Estrées-Deniécourt est une commune française située dans le département de la Somme, en région Hauts-de-France.

Elle a été dévastée par les deux guerres mondiales du et reconstruite à chaque fois.

Géographie Localisation Estrées-Deniécourt est un village picard du Vermandois et de la région naturelle du Santerre.

À vol d'oiseauDu centre du chef-lieu de la commune., la localité est située à au nord de Chaulnes, au sud-est de Bray-sur-Somme, au sud-ouest de Péronne, au sud-est d'Albert, au nord de Roye, à l'ouest de Saint-Quentin, à l'est d'Amiens et à au sud d'Arras.

Géologie et relief La superficie de la commune est de ; son altitude varie de .

Le relief de la commune est celui d'un plateau un peu encaissé au centre du territoire communal, dont le sol est argilo-siliceux et caillouteux au nord-estNotice géographique et historique sur la commune d'Estrées-Deniécourt, rédigée par M. Leroy, instituteur, 189?, Archives départementales de la Somme.

Hydrographie La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle n'est drainée par aucun cours d'eau.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique d'Estrées-DeniécourtLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Estrées-Mons à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Estrées-Deniécourt est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Péronne, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (85,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (93,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (81,8 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (8,3 %), zones urbanisées (4,6 %), zones agricoles hétérogènes (3,9 %), forêts (1,4 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..

Habitat et logement En 2020, le nombre total de logements dans la commune était de 155, alors qu'il était de 153 en 2015 et de 128 en 2010.

Parmi ces logements, 86,4 % étaient des résidences principales, 0 % des résidences secondaires et 13,6 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 95,7 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 4,3 % des appartements..

Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Estrées-Deniécourt en 2020 en comparaison avec celle de la Somme et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi l'absence de résidences secondaires et logements occasionnels, à comparer à la proportioon départemetale (8,4 %) et de la France entière (9,7 %). Concernant le statut d'occupation de ces logements, 68 % des habitants de la commune sont propriétaires de leur logement (62,2 % en 2015), contre 60 % pour la Somme et 57,5 pour la France entière..

+ Le logement à Estrées-Deniécourt en 2020. Typologie Estrées-Deniécourt. Somme. France entière. Résidences principales (en %)86,483,282,1 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)08,49,7 Logements vacants (en %)13,68,48,2

Voies de communication et transports La commune est située à l'intersection des autoroutes A1 (Paris – Lille) et A29 (Le Havre – Saint-Quentin) et à proximité de la gare TGV Haute-Picardie, dont une partie est située sur le territoire communal.

La rue dfe Nesle (RD 79), qui donne accès à Chaulnes et Rosières-en-Santerre, est également très fréquentée et supporte un trafic moyen journalier en 2020 de plus de 500 poids lourds (dont une partie liée à la plateforme logistique dIntermarché à Ablaincourt-Pressoir) et 1 500 véhicules légers..

En 2019, la localité est desservie par les autocars du réseau inter-urbain Trans'80, Hauts-de-France (lignes et )..

Toponymie Estrées Estrée est un mot d'ancien français, issu du latin strata (via), qui désignait une « voie couverte de pierres plates », par opposition à rupta (via) qualifiant une « route ». Il s'est conservé dans la plupart des langues romanes (cf. l'italien et le roumain strada) et a été emprunté par le germanique (cf. l'anglais street, l'allemand Straße et le néerlandais straatJohn Ayto, Dictionary of Word Origins, Arcade Publishing, New York, 1990, , .). Le mot estrée a disparu du français à la fin du Moyen Âge, mais il demeure dans un grand nombre de toponymes, particulièrement dans le nord de la France, signalant la proximité d'une voie romaineStéphane Gendron, La Toponymie des voies romaines et médiévales, éditions errance, Paris, 2006, , .. Ici, la voie romaine est la chaussée Brunehaut.

L'abbé Decagny pour sa part, indique comme signification du nom strada, « lieux foulés aux pieds »Abbé Paul Decagny, Chaulnes et ses environs, 1865, reprise Paris, 1992, Le Livre d'histoire, Res Universis, Rassorts Lorisse .. Il indique également qu'en 1146, on trouve le nom de Starda en Stangters et que la carte de Guillaume Delisle indique Estrées ou Mailleu, Mallieux, Maillou.

Deniécourt On trouve plusieurs formes pour désigner Deniécourt, dans les textes anciens : 1010, Digniscourt ; 1110, Dignicurt ; 1265, un titre mentionne Deniécourt sous la forme de Sancti Dionisii curia ce qui rend vraisemblable l'existence à Deniécourt, d'une ancienne église sous le vocable de saint Denis.

Histoire Les fouilles archéologiques, effectuées lors de la construction de la ligne TGV Paris – Lille, ont révélé des vestiges de différentes périodes.

Préhistoire Âge du fer Des fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour les vestiges d'un établissement rural de l'époque de La Tène moyenne (second âge du fer), datant vraisemblablement du début du , avec un petit cimetière renfermant les restes d'une vingtaine de personnesHenri de Saint-Blanquat, Archéo-TGV, d'histoire, Paris, Casterman, 1992 ..

Antiquité vignette|redresse|Plaque de rue de la Chaussée Brunehaut apposée sur la droite, en direction d'Amiens. Des fouilles archéologiques ont mis au jour des vestiges d'une ferme gauloise datant de la période d'occupation romaine (du au ).

La commune est traversée par l'ancienne voie romaine de Samarobriva (Amiens) à Augusta Viromanduorum (Saint-Quentin), très rectiligne, nommée chaussée Brunehaut, et qui correspond là à une section de la .

Selon la tradition catholique, dans la seconde moitié du , saint Quentin passa par Estrées en se rendant d'Amiens à Vermand.

Moyen Âge Le domaine d'Estrées dépendait au Moyen Âge de la châtellenie de Nesle. En 1147, Ives de Nesle, comte de Soissons, avant son départ pour la deuxième croisade, accorda à Ernaud, abbé de l'abbaye Saint-Crépin de Soissons, les dîmes d'Estrées, proche de Péronne.

Époque moderne Au , pendant la guerre de Trente Ans, Estrées fut ravagée par la soldatesque espagnole.

Révolution française et Empire Les deux communes d'Etrées et de Deniécourt, instituées pendant la Révolution française fusionnent entre 1790 et 1794 pour former celle d'Estrée-Deniécourt.

Époque contemporaine Pendant la Guerre franco-allemande de 1870, des habitants d'Estrées s'armèrent et tuèrent plusieurs Prussiens.

Première Guerre mondiale En 1914, le village d'Estrées est occupé par l'armée allemande, et, le , il ne reste plus que , dont le curé, sur 450. Les Allemands quittent la commune le après la bataille de la Marne. Mais, l'armée française se replie et les Allemands reprennent possession du village. Le , les hommes valides du village sont emmenés pour enterrer les morts. Le , les femmes, les enfants et les vieillards sont conduits à l'hospice de Deniécourt. Le , les femmes les plus jeunes et les enfants les plus âgés partent à pied pour Péronne. Le , douze hommes d'Estrées-Deniécourt, dont le maire, sont déportés en Allemagne. En 1915, le village d'Estrées et son église sont totalement détruits par l'artillerie allemande. En 1916, pendant la bataille de la Somme, la population de la commune doit évacuer Péronne pour le Nord du fait de l'offensive franco-britannique. Le , le d'infanterie entre dans ce qu'il restait d'Estrées. Le village change quatre fois de main en deux jours. La reconquête par les Français se fait maison par maison jusqu'au . Les combats pour la reprise de Deniécourt durent du 4 au . En 1918, le , débute l'offensive allemande du printemps ou bataille du Kaiser. Estrées-Deniécourt est à nouveau occupée par les Allemands et les deux villages sont libérés en par les troupes australiennesFrancine François-Dejuine, 1914-1924, dans la tourmente, Inval-Boiron, 2007, La Vague verte, collection Souvenance ..

Le village est considéré comme détruit à la fin de la guerreCarte spéciale des régions dévastées, document mentionné en liens externes, 1920. et a été décoré de la Croix de guerre 1914-1918, le Journal officiel du 30 octobre 1920, ..

Entre deux guerres En 1937 s'achève la reconstruction de l'église d'Estrées.

Seconde Guerre mondiale Le a lieu le mitraillage d'un groupe de reconnaissance du d'infanterie par les Allemands qui tiennent le plateau de Dompierre-Becquincourt. Le à 21 h, faute de munitions, les soldats français qui tiennent encore Estrées-Déniécourt cessent le combat. Les villages d'Estrées et de Déniécourt sont une nouvelle fois totalement détruits.