Au Japon, les ou bureaux de peinture font référence à des établissements (dokoro, atelier ou bureau) préposés à la réalisation de peintures (e), essentiellement sur commande de l’aristocratie, de samouraïs ou de temples et sanctuaires. Il en existait plusieurs de taille et d’importance variées, bien que le plus connu et le plus durable ait été l’atelier de la cour impériale, actif du (époque de Heian) à 1868 (fin de l’époque d’Edo).
L’usage du terme edokoro reste assez large. Par extension, il est aussi utilisé pour désigner le directeur d’un atelier de peinture, alternativement au terme usuel eshi (peintre) : il est par exemple possible de lire alternativement « Eshi Suge Hōgen » et « Edokoro Suge Hōgen », pour le « peintre Suge Hōgen ». D’ailleurs, l’étude des ateliers de peinture et des peintres qui les ont dirigés avant le reste complexe.
Premiers ateliers de peinture
La peinture se développe au Japon grâce aux premiers échanges avec la Chine et la Corée, ainsi que la production de peinture bouddhique. Les premières formes d’ateliers de peinture apparaissent au , par exemple l’ de Nara (alors capitale du Japon) dépendant de la cour impériale et fermé en 808 ou l’atelier de peinture dépendant du actif de 746 à 789 et plus grand centre artistique de la capitale.
Atelier de la cour
L'atelier le plus connu est l’, chargé d’honorer les commandes de l’aristocratie. Il apparaît durant le (au plus tard en 886) et reste actif jusqu’en 1868, ce qui en fait le plus ancien et le plus durable du Japon ; cet atelier est dirigé par des peintres d’école variée, notamment de l’école Kose (fondée au , à l'époque de Heian) ou de l’école Tosa qui en prend la direction de façon héréditaire à partir du jusqu’à sa fin . À partir de l’époque de Heian, l’atelier de la cour maintient essentiellement la tradition de la peinture yamato-e emprunte d’un goût très japonais, aux compositions stylisées et à la couleur riche et brillante.
À l’époque de Heian, l’atelier de la cour est un organisme lié à la , et organisé selon une hiérarchie stricte : en premier vint l’ qui est un aristocrate de haut rang proche de l’empereur, puis viennent le , des et des assistants, préposés par exemple à la peinture ou à la préparation des pigments. À l’époque de Heian, l’azukari est un fonctionnaire, donc les maîtres peintres sont bien les sumigaki, mais cet état de fait change par la suite et l’azukari devient à la fois le directeur et le maître peintre (thèse d’histoire de l’art). À l’époque de Muromachi, cet atelier se détache quelque peu de la cour et désigne plutôt un atelier qui gagne ponctuellement la faveur de l’aristocratie, avant que l’école Tosa ne s’imposeQuitman Phillips, , 2000, p. 28.
Autres ateliers
À partir du , les shoguns établissent leur propre atelier de peinture, souvent nommé , qui est dirigé par l’école Kanō à l’époque d’Edo. D’après une archive du Kobikichō edokoro (une branche de l’école Kanō), le rôle de l’atelier était d’honorer les commandes du shogunat, de restaurer les anciennes peintures et de former les jeunes peintres.
Outre ces grands ateliers existaient de nombreux établissements affiliés à des temples bouddhiques ou sanctuaires shinto, par exemple ceux du Tō-ji, du Kōfuku-ji, du Kasuga-taisha ou du Yasaka-jinja. Les aristocrates et les familles de daimyos pouvaient de même patronner des ateliers de peinture. Akiyama Terukazu note ainsi l’existence d’un à l’époque de Heian.
Articles connexes Peinture japonaise Art japonais
Références
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