thumb|Les Actes d'Union de 1707 sont à l'origine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne, unissant les parlements anglais et écossais, auxquels se joint le royaume d'Irlande en 1800.
L'histoire du Royaume-Uni, État souverain englobant les quatre nations constitutives que sont l’Angleterre, l’Écosse, le pays de Galles et l’Irlande du Nord, est indissociable de celle du Parlement du Royaume-Uni. Elle débute en 1707 avec les actes d'Union qui opèrent une union politique du royaume d'Angleterre (incluant le pays de Galles) et du royaume d'Écosse et marquent la naissance du royaume de Grande-Bretagne. En 1801, un nouvel Acte d'Union lie celui-ci au royaume d'Irlande pour former le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande. En 1921, à l'issue de la guerre d'indépendance irlandaise, l'État libre d'Irlande obtient son indépendance et se sépare de l'Irlande du Nord, qui demeure une partie du Royaume-Uni. Depuis 1922 , son nom officiel est « Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord » CIA - The World Factbook.
À partir de la fin du , l'Angleterre établit des comptoirs commerciaux puis des colonies d'outre-mer pour finalement former un empire composé de nombreux dominions, colonies, protectorats, mandats et autres territoires gouvernés ou administrés par le Royaume-Uni. Une série de guerres avec la France place l'Amérique du Nord sous le contrôle du Royaume-Uni à l'issue de la guerre de Sept Ans (1756-1763), juste avant la perte des Treize colonies à la suite de la guerre d'indépendance des États-Unis (1775-1783). Durant le XIX siècle, le Royaume-Uni connaît la révolution industrielle et devient la première nation industrialisée. Bien que ruiné par la Première Guerre mondiale, l'Empire britannique atteint son extension maximale après le traité de Versailles en 1919 (par lequel il acquiert un territoire grand de ). Il est le plus grand espace colonial, s'étendant sur de km² (22 % des terres émergées), et recouvre un quart de la population mondiale, soit environ d'habitants. Sorti vainqueur mais très affaibli à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, le Royaume-Uni ne peut que constater la suprématie des deux superpuissances américaine et soviétique. De plus, dans le cadre de la décolonisation, la plupart des territoires et colonies, à commencer par l'Inde en 1947, obtiennent leur indépendance, et l'Empire entre en déclin.
Au début des années 1960, le Royaume-Uni cherche à intégrer la CEE (Communauté économique européenne) mais, en France, le général de Gaulle s'y oppose à plusieurs reprises en posant catégoriquement son véto. Le pays a opéré un rapprochement avec les Américains : sans toutefois y envoyer de troupes, le gouvernement soutient les États-Unis dans la guerre du Vietnam. Débuté à la fin des années 1960, le conflit nord-irlandais voit les premiers attentats éclater au début des années 1970 et manque de se transformer en une véritable guerre civile à plusieurs occasions jusqu'en 1998. Le pays intègre finalement la CEE en 1973 avec l'accord du Premier ministre Edward Heath, ce que confirme un référendum organisé en 1975. Dans les années 1980, les trois mandats de Margaret Thatcher sont marqués à l'extérieur par la guerre des Malouines (1982) et son opposition à l'URSS dans le cadre de la guerre froide, et à l'intérieur par une politique économique libérale. La fin des années 1990 connaît l'avènement du travailliste Tony Blair (1997-2007), qui a vu dans l'Union européenne un grand marché, soutenant les candidatures de presque tous les pays d'Europe de l'Est, et qui a soutenu les États-Unis dans la guerre d'Irak, malgré une opinion publique britannique plutôt défavorable. Il démissionne en 2007, pour laisser la place à son ministre des finances Gordon Brown, lui-même battu aux élections de 2010 par le conservateur David Cameron. C'est sous le ministère de ce dernier que se tient un référendum sur l'indépendance de l'Écosse en 2014 (indépendance rejetée par les Écossais) et un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne en 2016, lequel aboutit à un résultat favorable à une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.
Conquêtes et unions jusqu'en 1707 La conquête de l'Irlande au Moyen-Âge thumb|left|200px|Henri II d'Angleterre.
La conquête de l'Irlande commence en 1169, sous Henri II. À l'origine, ce n'est pas strictement une conquête anglaise, puisqu'elle est déclenchée par un petit groupe de Normands n'agissant pas au nom de la Couronne anglaise. Richard FitzGilbert de Clare, dit « Strongbow », baron normand du pays de Galles, dépossédé de ses terres, fait équipe avec Diarmait MacMurrough, roi d'Irlande en exil, pour aider celui-ci à reconquérir son royaume de Leinster. Par la suite, les Normands prennent pied en Irlande, et s'emparent de Dublin en 1170. Inquiet de la puissance montante de Strongbow, Henri II décide d'envahir lui-même l'Irlande en . Il parvient à contrôler Dublin et ses alentours.
Les Tudors Henri VIII, roi d'Angleterre de 1509 à 1547, s'engage dans un conflit contre l'Église catholique romaine à cause de son divorce avec Catherine d'Aragon. Bien qu'Henri VIII ne soit pas forcément protestant, ce conflit sépare définitivement l'Angleterre de Rome. Une victime notable du schisme est le chancelier d'Henri VIII, Thomas More. Suit une période de troubles religieux et politiques conduisant à la Réforme et la dépossession des abbayes par la royauté.
Les filles d'Henri VIII Tudor, Marie et Élisabeth ont des positions bien différentes. Le règne de Marie est marqué par des conflits religieux. Marie épouse le roi catholique Philippe II d'Espagne et monte sur le trône en 1553. Dès son avènement, Marie essaie d'éradiquer le protestantisme, sans succès. L'histoire l'appellera plus tard « Marie la Sanglante« Bloody Mary ». »
La Réforme écossaise provoque un conflit entre la « vieille » religion (le catholicisme romain) et la nouvelle (l'Église écossaise ou presbytérienne.) La reine Marie (dite Mary, Queen of Scots) est contrainte d'abdiquer après un véritable coup d'État, et de fuir pour l'Angleterre en abandonnant son fils Jacques VI à des tuteurs protestants. En Angleterre, les doutes à propos de la légalité du mariage d'Henri VIII avec Anne Boleyn font que beaucoup perçoivent Mary comme une prétendante plus légitime au trône d'Angleterre que sa cousine protestante Élisabeth (l'arrière-grand-père de Marie fut le grand-père d'Élisabeth, Henri VII, par un mariage d'alliance entre l'Angleterre et l'Écosse). Élisabeth, méfiante, assigne sa cousine à résidence puis, pour conjurer les rumeurs d'un complot visant à la renverser, la fait exécuter pour haute trahison. La reine Élisabeth meurt en 1603 sans héritier direct.
En 1541, le Parlement reçoit l'ordre de changer le statut de l'Irlande en royaume, avec Henri VIII proclamé roi. Celui-ci, qui se présentait toujours comme au-dessus des lois du Parlement, se montre comme roi d'Irlande l'année suivante. Cet acte crée une union des couronnes. Pendant le reste du , les monarques Tudors étendent leur autorité sur l'Irlande à partir de la région autour de Dublin, l'English Pale, et finissent par contrôler la totalité de l'île en 1603. Lors de la reconquête de l'Irlande par les Tudors se déroulent des épisodes particulièrement violents, comme les deux révoltes des comtes de Desmond (1569-1573 et 1579-1583) et la guerre de Neuf Ans. Le voit aussi la création des « plantations d'Irlande » : pour renforcer l'influence anglaise en Irlande, des terres sont confisquées à leurs propriétaires irlandais et distribuées à des colons anglais.
L'Union des Deux Couronnes (1603) thumb|200px|Le roi Jacques d'Angleterre (Jacques VI d'Écosse) peint par Paulus van Somer.
Jacques VI, maintenant roi d'Écosse, succède à sa cousine Élisabeth et prend le titre de Jacques d'Angleterre en 1603, tout en conservant son titre de Jacques VI, roi d'Écosse. Les Stuart sont maintenant la famille royale de « Grande-Bretagne »Le terme « Grande-Bretagne » (Great Britain, ancienne orthographe Great Brittaine) est pour la première fois utilisé par Jacques en et indique que lui et ses successeurs seraient vus en tant que rois de Grande-Bretagne au lieu de rois d'Angleterre et d'Écosse. Cependant, le nom n'est pas appliqué à l'État comme unité ; l'Angleterre et l'Écosse continuent à être gouvernés indépendamment. La valeur du nom désignant la Couronne est également discutée, puisque les monarques continuent à avoir numérotations distinctes (par exemple Jacques VI/, Jacques VII/II) en Angleterre et en Écosse. Pour éviter une confusion, les historiens ont tendance à ne pas utiliser les termes de « roi de Grande-Bretagne » avant la date de 1707 et d'utiliser la numérotation suivie du terme approprié de « roi » ou « reine d'Angleterre » et d'Écosse. Les numérotations distinctes sont abandonnées avec l'Acte d'Union en 1707 ; les souverains utilisent le nombre ordinal fondé sur l'histoire anglaise (arguant que le nombre anglais a toujours été le plus élevé). Par exemple, la reine Élisabeth II prend le titre de « seconde » bien qu'il n'y ait jamais eu d'Élisabeth d'Écosse ou de Grande-Bretagne., mais les deux royaumes conservent des parlements séparés. L'Union des Deux Couronnes a préparé une éventuelle unification des deux royaumes. Cependant, pendant le siècle suivant, de fortes différences politiques et religieuses continuent à diviser les deux royaumes, et la royauté unique ne parvient pas à empêcher des guerres intestines.
L'Écosse, jusqu'en 1707, reste un royaume indépendant et résiste à l'expansion de la domination anglaise. À cause du climat, de la géographie physique et de la densité de la population, le royaume d'Écosse a, d'un point de vue économique et militaire, tendance à être considéré comme inférieur à son voisin au sud, le royaume d'Angleterre. Cependant, l'« Auld Alliance » avec le royaume de France inquiète les gouvernements anglais successifs, et la volonté de séparer l'Écosse de son alliée catholique est une constante de la politique anglaise vis-à-vis de l'Écosse jusqu'à l'union des couronnes, en particulier pendant la Réforme protestante.
Le Commonwealth et l'annexion temporaire de l'Écosse et de l'Irlande
L'accession du fils de Jacques , Charles , au trône en 1625 marque le début d'une période de conflit entre le Roi et le Parlement. L'adhésion de Charles à la doctrine de la monarchie de droit divin attise une bataille de suprématie entre le Roi et le Parlement, qui culmine avec la guerre civile anglaise (1642-1651). En 1649, Charles est décapité. C'est le début de la République, ou Commonwealth (de 1649 à 1653), suivie par une période de gouvernement personnel du Lord Protector Olivier Cromwell. Le nouveau régime est impopulaire, et la mort de Cromwell en 1658 provoque un vide politique que le gouvernement de son fils Richard (1658-1659) ne parvient pas à combler. En 1659, on tente de revenir au système antérieur au Protectorat de Cromwell mais, en définitive, la volonté de stabilité politique pousse le Parlement à négocier la Restauration de la monarchie en 1660. Le fils de Charles , Charles II, monte sur le trône. La période des crises entre le parlement et Charles dans les années 1620 jusqu'à la restauration de la monarchie en 1660 est de plus en plus surnommée la Révolution anglaise par les historiens. thumb|left|200px|Oliver Cromwell, Lord Protector d'Angleterre.