vignette|redresse=1.2|Une équipe de snipers du corps des Royal Marines britanniques avec un fusil de précision L115A1. vignette|redresse=1.2|Une équipe de snipers de l'US Army de l'Équipe provinciale de reconstruction de Jalalabad (EPR). vignette|redresse=1.2|Un sniper en ghillie suit avec son fusil de précision (2011).
Un , tireur embusqué., tireur isolé. ou tireur d'élite à longue distance (TELD) dans l'armée française, est un tireur d'élite militaire spécialisé, pouvant opérer seul ou généralement en binôme (avec un « observateur », en anglais) en profondeur dans les lignes ennemies, dans le but de transmettre des informations importantes pour le commandement ou de neutraliser une cible.
Le tireur embusqué diffère du tireur de précision (designated marksman en anglais) principalement dans la doctrine d'emploi, très différente. Le commandement fait appel aux snipers du fait de leur spécialisation (connaissances en tactique, survie, transmission, armement, tir longue distance, etc.), pour des missions de plusieurs heures jusqu’à plusieurs jours en milieux totalement isolés, tandis que le tireur de précision appartient à une section d'infanterie. Ils n'emploient généralement pas le même calibre ni le même type d'arme.
Le terme est aussi couramment utilisé pour désigner un tireur isolé agissant de son propre chef, dans un but de guérilla urbaine (groupes rebelles ou terroristes), comme cela s'est développé dans les conflits en Irak, en Syrie ou en Tchétchénie par exemple.
Dénomination
En France, le terme anglais « sniper » est désormais généralement plus utilisé que son équivalent en français « tireur embusqué »Le moteur de recherche Google affiche de résultats pour le terme sniper, contre pour tireur d'élite, et pour tireur embusqué (pages en français)..
Ce mot provient du verbe to snipe, dont l'équivalent en français serait le verbe « canarder », bien que la traduction littérale serait plutôt « bécassiner »Cependant, ce terme n'existe pas en français., car, en anglais, le terme snipe signifie « bécassine », un petit oiseau qui a la réputation d'être difficile à chasser.. Le terme sniper a été employé dans ce sens durant la Seconde Guerre mondiale. Une des traductions françaises est franc-tireur, mais, à la différence du sniper, il comporte un aspect positif..
Il a été popularisé par les journalistes français lors des guerres de Yougoslavie, et plus particulièrement lors du siège de Sarajevo.. ; ils l'ont emprunté à des journalistes américains ou britanniques.. Lors de ces guerres, ces tireurs furent utilisés comme des « armes psychologiques », par le biais de tirs plus ou moins ciblés visant des militaires comme des civils, hors des opérations de combat (tirs de à Sarajevo sur ).
Le sniper, quelquefois rattaché aux groupes des tireurs d'élite, est dénommé, dans ce cas là, sous le terme de « tireur d'élite à longue distance » (TELD), comme dans l'armée française où il agit en petite équipe (en binôme, en trinôme ou même seul) de manière isolée et utilisant une arme d'un calibre qui permet des tirs précis sur une distance de .. Outre l'emploi militaire, les snipers sont utilisés dans la protection de hautes personnalités ou de sites sensibles. Il est alors destiné à rester caché dans un même endroit d'où il éliminera ses cibles.
Historique Origines À partir des années 1630, le talent des boucaniers à utiliser leur fusil étaient déjà reconnu, pour des tirs de précision lors de chasses aux bœufs sauvages à Saint-Domingue mais aussi lors d'actes de piraterie aux côtés des flibustiers. Leurs armes étaient réputées pour leur qualité générale, leur précision et la rapidité de leur chargement sans être pour autant des armes spécifiquement dédiées à des tirs à longue distance.
À bord des navires à voiles des XVII et XVIII siècle, les « moucheurs » étaient les soldats les meilleurs au tir à qui étaient distribué des fusils pour éliminer les officiers ennemis. Lors de la bataille de Trafalgar, l'amiral Horatio Nelson est mort touché par le tir d'un soldat français du Redoutable. Cependant il ne s'agissait que de bons tireurs à la mission spécifique, par opposition aux snipers spécifiquement formés aux tirs de précision.
Il faut remonter dans les années 1700 et l'apparition du , qui bénéficie d'une précision à longue distance et devient populaire pendant la révolution américaine, pour voir naître la notion de sniper. L'invention du canon rayé, qui force la balle à tournoyer à l'intérieur, permet de favoriser la précision du tir et rend l'arme plus efficace à distance. Cependant, la portée de ce fusil n’excédait pas .
Les premiers champions à adopter cette carabine furent les gardes-frontières américains, véritables tireurs d'élite pour l'époque. Avant la révolution américaine, la plupart des batailles avaient lieu à coups de rafales d'armes de courte portée, mais les tactiques changèrent avec la venue des fusils à canon rayés favorisant le tir à distance et permettant l'arrivée des snipers sur le champ de bataille.
Première Guerre mondiale vignette|redresse=1|Un sniper australien lors de la bataille des Dardanelles en 1915, qui vise avec un fusil équipé d'un périscope. Le spotter à côté de lui l'aide à trouver des cibles avec son propre périscope.
Selon l'historien français Antoine Prost, l’armée anglaise forme des snipers, Site Cairn-info, article d'Antoine Prost dans la revue d'Histoie -2004-1/81 « Les limites de la brutalisation Tuer sur le front occidental, 1914-1918 », cairn.info (consulté le 24 novembre 2018)..
Seconde Guerre mondiale
Guerre d'hiver La guerre d'hiver a été le théâtre de l'un des plus performants snipers de l'histoire, le Finlandais Simo Häyhä. Lorsque l’URSS envahit la Finlande, le caporal Häyhä se transforme en un redoutable guerrier, tuant à lui seul entre 500 à 700 soldats soviétique (selon les estimations) sans se faire débusquer. Avec une moyenne de cinq hommes tués par jour, il détient la meilleure performance de l’histoire pour un sniper au combat.
L’URSS était au courant de ce soldat hors-normes, auquel elle devait faire face et qu'elle craignait, les Russes donnant à Häyhä le surnom de la « Mort blanche ». De nombreux moyens seront mis en place pour tenter de le neutraliser (utilisation de sniper adverses, barrages d'artillerie), sans succès.
vignette|plaque commémorative en l'honneur de Simo Häyhä.
Mais c’est finalement un simple soldat qui met fin au parcours du meilleur sniper de l’Histoire, quand une balle explosive atteint la mâchoire de Häyhä et le plonge dans le coma. Le soldat se réveille onze jours plus tard, défiguré à vie mais bien vivant, alors que la guerre d'hiver vient de se terminer.
En raison de ses états de services hors du commun, le soldat Simo Häyhä sera promu du grade de caporal à celui de sous-lieutenant.
Il vit par la suite une vie plus paisible dans son pays et meurt en 2002, à l’âge de 96 ans. Aujourd’hui encore, ses actions de guerre lui valent une notoriété certaine en Finlande..
Bataille de Stalingrad vignette|gauche|redresse=1.1|Sniper allemand lors de la bataille de Stalingrad (1942).
Durant la bataille de Stalingrad, le capitaine Vassili Zaïtsev tua 225 soldats et officiers de la Wehrmacht et de ses alliés entre le et le . On estime à vingt-huit le nombre de tireurs d'élite qu'il a entraînés. Ceux-ci tuèrent plus de ennemis. Certaines sources indiquent que la performance de Zaïtsev n'était pas unique et qu'un autre soldat soviétique, seulement identifié sous le nom de « Zikan », tua lui 224 soldats allemands durant cette bataille.
Selon le livre Stalingrad de l'historien anglais Antony Beevor, des sources soviétiques déclarèrent que les Allemands firent venir le chef de leur école de tireurs d'élite, le major Heinz Thorvald, pour l'arrêter.. Après une traque de plusieurs jours, Zaïtsev repéra son adversaire se cachant sous un morceau de tôle ondulée et tira. Ce duel supposé est dépeint dans le film Stalingrad, réalisé par Jean-Jacques Annaud en 2001.
Activité Arrivée sur site et progression Les snipers, une fois arrivés sur le site de combat, doivent progresser jusqu'à trouver un emplacement adéquat pour en faire un poste de tir efficace (une position de tir idéale comporte un point de vue global sur la zone de combat, un large angle de tir, et doit être abrité des regards ennemis et disposer d'une position de repli).
La progression est extrêmement lente, et souvent effectuée en rampant avec des mouvements réduits afin d'éviter d'être repérés. Au centre de formation des snipers de l'armée américaine, l’United States Army Sniper School à Fort Benning, les candidats doivent par exemple s'approcher des instructeurs qui les observent dans un champ de pendant près de ..
Installation vignette|redresse=1.2|Une équipe de snipers néerlandais en position. vignette|gauche|Sniper de l'Armée nationale du Sénégal en tenue camouflée.
Les snipers sont des soldats de l'ombre. Lors de leur installation, ils privilégient toujours la discrétion et le camouflage. Ainsi, si la mission se déroule en groupe de deux ou trois, les soldats s'installent en général un par un, de sorte à être tout le temps couverts par un autre. Dans un environnement naturellement hostile ou à cause de la présence ennemie, il est fréquent que les snipers viennent s'installer dans des conditions qui leur sont propices comme la nuit ou encore le brouillard, même s'ils doivent attendre plus de 24 heures sans bouger. La qualité principale d'un sniper est la patience. C'est seulement après avoir mis en place son camouflage que le sniper installe son arme.
Pour ce qui est du choix de l'emplacement, il est le fruit d'une minutieuse réflexion. Certaines choses sont évidentes comme éviter de se mettre dans un endroit fréquenté ou encore sans issue mais d'autres critères nécessitent un calcul. Par exemple, le sniper doit choisir son emplacement en fonction de sa période d'action. S'il sait que sa fenêtre de tir se situera en matinée, il va éviter d'avoir à viser vers l'est, c’est-à-dire contre le soleil, de sorte que ce dernier joue non pas contre lui (le reflet dans la lunette pourrait le démasquer) mais avec lui (dans son dos, ses cibles sont éblouies). Il va également tenter si possible de se mettre en hauteur. En effet, un tir en plongée est beaucoup moins dur qu'en contre-plongée, ne serait-ce que pour la souplesse du dos et du cou. Pour finir, le sniper doit choisir un endroit où sa fuite sera facile, tout particulièrement lorsque son fusil n'est pas équipé de silencieux. Il peut être repéré dès son premier tir s'il ne dispose pas d'un silencieux ou si le tir n'est pas effectué à très longue distance. Un sniper qui ne change pas de position au bout d'un ou de quelques tirs se met en danger. Par conséquent, il doit pouvoir partir vite et même, dans le pire des cas, abandonner son fusil.
Actions Le sniper est un tireur de grande précision, utilisé dans divers contextes pour effectuer des tirs chirurgicaux sur de longues distances afin d'éliminer principalement des personnes, mais aussi dans certains cas du matériel léger. La devise du sniper est un tir, un mort (One shot, One kill en anglais). Opérant toujours à couvert dans l'ombre, le sniper cherche à tout prix à garder sa position inconnue de ses ennemis, un impératif pour ne pas être éliminé. Généralement, le sniper est accompagné d'un observateur, qui l'aide dans le calcul du tir en indiquant la distance via une lunette monoculaire, la force et l'orientation du vent ainsi que d'autres paramètres.
Il se dissimule avec des tenues de camouflage sophistiquées (une ghillie suit) et a pour tâche à l'origine d'abattre des officiers adverses et d'autres militaires importants (sapeurs, estafettes, membres des troupes de transmissions, etc.).