vignette|alt=Femme indienne portant un fagot sur la tête et poussant ses chèvres devant elle.|Paysanne dans le Karnataka, en Inde. Du point de vue des sciences sociales, la condition féminine décrit la position des femmes dans l'organisation sociale. Ainsi, cet article traite des différences de traitement entre les femmes et les hommes dans la société.
Il existe également une description psychologique voire philosophique de ce qu'est la « condition féminine ». Elle s'intéresse aux relations entre la place des femmes dans la société (les valeurs et les exigences spécifiques que cette dernière impose - ou propose - aux femmes), et les éventuelles conséquences individuelles (formation du caractère, conséquences morales, traits psychologiques…).
Un éclairage fort sur la situation des femmes dans le monde est apporté par l'Organisation des Nations unies (ONU), à partir de 1977, avec la Journée internationale des droits des femmes (ou Journée internationale des femmes) ; elle a lieu le 8 mars chaque année et c'est l'occasion d'un bilan mais aussi de mettre en lumière des revendications. L'ONU avait précédemment créé une Commission de la condition de la femme et compte également une Entité des Nations unies pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, dite ONU Femmes. Depuis 2011, une journée des filles a également lieu chaque année le 11 octobre..
Les femmes représentent environ la moitié des humains dans le monde. En 2015, le nombre d'hommes était légèrement supérieur à celui des femmes ; le sex-ratio femme-homme dépend aussi de l'âge considéré : dans des tranches d'âge jeunes, il y a plus d'hommes que de femmes, tandis que dans des tranches d'âge plus âgées, il y a davantage de femmes que d'hommes.
Quelques définitions Selon l'encyclopédie Larousse, dans l'introduction à l'entrée « Femme » : .. L'expression « condition féminine » est donc équivalente à « place de la femme dans la société » ; l'analyse de ce qu'est cette place dans une société peut permettre d'en savoir plus sur la culture, les normes liées et les relations et modes de pouvoir dans la société en question. Selon les sociétés, dans le temps et dans l'espace, cette place peut varier.
La notion de « femme » peut recouvrir deux notions distinctes mais qui peuvent se recouper : le sexe et le genre. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) explique ainsi les différences portées par les notions de « sexe » et de « genre » : .. L'OMS indique par ailleurs qu'entre les sociétés humaines, les aspects de « sexe » sont toujours proches, tandis que ceux liés au « genre » peuvent être très différents. La Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) précise : ..
Concernant globalement la place des femmes dans le monde contemporain, l'ONU Femmes souligne que ..
La condition des femmes dans le monde et l'ONU La Commission de la condition de la femme (CSW, acronyme anglophone), créée peu après l'ONU et dont la première réunion a eu lieu en 1947, a mené différentes actions au niveau international et a également réalisé une évaluation mondiale de la condition des femmes afin d'avoir des données et une analyse permettant de servir de base à .. Cette même commission a rédigé plusieurs conventions internationales relatives aux droits des femmes, dont la Convention sur les droits politiques de la femme (ratifiée en 1953), la Convention sur le consentement au mariage, l'âge minimum du mariage et l'enregistrement des mariages (ratifiée en 1962) et la Convention concernant l'égalité de rémunération entre la main-d'œuvre masculine et la main-d'œuvre féminine pour un travail de valeur égale (ratifiée en 1951) de l'Organisation internationale du travail (OIT). Elle a aussi préparé une convention juridiquement contraignante : la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDEF), ratifiée en 1979.
1975 a été déclarée par l'ONU Année internationale des femmes, sur une proposition de la CSW, ; cette année-là a aussi eu lieu la première Conférence mondiale sur les femmes. La décennie 1976-1985 est déclarée Décennie des Nations unies pour la femme : égalité, développement et paix. Cette période a vu de nouvelles composantes de l'ONU être dédiées aux femmes : notamment le Fonds de développement des Nations unies pour la femme (UNIFEM) et l'Institut international de recherche et de formation pour la promotion de la femme (INSTRAW). Depuis 1987, la CSW a réorienté ses efforts vers ; parallèlement à quoi elle a aidé à faire entrer le sujet des violences envers les femmes dans les débats internationaux. En 1993 est adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU la Déclaration sur l’élimination de la violence contre les femmes ; l'année suivante, la Commission des droits de l'homme .
En 1995, ce sont la Déclaration et le Programme d'action de Beijing qui sont adoptés — durant la Quatrième conférence mondiale sur les femmes —, après quoi a été notamment créé le Bureau de la Conseillère spéciale pour la parité des sexes et la promotion de la femme (OSAGI). ONU Femmes, actuel secrétariat de la Commission de la condition de la femme est issue du regroupement en 1994 des entités DAW, INSTRAW, OSAGI et UNIFEM. La Déclaration et le Programme d'action de Beijing sont considérés comme le . ; pour son anniversaire, après un bilan constatant que ., plus d'une centaine de pays ont annoncé qu'ils allaient engager des . Le constat a également été fait que la pandémie de Covid-19 est à l'origine de conséquences importantes pour les femmes dans le monde.
Dans les huit Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), adoptés en 2000 avec la Déclaration du millénaire de l'Organisation des Nations unies et censés être atteints en 2015, l'objectif 3 était de et l'objectif 5 était d'« Améliorer la santé maternelle » ; parmi les autres objectifs, plusieurs touchaient des aspects de la vie et l'éducation des femmes, ce qui favorisait l'amélioration des objectifs visés. Parmi les dix-sept Objectifs de développement durable déterminés par l'ONU et adoptés au sein de l'Agenda 2030 — adopté en 2015 —, l'Objectif de développement durable concerne l'Égalité entre les sexes. ; l'Objectif 10 est de « Réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre », ce qui concerne aussi les femmes..
En 2018, le Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa) indique qu'., ce qui inclut les garçons et les hommes. En février 2020, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, affirme : ., dans un discours fait à la New School de New York ; il a également souligné que les hommes eux-mêmes ont aussi à y gagner et que, par ailleurs, ils peuvent bénéficier aussi du fait de s'émanciper du carcan très rigide des stéréotypes sur le genre masculin.
En 2021 se tient à Mexico le Forum Génération Égalité, rencontre mondiale organisée par ONU Femmes et coprésidé par le Mexique et la France., en lien avec la société civile qui l'a impulsé et en est le partenaire. ; ce forum aurait dû avoir lieu en juillet 2020 mais avait lui-même été reporté — report en 2021 : du 29 au 31 mars à Mexico et du 30 juin au 2 juillet à Paris — en raison de la pandémie de Covid-19. Cette rencontre mondiale avait notamment pour objectif de faire un bilan du Programme d'action de Pékin (1995). Lors de l'ouverture du forum en 2021, le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a notamment expliqué dans son discours que la pandémie de Covid-19 a eu un impact fort sur les vies de millions de femmes, sur les droits des femmes et sur les inégalités femmes-hommes dans le monde ; il a ainsi précisé que . Il a aussi avancé cinq grandes étapes pouvant mener à la création d'un monde plus égalitaire.
Bref historique vignette|upright=1.2|Exemple d'une partie de la condition féminine dans l'Europe du : prévalence du travail domestique (Jeune ouvrière, peinture de William Bouguereau, 1869).
Dans le monde, au fil du temps et des contextes sociétaux, la condition des femmes a varié.
En Europe, le voit une importante séparation entre une sphère publique qui est vue comme le domaine du masculin et une sphère privée vue comme le domaine du féminin.. La société est dominée par les hommes ayant le plus de capital financier et culturel ; elle évolue progressivement entre le et le et les femmes y prennent progressivement davantage de place, obtenant notamment le droit de vote et accédant en nombre aux études supérieures, tout en connaissant des limitations d'accès quant aux postes à responsabilité.
Dans la société européenne, au , la politique est essentiellement faite par les hommes, souvent ceux ayant suffisamment d'argent pour pouvoir voter (certains pays ayant au des suffrages censitaires), dans le contexte d'une société où ceux-ci ont davantage de droits que les femmes., qui sont reléguées dans certains cas au statut de mineures et assujetties aux décisions de leurs pères ou maris et n'ont en général pas le droit de vote. Durant le , notamment à la suite de la Première Guerre mondiale et des revendications des suffragettes et de leurs soutiens, le droit de vote et celui d'être élues sont peu à peu accordés aux femmes, à des dates différentes selon les pays et avec des variations selon le type d'élections. Toutefois, malgré l'ouverture des postes élus aux femmes, celles-ci restent longtemps minoritaires, voire très minoritaires, par rapport aux hommes. Des lois sur la parité en politique voient le jour aux alentours des années 2000 ; des différences entre les proportions d'hommes et de femmes parmi les élus apparaissent selon les pays européens. L'historienne Anne-Marie Sohn note également le pouvoir qu'ont certains chefs religieux, par exemple dans l’Église anglicane, qui peuvent avoir un pouvoir temporel et religieux et sont en général des hommes.
Sur le plan économique, le européen connaît d'abord un capitalisme familial, les entreprises étant en général dirigées par les hommes, secondés par leurs épouses ; dans certains pays, les droits successoraux favorisent les hommes au détriment des femmes et nombre de capitaines d'industrie sont des hommes issus de lignées.. La deuxième industrialisation marque l'avènement des ingénieurs et chercheurs, la plupart masculins. La fin de ce siècle voit davantage de cadres issus de l'enseignement supérieur entrer dans les entreprises, mais les femmes sont, encore au début du , écartées des études scientifiques et ont donc peu de possibilités d'accès à ces postes. Dans le domaine de l'économie, les femmes sont longtemps exclues des bourses : par exemple, elles n'entrent dans celle de la France qu'à partir de 1967 et celle du Royaume-Uni qu'en 1974. Au fil du temps, les profils de formation et professionnels des dirigeants de grandes entreprises évoluent, mais une autre limitation à l'accès à ces postes relève longtemps du fait que les dirigeants sortent de filières d'études très prestigieuses, voire de cabinets ministériels, qui connaissent eux aussi peu de femmes. À la fin du , les dirigeants sont pour la plupart des investisseurs, ce qui ne rend pas les femmes plus présentes à ces postes ; Anne-Marie Sohn indique qu'.