerie du général Sébastiani. Au cours de la bataille, ils sont chargés par des hussards hongrois. Les carabiniers paniquent et tournent bride dans un complet désordre. Les cuirassiers des et accourent et repoussent les cavaliers adversesLe sous-lieutenant Rilliet du est témoin de la scène : « […] Lorsque l'ennemi est à cent pas, les carabiniers font demi-tour, se précipitent en désordre sur le qu'ils entraînent dans leur fuite ; ces deux régiments se jettent sur le nôtre et entraînent le premier escadron, les deux autres tinrent fermes, et nous chargeâmes les hussards qui ne nous attendirent pas. […] ».
En 1814, au cours de la campagne de France, ils combattent à Brienne, Vauchamps, Laon, Arcis-sur-Aube et Fère-Champenoise. Faisant partie de la division Compans, les carabiniers s'illustrent également au cours des combats de Claye et de Villeparisis.
Waterloo
vignette|Cuirasse du carabinier François-Antoine Fauveau, trouée par un boulet de canon lors de la bataille de Waterloo.
Napoléon, revenu de son exil à l'île d'Elbe, lance la campagne de Belgique à laquelle participent les carabiniers. Le a lieu la bataille de Waterloo. Au cours des combats, les carabiniers sont tenus en réserve, tandis que les cuirassiers et la cavalerie de la Garde mènent des charges multiples contre l'infanterie de Wellington formée en carré sur le plateau de Mont-Saint-Jean. Cependant, après plusieurs heures d'affrontement, les escadrons français sont décimés et affaiblis. Le maréchal Ney décide alors d'engager les du général Blancard, qui constituent sa dernière réserve. Malgré les réticences de ce dernier, Ney s'élance de nouveau sur les bataillons anglais, mais cette ultime tentative ne réussit pas plus que les autres et les carabiniers doivent se retirer après avoir subi de lourdes pertes.
Officiers
vignette|Charles-Philippe de France, comte d'Artois, en uniforme de colonel général des carabiniers, par François Gérard (vers 1815, collection du château de Versailles).
1805 : François Borghèse 1807 : colonel Laroche 1808 : François Borghèse 1813 : colonel de Bailliencourt 1815 : colonel Rogé
1807 : colonel Blancard 1813 : colonel de Seve 1815 : colonel Beugnat
Officiers tués ou mortellement blessés entre 1805 et 1815 : 43
Officiers blessés entre 1805 et 1815 : 146
D'un Empire à l'autre
Restauration
Organisation Un seul régiment de carabiniers est conservé en 1815 sous le nom de « carabiniers de Monsieur ». En 1825, il est dédoublé.
Uniformes Campagnes
Second Empire
Organisation
En 1867, les 2 régiments de carabiniers sont fusionnés. Le nouveau régiment aligne 6 escadrons de 145 sabres. Pour les manœuvres, c'est toujours le règlement de 1829 qui s'applique. Comme le signale le colonel Dugué Mac Carthy, .
Uniformes
Les carabiniers portent toujours la cuirasse, et le casque à chenille.
Campagnes
Historique des garnisons et batailles
Ancien Régime
Révolution et Empire
1805 Austerlitz 1806 : Pretzlow 1806 : Lübeck 1807 : Ostrôlenka 1807 : Guttstadt (de nos jours Dobre Miasto) 1807 : Friedland 1809 : Eckmühl 1809 : Essling 1809 : Wagram 1812 : La Moskowa 1812 : Winkowo 1813 : Viazma 1813 : Dresde 1813 : Leipzig 1813 : Hanau 1814 : Montmirail 1814 : Troyes 1814 : Craonne 1814 : Laon 1814 : Reims 1815 : Quatre-Bras 1815 : WaterlooFrench Carabiniers and the Colonels Who Led Them 1792-1815
De la Restauration au Second Empire
Étendards
Ancien Régime
De 1716 à 1740, il y a un étendard par escadron.
Révolution & Empire
Batailles inscrites au revers du drapeau modèle 1812 : Austerlitz Iéna Eylau Friedland Eckmühl Wagram Après la campagne de Russie s'y ajoute la Moskova.
Restauration et Second Empire
Évolution de l'uniforme
Carabiniers
Articles connexes Réorganisation des corps de cavalerie français (1791) Carabinier Uniforme des carabiniers français (premier Empire) Cavalerie lourde Bataille d'Eckmühl Bataille de Winkowo
Notes et références
Notes
Références
Bibliographie
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Catégorie:Unité de cavalerie française dissoute Catégorie:Armée napoléonienne