Espérance Léon Cléophas Broquet, dit Léon Broquet, né à Paris le et mort le à Châteauroux, est un artiste peintre et graveur français, ayant exercé son art principalement en peinture de paysage, marines, peinture d'histoire.
Élève de Claude Monet, Antoine Guillemet et Alexandre Nozal, il réalise beaucoup d’huiles sur toile, mais également des gravures en eau-forte, des aquarelles et des peintures murales. Renommé comme peintre aux armées durant la guerre 1914-1918, il part vers 1929 rejoindre le groupe des peintres de Concarneau. Il expose au Salon des artistes français à Paris de 1901 jusqu'en 1931, et recevra une médaille de seconde classe en 1912 pour L’hiver au marais, effet de neige, qui le classa hors-concours pour le reste de sa carrière. Il est le bisaïeul de la peintre et dessinatrice Virginie Broquet.
Biographie
Débuts Léon Broquet naît dans le arrondissement de Paris le .
Il réalise une carrière principalement de peintre de paysage, de scènes de genre et marines parcourant l'hexagone de Gravelines dans le Nord, Marcilly-sur-Seine dans la Marne à Martigues sur la Méditerranée. Il demeure en 1901 au 15 rue du Marché à Puteaux., en 1902 Villa des Chardons, à Garcheshttps://archive.org/stream/cataloguedesouvr1903salo/cataloguedesouvr1903salo_djvu.txt.
Marié à Louise Eugénie Chevalier, il est père de trois enfants (son aquarelle Sur l'eau illustrant la couverture des Annales politiques et littéraires du les représente). Il peint des paysages de la région parisienne dont L'Étang de Ville d’Avray exposé au Salon de 1904. Dès 1904, il demeure au 12 quai de Seine à Marcilly-sur-Seine qu'il affectionnera jusqu'en 1929http://societeacademique10.voila.net/bul201209.pdfLa maison existe toujours en 2012 dans un état proche de celui du séjour du peintre près du Pont sur le quai de Seine, il y peint de nombreuses toiles représentant la ville et la campagne champenoiseSource, catalogue de ses œuvres par l'artiste lui-même et lot d’œuvres exposées par la ville de Marcilly-sur-Seine lors d' de l'artiste.. Il confie le soin à son beau-frère voisin et ébéniste d'encadrer certaines de ses œuvres. Il réalise des décors pour des maisons bourgeoises aux alentours de Marcilly.
Première Guerre mondiale Pendant la Grande Guerre, âgé de 45 ans, il s'engage et se fait incorporer dans le du en premières lignes dans l'action des tranchées de La voie sacrée. Il commence la guerre par esprit national avant tout comme militaire et non comme peintre (au début de la guerre, seul le Musée de l'Armée envoyait en mission des artistes sur le front. Ce n’est que le qu'un arrêté du sous-secrétaire d’État des Beaux-Arts Albert Dalimier, institue les missions de peintres aux armées, la Première Guerre mondiale a consacré la suprématie de la photographie et du cinéma pour fixer la « vérité » des combats, et a marqué la fin de la grande peinture d’histoire militaire ; le ministère de la Guerre, puis celui des Beaux-Arts ont cependant organisé des missions officielles de peintres au front, qui présentent leurs œuvres dans des salons). En 1917, il est nommé peintre aux arméesCourrier du gouverneur des Invalides, 24 mars 1917. et demande à repartir au front. Il y dessine et peint durant toute la guerre des œuvres qui lui vaudront sa notoriété, il est félicité et reconnu depuis ses camarades de troupes jusqu'au chef des Armées le Maréchal Pétain. Léon Broquet échange de très nombreux courriers avec le Musée de l'armée dès le début du conflit et jusqu'en 1930, ces derniers ainsi que ceux échangés en interne au sein du musée mettent en lumière la vie de Léon Broquet, vie privée ou vie au front, ils sont archivés au Musée de l'Armée Hôtel des Invalides.
Son camarade sur le front, le peintre et dessinateur réaliste Lucien Jonas qui publia dans la presse durant toute la guerre notamment dans L'Illustration réalise un fusain qui représente l'artiste sur le front en train de dessiner avec cette mention manuscrite .
F. de Joannis dit de Léon BroquetCatalogue de l'exposition à la galerie Georges Petit, 1926 « La vie, au long de ses courbes cruelles ou heureuses, a entrainé ce visionnaire apte à saisir toutes les figures humaines, elle l'a mis d'abord à l'épreuve de la douleur et de la peine. Il est en peinture une expression pathétique, une clameur, un rythme brisé d'élans impétueux et de poignants recueillements ».
L'extrait suivant de l'étude par L'histoire par l'image de deux dessins au fusain La reprise de mondement réalisés par Léon Broquet caractérise de façon générale ses œuvres de cette période :
Près de 56 œuvres peintures, dessins et aquarelles Carnet de route d'un territorial font partie de la collection Henri Leblanc donnée à l'État le . et ont rejoint les collections du musée franco-américain au Château de Blérancourt dans le pavillon des volontaires. dès son inauguration le .. et le musée de l'Armée (Paris) - Hôtel des Invalides/Musée d'Histoire contemporaine. Dès le début du conflit, un couple d’industriels parisiens, Louise et Henri Leblanc, rassemble toute la documentation possible sur les causes de la guerre et son développement qu’elle soit officielle ou privée et quels qu’en soient le support ou la langue, notamment des journaux de tranchées et des œuvres comme celles de Léon Broquet. En 1917, les Leblanc font don de leur collection à l’État, la Bibliothèque-Musée de la guerre est née, aujourd'hui la BDIChttp://www.bdic.fr/pdf/BDIC_fonds_premiere_guerre_mondiale.pdf.
Environ 50 des dessins sont reproduits dans l'édition Carnet de route d’un territorial, album , batailles de la Marne et de la Champagne, Paris, Éditions d’Art guerrier, A. Le Prince.
Le livre 1914-1918 : la Grande Guerre vécue, racontée, illustrée par les combattants. René Christian-Frogé, Paris, éditions A. Quillet 1922 met en valeur une dizaine de reproductions de ces œuvres sur la Grande Guerre.
Carrière et notoriété Après la guerre, il revient dans sa maison de Marcilly-sur-Seine et dans son atelier de la cité Nicolas-Poussin au 242 boulevard Raspail à Paris. Comme le rappelle F. de Joannis, pour sujets de peinture, .
Le , le temps d'une virée entre amis, il fête avec un groupe de peintre la Proclamation de l'état libre des Glénan (Archipel des Glénan au sud de Concarneau), dans le livre Le Cercle de mer qui retrace cet évènement, Léon Broquel (pour Léon Broquet) se proclame Le Roi des États Libres des Glénan..
Devenu un peintre respecté, sa renommée devient internationale et plusieurs de ses toiles sont acquises par des musées français et étrangers.
Concarneau 200px|thumb|left|Marine par Léon Broquet Vers 1929, âgé de 60 ans et veuf, il descend à Concarneau à l'Atlantic Hôtel qu'il connait bien. Il fait la connaissance d'Anna Marie Corentine Le Du, qu'il épouse le .. Mariage auquel assistaient les peintres Lucien-Victor Delpy, Victorien Harel (Coran d’Ys), Henri Barnoin, Paul Eschbach, l'encadreur Hervé Gorrec, et le photographe Louis Le Merdy. Le couple habite quelques années dans le quartier du Passage-Lanriechttp://eric.guillou.pagesperso-orange.fr/Textes/vachic7.pdf au 40 rue Mauduit-Duplessis et adopte une nièce. Le port de Concarneau et ses environs mais aussi le Pays bigouden et Ouessant deviennent alors les sources d'inspiration du peintre. Il réalise également quelques décors pour différents établissements de la régionArticle de presse 1929 « Concarneau une œuvre artistique » dont le grand hôtel de Cornouailles à ConcarneauPeintures inaugurées le et 2 octobre, la frise maritime du restaurant Ti Chupen Gwenn en 1928. En il assure la rénovation des décors de scène du théâtre municipal de Quimper, actuel théâtre Max-Jacob, les décors donnent pleine satisfaction à la commission réunie qui lui octroie une prime supplémentaireRelevé des délibérations du conseil municipal du 26 décembre 1932, parmi ces décors on peut admirer entre autres un fond de ciel et mer, un paysage champêtre, un fond de ville avec rivière, une balustrade avec terrasse, un intérieur de chaumière, une toile représentant une chapelle gothique, et un grand salon bourgeois. Il occupe aussi à cette époque les fonctions de chef décorateur de la compagnie anglaise . Le restaurant de Mélanie Rouat à Riec-sur-Bélon connu pour sa promotion des peintres et visité par le tout Paris à cette époque voit sa salle décorée de sept de ses peinturesLes œuvres ont été dispersées à la succession de Mélanie ; pas d'information connue sur leur inventaire ni destination.. Le couple voyage avant de s'installer définitivement à Châteauroux, au 48 rue des Américains où Léon Broquet établit une école de peinture et y meurt le .
Expositions et critiques vignette|L'Hiver au marais, effet de neige (médaillé salon 1912) par Léon Broquet vignette|Signature de Léon Broquet. Léon Broquet expose fréquemment au Salon des artistes français entre 1901 et 1931. Il y obtient une médaille de troisième classe en 1911. et une médaille de seconde classe en 1912 pour L'Hiver au marais, effet de neige, qui est représentée et commentée dans l'édition du Larousse mensuel illustré en ces termes :
Il participe aussi au Salon d'automne en 1903.
En 1910, la Chronique des Arts. « goute ... les bords de rivière assez lumineux de M. Broquet » en référence à Matinée d'octobre qui est acquise par le musée de Provins. En 1914, la revue mensuelle Les Artshttps://archive.org/stream/lesartsrevuemens191416pariuoft/lesartsrevuemens191416pariuoft_djvu.txt commente ainsi La fin des géants : . La toile est acquise par la Mairie de Cenon (Gironde).
En 1919, il expose à Nantes Galerie d'art Mignon-Massard, 10 rue Boileau et L'Ouest-Éclair du consacre une longue colonne à son exposition..
La Gazette des beaux-arts loue en 1920 la qualité de ses gravures originales exposées au Salon des artistes français : . En 1921, à Bagatelle avec l'association des artistes de Paris et du département de la Seine, on dit de lui dans la Revue des Beaux Arts. que
De 1922 à 1926, il donne des expositions à la galerie Georges Petit de Paris. La même année, les Potins de Paris. commentent ; plusieurs de ses illustrations sont présentées dans le livre 1914-1918 : la Grande guerre vécue, racontée, illustrée par les combattants : hommage au soldat français par M. le Maréchal Pétain (de René Christian-Frogé, préface de M. le Maréchal Foch, Paris, éditions A. Quillet.). En 1923, le chroniqueur du Journal des débats politiques et littéraires du commente le Salon et . En 1926, l'exposition majeure du 16 au à la galerie Georges Petit compte 75 peintures et 40 esquisses, sanguines, aquarelles et dessins rehaussés et voit son catalogue agrémenté d'une présentation détaillée de l'artiste et de son œuvre dans une préface de 4 pages par F. de Joannis.
En 1927, L'Art et les Artistes mentionne aux Salon des artistes français , œuvre commandée par l'état Ministère des beaux arts pour le musée de Saint-Malo. En 1928, la Gazette des beaux-arts. rappelle la qualité de ses paysages exposés au salon et la revue L'Art et les Artistes. souligne la qualité de ses paysages et au Salon de Nantes 1928, le chroniqueur de L'Ouest-Éclair édition de Nantes commente ainsi ses œuvres dans l'édition du . : En 1929, ses œuvres du Salon de Paris sont commentées dans le périodique L'Art et les Artistes. en ces termes : En 1929, son exposition à Ti Chupen Gwenn, chez M. et Julien Le Clinche à Beuzec-Conq Concarneau est couverte de louanges par le journaliste de la Dépêche citant F. de Joannis dans le catalogue de l'exposition de 1926 :
Le fascicule En Cornouaille par A. Verchin (Paris, Éditions Baudinière), est édité et illustré en 1930 de 33 crayons de Broquet-Léon. L'Art et les Artistes mentionne « Livre fort bien écrit et qu'on lit avec un plaisir d'autant plus grand qu'il est égayé par tout une suite de dessins charmants signés de Broquet-Léon »..
En 1932, sa rénovation des nombreux décors de scène du Théâtre municipal de Quimper donne toute satisfaction.