Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, plusieurs religions étaient fortement représentées en Pologne : les minorités substantielles juive, protestante et chrétienne orthodoxe ont coexisté durant plusieurs siècles avec la majorité catholique. En raison de l’expulsion et la fuite des populations allemandes et ukrainiennes après la Seconde Guerre mondiale, la Pologne est devenue primordialement catholique.

Histoire Les préhistoire et protohistoire de la Pologne restent mal connues : culture lusacienne. Stèles turco-mongoles et eurasiatiques, dont l'idole du Zbroutch Stèles anthropomorphes Sites archéologiques en Pologne

Origines Les peuples germains sont longtemps présents dans la région (et/ou dans la Scandza) : Goths, Wisigoths, Ruges, Gépides, Vandales, Burgondes... De là, certaine présence de la mythologie germanique au moins depuis la Culture de Wielbark-Willenberg.

Les Slaves occidentaux, partie des Slaves avec des langues balto-slaves, apparaissent en Europe lors des grandes migrations des s et façonnent la Pologne au haut Moyen Âge : Wendes (Sorabes), Antes, Vénètes de la Vistule, Polanes, Vislanes, Goplanes, Slézanes... Ils pratiquent une forme de polythéisme, qu'on dénomme paganisme slave et/ou mythologie slave, mythologie biélorusse : liste des divinités slaves, . Une minorité pratique également la , magie traditionnelle des Slaves orientaux.

Christianisme Tous ces aspects germaniques puis slaves s'amenuisent et disparaissent progressivement à partir de 863 avec les missions chrétiennes menées sous la direction de Cyrille et Méthode, qui introduisent les notions christiques et mettent par écrit l'histoire autochtone : christianisation de la Rus' de Kiev à partir de 867, après 948.

Vers 1030, culminent des mouvements socio-politiques de . La destruction de Gniezno par les Tchèques en 1038 en est un événement important. Une personnalité semi-légendaire marquante est (ou le Cruel).

Au , s'engage un mouvement de colonisation germanique vers l'est, ou Drang nach Osten, Marche vers l'Est expansionniste et prussienne, globalement menée par l'Ordre Teutonique, qui mène à l'État monastique des chevaliers Teutoniques (1226-1525). La Hanse (s), mène son effort de commercialisation, colonisation, germanisation (Germania Slavica) et évangélisation en Mer du Nord et en Mer Baltique.

Parmi les mouvements millénaristes, en période de peste, la référence reste (plus au Sud) l'hussitisme : Église hussite, Jan Hus (1372-1415), (1424, mise hors-la-loi de l'hussitisme). L'. est riche également en ce domaine, d'autant qu'une partie de la Pologne actuelle fait partie du Saint-Empire romain germanique (962-1806).

Christianisation de la Pologne (966-) (1030-1040) (1124-1168) par Othon de Bamberg (1060-1139) Histoire du protestantisme en Pologne (rubriques)

Judaïsme L'arrivée des premiers Juifs en Pologne remonterait au . En Pologne, la Charte de Kalisz (1264) fixe les libertés juives, pour une relative autonomie juive (en langue yiddish) en Pologne jusqu'en 1795.

L'histoire des Juifs en Pologne (et dans la région) est exceptionnellement riche : hassidisme, sabbatéïsme, frankisme (Jacob Frank (1726-1791)), Haskala, karaïsme... et douloureuse : antisémitisme, pogroms, Judenjagd, épuration, holocauste... Voir Chronologie des Juifs en Pologne, Musée de l'Histoire des Juifs polonais, Littérature yiddish Zone de résidence pour les Juifs dans l'Empire russe (territoires définis par décrets successifs)

Islam Les Tatars sont présents en Lituanie depuis le , lorsque Vytautas le Grand (Grand duc de Lituanie de 1392 à 1430) leur accorde des terres, près de Trakai et en Biélorussie, en échange de leur participation aux campagnes militaires. Une communauté musulmane se forme alors et essaie de maintenir ses traditions. Aujourd'hui, seul le village de Kruszyniany, dernier village tatar du powiat de Sokółka, a encore une mosquée en bois du et un cimetière musulman tatare du .

, né dans une famille tatar en 1884, sera le premier mufti de la nouvelle Pologne indépendante en 1925. Par la suite, la plupart des tatars émigreront, aux Etats-Unis notamment. La fut notamment fondée par un petit groupe de tatars baltiques originaire de Białystok.

L'islam est aujourd'hui très peu présent en Pologne, les statistiques officielles font état de seulement musulmans, essentiellement issue de population immigrée.

en bois en bois Islamophobie en Pologne

Mennonites du delta de la Vistule Humanisme, Renaissance, Lelio Sozzini (Socin, 1525-1562), (1585-1611)

Les points forts de la réforme protestante en Pologne sont : Petite Église polonaise (Frères polonais, Ecclesia Minor, Minor Reformed Church of Poland, 1556), Piotr de Goniądz (1525-1573) Synodes de Pińczów (1550-1563), (1570), Confédération de Varsovie (1573) Anabaptisme, mennonisme, socinianisme, antitrinitarisme, unitarisme... Raków (Kielce), (officiellement en 1605), (Gymnasium Bonarum Artium, 1602-1638), avant dissolution, expulsion et exil en principauté de Transylvanie

La Réforme protestante, globalement allemande, ou du moins sur les territoires du Saint-Empire romain germanique, s'accompagne d'une réforme radicale en lien avec des insurrections paysannes (jacqueries, révolte des croquants) tout autant préoccupées d'un christianisme plus authentique. Sur le territoire de la Pologne des différentes époques, la seule rébellion qui émerge reste le soulèvement de Khmelnytsky (1648-1657), en Ukraine, qui met en cause (en pays plutôt orthodoxe) la noblesse polonaise et ses intermédiaires karaïtes.

Après le Concile de Trente (1545-1563), la Contre-Réforme, globalement menée par les Jésuites sur un siècle (1550-1650), se développe (dans un contexte international difficile). La vise à rééduquer la population paysanne restée catholique, et surtout à éradiquer le protestantisme de la classe dirigeante et des réfugiés (de Tchéquie et d'ailleurs), et à surveiller le judaïsme jugé trop présent.

Un âge d'or de la Pologne se situe vers 1640-1660, alors que la république des Deux Nations s'étend de la Baltique à la mer Noire, avec une forte population orthodoxe tolérée.

Le Déluge (déluge suédois, potop szwedzki, švedų tvanas), (1655-1666) désigne l'invasion, l'occupation et la destruction. La Pologne sort très affaiblie de ce désastre. Dès 1658, la population rejette tout ce qui est ressenti trop proche de l'envahisseur suédois protestant.

s Le Tumulte de Thorn (Toruń, 1724) a lieu lors d'une procession mariale organisée par les Jésuites locaux, installés contre l'avis de la municipalité majoritairement luthérienne. Une supposée incivilité tourne à l'échauffourée. Au cours du procès qui en résulte, douze protestants sont condamnés à mort, dont le maire Johann Gottfried Roesner. Voltaire, parmi d'autres, en fait la preuve de l'intolérance qui règne alors en Pologne, en lien ou non avec l'anabaptisme mennonite.

L'Église vieille-catholique, ou Union catholique internationale d'Utrecht ou Église catholique-chrétienne, se crée en 1723 en réaction contre l'intolérance de l'église catholique officielle de Contre-Réforme. L'Église mariavite (bien plus tard) est de cette tendance.

Le sarmatisme est une forme de reconstructionnisme protochroniste affirmant l'origine sarmate de la noblesse polonaise (szlachta). Une part de l'identité nationale tient à cette identification avec ce peuple cavalier scythique nomade. L'idée ancienne (, 1517, puis la Liberté dorée) se développe dans la seconde moitié du . Elle s'inscrit en littérature polonaise dans la période baroque (1620-1740).

Le Siècle des Lumières diffuse les Lumières : rationalisme, libéralisme, réforme, tolérance, idées républicaines, anticléricalisme, franc-maçonnerie. Les personnalités des Lumières polonaises existent aussi dans la haskala. La Littérature polonaise a ainsi sa période des Lumières (1740-1822).

Après l'Insurrection de Novembre (1830-1831) et les répressions consécutives, la Grande Émigration (1831-1870) élargit énormément la diaspora polonaise en France (Polonia). La littérature polonaise a sa période romantique (1822-1864). Le Printemps des peuples polonais est l'Insurrection de Grande-Pologne (1848) (ou de Poznań), suivie de l'Insurrection de Janvier (1863-1864). La conséquence en est une émigration, plus intellectuelle et artistique, et pas seulement en France. Entre 1896 et 1914, commence une nouvelle diaspora polonaise, d'ouvriers agricoles, d'abord saisonniers, puis de mineurs (sans dépasser les .

Les , originellement luthériens allemands de Prusse, et surtout de Silésie, refusent de rejoindre l'Union prussienne des églises, dans les années 1830-1840. Ils forment l', future Église protestante luthérienne indépendante. Les tentatives de suppression des vieux luthériens ont conduit de nombreux émigrants en Australie, au Canada et aux États-Unis, entraînant la création d'importantes dénominations luthériennes dans ces pays, dont les. Ce mouvement s'apparente aux (Églises libres allemandes).

La Déclaration d'Utrecht (1889) est à l'origine de l'Église mariavite créée en 1887-1893, de l'Église polonaise-catholique, et en Amérique du Nord de l'Église catholique nationale polonaise, toutes trois Églises catholiques indépendantes avec quelques différences, et les mêmes persécutions sous différents régimes politiques.

Durant les 123 ans (1795-1918) de disparition de la Pologne écartelée entre trois empires, cherchant à russifier ou à germaniser, avec un sursaut national polonais, la religion juive est plutôt « malmenée »..

Messire Thadée (1834, Adam Mickiewicz) Quo vadis ? (1895-1896, Henryk Sienkiewicz)

La Pologne obtient son indépendance effective le , lors du retrait des unités d'occupation allemande et austro-hongroise. S'ensuit une guerre avec l'Ukraine indépendante et un soulèvement en Grande-Pologne, sous domination allemande. Les premières années de la deuxième république de Pologne sont difficiles, avec combats militaires pour redéfinir un territoire sur les trois grands empires voisins : Insurrection de Grande-Pologne (1918-1919), Silésie, Ruthénie, Ukraine, Russie. Le catholicisme qui a accompagné la renaissance polonaise peut à nouveau s'épanouir.

L'exode des Allemands de l'Europe de l'Est, à la suite du Pacte germano-soviétique (1939), concerne en Pologne, les Volksdeutsche que sont les Allemands de Pologne (notamment de Posnanie et de « Prusse-Occidentale ») et les Germano-Baltes. Leur retour partiel (Heim ins Reich) se définit en projets de colonisation, comme le Reichsgau Wartheland, et s'accompagne de l'expulsion des Polonais par l'Allemagne nazie (1939-1944).

L'expulsion des Allemands d'Europe de l'Est (1944-1948) concerne de personnes pour la Pologne, avec quoi disparaissent quelques millions de protestants, de toute obédience. Parmi les protestants allemands, dès le début du nazisme (1933), s'est livré un combat d'églises, Kirchenkampf, entre un christianisme positif de l'Église protestante du Reich des Chrétiens allemands et l'Église confessante. Les actuels Allemands de Pologne (n voïvodie d'Opole et voïvodie de Silésie principalement), généralement catholiques, intégrés, sont estimés à , mais ils pourraient être le triple, et ne cherchent pas à se distinguer des Polonais.

La Shoah en Pologne signifie l'extermination de de Juifs (90 % de la population juive du pays). La guerre signifie aussi la mort d'environ de Polonais non juifs.

L'échange de population entre la Pologne et l'Ukraine soviétique (1944-1946), puis les expulsions collectives des Polonais de Russie, puis l'Opération Vistule (1947), entraînent la disparition rapide de l'ancienne communauté orthodoxe de Pologne.

Suivent à partir de 1945 les , plus précisément la .