Ablaincourt-Pressoir est une commune française située dans le département de la Somme en région Hauts-de-France.
La commune actuelle résulte de la fusion, en 1966, de deux communes précédemment séparées administrativement.
Géographie Localisation Ablaincourt-Pressoir est un village picard du Vermandois et de la région naturelle du Santerre.
Limitrophe de Chaulnes, la localité est située à à l'est de Rosières-en-Santerre, au sud-ouest de Péronne, au nord de Roye, à l'ouest de Saint-Quentin, au sud-est d'Amiens et à au sud d'Arras, à vol d'oiseauDu centre du chef-lieu de la commune..
Géologie et relief
Le sol de la commune est composé de terres franches de nature argilo-calcaireNotice géographique et historique sur la commune d'Ablaincourt, rédigée par M. Vivot, instituteur, 1899, Archives départementales de la Somme.Notice géographique et historique sur la commune de Pressoir, rédigée par Madame Lecaillet, institutrice, 1898, Archives départementales de la Somme..
Le relief de la commune est celui d'un plateau limoneux, un peu encaissé au sud.
Hydrographie La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau.
vignette|redresse=1.2|centre|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique d'Ablaincourt-PressoirLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Rouvroy-en-Santerre à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Aménagement du territoire Hameaux et écarts : la commune se compose de deux villages principaux : Ablaincourt et Pressoir, villages détruits en totalité pendant la Première Guerre mondiale et reconstruits dans l'entre-deux-guerres.
Ablaincourt possédait également deux écarts : Bovent (parfois écrit Bouent) et Gomicourt, visibles sur le cadastre napoléonien et la carte d'état-majorIls sont répertoriés par exemple comme « Ablincourt, Bouent & Gomicourt » dans le tableau des paroisses de l'élection de Péronne dans le Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France d'Expilly à l'article Péronne (tome 5) mais disparus aujourd'hui.
Urbanisme
Typologie Au , Ablaincourt-Pressoir est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (88,5 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (95,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (88,5 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (7,2 %), zones urbanisées (4,4 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communication et transports
Transport routier L'A1 (Paris – Lille) et l'A29 (Le Havre – Saint-Quentin) se croisent sur le territoire de la commune, l'échangeur d'accès à l'A 1 se trouvant sur le territoire de la commune d'Estrées-Deniécourt. Une bretelle de raccord entre les deux autoroutes permet la desserte de la gare TGV-Haute-Picardie par l'A29. De plus, deux importantes routes départementales passent à proximité : au nord, la D 1029 (Amiens – Saint-Quentin) ; au sud, la D 337 (permettant des liaisons Amiens – Nesle – Chaulnes – Ham – Tergnier / Chauny – Laon).
Transport ferroviaire La gare internationale TGV Haute-Picardie se situe en partie sur le territoire de la commune. Elle offre des liaisons avec Bruxelles ainsi que plusieurs grandes métropoles françaises, à l'exception notable de Paris intra-muros. Par dérision, elle est surnommée la « gare des betteraves ». Elle est située sur la LGV Nord et sans raccordement (excepté celui de service) ni correspondance avec la ligne classique Amiens – Laon / Saint-Quentin, pourtant située à environ au sud (à Chaulnes).
Toponymie Ablaincourt-Pressoir est née de la fusion des communes d'Ablaincourt et de Pressoir en 1966.
Ablaincourt Le nom de la localité est attesté sous la forme Habelinicurt en 1044Dans une bulle de Grégoire VI.., AblincurtDans le cartulaire de Prémontré..
Il s'agit d'une formation toponymique médiévale en -court au sens ancien de « cour de ferme, ferme ». L'appellatif court correspond à l'appellatif germanique hof (-hoff, -hoven) de même sens. Il est issu du gallo-roman CORTE (bas latin cortem), forme contractée du latin cohors, cohortis cf. aussi curtis.
La premier élément Ablain- représente un anthroponyme germanique conformément au cas général qui veut que l'appellatif -court soit le plus souvent précédé d'un nom de personne germanique au cas régime.
Il peut s'agir d'Abbelin ou d'AbelinusErnest_Nègre, Toponymie générale de la France, Librairie Droz, Genève, p. 880, n° 1595 (avec la désinence latine -us des textes écrits en latin médiéval qui n'a pas de réalité autre que littéraire).
Pressoir Pour désigner Pressoir on rencontre : Pressurs, Presur en 1180, pour devenir Pressoir. Il n'est pas certain que ce toponymie soit lié à la présence d'un pressoir à vinAbbé Paul Decagny, Histoire de l'arrondissement de Péronne et de plusieurs localités circonvoisines, 1865 - réédition partielle sous le titre : Chaulnes et ses environs, Paris, Le Livre d'histoire Rassorts Lorisse, 2006 ..
Ablaincourt-Pressor en picard.
Histoire Moyen Âge Ablaincourt Un aveu de 1215 mentionne la présence, à Bleincourt (Ablaincourt), d'un château fort construit sur une motte féodale. Eustache, fils de Jean de Bleincourt, seigneur d'Ablaincourt devait l'hommage féodal à Jean de Nesle.
Au , la seigneurie d'Ablaincourt appartint à la famille Foursy de Mont-Saint-Jean. La seigneurie passa ensuite par mariage à la famille de Blottefière.
En 1648, la famille de Blottefière céda son fief d'Ablaincourt à la famille Mathieu. Le duc de Chaulnes possédait une partie des terres d'Ablaincourt.
En 1720, Jacques Bruhier était seigneur d'Ablaincourt.
Gomiécourt Le hameau de Gomiécourt eut un seigneur comme en témoigne une bulle de Pascal II de 1106 confirmant la possession par l'abbaye du Mont Saint-Quentin de la dîme des terres de Robert de Mauvoisin de Gomiecourt. En 1215, les seigneurs de Gomiecourt durent l'hommage à Jean de Nesle.
Bovent Le hameau de Bovent eut lui aussi son seigneur. En 1171, Baudoin II de Boulogne, évêque de Noyon confirma la donation par Imbert de Bovent d'un cens de aux frères hospitaliers d'Éterpigny. Dans le cartulaire du prieuré de Lihons-en-Santerre, figurent des chartes des seigneurs de Bovent de 1230 et 1307.
Au , la seigneurie de Bovent passa à la famille Vaillant, dont l'un des membres fut mayeur de Péronne en 1633. Elle y resta jusqu'au .
Pressoir Une charte de 1204 mentionne le nom de Robert du Pressoir.
Époque moderne Le , dans un aveu de la seigneurie de Villers-Carbonnel, Jeanne Gosson, veuve de Pierre d'Amerval, mentionne le fief de Pressoir comme appartenant à Charles de Faÿ, écuyer.
La seigneurie de Pressoir passa ensuite à la famille de Créquy puis au duc de Chaulnes.
Époque contemporaine Les communes de Bovent et de Gomiécourt, instituées lors de la Révolution française, sont absorbées entre 1790 et 1794 par celle d'Ablaincourt.
Première Guerre mondiale
1914 Le , à l'arrivée des Allemands, la population excepté le maire s'était enfuie. Après la bataille de la Marne, les habitants revinrent dans leur village. Les troupes allemandes et françaises occupent alternativement les deux communes. À partir du , les Allemands s'installent dans les villages. Les hommes sont tous enfermés dans l'église avec 90 habitants de Vermandovillers puis les hommes valides furent emmenés à Misery et Péronne puis les plus jeunes seront envoyés en Allemagne dans des camps de travail. Dans la nuit du 29 au , 84 femmes de Vermandovillers avec leurs enfants furent réparties dans les maisons d'Ablaincourt par les Allemands.
En , le hameau de Bovent fut totalement détruit par des tirs d'artillerie.
Bataille de la Somme
Les villages d'Ablaincourt et de Pressoir étaient situés sur la deuxième ligne de front allemande. Le , les tirs d'artillerie intenses que subirent les villages obligea les Allemands à évacuer la population civile à Monchy-Lagache au début de la bataille de la Somme. Cette évacuation à pied sous les bombardements fit cinq victimes civiles. Défendus par un blockhaus, quinze batteries de canons et quarante mitrailleuses, Ablaincourt et Pressoir changèrent plusieurs fois de mains au cours des combats. Le , Génermont fut reprise par les Français, le ce fut au tour d'Ablaincourt et de Pressoir d'être reprises par les soldats des et d'infanterie. Les Allemands lancèrent une contre-offensive le , sans succès.
Fin de la Première Guerre mondiale En , l'armée britannique prit la relève de l'armée française dans ce secteur du front.
Le , les Allemands lancèrent leur dernière grande offensive au cours de la bataille du Kaiser. Les troupes australiennes libérèrent Ablaincourt et Pressoir à la fin du mois d'Francine François-Dejuine, 1914-1924, 26 communes dans la tourmente, Inval-Boiron, La Vague verte, collection "Souvenance", 2007 ..
Entre-deux-guerres
Les deux communes d'Ablaincourt et de Pressoir étaient totalement ravagées. Les hameaux de Gomiécourt et de Bovent n'ont pas été reconstruits« Bovent », sur santerre20142018.com (consulté le 18 janvier 2015).. Il ne subsiste de cette époque que les vestiges d'une tour d'observation allemande en brique.
Seconde Guerre mondiale