est une commune française située dans le département de la Somme en région Hauts-de-France.

Depuis , la commune fait partie du parc naturel régional Baie de Somme - Picardie maritime.

La commune fait aussi partie des villages labellisés Pays d'art et d'histoire qui œuvrent à mettre en avant leur patrimoine..

Géographie Localisation Saint-Riquier est un bourg picard du Ponthieu.

À vol d'oiseauDu centre du chef-lieu de la commune., la localité est située à au nord-ouest d'Ailly-le-Haut-Clocher, au nord-est d'Abbeville et à au nord-ouest d'Amiens.

Géologie et relief Au sud-est, le sol de la commune dans sa partie supérieure est composé de terrains du Crétacé. Au nord-est et au nord-ouest sous la terre végétale on trouve la craie blanche, ailleurs on rencontre du sable ferrugineux et de l'argile à brique. La vallée du Scardon est formée d'alluvionsNotice géographique et historique sur la commune de Saint-Riquier, rédigée par A. Pruvost, instituteur, en 1899, Amiens, Archives départementales de la Somme.

Relief, paysage, végétation Le relief de la commune est celui d'un plateau traversé par la vallée du Scardon.

Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par.

Le Scardon, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans la Somme canalisée à Abbeville, après avoir traversé .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-RiquierLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Somme aval et Cours d'eau côtiers ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de la Somme canalisée. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte d'aménagement hydraulique du bassin versant de la Somme (AMEVA).

La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Abbeville à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Saint-Riquier est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Abbeville, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (86,7 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (86,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (80,7 %), zones urbanisées (7,4 %), prairies (6 %), forêts (5,9 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Aménagement du territoire La commune présente un habitat groupé avec deux hameaux qui aujourd'hui sont contiguë au chef-lieu, Drugy et Saint-Mauguille.

Voies de communication et transports

Voies routières Saint-Riquier est actuellement desservie par les routes départementales D 12, D 32 (axe Long - Fort-Mahon-Plage), D 183, D 482, D 925 (axe Le Havre - Doullens), D 941 (axe Saint-Riquier - Frévent).

Transport ferroviaire L'accès par le chemin de fer est assuré par la ligne Paris – Amiens – Calais, en gare d'Abbeville. En effet, la gare de Saint-Riquier, implantée sur la ligne de Fives à Abbeville, a été fermée aux voyageurs en 1956 puis au fret en 1989 ; en outre, son bâtiment voyageurs a été détruit en 2014.

Transport routier public La localité est desservie par des autocars du réseau Trans'80, chaque jour de la semaine sauf le dimanche ; il s'agit des lignes (Auxi-le-Château – Abbeville) et 726 (Doullens – Bernaville – Abbeville)..

Toponymie

Le nom de la localité est attesté sous les formes Centulum (797) ; Centula (7..) ; Villa Centula ; Oppidum Centula ; Castrum Centula ; S. Richarius (842) ; S. Richarii vicus (1088) ; S. Ricarius (1121) ; S. Richarii villa (1138) ; S. Rikarius (1189) ; Sanricharus (1202) ; Castrum sancti Richarii (1210) ; S. Richarius in Pontivo (1211) ; S. Ricarius in Pontivo (1220) ; Villa S. Richarii (1224) ; S. Richerus (1234) ; S. Ricarus (1248) ; S. Richerius (1258) ; S. Richier en Ponthieu (12..) ; S. Rikier (1275) ; Centulus vicus (12..) ; Dan Richier (12..) ; Villare S. Richarii (1285) ; S. Richier en Pontieu (1312) ; S. Rikier en Ponthieu (1325) ; Villa S. Ricardi (1350) ; S. Richars (12..) ; S. Riquier en Ponthieu (1346) ; S. Riquier (1361) ; Villa S. Riquarii (1365) ; S. Ricquier (1384) ; S. Richart (14..) ; S. Richardus (1495) ; Centulle (14..) ; S. Regnier (14..) ; S. Riqueur (1579) ; S. Requier (1609) ; Sanricharius (1673)Jacques Garnier, Dictionnaire topographique de la Somme, t. 1, Paris / Amiens 1867 - 1878, p. 284 (lire en ligne sur DicoTopo) ..

Saint-Riquier est un hagiotoponyme qui fait référence à Riquier de Centule, en latin Ricarius, qui est un saint de l'Église catholique romaine qui évangélisa la Picardie au cours du , l'église abbatiale de la commune lui est dédiée.

Centulum, ancien nom de Saint-Riquier, serait issu d'un nom romain Centullus..

Histoire Moyen Âge Haut Moyen Âge Saint-Riquier, autrefois appelé « Centule » (la ville aux cent toursCette étymologie du toponyme est incertaine. Si la ville fut peut-être équipée de cent tours défendant ses murailles, comme le veut la tradition, certains y voient plutôt une origine celtique à partir du mot « candir » (terre blanche, sol crayeux) transformé en « Cantium », « Cantulla », « Centulla ».) est une ancienne cité monastique qui s'est développée autour du monastère fondé au (en 625) par Riquier de Centule (saint Riquier), propriétaire terrien converti au catholicisme qui évangélisa le Nord de la France. L'abbaye connut son apogée à l'époque de Charlemagne et comptait, en l'an 800, plus de 300 moines et une école réputée.

La ville de Centule, qui bénéficiait de cette prospérité et s'était protégée par des fortifications, aurait abrité jusqu'à habitants ; elle fut capitale du Ponthieu aux , avant d'être supplantée par Abbeville (Abbatis Villa ou domaine des Abbés) où un port avait été créé.

Au Moyen Âge, Centule prit le nom de Saint-Riquier en raison de la ferveur des pèlerinages aux reliques du saint, mais les habitants conservèrent le nom de Centulois.

Les fiefs du Grand et du Petit Patronville relevaient de l'abbaye de Saint-Riquier.

Moyen Âge classique En 981, le roi Hugues Capet rapporta les reliques de saint Riquier que lui avait rendues le comte de Flandre qui avait auparavant pillé l'abbaye.

Saint-Riquier obtint une charte communale en 1126. Le , le comte de Saint-Pol prit la ville, la pilla et l'incendia.

Bas Moyen Âge À la fin de la guerre de Cent Ans, Saint-Riquier, qui était aux mains du duc de Bourgogne Philippe le Bon, fut prise par les troupes armagnacs obligeant le duc de Bourgogne à réagir. Le siège de Saint-Riquier commença à le 28 ou . Sur les quatre portes qui permettaient l'entrée dans la bourgade, trois étaient contrôlées par les Bourguignons, une seule, la porte du Héron permettait aux assiégés de recevoir des secours. Le duc de Bourgogne s'installa dans le château de la Ferté, en face de Saint-Riquier. Les forces bourguignonnes sont évaluées, par la plupart des chroniqueurs, de 5 000 à 6 000 combattants. Cependant, Jacques d'Harcourt fit appel à Gilles de Gamaches, capitaine de Compiègne, Eustache de Conflans, lieutenant du Dauphin en Champagne, Jean Raoulet, capitaine de Beaumont-en-Argonne, La Hire, capitaine de Vitry-le-François.

Philippe le Bon, prévenu de l'approche d'une armée ennemie venue pour prendre sa propre armée à revers, décida de lever le siège et d'envoyer des éclaireurs dans les environs pour connaître la position exacte des forces ennemies. C'est le soir du que la décision de lever le siège fut prise. L'armée bourguignonne se dirigea ensuite vers Mons-en-Vimeu ou elle livra bataille le lendemain aux troupes armagnacs.

Jeanne d'Arc prisonnière fut détenue au château de Drugy, en , avant de gagner Le Crotoy puis Saint-Valery-sur-Somme puis Rouen.

La province de Picardie et donc le bourg de Saint-Riquier, furent rattachés au domaine royal tout à la fin du Moyen Âge, en 1477 sous le règne de Louis XI après la mort du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire. Le rattachement fut confirmé en 1482.

Époque moderne En 1524, deux Centuloises : Becquestoile et Bellegueule qui entraînèrent à la résistance de la cité encore entourée de remparts contre une attaque surprise des troupes d'un lieutenant de Charles Quint. Dès lors, Saint-Riquier joua le rôle de place forte, réputée quasi imprenable à la frontière nord du royaume, face à la Province d'Artois, possession de la Maison d'Autriche jusqu'en 1659. François vint en personne la conforter dans ce rôle stratégique.

En 1536, le chef de lansquenets allemands, Domitin, attaqua Saint-Riquier mais fut contraint de faire retraite laissant 120 morts et six chariots de blessés. Une seconde attaque menée par les Anglais dévasta la ville et l'abbaye.

Longtemps ville fortifiée du royaume de France, dont elle possède les armes, Saint-Riquier a subi de nombreuses invasions et destructions.