Démocrate fédéraliste indépendant (DéFI) est un parti politique belge francophone anciennement connu sous le sigle Front démocratique des francophones (FDF) de 1964 à ., puis Fédéralistes démocrates francophones jusqu'en ..

Il fut créé en 1964 pour assurer la défense des intérêts et des droits des francophones, dans la région de Bruxelles-Capitale et dans la Périphérie bruxelloise, mais également en Wallonie, où le parti dispose de cinq fédérations provincialesLe parti avait déjà fait des tentatives d'implantation dans le Brabant wallon et dans le Hainaut, aux élections de 1991 notamment.. Il se classe au centre sur l'échiquier politique. et se réclame comme libéral-social.

Histoire

Origines Il fut créé le , en réaction à l'établissement des frontières linguistiques en Belgique en 1963, par André Lagasse, René Bourgeois, Paul Brien, Léon Defosset, Jean Hoffman, Marcel Hombert, Victor Laloux, Marcel Lengrand, Léopold Molle, Lucien Outers, Eugène Pauly, Marcel Thiry et Georges Avelange, treize personnes issues, d'une part, des différents mouvements wallons, d'autre part, du Rassemblement pour le Droit et la Liberté et du Bloc de la Liberté LinguistiquePascal Delwit, La vie politique en Belgique de 1830 à nos jours, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, 2010, . Le groupe de fondateurs qui s'élève contre la « tyrannie linguistique » se nomme originellement « Front démocratique des francophones de Bruxelles » puis en tant que parti Front démocratique des francophonesVincent DUJARDIN, Vincent DELCORPS, FDF : d’engagement politique, Éditions Racine, Bruxelles, .Pascal Delwit, La vie politique en Belgique de 1830 à nos jours, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, 2010, ..

Association avec le RW (1964-1992) vignette|droite|Logo du FDF jusqu'en 2010

Pendant longtemps, le FDF collabore avec le Rassemblement wallon, un parti autonomiste wallon, avec lequel il forme un groupe parlementaire commun et présente des listes communes lors des élections européennes par exemple.

Plusieurs personnalités marquantes de la vie politique belge furent les fondateurs du FDF en 1964. Parmi ceux-ci, Paul Brien, André Lagasse, Lucien Outers ou Marcel Thiry ont contribué aux débats démocratiques fondateurs des grands changements institutionnels belges qui ont permis l'émancipation de Bruxelles et de la Wallonie comme régions à part entière au sein de la Belgique fédérale.

Dans la nuit du vendredi au samedi , un militant FDF, Jacques Georgin, collait des affiches avec trois compagnons dans une artère de Laeken, lorsqu'il fut attaqué par une dizaine de militants du Vlaamse Militanten Orde. Il devait mourir quelques minutes plus tard, victime de la violence des coups reçus.

De 1977 à 1980 le FDF participe à deux gouvernements fédéraux dirigés par Leo Tindemans, puis Wilfried Martens.

Une personnalité remarquée du FDF fut Roger Nols, bourgmestre de Schaerbeek durant une vingtaine d’années, pendant lesquelles il a marqué la vie politique du pays, notamment au cours des années 1970, époque où il militait pour le FDF dans l’affaire des guichets de Schaerbeek. En 1982, les dérives politiques xénophobes de Roger Nols furent telles que Lucien Outers, alors président du FDF, dut constater qu'il ne pouvait plus appartenir à son parti.

Au sein de la famille libérale wallonne (1992-2011) À la suite de l'introduction de nouvelles règles de financement public des partis politiques qui le font désormais dépendre de sa présence au Sénat, où il ne dispose que d'un seul siège et n'est pas sûr de le conserver, le FDF forme dès 1992 avec le Parti réformateur libéral une fédération, qui se traduit par des cartels électoraux à diverses élections régionales et législatives, ainsi que dans plusieurs communes (mais pas toutes) à l'occasion des élections communales.

Le , le FDF constitue le Mouvement réformateur avec le Parti réformateur libéral, le Mouvement des citoyens pour le changement et le Partei für Freiheit und Fortschritt (parti libéral germanophone)Nicolas Dedecker, « Le Mouvement réformateur (MR) », in Pascal Delwit, Jean-Benoit Pilet, Émilie van Haute (eds), Les partis politiques en Belgique, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, 2011, ..

Le , le président sortant Olivier Maingain a été réélu à la tête de son parti.

Dès , le FDF crée des représentations provinciales à dans les provinces de Liège, Namur, Hainaut et Luxembourg en plus de celle existant déjà en Brabant wallon. Des sections ont été créées à Hannut, Huy-Waremme, Liège, Ottignies, Ecaussinnes, Charleroi et Libramont-Chevigny.

La problématique de Bruxelles-Hal-Vilvorde (dont le résultat des négociations est attendu le ) a remis les fédéralistes francophones sur le devant de la scène. Les Fédéralistes démocrates francophones s'opposent au confédéralisme de la N-VA, qu'ils voient comme l'antichambre du séparatismeDessine-moi un plan B, Robert Van Apeldoorn, Trends Tendances, 4 novembre 2010..Selon les professeurs de la KUL André Decoster et Stef Proost., la régionalisation de l’impôt des personnes physiques, dans les cartons de l’ensemble des partis flamands, ne serait « économiquement pas efficace », car cela conduirait à une hausse globale de l’imposition et à des décisions inefficaces. En effet, l'existence d'une base taxable séparée pour la Région et le Fédéral implique des interactions verticales comme le fait que des décisions fédérales opérant sur cette base taxable peuvent avoir un impact sur les recettes régionales et inversement.

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Protestant contre la non-nomination des quatre bourgmestres des communes à facilités de la périphérie bruxelloise, ayant enfreint selon le gouvernement flamand la loi électorale, ce qu'ils considèrent être un déni de démocratie, les Fédéralistes démocrates francophones interpellent l'Union européenne, le Conseil de l'Europe et le Conseil des droits de l'homme de l'ONU..

Sortie du MR (depuis 2011) vignette|Logo du FDF de 2010 à 2015 En , le FDF décide de quitter la coalition MR à la suite de la décision du MR d'accepter une scission partielle de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Aux yeux du FDF, les compensations pour les francophones de Belgique sont insuffisantes.. Ainsi, le dimanche en soirée, les membres du FDF se sont réunis en Conseil général et ont voté à l'unanimité moins trois abstentions leur départ du Mouvement Réformateur..

Depuis le départ du FDF du MR, le parti amarante est la cinquième force politique francophone en Belgique et le quatrième parti bruxellois, à égalité avec le CDH (onze députés chacun).

En , le parti faisait état de plus de . Des fédérations provinciales ainsi que des sections locales et d'arrondissements couvrent l'ensemble de la Wallonie et de Bruxelles. À la suite de la rupture avec le MR, une importante augmentation des adhésions au sein du parti se déroula durant une quinzaine de jours, à raison de 50 à 60 demandes d'adhésion par jour, toujours selon le parti. Olivier Maingain a précisé lors du Congrès du FDF du que des listes FDF seront présentes dans toutes les provinces de Wallonie ainsi que dans les villes et communes où le parti est bien implanté, comme à Charleroi, en vue des élections communales et provinciales de 2012. En outre, le président du parti a annoncé la tenue d'un congrès doctrinal le , en vue de redéployer le parti et d'apporter la réponse du parti aux grands enjeux institutionnels, sociétaux et socio-économiques. et de préparer la campagne pour les élections d'.

En , Olivier Maingain est réélu à la présidence du FDF pour un septième mandat consécutif. Des présidences régionales sont également créées, avec l'élection de Caroline Persoons à la présidence bruxelloise, de Christian Van Eyken à la présidence de la périphérie et de Hugues Lannoy à la présidence wallonne..

Changement de nom Le parti par l'entremise de son président envisage le changement de nom du parti.. La consultation des militants en internes appuie cette décision. Un nouveau nom, DéFI (pour Démocrate fédéraliste indépendant), est officialisé le .

Déclin électoral et scission

Les scores de DéFI aux élections de sont en forte baisse : au scrutin européen, le parti passe de (soit de 5,92 % à 2,91 % des voix du collège francophone). Dans le scrutin régional, DéFI recule en Wallonie de (passant de 4,14 % à 2,70 %) ainsi que dans son bastion bruxellois, où le parti passe de à (soit de 13,81 % à 8,11 % des voix dans le collège francophone) et de 10 à 6 élus au Parlement de la région de Bruxelles-Capitale. Face à l'ampleur de la défaite, le président du parti François De Smet annonce sa démission., et Sophie Rohonyi lui succède le .

Les élections communales d'octobre 2024 se soldent également par une lourde défaite électorale pour DéFI.. Dans plusieurs communes, le parti perd tous ses élus et disparaît des conseils communaux : Anderlecht (), ville de Bruxelles (), Berchem-Sainte-Agathe (), Etterbeek (), Ixelles (), Jette () et Molenbeek (). DéFI conserve une présence dans plusieurs conseils communaux tout en perdant des sièges, c'est le cas à Evere (), à Ganshoren (), à Uccle (), à Watermael-Boitsfort () et à Woluwe-Saint-Pierre (). Enfin, dans son fief de Schaerbeek, DéFI passe de à , et de première à cinquième force politique dans la commune, perd le maïorat mais réussit à maintenir deux échevinats. Au total, DéFI perd près de communaux en région bruxelloise..

En , Olivier Maingain annonce quitter DéFI à cause de désaccords stratégiques avec Sophie Rohonyi concernant les négociations en vue de former un gouvernement régional à la suite des résultats des élections régionales belges à Bruxelles.. Le départ de l'ancien président de DéFI (de 1995 à 2019) et bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert a pour conséquence la perte pour le parti de l'un de ses derniers maïorat dans la région de Bruxelles-Capitale. En , Fabian Maingain quitte également DéFI et annonce qu'il va siéger comme indépendant au Parlement de la région de Bruxelles-Capitale, réduisant ainsi de 5 à 4 le groupe des élus DéFI au Parlement régional bruxellois..

Idéologie et positionnement politique

Le parti se définit comme libéral, progressiste et pro-européen.. Il a, à ses débuts, rassemblé des personnalités issues de différents courants politiques belges. Depuis quelques années, il a mis au centre de son programme la laïcité et le libéralisme-social. Sur l'échiquier politique, il se veut plus humaniste.. et plus indépendant vis-à-vis du nationalisme flamand que le MR.., avec qui il formait un cartel jusqu'en 2012. Défi décrit ses idéaux et engagements fondamentaux dans sa Charte. DéFI se réclame du projet politique du président français Emmanuel Macron..

Durant la campagne électorale de 2019, le centre d'études RePresent. a étudié les programmes électoraux des treize principaux partis politiques belges. Cette étude a classé les partis sur deux axes « gauche-droite », de « −5 » (extrême gauche) à « 5 » (extrême droite) : un axe socio-économique « classique », qui fait référence à l'intervention de l'État dans le processus économique, et au degré suivant lequel l'État doit assurer une égalité sociale, et un axe socio-culturel, qui fait référence à un clivage articulé autour d'une opposition identitaire autour de thèmes comme l'immigration, l'Europe, la criminalité, l'environnement, l'émancipation

DéFI présente alors un programme centriste (−0,47) sur le plan socio-économique, et de gauche (−2,46) sur le plan socio-culturel...

Le centre RePresent réitère l'exercice durant la campagne électorale de 2024, pour les douze principaux partis. Le positionnement de DéFI s'est déplacé vers le centre-gauche sur l'axe socio- économique (−1,67) et légèrement plus au centre, mais toujours à gauche, sur l'axe socio-culturel (−2,12)..

Organisation

Présidence du parti

Liste des présidents du parti depuis sa créationVincent DUJARDIN, Vincent DELCORPS, FDF : d’engagement politique, Éditions Racine, Bruxelles, ..

1964-1967 Paul Brien 1967-1972 Albert Peeters