Bonneville est une commune française située dans le département de la Somme en région Hauts-de-France.

Géographie vignette|gauche|La place du village vue du ciel en 2012. Localisation Bonneville est un village picard de l'Amiénois. À vol d'oiseauDu centre du chef-lieu de la commune., la localité est située à au sud-est de Bernaville, à l'est de Domart-en-Ponthieu , au sud-ouest de Doullens, au nord d'Amiens, à l'est d'Abbeville et à au sud-ouest d'Arras.

Géologie et relief Le territoire de Bonneville situé sur un plateau calcaire à d'altitude moyenne a une superficie de et des altitudes variant de 110 à : Le point culminant est situé au lieu-dit le Grand Champ, entre Candas et Valheureux, le point le plus bas se trouve au lieu-dit le Fossé des Camuches.

Le territoire est bordé de bois au sud, limitant les territoires de Canaples et de Naours.

Hydrographie La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de BonnevilleLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Bernaville à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Bonneville est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Amiens, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (80 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (80,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (71,1 %), forêts (16,4 %), prairies (8,9 %), zones urbanisées (3,6 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Lieux-dits et écarts Au remembrement de 1955, le territoire est divisé en , ces noms sont tous antérieurs au cadastre de Napoléon , plusieurs remontent au Moyen Âge.

Voies de communications et transports En 2019, la localité est desservie par la ligne d'autocars (Doullens - Domart-en-Ponthieu) du réseau inter-urbain Trans'80, Hauts-de-France, tous les jours sauf le dimanche et les jours fériés, la ligne , le jeudi, jour de marché à Doullens et la ligne mène à Amiens..

Toponymie C'est aux environs du que fut mentionné pour la première fois le nom de Bonna-villa ; puis Bona villa au ; Bonneville en 1507 ; Boneville en 1733Jacques Garnier, Dictionnaire topographique de la Somme, t. 1, Paris / Amiens 1867 - 1878, p. 139 (lire en ligne sur DicoTopo) ..

L'ancien français bonne avait déjà son sens actuel, et ville, qui est souvent issu en toponymie de son sens originel de « domaine rural » (du latin villa rustica), pourrait ici avoir le sens plus tardif de « village ».

Histoire Moyen Âge

À la fin du , l'abbaye Saint-Pierre de Corbie est propriétaire des terres de Bonneville. Dans une grande clairière de l'immense forêt de La Vicogne, allant de Bapaume à L'Étoile et de Outrebois à Naours, ces Bénédictins font édifier un manoir à l'emplacement du château actuel. Ce manoir était initialement entouré de huit fermes. Lorsqu'il y eut , ils construisent une chapelle à l'entrée de la rue d'Aumont.

Lors des Invasions normandes, entre 881 et 900, de nombreux pillages ont lieu dans les villages environnants.

Le village aurait beaucoup souffert pendant la Guerre de Cent Ans, notamment en 1368 et 1387.

La première église, de style roman, est construite en 1085, avec une seule nef et un chœur. Le coq en haut du clocher culminait à .Depuis les origines, c'était toujours un religieux bénédictin, Templier ou Hospitalier qui assure les offices catholiques à Bonneville. L'église est restaurée en 1499.

Une léproserie, un couvent un prieuré et des moulins en pierre ont existé à Bonneville, ainsi que des souterrains refuges dont il est fait mention en 1697. De tout cela il ne reste aucune trace. Les Templiers et les Hospitaliers

En 1197, les Templiers installés à Fieffes succèdent aux Bénédictins et font de Bonneville une succursale. L'ordre des Templiers est supprimé en 1311 par le pape Clément V. Leurs biens passent aux mains des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Le maître prend alors le titre de commandeur de Fieffes et BonnevilleEugène Mannier, Les commanderies du grand-prieuré de France, 1872, Paris, Aubry et Dumoulin, p. 642.

Au Bonneville était une dépendance de Fieffes. Les habitants de la paroisse devaient donner au commandeur une gerbe de blé pour chaque maison et cela pour avoir une messe les dimanches et aux fêtes solennelles dans leur chapelle du village. Mais pour les fêtes de Pâques, de Noël et de la saint Pierre où ils devaient venir dans l'église paroissiale de Fieffes.

Époque moderne

Pendant les Guerres de Religion (France), de 1570 à 1590, peu de heurts nous sont parvenus, malgré la présence d'une forte communauté protestante.

Lors de la Guerre de Trente Ans, le terrible Jean de Werth à la tête des Espagnols pille le village.

La paroisse est créée en 1759' par de la Motte, évêque d'Amiens dont le premier curé officiel est l'abbé Fayel. De 1698 à 1937, sont en poste à Bonneville.

Une école est signalée en 1770. Dirigée par une religieuse, cette école est à la Révolution.

Jusqu'en 1792, Bonneville a vécu sous le régime des seigneurs Riqueval, qui exercent encore aujourd'hui une grande influence dans la communauté bonnevilloise.

Époque contemporaine

Au début de la période révolutionnaire, de 1789 à 1799, les villageois, attachés à leurs convictions religieuses et respectueux du seigneur de Bonneville, restent calmes. Néanmoins, les biens seigneuriaux (le château et de terres) sont vendus le comme biens nationaux.

A la fin de l'épopée napoléonienne, lors de la Campagne de France, le village est occupé et pillé par les cosaques en 1814.

Quatre soldats originaires du village sont tués aux campagnes de Napoléon

Restauration et monarchie de Juillet Au début du , on en compte du culte réformé qui célébraient leur culte dans une maison de la rue de Fieffes. Leurs grandes cérémonies avaient lieu à Havernas, alors que le pasteur résidait à Contay.

La première école officielle est ouverte en 1822 dans une maison de la rue d'Aumont. Placée sous le contrôle ecclésiastique, elle n'est pas laïque et, en 1830 un scandale éclate dans l'église entre l'abbé Lambert et l'instituteur Jules Vésier. Ils sont tous deux révoqués par Gallien de Chambon, évêque d'Amiens. En 1840, Florine Titren obtient l'autorisation d'ouvrir à ses frais, dans sa maison de la rue de Fieffes, une classe pour les jeunes filles. Les classes se déroulaient du au .

En 1835, le s'inquiète de la vétusté de l'église et décide de la consolider, ce qui ne suffit pas, puisqu'en 1853, un architecte conseil de démolir l'église qui se dégrade de plus en plus.

Second Empire et guerre de 1870-1871 Le premier instituteur laïc est nommé le , et, en 1864, une bibliothèque est ouverte, les premiers cours d'adultes sont donnés. Toutefois, en 1868, le préfet ordonne la fermeture de l'école qui tombe en ruines. La commune achète un terrain au milieu de la rue de Montrelet, pour y construire des classes garçons et filles avec logement de fonction et mairie. Les travaux commencent en octobre, permettant l'ouverture du nouvel équipement le .

Lors de la Guerre franco-allemande de 1870, les Prussiens occupent le village en 1871 et commettent des exactions. Deus soldats originaires de la commune sont tués pendant la guerre.

Début de la République et Première Guerre mondiale En exécution des Lois Jules Ferry, l'enseignement devient laïc, obligatoire et gratuit en 1882. L'instituteur devient alors un personnage important du village et est souvent le bras droit du maire, souvent secrétaire de mairie.

Compte tenu du mauvais état de l'église, signalé depuis des décennies, Sulpice Lefèvre, alors maire, fait don en 1874 de son manoir à l'entrée droite de la rue d'Aumont, à condition d'y construire une église. Le manoir devra servir de presbytère. En 1894, l'ancienne église menace de s'écrouler. Le décide la construction d'une nouvelle. Un premier plan est soumis, tenant compte d'une population de 785 habitants dont environ 500 fidèles, mais ce projet, jugé trop onéreux, est refusé en 1895 et un second projet est établi et approuvé. Le chantier débute le et la nouvelle église est consacrée le . L'ancien édifice est démonté en 1899 et ses gravats servent au nivellement de la place.

Un soldat de la commune est tué en 1885 lors de l'Expédition du Tonkin.

Pendant la Première Guerre mondiale, les soldats anglais et américains cantonnent jusqu'en 1919. L'église est bombardée en 1918 par un avion allemand. Trente Bonnevillois sont morts pour la France pendant la Grande Guerre.

Seconde Guerre mondiale Pendant la Drôle de guerre, en 1939-1940, les soldats anglais cantonnent quelque temps dans le village, mais, lors de la campagne de France, le , les Allemands arrivent dans le village et l'occupent durant l'été jusqu'en .

Deux des quatre clochetons s'écrasent de l'église au sol à la suite d'une tempête. On pose trois vitraux dans le chœur, au centre sainte Anne, patronne de la paroisse, à gauche la Vierge et l'Enfant offert par la famille Outrebon-Lamory, à droite saint Joachim offert par la famille Gustave Vignon.