Otto Geßler est un homme politique allemand, né le à Ludwigsbourg (Royaume de Wurtemberg) et mort le à Lindenberg im Allgäu (RFA).

Membre du Parti démocrate allemand (le DDP), il est maire de Ratisbonne de 1910 à 1914, maire de Nuremberg de 1913 à 1919 puis ministre de la Reconstruction de 1919 à 1921, ministre de l'Intérieur en 1925 et ministre de la Défense de 1920 à 1928.

Biographie Jeunesse et études De famille catholique de la petite bourgeoisie, Otto Geßler est le fils de Liberat Geßler, sous-officier, et de Karoline née Späth. En 1887, la famille s'installe à Lindau où le père obtient le poste d'administrateur du château Moos Hermann Stoller, Reichswehrminister Otto Geßler, Jahrbuch des Landkreises Lindau, 2005, .. Ses résultats scolaires étant médiocres, Geßler est envoyé auprès d'un cordonnier pour y faire un apprentissage. Il supplie son père de réintégrer l'école qui l'envoie à grands frais à Dillingen où il obtient son baccalauréat en 1894. Même si son père aurait voulu qu'il soit étudiant en théologie, Geßler étudie le droit à l'université d'Erlangen (où il est membre de la Studentenverbindung musicienne AMV Fridericiana Erlangen), Tübingen et Leipzig. Comme il le souligne dans ses mémoires, il garde de cette période un très fort attachement à ses camarades : Cité dans : Otto Geßler (Ed. Kurt Sendtner), Reichswehrpolitik in der Weimarer Zeit, Deutsche Vlg., 1958, .. Avec l'aide de ces derniers, il parvient à obtenir le premier examen d'État en 1898. Il est alors âgé de et s'engage pour un an au d'infanterie de Bavière. Une suppuration du sinus frontal fait qu'il est réformé. Tout fonctionnaire doit avoir servi au moins un an, la carrière administrative lui est donc à présent ouverte. Plus tard, il pensera toutefois que le fait qu'il n'ait jamais pu atteindre le grade d'officier a été un handicap dans ses fonctions de ministre Otto Geßler, op. cit., .. Il passe sa thèse sur l'importance juridique du budget de l'État avec la mention summa cum laude à Erlanden en 1900 Otto Geßler, op. cit., .. Trois ans plus tard, il épouse Maria Helmschrott, fille d'un fonctionnaire de l'administration fiscale en poste à Dillingen Otto Geßler, op. cit., . avec qui il aura deux fils, un en 1904 et l'autre en 1907. La même année, en 1903, il est reçu septième au deuxième examen d'État de droit et commence son stage au ministère bavarois de la Justice.

Débuts en politique vignette|gauche|Hôtel de ville de Nuremberg En 1904, Geßler devient procureur à Straubing. C'est là qu'il fait la connaissance de Friedrich Naumann. Il emménage à Munich où il obtient un poste de juge au tribunal arbitral de la ville en 1906. C'est là que commence sa carrière politique lorsqu'il est choisi président d'un groupe de travail libéral. Quatre plus tard, il se porte candidat aux élections municipales de Ratisbonne après la mort subite du maire Alfons Auer le . Il est élu, signant la victoire des libéraux de gauche Peter Schmid, Geschichte der Stadt Regensburg, Volume 1, F. Pustet, 2000, .. Son mandat est marqué par une politique de lutte contre le chômage et par une volonté de développer l'industrie, en particulier l'industrie fluviale. Il soutient la Société fluviale du Danube et participe à la création de la en 1913. Il restera membre du conseil de surveillance jusqu'en 1934Otto Geßler, op. cit., .. Ses ambitions politiques le mènent à se présenter aux élections municipales de Nuremberg. Formant coalition avec le SPD, il est élu le Hermann Stoller, op. cit., . et prend ses fonctions d'Oberbürgermeister de la ville le . Sa carrière suit le déroulement caractéristique pour l'époque d'une carrière politique à l'échelon locale qui pouvait ensuite mener au niveau national comme ça sera son cas : Denis Menjot, Enjeux et expression de la politique municipale (- Siècles), Éditions L'Harmattan, 1997, ..

Il ne participe pas activement à la Première Guerre mondiale mais organise l'assistance de guerre en créant un bureau destiné à aider les habitants dans le besoin Gabriele Bussmann-Strelow, Kommunale Politik im Sozialstaat: Nürnberger Wohlfahrtspflege in der Weimarer Republik, Korn und Berg, 1997, .. Nuremberg est la deuxième ville de Bavière, Geßler doit donc gérer énormément plus de dossiers qu'à Ratisbonne. La guerre amplifie les choses. Il soutient les entreprises en créant une banque de crédit de guerre. L'entreprise MAN double le nombre de ses employés pour atteindre un effectif total de 9000, tout comme l'entreprise Gebr. Bing AG qui emploie 7000 personnes et devient l'une des plus grandes entreprises d'armement Martin Schieber, Geschichte Nürnbergs, Beck, 2007, .. Au sortir de la guerre, on lui propose même de devenir le directeur général de MAN AG mais il refuse, préférant se consacrer à sa carrière politique. Il poursuit la politique contre le chômage qu'il avait expérimentée à Ratisbonne. En , 9000 femmes sont employées Stadt Nürnberg, Quellen zur Geschichte und Kultur der Stadt Nürnberg, 1983, .. Sa proximité avec les socialistes permet que la transition qu'est la Révolution de novembre se passe plus pacifiquement que dans d'autres villes. La fin de sa carrière politique à l'échelle locale est marquée par la fondation du DDP en Hermann Stoller, op. cit., ..

Responsabilités gouvernementales En , Geßler accepte le poste qu'on lui offre comme ministre de la Reconstruction au sein du gouvernement Bauer. Le ministère est chargé d'appliquer les livraisons de matériel et de marchandises prévues par le traité de Versailles. Tout ce que l'Allemagne a pu confisquer durant le conflit, le ministère que dirige Geßler est chargé de le restituer. Si son poste ne lui apporte que peu de satisfaction, les évènements qui troublent les premières années de la république de Weimar vont être bénéfiques à sa carrière. En , le putsch de Kapp force le gouvernement à partir pour Dresde puis Stuttgart. Geßler se retrouve dans la même voiture que Friedrich Ebert, le président, Gustav Bauer, le chancelier, et Hermann Müller, le ministre des Affaires étrangères. À la suite d'une panne d'essence et étant le moins connu des quatre passagers, il est envoyé à la gare de Chemnitz pour arranger un voyage en train. Après ce service rendu, Geßler se sent désormais proche du président comme il l'écrit dans ses mémoires. Toutefois, Cité dans : Otto Geßler, op. cit., .. Ebert envoie donc son ministre de la Reconstruction à Berlin comme éclaireur. Après que le gouvernement s'est réinstallé dans la capitale, le ministre de la Défense Gustav Noske est contraint à la démission. Ebert fait nommer Geßler à sa place.

vignette|Geßler dans le gouvernement Marx IV en 1927 Ce poste, Geßler va le conserver sous plusieurs chanceliers même s'il exprime ouvertement ses doutes face à cette nouvelle tâche à laquelle il ne se sent pas à la hauteur Hermann Stoller, op. cit., -8.. Sa fidélité envers Ebert est sans faille, il veut lui l'aider tant par sa fonction de ministre mais aussi l'aider Otto Geßler, op. cit., .. Geßler veut rendre l'armée plus efficace, une armée qui ne soit plus autant impliquée dans la vie politique qu'elle l'est à l'époque. Son ambition est de créer une Reichswehr neutre et au-dessus de tous les partis. Le , l'état d'urgence est décrété à la suite des évènements en Bavière. Comme le prévoit la loi, on délègue à Geßler de manière provisoire le pouvoir exécutifKarl Dietrich Bracher, Hitler et la dictature allemande: naissance, structure et conséquences du National-Socialisme, Éditions complexe, 1995, .. Deux ans plus tard, en 1925, Ebert meurt soudainement. Geßler se porte alors candidat à la succession du président. La candidature échoue avant tout à cause de la résistance que lui oppose le chancelier Gustav Stresemann. Paul von Hindenburg est élu et renouvelle à Geßler la confiance que lui portait Ebert. En , Geßler parvient à faire renvoyer Seeckt. Malgré de nombreux changements de gouvernement, il reste à son poste pendant huit ans.

Lorsque le DDP entre dans l'opposition parlementaire au début de l'année 1927, Geßler quitte le parti. À cette époque, il est de plus en plus l'objet d'attaques de la part du SPD. On lui reproche d'avoir été proche des cercles de droite et des industriels.

Retrait de la vie politique vignette|upright|gauche|Geßler et son successeur Groener en 1928. À cause des reproches d'irrégularités financières au sein de son ministère en rapport avec l'armement secret de la Reichswehr, l'affaire Lohmann, Geßler est contraint à la démission en . Officiellement, ce sont des raisons de santé qui sont invoquées. Wilhelm Groener le remplace. De 1928 à 1933, il s'engage alors comme président du Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge et du Bund zur Erneuerung des Reiches.

Après la prise de pouvoir des nationaux-socialistes en 1933, il se retire de la politique. Il est mis au courant des projets de la résistance et on prévoit de le nommer chargé politique dans le Wehrkreis VII (Munich) en cas de réussite d'un coup d'État. Après l'attentat du 20 juillet 1944 contre Hitler, il est arrêté, torturé et interné au camp de Ravensbrück jusqu'au .

Au sortir de la guerre, il devient le conseiller du ministre-président bavarois Fritz Schäffer. En 1952, il quitte son poste de président de la Croix Rouge allemande qu'il dirigeait depuis 1950. Il en reste le président d'honneur jusqu'à sa mort. Puis en 1955, il quitte la présidence de la Croix-Rouge bavaroise auquel il avait été nommé en 1941 ainsi que le Sénat bavarois où il était entré en 1950.

Honneurs 1952 : Grand officier de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne 1952 : Citoyen d'honneur Lindenberg im Allgäu

Œuvres Reichswehrpolitik in der Weimarer Zeit. Stuttgart 1958 Auf dem Nürnberger Bürgermeisterstuhl im Weltkrieg. 1914 - 1918. In: Festgabe für Seine Königliche Hoheit Kronprinz Rupprecht. Verlag Bayerisch Heimatforschung, München 1953, .

Bibliographie : Reichswehrpolitik in der Weimarer Republik. Dans: ', Jg. 6 (1959), p. 145–152. Harold J. Gordon: Die Reichswehr und die Weimarer Republik 1919–1926. Bernard & Graefe, Frankfurt a. M. 1959.

, Widerstand, Staatsstreich, Attentat. Der Kampf der Opposition gegen Hitler. München: Piper 1969, 1985 : Fünf Präsidenten des Deutschen Roten Kreuzes. Dans: Geist und Gestalt des Roten Kreuzes. 2. Auflage, Bonn 1988. , Reichswehrminister Otto Geßler. Eine Studie zu »unpolitischer« Militärpolitik in der Weimarer Republik''. Frankfurt a.M. 1998

Annexes

Références

Catégorie:Député du Reichstag (république de Weimar) Catégorie:Ministre de la Reconstruction de la république de Weimar Catégorie:Ministre de l'Intérieur de la république de Weimar Catégorie:Ministre de la Guerre de la république de Weimar Catégorie:Personnalité du Parti démocrate allemand Catégorie:Grand officier de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne Catégorie:Étudiant de l'université Friedrich-Alexander d'Erlangen-Nuremberg Catégorie:Étudiant de l'université de Tübingen Catégorie:Étudiant de l'université de Leipzig Catégorie:Bourgmestre en Allemagne Catégorie:Ratisbonne Catégorie:Nuremberg Catégorie:Personne torturée pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Survivant de Ravensbrück Catégorie:Naissance en février 1875 Catégorie:Naissance à Louisbourg (Allemagne) Catégorie:Naissance dans le royaume de Wurtemberg Catégorie:Décès en mars 1955 Catégorie:Décès à Lindenberg im Allgäu Catégorie:Décès à 80 ans