Nicolas II d’Este ou Niccolò II d’Este (1338-1388), dit lo Zoppo (le boiteux) est un condottiere et homme politique italien membre de la maison d'Este, marquis de Ferrare d'abord avec son frère Aldobrandino, puis seul après son décès.
Enfance et accession au pouvoir Nicolas d'Este, second du nom, naît à Ferrare le de l'union illégitime d'Obizzo III, seigneur de Ferrare et de Lippa, fille de Giacomo Ariosto.
Il assiste son frère aîné Aldobrandino III quand celui-ci accède au pouvoir à la mort de leur père (1352). Aldobrandino une fois disparu (1361), Nicolas lui succède à la tête de la famille d'Este et de ses fonctions politiques.
Reconnu et investi à la fois par l'Empire et par la Papauté, il commence par infléchir les alliances alors en vigueur, rompant le lien qui lie Ferrare à Milan.
En 1362, il s'assure du soutien de Padoue. La même année, il marie sa sœur Costanza à Ungaro Malatesta, seigneur de Rimini, tandis qu'en 1863, la fille de ce dernier épouse Ugo d'Este, le frère de Nicolas.
Le , Nicolas épouse Verde della Scala, fille de Mastino [II] et sœur de Cansignorio, dynastes de Vérone.
Il parachève son travail en obtenant du cardinal Egidio Albornoz les terres de Nonantola, Bazzano et PonzanoEn remboursement d'un prêt autrefois accordé à l'Église par son frère Aldobrandino., les réunissant à la province de Modène.
Contre les Visconti L'affrontement entre les Visconti et une première ligue anti-viscontéenne (), amène, après deux années de combats, à un traité (). Nicolas le jugeant insatisfaisant, il se rend à Avignon, en , pour demander au pape Urbain V d'intervenir en Italie. En 1367, celui-ci est à Rome, où une nouvelle ligue anti-viscontéenne est formée ()Nicolas II est nommé, à cette occasion, « gonfalonier de l'Église »..
La maison d'Este est en première ligne pendant toute la durée des hostilités lorsqu'elles reprennent, moyennant quelques trêves, sous l'impulsion d'Urbain V (ligue guelfe du ) ou de Grégoire XI, son successeur (ligue de Bologne du ).
La situation étant venue à se compliquer du fait d'un différend entre Florence et la PapautéLa Guerre des Huit Saints (1375-1378), qui aboutit au Grand Schisme d'Occident et à la fin de la papauté d'Avignon., Nicolas parvient à en tirer avantage : il se fait remettre par l'archevêque de Ravenne, incapable de les défendre, la ville de Lugo et la villa di San Potito (1376) et achète à un condottiere qui s'en est rendu maître Bagnacavallo et Cotignola, puis FaenzaCette dernière lui sera enlevée, en juillet 1377, par Astorgio Manfredi..
Ces gains territoriaux confortent une position de premier plan en Italie du nord et en Romagne. Nicolas poursuit cette politique opportuniste quand Gênes et Venise s'affrontent en 1378, aidant secrètement la seconde qui lui offre, en échange, la ca' Pesaro di San Giacomo dell'Orio à Venise ().
Au début de l'année 1385, il profite d'une expédition de soutien à Bologne, agressée par le comte de Barbiano, pour s'emparer de la forteresse de Conselice, puis de celle de Zagonara.
Révolte fiscale et construction du Castelvecchio Nicolas II est un seigneur lettré et ami de Pétrarque. Doté d'un fort tempérament, il a une réputation de séducteur et ses bâtards sont innombrables.
En 1385, après des années de guerre et une longue série d'épidémiesLa peste frappe en 1382, emportant un tiers dela population de Ferrare., des catastrophes naturellesInondations du Pô en 1362, 1369 et 1385 ; disettes en 1369, 1370, 1374 et 1375. et une politique fiscale intolérable pour la population, Nicolas doit affronter un violent soulèvement populaire.
Le , les Ferrarais envahissent la chancellerie et, après l'avoir dévastée, exigent la tête de Tommaso da Tortona, juge du conseil des SagesLes Savi., qu'ils considèrent comme le responsable de la politique fiscale. Nicolas, prenant la mesure de la révolte, remet le juge aux émeutiers, abolit les mesures les plus odieuses et entreprend de réformer la fiscalité. Mais il châtie aussi impitoyablement les fauteurs de troubles et décide de se protéger, à l'avenir, de semblables émeutes.
Le , il emprunte aux seigneurs de Mantoue la somme de 25 000 ducats, convoque l'architecte Bernardino Ploti da Novara et lui commande les plans du castello di San MicheleAujourd'hui Castelvecchio., une forteresse bâtie au centre de la cité, non loin de la cathédrale, et tournée non contre l'ennemi extérieur, mais contre la population. Construit sur la muraille de l'enceinte, ce château est un refuge potentiel pour la dynastie en cas d'attaque extérieure ou de révolte.
Postérité Tout en renforçant, sur le plan extérieur, la position de la maison d'Este parmi les potentats de l'Italie du nord, Nicolas rétablit l'autorité de sa dynastie sur ses propres terres, corrigeant les dérives et redéfinissant, l'une après l'autre, les relations féodales qui la lient à la noblesse localeIl oblige ses féodaux à lui céder formellement leurs terres, pour les leurs concéder en fief à des conditions redéfinies contractuellement en détail..
Pendant son passage aux affaires, Nicolas fait embellir et moderniser Ferrare, paver les rues, édifier des monuments et fortifier la ville.
Nicolas II d'Este meurt à Ferrare le , laissant deux enfants : Rinaldo, (né en 1371), et Taddea (née en 1365).
Son frère Alberto V d'Este, lui succèdeAntonio Menniti Ippolito. Este, Niccolò d'. Dizionario Biografico degli Italiani. Treccani. Volume 43, 1993..
Généalogie sommaire de la maison d'Este du temps de Nicolas II
Postérité politique de Nicolas II
Le , la famille d'Este quitte définitivement Ferrare et se replie sur Modène.
Bibliographie L. A. Muratori. Delle antichità Estensi. 1717, Modena; G. B. Pigna. Historia dei Principi d'Este. 1570, Ferrara.
Notes et références le 11/10/2012.
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