Matteo Renzi (), né le à Florence, est un homme d'État italien. En tant que dirigeant du Parti démocrate (PD), il est président du Conseil des ministres du au .

Avocat de profession, Matteo Renzi s'engage rapidement dans le jeu politique lorsqu'il soutient activement l'économiste Romano Prodi lors des élections parlementaires de 1996 ; élu président de la province de Florence en 2004, il dirige une coalition de centre-gauche, L'Olivier, et, cinq ans plus tard, en 2009, est élu maire de la ville de Florence.

Candidat au secrétariat du PD lors de la primaire de 2012, espérant mener la campagne de la coalition de centre-gauche « Italie. Bien commun » pour les élections parlementaires de 2013, il est cependant défait par le sortant, Pier Luigi Bersani ; un an plus tard, quelques mois après la crise interne vécue par le parti, il est cette fois désigné pour prendre le secrétariat du PD, majoritaire à la Chambre des députés depuis les élections du mois de février, et membre d'une grande coalition gouvernementale alliant la gauche, le centre et la droite.

En 2014, Matteo Renzi obtient, par un vote interne du PD, la démission contrainte du président du Conseil, Enrico Letta. Il lui succède peu après au palais Chigi. Fin 2016, après la victoire du au référendum constitutionnel dont il était le promoteur, il remet sa démission au président de la République. L'année suivante, en 2017, il est réélu secrétaire du PD peu après avoir démissionné de cette fonction.

Il quitte à nouveau la tête du PD après le score historiquement bas obtenu par le parti aux élections générales de 2018, lors desquelles il est cependant élu sénateur. Il quitte en 2019 le Parti démocrate pour former un nouveau parti politique, Italia Viva.

Pour les élections parlementaires de 2022, il s'allie avec le parti Action de Carlo Calenda. Il est réélu au Sénat.

Biographie Études et profession Matteo Renzi est le fils d’un élu chrétien-démocrate. Il passe son enfance à Rignano sull'Arno. Formé, dès l’âge de cinq ans, à l’école du scoutisme catholique où il fait son pendant vingt ans, il sera chef scout. Il déclare Marco Damilano, « Renzi : le gentil boy-scout devenu un ogre politique », L’Espresso, sur le site courrierinternational.com, 17 février 2014..

Il part à Florence pour faire ses études secondaires, puis supérieures. Entré à l’université de Florence, il suit un cursus de droit pendant quatre ans, qu’il achève en 1999 par une maîtrise..

Il a un temps été journaliste bénévole, puis a travaillé au sein de la CHIL Srl, une société de services marketing. Dans cette entreprise, propriété de sa famille, il a notamment été chargé de la coordination du service de vente du quotidien La Nazione sur le territoire de Florence avec la gestion directe des marchands de journaux.

En 1999, il épouse Agnese Landini, une enseignante, avec laquelle il a trois enfants.

Pour l'année 2019, il déclare un revenu annuel de .

Débuts en politique En 1996, il contribue à la création des « comités Prodi », structure qui soutient la candidature de l'économiste Romano Prodi à la présidence du Conseil des ministres, et adhère alors au Parti populaire italien (PPI).

Élu secrétaire provincial du PPI en 1999, il devient, deux ans plus tard, coordinateur du projet électoral de centre gauche chrétien La Marguerite dans la province de Florence. Après la transformation de la coalition en un parti, Démocratie est liberté - La Marguerite (DL), en 2002, il est investi secrétaire provincial, en 2003.

À Florence À l'occasion des élections provinciales des 12 et , il prend la tête de liste de l'alliance de centre gauche L'Olivier dans la province de Florence. Avec 58,8 % des suffrages exprimés dès le premier tour, soit le même résultat que celui obtenu, cinq ans plus tôt, par Michele Gesualdi, issu de la même coalition politique.

Lorsque DL fusionne avec les Démocrates de gauche (DS), afin de constituer le nouveau Parti démocrate (PD), il en devient adhérent.

À l'issue de son mandat provincial de cinq ans, il décide se présenter aux primaires démocrates du , pour la mairie de la ville de Florence. Vainqueur surprise avec 40,5 % des suffrages, il arrive en tête lors du premier tour des élections municipales, les 6 et , en obtenant 47,4 % des voix, se trouvant alors en ballotage face à Giovanni Galli, candidat du Peuple de la liberté (PDL). Au conseil municipal, le PD emporte 22 des , et le centre gauche dans son ensemble, 28. Lors du second tour, les 20 et , il s'impose largement, avec 59,5 % des voix, un score moins élevé que son prédécesseur, Leonardo Domenici. Lors d'un sondage, réalisé en 2012, il est le troisième maire le plus apprécié d'Italie, après Luigi De Magistris, de Naples, et Piero Fassino, de Turin, tous les deux issus du centre gauche.

Candidat aux primaires de 2012

left|thumb|redresse|Matteo Renzi en 2010. Le , il fait part de son intention d'être candidat aux primaires organisées par la coalition Italie. Bien commun, qui rassemble le Parti démocrate, Gauche, écologie et liberté (SEL) et le Parti socialiste italien (PSI), s'opposant donc au secrétaire du PD, Pier Luigi Bersani. Avec , soit 35,5 %, au premier tour le , il arrive deuxième derrière Pier Luigi Bersani. Au second tour, organisé une semaine plus tard, il est défait par Bersani en ne remportant que , ce qui correspond à 39,1 % des voix.

Bien qu'il ne soit pas le candidat du centre-gauche aux élections générales anticipées des 24 et 25 février 2013, il prend une part active dans la campagne. Après le scrutin, qui voit la coalition remporter la majorité à la Chambre des députés, mais pas au Sénat de la République, il appelle le PD à prendre des positions fortes sur la rénovation de la vie politique, de manière à s'assurer le soutien des élus du Mouvement 5 étoiles (M5S) de Beppe Grillo.

Lors de l'élection présidentielle d'avril 2013, il s'oppose à ce que les démocrates investissent Anna Finocchiaro ou Franco Marini, ce qui lui vaut des critiques de la part de ces derniers. Critique de la désignation de Marini, qui n'est cependant pas élu, il se félicite du choix de soutenir, au troisième tour, Romano Prodi, qui échoue à son tour. Finalement, c'est le chef de l'État sortant Giorgio Napolitano, qui se voit reconduit dans ses fonctions, au sixième tour de scrutin, le .

Trois jours après ce scrutin, suivi de la démission de la direction du PD, le nom de Matteo Renzi est évoqué pour la présidence du Conseil des ministres, à la tête d'une alliance avec Le Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi.. Une telle option, qu'il ne réfute pas tout en affirmant qu'Enrico Letta ferait un bon candidat également, a les faveurs de cadres du parti, tels Piero Fassino, Dario Franceschini. À droite, Sandro Bondi et Ignazio La Russa appuient également cette possibilité. À l'occasion d'une réunion de la direction du PD, tenue ce même , il estime sa nomination finalement « improbable ».

Secrétaire du PD

Le , Matteo Renzi parvient à se qualifier pour la primaire du suivant, celle-ci devant désigner le successeur de Pier Luigi Bersani au secrétariat du Parti démocrate. En effet, à l'issue du vote des seuls adhérents du parti, le jeune maire de Florence parvient à rassembler sur son nom 46,7 % des suffrages. Il est élu à la direction du PD dès le premier tour de la primaire ouverte avec , soit 67,55 % des suffrages exprimés. Il nomme aussitôt un secrétariat rajeuni et fortement féminisé.

Le , Renzi obtient la démission du président du Conseil, Enrico Letta, par un vote interne du PD réclamant immédiatement la constitution d'un nouveau gouvernement.. S'il s'agit, selon la presse transalpine, d'un véritable camouflet pour le chef du gouvernement démissionnaire, qui ne souhaitait pas quitter ses fonctions pour poursuivre son travail, l'épisode est présenté comme une victoire pour le jeune maire de Florence, désormais pressenti pour succéder à Letta au palais Chigi « Italie : l’hypothèse d’un gouvernement de Matteo Renzi se dessine », Les Échos, ..

Président du Conseil Formation du gouvernement thumb|Le président Giorgio Napolitano et Matteo Renzi, durant la prestation de serment du gouvernement de ce dernier, le , à Rome. Le , Renzi est officiellement convoqué par le président de la République, Giorgio Napolitano, au palais du Quirinal ; à l'issue d'un entretien d'une heure et demie, le maire de Florence est officiellement chargé par le chef de l'État de la formation d'un nouveau gouvernement, ce qu'il accepte .. S'il promet d'accomplir sa tache « avec toute l'énergie, l'enthousiasme et l'engagement » qui sont les siens « Italie : Matteo Renzi veut mener des réformes tambour battant », Euronews, ., il doit cependant reconnaître, selon la presse italienne, que la constitution d'un nouvel exécutif ne sera pas chose aisée. L'écrivain Alessandro Baricco refuse le ministère des Biens et Activités culturels et du Tourisme et le président de Luxottica, Andrea Guerra, pressenti pour le ministère du Développement économique, refuse également l'offre. D'autre part, Renzi doit encore négocier avec le vice-président du Conseil sortant, Angelino Alfano, dont le soutien de son parti, le Nouveau Centre droit (NCD) est nécessaire pour l'investiture du gouvernement..

Quatre jours après avoir été convoqué par le chef de l'État Giorgio Napolitano pour la formation d'un nouvel exécutif, Renzi, à l'issue de ses consultations politiques, monte au Quirinal pour accepter la présidence du Conseil et présenter au président la liste des ministres proposés ; durant cet entretien long de plus de deux heures, un différend semble avoir opposé les deux hommes quant aux nominations du ministre des Finances et du chef de la diplomatie « Italie : Matteo Renzi présente un gouvernement pour « redonner l'espoir » », Le Parisien - Aujourd'hui en France, .. Le président Napolitano a ainsi échoué à faire confirmer Emma Bonino au ministère des Affaires étrangères, mais est parvenu à imposer l'économiste Pier Carlo Padoan au ministère de l'Économie et des Finances, dans un contexte économique difficile pour la péninsule.

À l'issue de cet entretien, le plus jeune président du Conseil de l'histoire italienne présente son gouvernement, composé de seulement seize ministres dont huit femmes, parmi lesquelles Roberta Pinotti au ministère de la Défense, une première. Matto Renzi et ses ministres prêtent serment le lendemain, devant Giorgio Napolitano.

Il conserve dans le même temps la direction du Parti démocrate, une première dans l'histoire de ce dernier..

Discours volontariste Le , Matteo Renzi présente son gouvernement et son programme devant le Sénat de la République pour le vote de confiance. Il déroule un discours profondément europhile, affirmant que « La tradition européenne et européiste représente la meilleure partie de l'Italie, ainsi que sa certitude d'avoir un avenir », précisant « Ce ne sont pas Angela Merkel et Mario Draghi qui nous demandent de tenir nos comptes publics en ordre. Nous devons le faire par respect pour nos enfants, pour ceux qui viendront après nous. » Jouant sur son image de jeune réformateur, il rappelle sa volonté de réformer la chambre haute, soulignant qu'il n'a même pas l'âge d'y siéger, promet le remboursement « intégral et immédiat » des dizaines de milliards d'euros que les administrations doivent aux entreprises italiennes, annonce l'instauration de la déclaration pré-remplie d'impôt sur le revenu pour les fonctionnaires et « une réduction à deux chiffres » de la pression fiscale.

À l'issue d'un débat de onze heures, l'exécutif remporte la confiance par contre 139« Italie : le gouvernement Renzi remporte la confiance au Sénat », Le Monde, le .. Il obtient, vingt-quatre heures plus tard, la confiance de la Chambre des députés, par contre 220« Le Parlement italien vote la confiance à Matteo Renzi », France 24, le ..

« d'euros pour d'Italiens »